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Note moyenne 3.94 /5 (sur 61 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Geoffroy de Lagasnerie est philosophe, sociologue et chargé de cours à l'IEP.

Source : babelio
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Geoffroy de Lagasnerie vous présente son ouvrage "L'art impossible". Parution le 28 octobre aux éditions PUF. Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2465305/geoffroy-de-lagasnerie-l-art-impossible Notes de Musique : Youtube Library Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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Aunryz   16 août 2015
Logique de la création de Geoffroy de Lagasnerie
Depuis une vingtaine d'années, la volonté de réguler les pratiques intellectuelles s'est faite de plus en plus forte et de plus en plus hégémonique.



http://wp.me/p5DYAB-1cc
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v1c4u   22 octobre 2019
La conscience politique de Geoffroy de Lagasnerie
Il y aurait, lorsque des groupes s’opposent, deux formes possibles de résolution du conflit : l’un par la mort, l’autre par la règle de majorité. Personne, dit Canetti, ne croit aux fictions de la théorie politique et du discours politique. Personne ne croit que ce soit le plus sage qui l’emporte lors d’un vote. Personne ne croit que ce soit la "volonté générale", celle que chacun veut en tant que citoyen, qui triomphe. L’emporte seulement le groupe numériquement le plus nombreux. Le vote n’annule en rien le fonctionnement du monde. Il ne se situe pas, par rapport aux logiques qui se déploient, dans une situation de supériorité. Il est pleinement immergé dans les luttes entre groupes. Le vote est un instrument d’interruption des conflits qui se fonde sur une renonciation partagée à la guerre civile et au fait de tuer l’autre. Perdre une élection c’est s’avouer vaincu. Ce qui s’appelle la Loi ne s’impose pas en vertu d’une rationalité et d’un fondement plus hauts. C’est la volonté d’un autre doté d’un poids numérique plus grand. Le fait d’y céder n’est pas un acte de reconnaissance. Nous y sommes contraints et forcés. Autrement dit, notre rapport à la Loi n’est pas un rapport de reconnaissance et d’obéissance mais de domination et de contrainte. [...] Nous ne faisons plus la guerre lorsque nous perdons, nous prenons acte de notre échec et nous nous soumettons étant donné l’existence d’un appareil répressif d‘État. [...] Le vote est l’instrument à travers lequel un groupe impose sa volonté à un autre. Il y a une violence du vote et une violence sociale de l’acte de voter. C’est une action qui consiste à utiliser les institutions d’État — et donc aussi la police — pour imposer sa volonté aux autres ou au cours de laquelle, si nous perdons, nous nous voyons soumis à la volonté des autres. Autrement dit, voter est un moment de guerre sociale [...]. Le vote est un instrument. Il est là, c’est une technique. Et les groupes sociaux l’utilisent, le manient, le manipulent dans le cadre de la guerre qu’ils se mènent les uns aux autres.
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BandiFuyons   24 août 2020
Sortir de notre impuissance politique de Geoffroy de Lagasnerie
Ne vivons-nous pas dans un champ politique tel que l’expression de la dissidence est déjà inscrite dans le système et donc en un sens programmée par lui ?
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enkidu_   05 mars 2017
La dernière leçon de Michel Foucault de Geoffroy de Lagasnerie
Le projet de Foucault s’inscrit en rupture avec cette position. Le problème qu’il entend poser se veut plus dérangeant. Son intention est plus complexe. Foucault se propose de modifier notre perception spontanée du discours néolibéral. Ainsi, l’une des idées placées au centre de la démonstration menée dans Naissance de la biopolitique, c’est qu’il y a quelque chose de libérateur, d’émancipateur, de critique qui s’élabore et se met aussi en place à travers le néolibéralisme.

(...)

Comment Foucault justifie-t-il cette association entre, d’un côté, le libéralisme et le néolibéralisme et, de l’autre, des mouvements de dissidence ? Qu’y a-t-il de potentiellement émancipateur dans le discours néolibéral ? Ou, plus exactement, en quoi est-il possible de trouver dans ce discours des instruments, des armes pour mener des luttes politiques et démocratiques ?



La potentialité critique inscrite dans la rationalité néolibérale s’enracine dans le fait que cette tradition s’est affirmée dans le cadre d’une opposition à l’État, ou, mieux, à la raison d’État. En effet, à la racine de l’attitude libérale, puis néolibérale, ne se trouve pas un corps constitué d’axiomes théoriques ou philosophiques, ni même quelques principes idéologiques de base. Si l’on voulait caractériser ce qui rassemble les intellectuels néolibéraux au-delà de leurs différences parfois très grandes, il faudrait plutôt invoquer un trait de caractère, un ensemble d’obsessions quasi psychologiques. Car leur pulsion commune, dit Foucault, c’est une « phobie d’État ». Les libéraux sont animés par une hantise de l’État – dont il illustre l’intensité en citant ces propos de l’historien de l’art Bernard Berenson : « Dieu sait si je crains la destruction du monde par la bombe atomique, mais il y a au moins une chose que je crains autant, qui est l’invasion de l’humanité par l’État. » Selon Foucault, le néolibéralisme est traversé par l’idée selon laquelle « “on gouverne toujours trop” » – ou du moins selon laquelle « il faudrait toujours soupçonner que l’on gouverne trop ». En d’autres termes, il y a dans le néolibéralisme la formulation d’une interrogation radicale sur la gouvernementalité étatique. Cette doctrine ne se contente pas de se demander quels seraient les meilleurs moyens, ou les moyens les moins coûteux, d’atteindre des objectifs politiques. Elle questionne la possibilité même de l’État. Elle impose de répondre à ce problème : « Pourquoi donc faudrait-il gouverner ? »



En ce sens, il ne me semble pas faux de dire que Foucault a perçu le néolibéralisme comme l’une des incarnations contemporaines de la tradition critique. (chapitre 10)
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enkidu_   05 mars 2017
La dernière leçon de Michel Foucault de Geoffroy de Lagasnerie
L’un des coups de force du néolibéralisme consiste ainsi à se proposer de déchiffrer tout un ensemble de réalités et de rapports non marchands en termes marchands. L’homme n’est plus pensé comme un être compartimenté qui adopterait des raisonnements économiques pour ses actions économiques mais obéirait plutôt à des valeurs sociales, morales, politiques, psychologiques, éthiques, etc., dans les autres domaines de son existence. Il est conceptualisé comme un être unifié, cohérent. Il est donc censé appliquer le calcul économique à toutes choses, c’est-à-dire se comporter comme une petite entreprise qui chercherait à chaque instant à maximiser son utilité sous contrainte des ressources dont elle dispose : le néolibéralisme se propose d’utiliser le modèle de l’homo œconomicus comme grille d’intelligibilité de tous les acteurs et de toutes les actions.



On sait que cette figure de l’homme comme être rationnel constitue probablement l’une des facettes les plus décriées de la discipline économique dans sa version « orthodoxe ». Elle est constituée comme un repoussoir. Elle démontrerait que le néolibéralisme tend à nous présenter sous les traits mutilants d’êtres intéressés, matérialistes, égoïstes. Il nous ferait passer pour des monstres froids et des machines à calculer (pour reprendre l’expression de Marcel Mauss), alors que nous serions des êtres, complexes, des personnes définies par des affects, des émotions et des passions, des valeurs spirituelles, etc. Même dans les secteurs de la théorie critique qui entendent constituer l’individu comme une valeur de gauche et l’individualisme comme un projet émancipateur, il est frappant de constater que l’on brandit, contre l’homo œconomicus, la figure antimatérialiste et anti-utilitariste de la personne dotée de sens, d’affectivité, de sens moral – selon une rhétorique étonnamment proche du personnalisme chrétien.



Michel Foucault ne recourt pas, dans Naissance de la biopolitique, à ces modes de disqualification. Bien au contraire, il s’interroge sur la productivité du modèle de l’homo œconomicus, sur la fécondité du geste qui consiste à utiliser ce schéma pour analyser les comportements. Et, dans ce cadre, il développe longuement un exemple bien précis : celui du crime, de la punition et de la politique pénale tel qu’il a été étudié par l’économiste américain et Prix Nobel Gary Becker dans un célèbre article de 1968 intitulé « Crime et punition ». (chapitre 14)
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v1c4u   23 octobre 2019
La conscience politique de Geoffroy de Lagasnerie
Quand nous sommes 300 à nous rassembler devant l’Assemblée nationale en chantant « nous le peuple », nous ne sommes pas « le peuple » en train de contester les institutions en faisant apparaître une expression dissidente de la « souveraineté populaire ». Nous sommes 300 et qui nous mobilisons en tant qu’acteurs socialement situés même si nous le disons autrement. Mais de la même manière, celles et ceux contre qui nous manifestons ne sont pas les « représentants du peuple » au sein d’une institution dont la légitimité proviendrait du transfert de souveraineté accompli au moment du vote. Ils sont 200 — peut être moins — gouvernants eux aussi socialement situés mais qui sont en position de nous imposer leur volonté en l’appelant Loi. 300 contre 200 : telle est la vérité du rapport politique. Rien de plus.
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enkidu_   05 mars 2017
La dernière leçon de Michel Foucault de Geoffroy de Lagasnerie
La démonstration proposée par Hayek consiste à dire que la racine du totalitarisme se trouverait dans un rejet du libéralisme. La critique de l’individualisme, le triomphe d’une éthique collectiviste, l’ambition de substituer au jeu du marché libre et décentralisé l’autorité d’une instance qui contrôlerait la production et la répartition des richesses, tous ces éléments constitueraient le point de départ ou, mieux, la base doctrinale du communisme et du national-socialisme. Ainsi, lorsque ces dogmes commencent à se diffuser dans une nation, lorsque les États se les approprient, lorsque les intellectuels se mettent à les adopter et à les légitimer, alors le totalitarisme n’est pas loin, et le pays, lentement mais sûrement, et bien souvent à son insu, s’engage sur la route de la servitude.



Au fond, le coup de force de Hayek, et plus généralement de tout le courant néolibéral, a été, par l’intermédiaire de telles analyses, d’installer l’idée, extrêmement forte et perturbante, selon laquelle il existerait entre le communisme et le nazisme, mais également entre le communisme et le keynésianisme, quelque chose comme un air de famille, une communauté de pensée, pour ne pas dire une relation de nécessité. Le régime communiste, le régime nazi et les régimes qui promeuvent les réglementations sociales et l’État-providence participeraient d’un même système, d’un même invariant politico-économique. Tous partiraient d’un même refus du libéralisme, de l’individualisme, du marché libre et décentralisé, etc., et, logiquement articulée à celui-ci, d’une même volonté d’utiliser la coercition pour atteindre des objectifs prédéfinis en matière de production ou de distribution. Par conséquent, contrairement à ce que l’on s’imagine spontanément, le totalitarisme n’est pas derrière nous. Les totalitaires sont parmi nous : ce sont ceux qui mettent en place un système de planification ou qui justifient la sécurité sociale, qui prônent un contrôle de l’économie par l’État, qui plaident pour une régulation du marché, pour plus d’impôts, etc. (introduction)
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v1c4u   24 octobre 2019
La conscience politique de Geoffroy de Lagasnerie
On ne parle pas ici de la dictature d'un État, d'un gouvernement, de gouvernants. On parle de la dictature d'une classe sociale. La dictature du prolétariat, c'est la domination de la classe ouvrière. Et, selon Althusser, cela change tout. Il y a dans le monde social une multiplicité d'ordres et de formes où se déploient des rapports de domination : ordre économique, ordre politique, ordre juridique, ordre culturel, ordre idéologique, ordre scolaire... La dictature du prolétariat renvoie à une pratique politique dont la nature est indéterminée par avance. Son déploiement doit se déterminer en fonction des intérêts du prolétariat dans chacun de ces ordres. Et cela va prendre des formes très différentes selon les espaces concrets. Dans les formes de la production, cela passera par exemple par des nationalisations, l'autogestion et le contrôle ouvrier de la production. Dans l’ordre politique, la dictature du prolétariat sera l'inverse de la dictature au sens courant du terme, ce sera au contraire ce qu'il appelle la « démocratie la plus large » : réorganiser la politique selon une pratique dictée par les intérêts du prolétariat, c'est donner le pouvoir au plus grand nombre, c'est pousser la démocratie de masse jusqu'au bout : « La forme politique de la dictature du prolétariat

doit être la démocratie la plus large. [...] Les formes politiques de cette domination ne peuvent sauf exception, et encore provisoire, avoir quoi que ce soit de commun avec les formes d'un gouvernement au-dessus des lois, donc violent et dictatorial. Ces formes sont normalement celles de la démocratie de masse la plus large. »
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micky05   24 février 2017
Penser dans un monde mauvais de Geoffroy de Lagasnerie
Edouard Louis déclarait : « Les gens posent souvent la question : peut-on faire une grande œuvre littéraire qui soit raciste ? C'est une question qu'on pose beaucoup, et d'ailleurs, la plupart du temps, à propos de quelques œuvres de Céline. [...] Je ne prétends pas qu'on ne peur pas écrire de belles choses, de beaux passages dans un roman raciste, je dis que ça ne suffit pas, et même qu'au regard de ce que cela peut produire de violence, ça n'en vaut pas le prix. Il faudrait à la limite se saisir de la rationalité économique en termes de "coût" dans ce type de réflexion sur la littérature, et se demander : est-ce que quelques phrases bien écrites, une écriture originale, valent la perpétuation de la violence, la perpétuation des fantasmes racistes ? Il est clair que non. » Pourquoi plaider pour une évaluation éthique, et non purement interne, des biens symboliques est-il si difficile et délicat ? Sans doute parce que ce geste exige nécessairement d'adopter une position forte et provocante : il n'y a pas de valeur inconditionnelle à l'art et à la littérature. Leur valeur dépend de leur inscription dans un horizon politique et de leur participation à une entreprise émancipatrice.

Lorsqu'elles ne se donnent pas à elles-mêmes un tel projet, ces entreprises renoncent à la possibilité parfaitement légitime. Il n'y a aucune raison d'accorder à cette modalité de la pratique une évidence et une naturalité.
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daniel_dz   04 juillet 2019
Juger : L'État pénal face à la sociologie de Geoffroy de Lagasnerie
Le sociologue Nils Christie n'a pas tort de dire que, à travers la logique pénale, l'Etat nous vole. Ou, mieux, il vole les individus de leurs conflits : lorsqu'un antagonisme privé surgit, lorsqu'une agression a lieu, l'Etat les fait siens. Il exproprie les parties du conflit dans lequel elles étaient prises. Il expulse la victime et se pose comme la victime; il impose ses catégories juridiques, ses modes de perception, ses qualifications ; et il détermine un mode de règlement que les deux parties sont contraintes d'accepter, auquel elles doivent se soumettre, indépendamment de leur volonté. Ce mode de règlement (procédure, peine, etc.) peut déplaire aux deux parties. Il rend impossible le déploiement d'autres logiques, comme celles du pardon, de la réparation, de l'entente, qui laisseraient aux acteurs la possibilité de négocier eux-mêmes la sortie du conflit -et peut-être surtout de définir par eux-mêmes ce que , « sortir de ce conflit » signifierait. La justice pénale implique que l'Etat accapare les conflits privés et dépossède les acteurs d'une capacité de négociation et de détermination des « sanctions » selon leurs propres termes, leur propre volonté, leurs propres « besoins ». Christie décrit ainsi les avocats et les juges comme des « voleurs professionnels », et les catégories juridiques comme des instruments de dépossession de notre expérience par l'État.
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