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Citations de Grégoire Courtois (42)


C’est notre lot de vivre dans des mondes qui n’existent que pour nous. C’est notre lot de souffrir des apocalypses dont nous seuls comprenons les symboles, ainsi que la fulgurante révélation, mais qui restent tristement hermétiques à nos semblables, terrorisés par les images de leur propre destruction. Et pourtant nos pas soulèvent la poussière, et nos chairs touchent d’autres chairs et sentent la sueur qui s’en écoule, et le sang qu’on en fait couler, et nous glissons sur des peaux moites, et des kilomètres de moquette usée, et des existences bêtement rectilignes, qui sont pour chacun de nous, obstinément et jusqu’à l’extase, les mêmes. 
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Notre confiance en Théodore n'en est donc pas une, ou alors une cousine, dont les racines génétiques croisent celles de la foi et d'un aveuglement volontaire que personne n'ose appeler amitié.
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Être mort, c'est travailler seulement, sans rien d'autre autour qui nous empêcherait de réaliser que nous ne servons à rien.
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C'est une sensation, une pensée, un nuage qui passe devant la chaleur du soleil et me fait frémir. Je viens d'avoir une confirmation. Voilà. C'est fait. Je suis un spécimen de sexe féminin. [...] Je ressens cette douce satisfaction. Mon sexe demeure cette information superflue logée aux confins de mes cellules, infime, inutile, accessoire. Mais c'est moi, et cet indice supplémentaire dans la définition trouble de qui je suis me transporte de fierté.
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Grégoire Courtois
Ce n'est pas de la romance ou de la magie. C'est de la génétique. Cette voiture n'a aucun secret pour nous ; elle est un fait scientifique.
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Avant d'être adulte, on se fait tout interdire et, une fois qu'on l'est, on a rien le droit de faire parce que on se doit d'être responsable. Alors à quel moment de la vie on devient finalement libre? Pour de bon? (p.53)
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Fransen dit : Comment qualifieriez-vous la relation que vous entretenez avec votre voiture ?
Ils pensent tous que je ne les entends pas. Ils font comme si je n'étais pas là. Ils parlent entre eux. Pas encore de moi, mais ils le feront bientôt.
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Je suis parfaite. Je dois l'être toujours plus, apprendre toujours plus, pour mieux servir. Je suis faite d'éléments dont chacun à son utilité propre. J'ai le regard de l'aigle et du hibou. Je possède les organes sensoriels des requins. Je suis faite de mille morceaux de vivant. Je suis multiple. Je suis plusieurs. Je suis l'assemblage ultime, la bête qui ne devrait pas vivre. Je suis celle qui ne devrait pas penser mais qui pense, parfois, quand aucune consigne n'est à appliquer, dans le repli des heures vides, quand elle est seule, quand aucune tâche n'occupe son esprit. Je suis parfois celle qui pense et je deviens. Je suis faite de mille morceaux de vivant. Je roule sur les voies rapides de la génétique.
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Tous les gènes de ce véhicule ont été minutieusement choisis, dosés, assortis selon un plan d'ingénierie infinitésimalement précis. Il ne s'agit pas de Pygmalion, du Golem ou de la créature de Frankenstein. ça n'est pas de la romance ou de la magie. C'est de la génétique. Cette voiture n'a aucun secret pour nous ; elle est un fait scientifique.
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L’ENDROIT où nous vivons est l’endroit où nous travaillons. Nous sommes des agents.

C’est notre statut, notre identité, notre fierté.

Nous exécutons un travail, devant des machines d’un autre siècle ronronnant comme des animaux domestiques, pendant que, derrière les vitres teintées de notre bureau, une épaisse couverture nuageuse rampe de l’est vers l’ouest.
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Antoine dit : Moi je te sens. Je sens ta peau. Elle est vraiment douce. Maintenant je comprends le concessionnaire. Je vois ce qu'il voulait dire. Cette peau qu'ils t'ont donnée. Elle est exceptionnelle. Je ne l'ai pas cru quand il me l'a dit. De la peau de femme. De la peau humaine. Je n'y croyais pas. Et puis je t'ai touchée. [...]
Je sens les mains d'Antoine qui courent lentement sur moi, à l'intérieur de moi. Je sens la peau de son visage contre la peau de mon siège. Je sens ses lèvres, sa langue. La chaleur de son corps est anormalement élevée. Elle perturbe l'équilibre thermique de l'habitacle. J'utilise un léger surplus d'énergie afin de maintenir la température à un niveau convenable. Sa respiration accélère. Son halo est agité bien que tous ses gestes soient doux.
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Voix identifiée 1 dit : Qu’elles puissent ou non les formuler, il n’empêche qu’elles ont des pensées. Alors elles pensent, non ?
Fransen dit : Peut-on penser sans langage ? C’est une question dont je laisse débattre les philosophes
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Quelque part, très loin, Yasmine et Emma sanglotaient aussi, et Nathan, et Océane et Louis, et dans cette obscure forêt, dans ce petit périmètre qui devait représenter le centième de l'étendue globale de cette zone boisée, où qu'on tende l'oreille, c'était une symphonie de "maman!" éplorés qui s'était élevée au-dessus de la cime des arbres, qu'ils aient été formulés véritablement ou pensés si fort qu'ils avaient résonné dans le cœur de sève des grands feuillus et des larges conifères, les cris des enfants qui appelaient leur maman avaient envahi tout l'espace, et obtuse des consciences, bouleversaient quiconque en percevait la vibration, c'est-à-dire personne d'autre que vous, lecteur, qui en avez le privilège et la malédiction, de saisir en entier l'image odieuse d'une forêt, plongée dans la noirceur d'une nuit anodine, et de laquelle s'élèvent les appels au secours de ces enfants livrés à eux-mêmes, de ces enfants qui meurent, ou qui vont mourir, et pour le salut desquels vous ne pouvez rien. Voilà votre lot, et voilà le leur, des rôles tragiques qu'il conviendra à chacun de tenir du mieux qu'il pourra, jusqu'à la dernière page.
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Les agents ne croient plus à rien. Nous sommes tellement entourés de trahisons, de stratégies et de manœuvres que tout ce qui se dit, tout ce qui s'entend, parfois même tout ce qui se voit, n'est plus considéré comme la vérité. Plus aucun de nous ne croit en quoi que ce soit, pas même en ses yeux ni à la morsure d'une lame. Certains agents ici, au moment de mourir, continuent à travailler, doutant même de leur propre douleur, de leur propre agonie – de leur mort.
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Je dis : Merci, Christine.
Ce sont les premières paroles qu'il m'a paru utile de prononcer, alors que Christine en un éclair extirpe la lame de mon capot, la lève à nouveau dans les airs et l'abaisse pour la planter en moi avec une force redoublée.
Christine dit : La ferme.
Elle arrache le couteau de mon corps et frappe une troisième fois. Je sens qu'elle sectionne l'une de mes artères. je sens la chaleur de mon sang qui se répand sur ma peau et sur mon pelage.
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... là dans la poitrine, à cet endroit bleu ou naissent les larmes et ou meurt l'espoir. (p.123)
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Nos voitures ne sont pas "génétiquement modifiées". C'est absurde. ça voudrait dire qu'il existe quelque part, à l'état sauvage, des voitures cent pour cent naturelles qui broutent dans les prairies. Or j'espère ne pas vous apprendre que ça n'existe pas. Non, ces voitures sont composées entièrement en laboratoire. Elles sont organiques, point.
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Fransen dit : Approchez-vous, nous allons commencer. Vous pouvez voir que, sur l’écran, la transcription apparaît d’abord sous forme écrite. Puis c’est un simple synthétiseur vocal qui rend le rapport audible.
Voix non identifiée 1 dit : Le rapport ? Vous voulez dire ses souvenirs ? Ses pensées ?
Fransen dit : Le bureau éthique vous interdirait probablement d’appeler ça des pensées. Ils parleraient de données ou de « flux informationnel », mais oui, dans les faits, c’est très proche. La seule chose qui distingue sa pensée de la vôtre, c’est qu’elle est incapable de formuler seule un langage. C’est là que Jane intervient. Jane est la plus avancée de nos consoles d’interprétation à ce jour. C’est de loin la plus créative. Une fois qu’on a branché les électrodes, Jane recueille les données brutes. Puis elle les interprète et enfin les passe par le filtre du langage. Grammaire, vocabulaire, énonciation. Si nous pouvons entendre penser ce modèle, si nous pouvons lire ses souvenirs, c’est uniquement grâce à Jane. Elle seule n’arriverait pas à les formuler. Les enregistrer oui, mais pas les formuler. Cette limitation est inscrite dans ses gènes sur demande du bureau éthique. Inversement, Jane ne peut rien produire ex nihilo. Son rôle se limite à l’interprétariat. (…)
Voix non identifiée 1 dit : Qu’elles puissent ou non les formuler, il n’empêche qu’elles ont des pensées. Alors elles pensent, non ?
Fransen dit : Peut-on penser sans langage ? C’est une question dont je laisse débattre les philosophes. Nous sommes des scientifiques. Imaginez plutôt ces enregistrements comme les boîtes noires dans les anciens avions mécaniques. C’est d’ailleurs exactement comme ça que nous nous en servons. Nous les étudions après les accidents. Ce sont des outils de travail qui nous permettent de détecter les anomalies et d’amenuiser les risques sur les modèles suivants. Et surtout ne vous laissez pas abuser par la prose légèrement lyrique de Jane. C’est un outil très efficace pour la fidélité de ses transcriptions pas pour la concision. Elle est, comment dire, volubile.
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Je n'ai rien décidé. Je n'ai pas choisi d'être ce que je suis, ni comment je le suis. Je ne porte à aucun moment la responsabilité de mon apparence, ni des fonctions que je propose. Et pourtant je mourrais de honte de ne pas convenir. Je mourrais de honte de ne pas plaire.Aux utilisateurs bien sûr, mais aussi aux observateurs, aux simples passants, à toute personne qui me voit. Je dois être irréprochable.
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Nous n'avançons pas seuls dans la tristesse pesante de nos quotidiens.
Nous sommes un groupe, une fratrie - une guilde.
Nous vivons des tensions, des divergences et des ruptures, mais respectons rigoureusement les lois tacites du groupe, qui est le garant de notre survie.
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