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Note moyenne 4.27 /5 (sur 1171 notes)

Nationalité : Allemagne
Né(e) à : Greifswald , le 21/07/1893
Mort(e) à : Berlin , le 05/02/1947
Biographie :

Hans Fallada, de son vrai nom de Rudolf Ditzen, est un écrivain allemand.

En 1911, à l'âge de 18 ans, Hans Fallada étudie au "Fürstliches Gymnasium" à Rudolstadt en Thuringe. En conflit avec son père, il se détourne de la carrière de juriste qu'on lui destinait et tente de se suicider à l'âge de 18 ans, après avoir tué son ami Hanns Dietrich von Necker dans un duel. Grièvement blessé, il survit pour être inculpé de meurtre et interné dans une clinique psychiatrique. Il quitte le lycée sans diplôme et travaille successivement dans l'agriculture, l'édition et le journalisme avant de pouvoir vivre de sa plume. De 1917 à 1919, il suit plusieurs cures de désintoxication (alcool et drogues) et séjourne aussi à plusieurs reprises en prison.

L’auteur remporte son premier succès en 1931 avec "Paysans, gros bonnets et bombes" (Bauern, Bonzen und Bomben), évocation des révoltes paysannes de Neumunster qui avaient défrayé la chronique lors de la crise de 1928-1929. Dans la même veine naturaliste et sociale, il compose un deuxième roman, "Et puis après ?" (Kleiner Mann, was nun ?, 1932), dont la notoriété dépasse cette fois les frontières allemandes.

En 1933, lorsque Hitler s'empare du pouvoir, Fallada se retire à Carwitz dans le Mecklembourg. Il s'ensuit une période très prolifique avec la rédaction de "Nous avions un enfant" (Wir hatten mal ein Kind, 1934), "Qui a mangé à la gamelle ?" (Wer einmal aus dem Blechnapf frißt, 1934), "Loup parmi les loups" (Wolf unter den Wölfen, 2 volumes, 1937).

En 1945, Johannes R. Becher l’invite à gagner Berlin-Est, où Fallada travailla au journal "Täglichen Rundschau" tout en continuant sa carrière de romancier.

Hans Fallada rédige en 1946 "Le cauchemar" (Der Alpdruck) et "Seul dans Berlin" (Jeder stirbt für sich allein). Cette œuvre poignante, la plus sombre de l'écrivain, évoque la tragédie d'un ménage ouvrier, engagé dans une lutte inégale contre le régime nazi et finalement inexorablement broyé dans les griffes de la Gestapo.

Ce dernier roman est selon Primo Levi "l'un des plus beaux livres sur la résistance allemande antinazie".

En 2014, le metteur en scène Luk Perceval adapte "Seul dans Berlin" sur la scène du Théâtre Nanterre-Amandiers et, deux ans plus tard, sort le film "Alone in Berlin", réalisé par Vincent Pérez.
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Citations et extraits (215) Voir plus Ajouter une citation
Stockard   09 mai 2017
Seul dans Berlin de Hans Fallada
Chacun devrait s'intéresser à la politique. Si nous l'avions tous fait en temps opportun, nous n'en serions pas au point où nous ont menés les nazis.
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Gwen21   20 mai 2017
Seul dans Berlin de Hans Fallada
- [...] Chacun devrait s'intéresser à la politique. Si nous l'avions tous fait en temps opportun, nous n'en serions pas au point où nous ont menés les nazis.
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Ziliz   06 juillet 2015
Seul dans Berlin de Hans Fallada
Mais sa femme lui arrache le feuillet, avec une soudaine violence. Elle a changé du tout au tout. Avec fureur, elle déchire la missive en menus fragments, tout en lui criant au visage, à mots précipités :

- Pourquoi lirais-tu ces ordures, ces mensonges ignobles, qu'ils écrivent tous ?... Que [notre fils] est tombé en héros "pour son Führer et pour son peuple" ?... Qu'il a été un soldat et un camarade exemplaire ?... Voilà ce que tu te laisserais conter par ces gens, alors que nous savons si bien tous les deux que notre petit ne vivait que pour ses bricolages de radio, et qu'il a pleuré quand il a dû rejoindre l'armée !... Combien de fois ne m'a-t-il pas dit, pendant son service militaire, qu'il aurait volontiers sacrifié sa main droite pour être délivré de ces gens-là !... Et maintenant, un soldat modèle et un mort exemplaire !... Mensonges, mensonges, rien que mensonges !... Mais, tout ça, c'est vous qui l'avez préparé, avec votre misérable guerre, toi et ton Führer !

(p. 13)
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gouelan   26 juin 2018
Seul dans Berlin de Hans Fallada
- Je pense parfois, maintenant, Herr Doktor, à toutes ces choses dont j'ai l'étoffe et dont je ne savais rien avant. Ce n'est que depuis que je vous connais, ce n'est que depuis que je suis arrivé ici dans cette boîte de ciment pour mourir que j'apprends tout ce que j'ai laissé passer dans ma vie.

- Il en est de même pour chacun d'entre nous. Tous ceux qui doivent mourir, et en particulier ceux qui doivent comme nous mourir trop tôt, sont forcément affligés par toutes les heures qu'ils ont perdues dans leur vie.
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Gwen21   14 mai 2017
Seul dans Berlin de Hans Fallada
Plus tard, dans l'obscurité, ils ne parviennent pas à s'endormir. Ils se tournent et se retournent, et finalement commencent à se parler. Dans l'obscurité, on parle mieux.
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ay_guadalquivir   28 août 2013
Seul dans Berlin de Hans Fallada
Il prit la plume et dit doucement, mais avec une certaine emphase :

- La première phrase de notre première carte sera : "Mère, le Führer m'a tué mon fils."

De nouveau, elle frissonna : il y avait quelque chose de décidé et de sinistre dans ces paroles ! Elle comprit à cet instant que, par cette première phrase, il avait déclaré la guerre, aujourd'hui et à jamais. Confusément, elle comprit ce que cela signifiait. D'un côté, eux deux, les pauvres petits travailleurs insignifiants, qui pour un mot pouvaient être anéantis pour toujours. Et de l'autre côté, le Führer et le Parti, cet appareil monstrueux, avec toute sa puissance, tout son éclat, avec derrière lui les trois quarts, oui, les quatre cinquièmes de tout le peuple allemand. Et eux deux, seuls ici, dans cette petite chambre de la rue Jablonski !...

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spleen   03 septembre 2018
Seul dans Berlin de Hans Fallada
Ils se réfugiaient donc de plus en plus dans leur bonheur amoureux. Ils étaient comme deux amants qui en plein raz de marée, au milieu des vagues, au milieu des maisons qui s'écroulent, au milieu du bétail qui se noie, s'accrochent l'un à l'autre et croient qu'ils peuvent survivre au désastre général par la force de leur lien commun, de leur amour. Ils n'avaient pas encore compris que , dans cette Allemagne en guerre, la vie privée n'existait plus du tout. Et le repli sur soi n'y changeait rien, tout Allemand appartenait quoiqu'il advienne à la collectivité des Allemands et devait partager le destin allemand avec les autres - de la même façon que les bombes, qui devenaient de plus en plus nombreuses , tombaient sans distinction sur les justes et les injustes .
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missmolko1   09 août 2018
Seul dans Berlin de Hans Fallada
Ils n'avaient pas encore compris que, dans cette Allemagne de guerre, la vie privée n'existait plus du tout. Et le repli sur soi n'y changerait rien, tout Allemand appartenait quoi qu'il advienne à la collectivité des Allemands, et devait partager le destin allemand avec les autres - de la même façon que les bombes, qui devenaient de plus en plus nombreuses, tombaient sans distinction sur les justes et les injustes.
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Bibounde   01 mars 2008
Seul dans Berlin de Hans Fallada
Et que voulait-il faire ? Autant dire rien !... Quelque chose de dérisoire, d'insignifiant, tout à fait dans sa ligne ; quelque chose de calme, qui ne pourrait en rien troubler sa tranquilité. Il voulait écrire des cartes ! Des cartes postales, avec des appels contre le Führer et le Parti, contre la guerre, pour éclairer ses semblables. C'est tout... Et ces cartes, il ne comptait nullement les envoyer à des gens bien déterminés, ni les coller sur les murs comme des affiches. Non, il voulait simplement les déposer dans les escaliers des immeubles où il y avait beaucoup d'allées et venues, les abandonner là, sans savoir aucunement qui les ramasserait, ni si elles ne seraient pas aussitôt foulées aux pieds ou déchirées.
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Gwen21   10 mai 2017
Seul dans Berlin de Hans Fallada
Ce qu'un crochet au menton peut parfois vous éclaircir les idées !
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