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ISBN : 207044757X
Éditeur : Gallimard (31/05/2012)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Erwin Sommer, citoyen estimé de sa ville, mène une vie paisible, heureux propriétaire d'un florissant magasin de produits agricoles, marié depuis quinze ans à Magda. Une série d'échecs professionnels et de tensions grandissantes dans son couple l'entraîne à boire : il découvre la plénitude de l'ivresse, les joies de la débauche et de l'oubli. Lucide sur sa dépendance et sa lâcheté, Sommer continue malgré tout, toujours plus bas, toujours plus vite, à faire le choix ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
CorinneCo
  28 mars 2014
Erwin Sommer est-il un crétin ? Quelque part sûrement... un homme que le manque d'assurance, la soif de reconnaissance tant au niveau professionnel que personnel rend bête, tendance paranoïaque. Il le dit lui-même, il est mou, il l'a toujours été. Il s'en accomode de façon illusoire et finit par développer envers sa femme "active", "compétente" comme il dit, une aversion irraisonnée, un malaise et une souffrance que le premièr verre de vin va apaiser de façon soudaine et inattendue. le piège s'est refermé. Soudain Erwin Sommer se sent invincible, brillant, sûr de lui, conquérant et.... niais. Il "s'évade", il "vit", il ne mesure plus la conséquence de ses actes, ou il s'en fiche. Il tombe amoureux d'une serveuse d'auberge qui n'a que mépris pour lui et qui le roule dans la farine. ll se laisse berner par un logeur filou qui le tient par l'alcool, il se fait voler, dépouiller, il cambriole sa propre maison. C'est drôle et pathétique. Derrière les "idioties" de Sommer se profile l'aliénation de la dépendance, l'illusion de l'alcool, la déchéance physique et morale, la souffrance psychique des drogués, le désespoir ténu de ceux qui se savent dépendants et qui tournent en rond dans leur cage de verre, se sentant prisonniers de leur "poison" le reclamant et le reniant. Après la case prison, c'est la case maison "de santé", asile plutôt. Sommer est interné pour "désintoxication", en fait il est jugé irresponsable, déchu de ses droits élémentaires, mis sous tutelle. "Sans autre forme de procès" comme dirait La Fontaine. Quand Hans Fallada aborde les pages de l'internement, le ton s'assombrit encore plus. Les pages sont magnifiques, cruelles et désespérées. Malgré sa "crétinerie" on espère de tout coeur qu'Erwin Sommer" s'en sortira. Mais comme il le dit, il est dans la maison des morts. Hans Fallada, dépendant lui aussi de l'alcool, dépendant de la drogue a connu l'internement sur une période assez courte, mais est-ce vraiment "assez court" ? La lucidité de Sommer est la sienne, la lucidité sur sa propre déchéance, sur sa situation présente et future, sur la nature humaine. Et toujours comme un leitmotiv blessant, revient sur la fin du récit, cette soif de reconnaissance et d'amour jamais assouvie et jamais concrétisée. Ce manque terrible qui a scié ses nerfs et sa raison et l'a précipité dans les paradis artificiels pour supporter la charge de son existence. J'aurai aimé savoir d'où venait ce manque d'assurance et ce besoin impérieux d'approbation sociale et intime de Sommer. Que c'était-il passé avant pour qu'il developpe ce désamour de lui-même et cette frénétique quête ? D'une belle écriture ample, simple et pourtant tourmentée, avec cette pointe d'acidité et de dérision qui caractérise la lucidité et la désespérance d'un être, Fallada nous brosse un portrait intimiste et universel d'homme blessé.
Pour tout dire, je voulais lire "Seul à Berlin" mais j'ai eu envie de commencer par un autre livre de Fallada, moins "emblématique". Je ne regrette nullement, c'est un livre superbe ou tout est dit et abordé dans cette histoire absurde d'un bourgeois en mal de reconnaissance qui décide un jour de plonger son nez dans un verre de schnaps...
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jovidalens
  09 février 2013
Que ce livre est terrible ! J'ai dû en interrompre par moment la lecture, prise d'un véritable vertige dans cette descente infernale, comme si l'auteur m'emportait sur un véhicule sans frein, pris de vitesse sur une pente verglacée...
L'écriture est maîtrisée, claire, si claire, et si sombre.
Quoi qu'il décrive - et avec quelle virtuosité - le trait est juste, le regard tolérant et presque tendre, même dans la pire bassesse (et là, il suffit d'un mot pour y basculer). Aucun mépris et beaucoup d'empathie envers ces pauvres hères, rebus de la société.
Un homme nanti, notable qui se repaît d'appartenir à la "bonne société" de sa petite ville va sombrer dans l'alcool.
Qu'a-t-il fait pour mériter cette vie facile ? Naître dans une "bonne famille", faire de "bonnes" études, et surtout épouser une femme compétente et discrète qui a hissé son entreprise à un stade florissant. La renvoyant dans ses foyers, lui, le mari qui essaie de la maintenir dans un état de soumission, il va, par son incompétence et son apathie, perdre un juteux marché. Par lâcheté, il n'osera l'avouer à sa femme et découvrira l'alcool. Commence alors sa dépendance et sa chute dans l'ignominie.
C'est un récit autobiographique, et l'auteur décrit l'alcool comme un magicien, qui illumine une vie ressentie un peu terne. Tout est possible grâce à l'alcool, et surtout, on peut se croire très malin, irrésistible de charme et d'intelligence. Sauf que…
Le roman s'articule en deux parties : si la première décrit la vie du héros Herr Sommer, et le processus par lequel il devient un ivrogne patenté, la seconde partie, le montre, plongé dans un monde dont il ne connaît rien : celui des prisons et des hôpitaux pénitentiaires.
A ce sujet, le choix du patronyme Herr Sommer (Eté) est complètement adapté à sa vie de notable. Mais, est-ce un hasard, si Herr Sommer rencontre un certain Herbst (Automne) dans l'hôpital psychiatrique ?
Ce qui frappe à la lecture, c'est l'inconséquence de cet homme, qui prend toujours les mauvaises décisions, qui est incapable de se contrôler, qui ignore avec suffisance et naïveté tous les conseils avertis. Il s'illusionne beaucoup plus sur lui-même que sur les autres.
Dans la description de ses codétenus, il est lucide, sans jugement sur les brigands, meurtriers, déséquilibrés qu'il rencontre. Sa lâcheté et son instinct de survie lui permettent de trouver sa place dans la hiérarchie sociale de ces lieux d'enfermement.
Et puis aussi, il apprécie de ne rien faire, de se laisser porter. Il découvrira, en prison, le bonheur et la sérénité qu'apporte la satisfaction de réaliser un travail humble et bien fait.
Les actions d'envergure, il n'est capable de les concevoir qu'en rêve ou sous l'emprise de l'alcool.
Malgré tout, le personnage est attachant : par sa faiblesse, sa naïveté et son immaturité. A la fois il comprend les mondes dans lesquels il évolue, il s'y adapte avec une certaine efficacité mais son autosuffisance le fait se complaire dans une irréalité. Il appartient aux rêves, aux illusions, et l'alcool consommé vite et à fortes doses est la clé d'accès à ces mondes.
Mais il est agité par une passion : sa femme.
Ou il la haït et construit dans sa tête les scénarios les plus fous, les plus échevelés pour s'en venger ou il se répand en tendresse et mots d'amour quand il a besoin d'elle.
A l'inverse, sa femme avec sa douceur, sa fermeté et son dynamisme saura réaliser sa vie, alors que lui la perdra au fond d'une cellule.
Incapable d'accepter, de reconnaître la vérité énoncée par le médecin « votre femme, dans votre couple, est celle qui mène et qui domine. Elle a été votre bonne étoile ; lorsque vous vous êtes détourné de votre femme, tout s'est retourné contre vous. Habituez-vous plutôt à l'idée que votre femme ne veut vraiment que le meilleur pour vous, soumettez-vous un peu à elle…». Je pense que cet aspect du roman est aussi important puisqu'écrit en 1944. A l'époque, on ne demandait aux femmes qu'être des ménagères, et, sauf erreur de ma part, ce devait être embarrassant pour un notable de reconnaître cette autre dépendance, celle aux compétences de gestionnaire de son épouse.
Cet assujettissement de fait à sa femme il s'y dérobera par son addiction, voluptueuse et sensuelle à l'alcool.
Et c'est un hymne au pouvoir de l'alcool qui termine le roman.
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Corboland78
  26 février 2016
Hans Fallada est le pseudonyme de l'écrivain allemand Rudolf Ditzen (1893-1947). Rudolf Ditzen naît dans une famille aisée mais a des relations conflictuelles avec elle. En 1911 suite à une sombre affaire de suicide d'un de ses amis, maquillé en duel dans lequel il est gravement blessé, Fallada est inculpé de meurtre et interné dans une clinique psychiatrique à Iéna pour une courte durée. Il abandonne ses études secondaires sans diplôme et fait un apprentissage agricole. de 1913 à 1928, il occupe des emplois divers dans ce secteur, sans être requis plus de quelques jours pendant la Première Guerre mondiale. de 1917 à 1919, il suit plusieurs cures de désintoxication (alcool et morphine) et par la suite il est à plusieurs reprises mis en prison. En 1929, il se marie et aura trois enfants, époque à partir de laquelle il travaille dans les secteurs de l'édition et du journalisme, jusqu'à ce qu'il puisse vivre de ses droits d'auteur. Hospitalisé en raison de ses problèmes d'addiction, Hans Fallada meurt d'un arrêt cardiaque le 5 février 1947.
Si le Buveur est un roman, il est aussi grandement autobiographique. En 1944 Hans Fallada divorce, mais un épisode violent en août contre son ex-épouse entraîne son incarcération pour trois mois, où il rédige en secret une "confrontation intensive avec les humiliations et les crises personnelles des années passées". le roman qui ne sera finalement publié qu'en 1950, après la mort de Fallada, est une partie de ce manuscrit.
Le narrateur, Erwin Sommer, la quarantaine, est propriétaire d'un magasin de produits agricoles qui marche bien, dans une petite ville de province. Il est marié avec Magda depuis une quinzaine d'années mais le couple n'est plus ce qu'il avait été. Une négligence professionnelle puis un court voyage à Hambourg pour rattraper le coup lui font découvrir l'alcool, et lui qui ne buvait jamais tombe dans ce piège addictif. le roman va s'attacher à transcrire la descente aux enfers d'Erwin Sommer.
Pour le lecteur, le bouquin est en deux parties, même si elles ne sont pas concrètement signifiées. Il y a l'avant et l'après incarcération. Personnellement, j'ai préféré l'avant. le ton est enjoué, on s'amuse à suivre cet Erwin, pas très futé et naïf, pas vraiment bosseur, faible de caractère mais ces traits de sa personnalité se lisent en creux car le narrateur ne se voit évidemment pas comme tel, ou bien lors de rares moments de lucidité qui ne durent pas. Puis l'alcool devient drogue dont il ne peut se passer, l'argent du ménage et l'argenterie, tout va partir en bouteilles de schnaps. L'engrenage fatidique est en marche, les mauvaises rencontres, l'entreprise qui périclite, la lutte d'influence avec Magda qui s'avère très « compétente » et selon les mots, plus tard, d'un médecin, « votre femme, dans votre couple, est celle qui mène et qui domine. » Erwin devient paranoïaque, aveugle à la situation, se croyant plus malin que tout le monde. Il va connaître la prison pour tentative d'assassinat sur sa femme, puis l'incarcération en maison de santé. le bouquin est alors extrêmement plaisant à lire, plein d'humour, voire comique (en exagérant un peu, limite Laurel & Hardy dans certaines situations !)
La seconde partie est beaucoup plus classique – du moins à le lire aujourd'hui ( ?) – la vie en prison, les combines, les vexations, la dureté de la vie, on connait nous avons déjà lu cela. Par ailleurs le sevrage semble passé sous silence ou du moins se dérouler naturellement, sans que l'auteur, bizarrement, s'y attarde… C'est moins drôle évidemment, mais on ne tombe jamais dans l'horreur, je l'ai dit le ton de l'ouvrage est léger et même en prison, l'humour (forcé) subsiste, « nous sommes nourris de bonne eau bien chaude… »
La dernière page du roman est très belle, même si elle est très symbolique du caractère définitivement déraisonnable de ce pauvre Erwin Sommer. Un personnage qui ne nous restera, grosso modo, jamais vraiment antipathique… mais comme c'est aussi lui qui a écrit le bouquin… Un fort bon roman au demeurant.
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janemar
  06 janvier 2012
Erwin Sommer citoyen estimé de sa ville, propriétaire d'un magasin florissant marié depuis 15 ans avec Magda. Une série d'échecs professionnels et relationnels avec sa femme notamment et « qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse ». C'est l'oubli dans l'alcool, c'est la plénitude dans l'alcool, mais les marches descendent lentement mais sûrement en enfer. Humiliations, disputes sordides, beuveries, rencontres dangereuses et c'est les barreaux d'une prison qui l'accueillent. Nous sommes en 44 en Allemagne, (serait ce différent aujourd'hui ?) il échoue après la prison dans un hôpital psychiatrique… La descente est de plus en plus rapide.
Fallada, dépeint avec précision, lucidité, comme si il y avait toujours vécu ? un univers carcéral des plus sordides, un asile psychiatrique des plus vils où les hommes se battent, se volent, s'entredéchirent. Page après page, on découvre, on s'émeut, on se perd, comment est ce possible. Pas d'humour, le roman noir par excellence sans être policier. Triste, mais réaliste, et captivant non comme un roman d'aventure, mais comme un essai sur les bas fonds d'une société, sur un système judiciaire, pénitentiaire à vous donner froid dans le dos.
« du grand Fallada, noir et grinçant ».

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kanterror
  30 octobre 2013
Voici une démonstration de ce que peut donner une crise de la quarantaine dans ses aspects les plus tragiques. Une crise qui se traduit par une vraie "mise en quarantaine" : du monde, de soi, et enfin, des autres. On pense un peu à "La faim" de Knut Hamsun dans cette recherche méthodique de la déraison, cette folie maitrisée, cette descente aux enfers consciente et contagieuse. Un roman plein d'allégorie mais d'une simplicité et d'une justesse touchante.
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critiques presse (1)
Liberation   16 juillet 2012
Aucune dénonciation, aucun pathos, évidemment. Tout le récit n’est qu’un effort pour tomber plus bas et le comique surgit à chaque obstacle matériel ou social qui sépare Sommer (Eté) de sa bouteille de schnaps.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Corboland78Corboland78   26 février 2016
Mais au milieu de la nuit, peu après une heure, je me trouvai à nouveau dans le cellier, pieds nus et en pyjama, en train de vider à toute vitesse ce qui restait des trois bouteilles. Et alors que la dernière bouteille était encore à ma bouche, je pris conscience avec une certitude effroyable que j’étais perdu, qu’il n’y avait plus rien pour me sauver, que j’appartenais corps et âme à l’alcool. Il était désormais indifférent que j’arrive à maintenir encore pour quelques jours ou quelques semaines un semblant de respectabilité et de bienséance – c’en était fini. Elle n’avait qu’à venir, la Magda, et me regarder boire. Je lui dirais en pleine face que j’étais devenu un vrai buveur, un ivrogne, et que c’était elle qui avait fait ça de moi, elle, avec sa compétence infernale ! Mais elle ne vint pas. Si bien que je laissai les trois bouteilles vides sur la table, leurs bouchons posés à côté ; qu’ils le sachent, que tout le monde le sache, Magda, Else, qui encore : je m’en fichais pas mal !
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jovidalensjovidalens   29 octobre 2012
Quelqu'un qui venait tout juste de perdre une belle valise en vachette avec ses plus belles affaires dedans et toute son argenterie, quelqu'un qui venait juste d'être délesté de quatre mille marks sur cinq n'aurait jamais pu se faire ne serait-ce que la plus petite idée du bonheur que ressentait l'homme qui était assis, un quart d'heure plus tard, dans un wagon de deuxième classe [...] Dieu seul sait comment cela fonctionnait en moi, mais je m'imaginais vraiment que je m'étais tiré à bon compte des griffes du misérable Polawski, et que je ne pouvais pas remercier suffisamment le ciel d'avoir réussi en plus à sauver mille marks de ce désastre. Je ne dois bien évidemment pas oublier de mentionner que ce sentiment de bonheur était essentiellement dû au fait que j'avais retrouvé la bouteille de schnaps...
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jovidalensjovidalens   06 septembre 2012
Et alors que la dernière bouteille était encore à ma bouche, je pris conscience avec une certitude effroyable que j'étais perdu, qu'il n'y avait plus rien pour me sauver, que j'appartenais corps et âme à l'alcool. Il était désormais indifférent que j'arrive à maintenir encore pour quelques jours ou quelques semaines un semblant de respectabilité et de bienséance - c'en était fini.
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jovidalensjovidalens   06 février 2013
Je dois dire ici qu'au moins pendant les premiers temps, et avec les détenus à peu près sociables, je m'en suis strictement tenu au vouvoiement. Tout en moi refusait de sombrer dans la marmite répugnante du nivellement. J'étais différent des autres malades,ma santé était parfaite, et j'avais tous les espoirs de retourner bientôt à la liberté - ce petit mot, "vous", était le dernier témoin de ma vie bougeoise à laquelle je voulais tant retourner. J'ai aussi observé que mes compagnons d'internement, même les plus obtus, réagissaient bien à ce vouvoiement. Cela leur rappelait le temps où ils étaient encore quelqu'un, des êtres humains à part entière, quand personne encore ne suivait le moindre de leurs pas, ne leur donnait la bécquée et ne les envoyait au lit t^t le soir comme des petits enfants.
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LoumiluLoumilu   27 avril 2014
Je portai le verre à mes lèvres et je bus posément, gorgée après gorgée, sans le reposer une seule fois, jusqu'au bout. La bière était fraîche, pétillante et légèrement amère, et en passant par ma bouche, elle semblait y avoir laissé quelque chose d'une clarté et d'une légèreté qui ne s'y trouvait pas auparavant. donnez-moi la même chose, voulais-je dire, mais je changeai d'avis. J'avais vu, posé devant le jeune homme, un verre bas et trapu, de couleur claire, qu'on appelle un "godet" chez nous, et dans lequel on sert généralement de l'alcool de grain. "Je voudrais bien aussi un godet comme celui-ci", dis-je soudainement. Comment l'idée m'est venue, à moi qui de toute ma vie n'avais jamais bu un seul schnaps, qui avais toujours eu un profond dégoût pour l'odeur du schnaps, je suis incapable de le dire. Pendant ces quelques jours, toutes les habitudes de ma vie changèrent, je fus soumis à de mystérieuses influences, et j'ai manqué de force pour y résister.
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