AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Note moyenne 3.7 /5 (sur 27 notes)

Nationalité : Allemagne
Né(e) à : Bissendorf , le 27/07/1958
Biographie :

Harald Welzer est psychosociologue.

Il est le directeur du Center for Interdisciplinary Memory Research, près l'Institut des sciences culturelles d'Essen et professeur-chercheur en psychologie sociale à l'université de Witten/Herdecke.

Ses priorités sont la recherche sur le souvenir et la mémoire, la recherche sur les traditions ainsi que la recherche sur la violence.

Il intervient régulièrement dans les pages Culture de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, grand journal conservateur. Certains de ses ouvrages ont connu de beaux succès d'édition.

Source : www.mediapart.fr
Ajouter des informations
étiquettes

Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
kv945   26 septembre 2015
Les guerres du climat. Pourquoi on tue au XXIe siècle de Harald Welzer
Nous sommes des animaux culturels et c'est la richesse de notre culture qui nous permet d'accepter notre indubitable potentiel de violence tout en croyant malgré tout que cette violence est une aberration culturelle. Les leçons de l'histoire nous rappellent que les états où nous vivons, leurs institutions, leurs lois même, sont parvenus jusqu'à nous par une succession de conflits, souvent de la plus sanglante espèce. Notre ration quotidienne de nouvelles parle de sang versé, parfois dans des régions toutes proches de notre patrie, et dans des circonstances qui vont totalement à l'encontre de notre conception de la normalité culturelle. Nous parvenons malgré tout à placer les leçons respectives de l'histoire et de l'actualité dans une catégorie particulière et bien distincte, celle du « différent », qui ne ternit en rien nos espérances pour le monde de demain et d'après-demain. Nous nous persuadons que nos institutions et nos lois ont suffisamment entravé le potentiel humain de violence pour que celui-ci, dans son expression quotidienne s'en trouve légalement condamné; toutefois, dans le cadre des institutions de l'État, ce même potentiel sera utilisé et adoptera le statut particulier de « guerre civilisé ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
kv945   07 octobre 2015
Les guerres du climat. Pourquoi on tue au XXIe siècle de Harald Welzer
On peut aussi décrire de cette façon le processus de la mondialisation, comme un processus accéléré d'entropie social qui dissout les cultures et, si ça finit mal, ne laisse plus que l'indifférenciation de la simple volonté de survie. Ce serait à vrai dire l'apothéose de cette violence dont les Lumières et avec elle la culture occidentale croyaient avoir trouvé la clé qui l'abolirait. Mais de l'esclavage des temps modernes et de l'exploitation impitoyable des colonies jusqu'à la destruction à la première révolution industrielle, des ressources vitales d'hommes qui n'avaient rien à voir avec ce programme, l'histoire de l'occident libre, démocratique et éclairé écrit aussi sa contre-histoire, faite de non-liberté, d'oppression, et du contraire des Lumières. De cette dialectique, l'avenir des conséquences du climat montre que le rationalisme des Lumières ne pourra s'exempter. Il y connaîtra son échec.
Commenter  J’apprécie          40
JeanLouisBOIS   30 décembre 2011
Les exécuteurs. Des hommes normaux aux meurtriers de masse de Harald Welzer
C'est ce couplage entre l'évidente nécessite d'actes déplaisants et le sentiment d'accomplir ces actes nécessaires contre leur propre sensibilité humaine qui donna aux exécuteurs la possibilité de se sentir jusque dans le meurtre des gens "bien" . (p.27).
Commenter  J’apprécie          50
art-bsurde   08 septembre 2015
Les exécuteurs. Des hommes normaux aux meurtriers de masse de Harald Welzer
L'action est donc précédée par principe d'une définition de la situation par l'acteur, et cette définition est décisive pour le résultat de l'action, si irrationnelle, fausse ou immotivée cette définition soit-elle. Dans la formulation de William Thomas, cette affaire complexe peut se résumer avec concision : « Quand les hommes interprètent des situations comme réelles, elles sont réelles dans leurs conséquences. » Ce théorème entraîne lui-même deux conséquences importantes pour l'étude des exécuteurs : premièrement que, outre les conditions objectives, historiques et sociales de l'action, son interprétation subjective est d'une importance décisive quant à la nature de l'action finalement accomplie ; et deuxièmement, que cette action n'en a pas moins ensuite des conséquences réelles.
Commenter  J’apprécie          30
art-bsurde   19 juillet 2015
Les exécuteurs. Des hommes normaux aux meurtriers de masse de Harald Welzer
L'idée qu'un jour pas si lointain l'on ne pourrait plus connaître les Juifs que « par ouï-dire » n'est pas une chimère personnelle de notre directeur de mont-piété ; en haut lieu, au même moment, on rassemblait déjà les éléments du futur Musée central juif des SS qui devait s'ouvrir à Prague, et les anthropologues racistes récoltaient minutieusement les données qui témoigneraient devant la postérité de l'existence d'une race éteinte. Que signifie cet étrange projet consistant, après avoir exclu, dépouillé, déporté et enfin assassiné des gens, à les transformer en objets de musée pour les intégrer à sa propre histoire ? D'une part, il témoigne que l'anéantissement d'un groupe humain n'est complètement achevé que si même le souvenir qu'on en a est anéanti ou bien défini au sein d'une vision hégémonique. Les États totalitaires pratiquent intensément – le stalinisme l'a montré le plus nettement – une politique mémorielle pragmatique, parce que la domination complète des hommes exige que l'on domine aussi leur mémoire, ainsi qu'on peut le voir également dans des utopies littéraires comme 1984 ou Fahrenheit 451.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Sycorax   20 septembre 2011
Les exécuteurs. Des hommes normaux aux meurtriers de masse de Harald Welzer
Nous savons aujourd'hui qu'il n'y a pas un seul cas attesté où quelqu'un qui aurait refusé de participer à une exécution aurait eu à en subir des conséquences personnelles graves, comme sa mutation dans un bataillon disciplinaire ou sa condamnation à mort. Les travaux auxquels on risquait d'être affecté en cas de refus d'obéissance pouvaient être désagréables, on se déconsidérait peut-être aux yeux des camarades, mais on ne risquait pas sa vie, ni, encore moins, celle de ses proches. Aussi bien, il eût été dysfonctionnel, pour la bonne marche des "Judenaktionen", qu'un trop grand nombre d'exécutants s'attirât de graves difficultés dans l'accomplissement de cette tâche. C'est d'ailleurs pour la même raison que l'on veillait à l'état psychologique des hommes et de leur bien-être. Quant au "Befehlsnotstand", cette impossibilité absolue de ne pas obéir aux ordres, ce fut un mythe invoqué et inventé par les protagonistes eux-mêmes, soucieux de trouver en dehors d'eux-mêmes, pour des raisons juridiques, un motif à leurs meurtres qui fût au moins une contrainte subjective et leur permît de se tirer d'affaire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
art-bsurde   12 mai 2015
Les exécuteurs. Des hommes normaux aux meurtriers de masse de Harald Welzer
[A propos du Rwanda]



Il est maintenant bien attesté que la différenciation entre les deux groupes était pour l'essentiel un résultat de la colonisation et qu'en particulier la prédominance social de la minorité tutsi tenait à ce qu'elle avait été favorisée par les colonisateurs. Dans les années précédant le génocide, le sentiment de déclassement social répandu parmi les Hutu se transforma en l'idée d'une menace qui culmina dans une image totalisante de l'ennemi : un beau jour, la majorité hutu perçut une menace génocidaire que faisaient peser sur elle les Tutsi et contre laquelle il lui fallait se défendre de toutes ses forces avant que le prétendu plan tutsi d'exterminer les Hutu ne soit mis en application.

Or, cette idée de menace existentielle n'était pas simplement le produit de vagues fantasmes qui étaient dans l'air, elle avait été systématiquement suscitée par une guerre civile antérieure, puis corroborée par des écrits théoriques et par une propagande massive. Du coup, une différence ethnique qui auparavant n'était nullement marquée par des frontières infranchissables entre les groupes fut substantialisée et transformée en perception d'une hostilité mortelle. Et la technique de « l'accusation en miroir » joue là un rôle central : dans une sorte de fantasme génocidaire putatif, chaque côté soupçonnait l'autre de préméditer son extermination. Mais, à vrai dire, le schéma de l'accusation en miroir n'était pas un simple phénomène de psychologie sociale, il était explicitement recommandé comme méthode de propagande : à l'aide de cette technique, disait-on, « c'est le côté qui pratique la terreur qui accusera de terreur son ennemi ».

Le revers logique des fantasmes de menace ainsi répandus, c'est, chez ceux qui se sentent menacés, la naissance d'une disposition à se défendre – qui fait que toute forme d'attaque meurtrière et de destruction systématique peut être perçue, mutatis mutandis, comme une nécessaire action de défense. L'escalade en spirale de la menace supposée est à son tour encore poussée plus loin par des actions isolées et des massacres ciblés qu'on attribue au côté adverse ; c'est-à-dire qu'on traduit dans la réalité ce qui n'était auparavant qu'un décor de fantasmes terrifiants. Il s'agit là d'un moyen visiblement éprouvé et fort bien appliqué pour provoquer une dynamique d'escalade : on l'a vu appliqué avec succès aussi, par exemple, dans les guerres de l'ex-Yougoslavie et du Kosovo.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
art-bsurde   12 septembre 2015
Les exécuteurs. Des hommes normaux aux meurtriers de masse de Harald Welzer
Nous trouvons donc là, au niveau de la perception sociale qu'avaient les exécuteurs et exécutrices, cinq éléments qui à leurs yeux donnaient sens à la tuerie. Il y avait d'abord le risque fantasmé d'être soi-même exterminé si l'on ne prenait pas de vitesse, par une action de prétendue défense, ces meurtriers qui vous menaçaient. Cette mortelle menace imaginaire d'un groupe par l'autre était, deuxièmement, accrue par le fait que la délimitation entre ces deux groupes était brouillée de facto par la mobilité entre eux : la violence extrême ayant dès lors la fonction de bien marquer la frontière et de structurer ainsi la réalité. La violence meurtrière et exterminatrice semble devenir régulièrement plus radicale quand la frontière entre « nous » et « eux » n'est pas parfaitement claire.

Troisièmement, c'est la définition de la tuerie elle-même qui la fait apparaître aux yeux des exécuteurs comme nécessaire et pleine de sens. En l'occurrence, elle n'est pas seulement définie et pratiquée comme un travail professionnel : ce travail est de surcroit enrobé dans une conception agricole de la société et de la nation qui fait de l'extermination totale un acte absolument utile pour cultiver son champ.

Quatrièmement, il se trouve que la structure administrative existante offre la possibilité de pratiquer un gigantesque meurtre de masse sans que rien en elle ne soit foncièrement modifié. Il suffit de définir le but de l'action administrative, ici la mise à mort des Tutsi, et dès lors l'appareil active son potentiel comme s'il s'agissait de n'importe quoi d'autre. Tout est déjà là, lorsqu'un nouvel objectif est fixé, et tout continue à fonctionner comme toujours.

Enfin, cinquièmement, les meurtriers pouvaient être assurés que leur action allait de soi, avait du sens, était normale, puisque tous les autres, aussi bien, faisaient ce qu'ils faisaient eux-mêmes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
art-bsurde   13 mai 2015
Les exécuteurs. Des hommes normaux aux meurtriers de masse de Harald Welzer
Toutefois, les opérations décrites par Letica ressortissent à la violence extrême, mais non à la violence de destruction totale, et les guerres de l'ex-Yougoslavie sont plutôt caractérisées, globalement, par des formes de violence qui ne visaient pas l'extermination totale de l'adversaire. Il est vrai qu'il y eut aussi des exécutions de masse systématiques, ayant pour objectif d'anéantir au moins la partie masculine du groupe adverse. La plus connue de ces opérations d'extermination eut lieu à la mi-juillet 1995 à Srebenica, enclave bosniaque constituant une zone de sécurité de l'ONU, qui n'aurait donc pas dû être attaquée par les belligérants. L'armée serbo-bosniaque ne se soucia pas de ce statut particulier et attaqua la ville le 16 juillet 1995 […]

A ce moment-là, des milliers d'habitants musulmans avaient déjà pris la fuite et cherchaient à atteindre, non loin de là, le point d'appui de l'ONU à Potocari, ou bien à gagner, à travers les forêts environnantes, Tuzla sous contrôle bosniaque. Mais ces tentatives échouèrent dans de nombreux cas. Beaucoup de fuyards furent capturés dans les forêts ; à Potocari eut lieu un regroupement de musulmans bosniaques qui se termina par une véritable sélection : les hommes en âge de porter les armes, de dix-sept à soixante ans, furent séparés du reste, embarqués dans des bus, emmenés jusqu'à des lieux d’exécution choisis d'avance, et tués. Le même chose se passa à Srebenica les jours suivants. Au total, ces meurtres de masse planifiés firent 7 000 victimes. On a peine à imaginer ces événements lorsqu'on se rappelle que tout cela s'est passé sous les yeux des troupes néerlandaises de l'ONU.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
art-bsurde   10 mai 2015
Les exécuteurs. Des hommes normaux aux meurtriers de masse de Harald Welzer
Le lieutenant Calley, principal responsable du massacre de My Lai, croyait, pour sa défense, avoir le dernier mot : What the hell else is war than killing people ? « Bon Dieu, c'est quoi la guerre sinon tuer des gens ? »
Commenter  J’apprécie          30

Acheter les livres de cet auteur sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox



Quiz Voir plus

La IIe Guerre Mondiale en 20 questions de plus !

Quelle bataille mit fin à la progression de l'AfrikaKorps de Rommel ?

El Galzaoui
El Gazala
Bir Hakeim
El Alamein

20 questions
17 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre mondialeCréer un quiz sur cet auteur