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Note moyenne 3.53 /5 (sur 74 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Honfleur , le 28/12/1864
Mort(e) à : Paris , le 23/05/1936
Biographie :

Poète, romancier, essayiste.
Issu d'une famille aristocratique, il se passionne dès son adolescence pour la littérature.
Ses Iers poèmes, LES LENDEMAINS (1885) sont encore sous l'influence parnassienne. Puis il fréquente les mardis de Mallarmé et sa poésie, en vers libres, se teinte nettement de symbolisme (TEL QU'EN SONGE, POEMES ANCIENS ET ROMANESQUES, LES JEUX RUSTIQUES ET DIVINS ).
Il revient cependant au Parnasse, ce que consacre son mariage avec la seconde fille d' Hérédia, Gérard d' Houville.
LES MEDAILLES D'ARGILE (1900), LA CITE DES EAUX (1902), LA SANDALE AILEE (1905), inspirés par la civilisation antique, marquent un retour aux formes classiques de l'alexandrin et du sonnet.
A la même époque, il écrit beaucoup de romans exaltant la beauté féminine et le désir: LA DOUBLE MAITRESSE, LE BON PLAISIR (1902), LES VACANCES D'UN HOMME SAGE , LA FLAMBEE, L'AMPHISBENE (1912), LA PECHERESSE (1920), L'ALTANA (1924).
C'est un artiste extrêmement cultivé, raffiné, qelque peu maniéré peut-être...
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Source : Dict.des auteurs
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Citations et extraits (235) Voir plus Ajouter une citation
Henri de Régnier
sagesse66   16 décembre 2018
Henri de Régnier
Un petit roseau m’a suffi

Pour faire frémir l’herbe haute

Et tout le pré

Et les doux saules

Et le ruisseau qui chante aussi ;

Un petit roseau m’a suffi

À faire chanter la forêt.

Ceux qui passent l’ont entendu

Au fond du soir, en leurs pensées,

Dans le silence et dans le vent,

Clair ou perdu,

Proche ou lointain…



(Odelette)
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Henri de Régnier
Piatka   19 avril 2014
Henri de Régnier
LE JARDIN MOUILLÉ



La croisée est ouverte, il pleut

Comme minutieusement,

A petit bruit et peu à peu

Sur le jardin frais et dormant.



Feuille à feuille, la pluie éveille

L'arbre poudreux qu'elle verdit ;

Au mur, on dirait que la treille

S'étire d'un geste engourdi.



L'herbe frémit, le gravier tiède

Crépite et l'on croirait là-bas,

Entendre sur le sable et l'herbe

Comme d'imperceptibles pas.



Le jardin chuchote et tressaille,

Furtif et confidentiel ;

L'averse semble, maille à maille,

Tisser la terre avec le ciel.
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Henri de Régnier
Piatka   05 septembre 2015
Henri de Régnier
SEPTEMBRE



Septembre, Septembre,

Cueilleur de fruits, teilleur de chanvre,

Aux clairs matins, aux soirs de sang,

Tu m'apparais

Debout et beau

Sur l'or des feuilles de la forêt,

Au bord de l'eau.

En ta robe de brume et de soie,

Avec ta chevelure qui rougeoie,

D'or, de cuivre, de sang et d'ambre

Septembre,

Avec l'outre de peau obèse

Qui charge tes épaules et pèse

Et suinte à ses coutures vermeilles

Où viennent bourdonner les dernières abeilles.

Septembre,

Le vin nouveau fermente et mousse de la tonne

Aux cruches ;

La cave embaume, le grenier ploie ;

La gerbe de l'été cède au cep de l'automne ;

La meule luit des olives qu'elle broie.

Toi, Seigneur des pressoirs, des meules et des ruches,

O Septembre ! chanté de toutes les fontaines,

Ecoute la voix du poème.

Le soir est froid,

L'ombre s'allonge de la forêt

Et le soleil descend derrière les grands chênes.
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Henri de Régnier
Wyoming   11 février 2021
Henri de Régnier
Soir d'automne



Il est doux, ô mes yeux, lorsque le vent d'automne

Cesse de s'acharner à l'arbre dont frissonne

Le spectre dépouillé qui craque et tremble encor,

De voir, dans l'air muet, où son vol se balance,

Tomber en tournoyant à travers le silence,

Une dernière feuille d'or.



Quand au jour éclatant qui se voile succède

Le crépuscule lent, humide, mol et tiède,

Qui fait perler la mousse au dos des bancs velus,

Il est doux, au jardin mystérieux, d'entendre

Résonner dans le soir le rire obscur et tendre

Des visages qu'on ne voit plus.
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Henri de Régnier
Piatka   22 novembre 2014
Henri de Régnier
SI J'AI PARLÉ DE MON AMOUR...



Si j'ai parlé

De mon amour, c'est à l'eau lente

Qui m'écoute quand je me penche

Sur elle ; si j'ai parlé

De mon amour, c'est au vent

Qui rit et chuchote entre les branches ;

Si j'ai parlé de mon amour, c'est à l'oiseau

Qui passe et chante

Avec le vent ;

Si j'ai parlé

C'est à l'écho.



Si j'ai aimé de grand amour,

Triste ou joyeux,

Ce sont tes yeux ;

Si j'ai aimé de grand amour,

Ce fut ta bouche grave et douce,

Ce fut ta bouche

Si j'ai aimé de grand amour,

Ce furent ta chair tiède et tes mains fraîches,

Et c'est ton ombre que je cherche.

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Henri de Régnier
Piatka   31 décembre 2014
Henri de Régnier
VŒU



Je voudrais pour tes yeux la plaine

Et un forêt verte et rousse,

Lointaine

Et douce

A l’horizon sous un ciel clair,

Ou des collines aux belles lignes

Flexibles et lentes et vaporeuses

Et qui sembleraient fondre en la douceur de l’air,

Ou des collines

Ou la forêt …



Je voudrais

Que tu entendes

Forte, vaste, profonde et tendre,

La grande voix sourde de la mer

Qui se lamente comme l'amour ;

Et par instant tout près de toi,

Dans l’intervalle,

Que tu entendes,

Tout près de toi,

Une colombe dans le silence,

Et faible et douce,

Comme l’amour,

Un peu dans l’ombre,

Que tu entendes

Sourdre une source.



Je voudrais des fleurs pour tes mains,

Et pour tes pas

Un petit sentier d’herbe et de sable,

Qui monte un peu et qui descende

Et tourne et semble

S’en aller au fond du silence,

Un tout petit sentier de sable

Ou marqueraient un peu tes pas,

Nos pas

Ensemble !
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Henri de Régnier
Eve-Yeshe   28 septembre 2016
Henri de Régnier
Je vous ai si souvent regardée au visage



Que j’en ai désiré votre corps tout entier.



Et maintenant mes yeux conservent une image



Que mon cœur désormais ne peut plus oublier.







Que m’importe à présent si vos mains trop rapides



Couvrent votre beauté de longs voiles jaloux !



C’est en vain qu’à vos pieds tombent leurs plis rigides



Puisqu’ils ne sont plus là lorsque je pense à vous.







Le jour peut s’achever, et la nuit ténébreuse



Peut nous confondre toute à son obscurité,



N’êtes vous pas debout dans son ombre amoureuse



En un rêve pareil a votre nudité !







Et si vous détournez du mien votre visage,



Si, loin de moi, s’en va votre pas orgueilleux,



Est il rien qui pourra dénouer l’esclavage



Que vous fait ma captive et vous lie à mes yeux.



"La captive"
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Henri de Régnier
Piatka   07 mars 2017
Henri de Régnier
SUR LA GRÈVE



Couche-toi sur la grève et prends en tes deux mains,

Pour le laisser couler ensuite, grain par grain,

De ce beau sable blond que le soleil fait d’or ;

Puis, avant de fermer les yeux, contemple encor

La mer harmonieuse et le ciel transparent ;

Et, quand tu sentiras, peu à peu, doucement,

Que rien ne pèse plus à tes mains plus légères,

Avant que de nouveau tu rouvres tes paupières,

Songe que notre vie à nous emprunte et mêle

Son sable fugitif à la grève éternelle.
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nadejda   16 décembre 2015
L'Altana : Ou La Vie Vénitienne (1899-1924) de Henri de Régnier
Nous sommes allés à l’île de San Lazaro, chez les Arméniens. C’était une de ces belles et pures journées de l’automne vénitien où l’air est saturé de bonheur et de mélancolie. De loin, les murs de brique du vieux couvent ressemblaient à un ancien brocart couleur de rose, sur lequel se détachait le sombre velours des cyprès. On eût dit le motif de quelque étoffe orientale ou le dessin de quelque tapis persan. Dans le jardin du cloître, un cèdre étendait ses branches et, au tronc velu d’un palmier, grimpait un volubilis dont le fleur était du bleu le plus charmant, le plus tendre, le plus pur que j’eusse jamais vu. Quand nous avons eu admiré, dans la galerie du couvent, une momie venue d’Egypte et la signature de lord Byron, nous sommes sortis pour nous promener. Le jardin des moines nous a offert ses allées tranquilles qui abritent des treilles recourbées et où courent sur le sable des lézards furtifs. Ça et là, entre deux cyprès, entre deux ceps, des araignées ont tendu des toiles flexibles et irisées. On les voit qui s’y balancent, filandières appliquées, dentellières de la Lagune. Ce sont elles qui tissent les langes et le linceul du silence. p 108-109

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nadejda   06 décembre 2015
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