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EAN : SIE170028_884
Le Mercure de France (30/11/-1)
3.57/5   7 notes
Résumé :
ces Histoires incertaines situées, pour deux d’entre elles, à Venise, ville chérie par Henri de Régnier qui a souvent écrit sur elle.
Elles sont pleines d’une rêverie dont l’objet est presque indéterminé.
Elles mettent en scène des collectionneurs, des antiquaires, des érudits dans le décor de maisons anciennes chargées d’un passé mystérieux.
Elles sont peut-être moins fantastiques, au sens propre, que Bernard Quiriny n’a envie de le croire, mai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
PhilippeCastellain
  09 septembre 2017
Il plane sur Henri de Régner un ennui doux et poli, nourri de sa propre nonchalance. L'homme est un rêveur. Il vit au milieu des songes et des chimères, sachant combien peu de gens autours de lui partagent les mêmes passions, conscient que son monde court sur sa fin et que bientôt, ces derniers passionnés de l'art du grand siècle auront cédé leur place à la modernité. Mais ce serait déjà abdiquer que de se lamenter là-dessus, ou de tenter d'y changer quoi que ce soit ! Et ces trois histoires, toutes écrites à la première personne mais sinon assez différente, illustrent chacune à leur façon cette vision du monde.

Premier tableau. le narrateur est un homme solitaire et à la santé chancelante. Pour se rétablir, il se réfugie dans la ville qu'il aime plus que tout : Venise… Il trouve à se loger dans un ancien palais presque abandonné, dont quelques pièces seules ont gardé la splendeur intact. Dans ce cadre magnifique et miraculeusement préservé, il s'adonne à de longues rêveries. Un évènement les excite : au musée de Venise, le buste d'un noble inconnu arrivé dans les collections on ne sait trop comment, en est reparti tout aussi mystérieusement. le visage de pierre ironique commence à le hanter…

Deuxième tableau. Cette fois, le récit est celui d'un historien affairé. Ses tentatives de retracer la vie d'une belle comtesse du XVIIème se heurtent à un mur. Dans le parc du château où elle vécut, un pavillon regroupe son seul portrait et tout ce qu'elle avait aimé. Mais le petit pavillon a été tenu fermé depuis et son dernier descendant maintient obstinément l'interdit…

Troisième et dernier tableau. Cette fois, nous avons affaire à un homme marié, et guère heureux dans son ménage – une pointe à son épouse, la fille du poète Heredia, dirait-on. Elle n'apprécie notamment pas son goût dispendieux pour les objets d'art ancien. Quand, pris d'une soudaine obsession, il fait l'achat pour un prix indécent d'un petit théâtre de marionnettes vénitien – encore Venise – elle explose littéralement. Mais ces petits bonshommes de bois semblent étonnamment vivants…

En 1665, Francesco Mocchi réalisa une statue du baptême du Christ qui montre à quoi aurait pu ressembler la statuaire classique si son grand rivale, le Bernin, n'y avait pas imprimé sa marque indélébile. Là c'est un peu pareil : on découvre ce qu'aurait pu être la littérature fantastique sans Edgar Poe. Quelque chose de dépouillé, d'un peu froid et d'élégant, sans chauves-souris ni gorilles tueurs, et se terminant invariablement sur une note haute.
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5Arabella
  03 avril 2018
Une gloire littéraire du début du XXe siècle bien oubliée aujourd'hui, dont on se souvient presque plus pour les intrigues scandaleuses de sa femme, en particulier avec Pierre Louÿs, que pour ses oeuvres, poèmes, romans ou contes, devenus difficiles à trouver de toutes les façons.
La petite maison L'éveilleur propose donc une curiosité, un volume de trois nouvelles, ou contes d'Henri de Régnier, préfacé par Bernard Quiriny, grand fan de l'auteur, et de ce livre en particulier. Rien d'étonnant, les univers de deux auteurs ont quelque chose de proche, les nouvelles de Bernard Quiriny, malgré le temps qui les séparent, ont un air de parenté avec celles d'Henri de Régnier. Dans les deux cas, un fantastique discret, une rêverie qui dérape en quelque sorte, et une distance avec le récit, un second degré.
Plus que des histoires, structurées, il s'agit d'évoquer la matière dont sont faits les rêves. Les rêves, qui pour les personnages de ces textes, et qui ressemblent tous les trois à leur auteur, sont plus vrais que ce que la plupart des gens considèrent comme la vraie vie, faite de bruit, d'agitation, d'actions, d'ambitions. Ici il y a juste l'envie de se glisser dans une douce indolence, d'imaginer le passé, des personnages morts, parcourir des décors en pleine déliquescence, en train de se défaire, de disparaître petit à petit sous le poids du temps. Et rien de plus propre à susciter cet état de douce léthargie, de somnolence délicieuse, que Venise, ses palais délabrés, ses canaux, ses habitants qui semblent des fantômes sortis d'un autre temps.
Le fantastique reste discret, c'est presque au lecteur de décider s'il s'agit de surnaturel ou juste d'un événement pas clair ou d'un rêve. Rien de bien terrible ne se produit dans ces textes au final, les créatures surnaturelles, ne sont pas bien méchantes ni cruelles. C'est peut être cela qui manque un peu à ces récits policés un peu lisses, un peu de cruauté, de frayeur, un frisson un peu plus intense. Là nous restons entre gens bien élevés, et même les fantômes ont du savoir vivre, et une sorte de bienveillance.
Mais c'est joliment écrit, et un voyage à Venise, qui permet d'entrevoir des charmants tableaux à demi effacés et suivre des douces ombres dans une pénombre voluptueuse n'est pas à dédaigner. D'autant plus que le volume se pare des reproductions de quelques estampes de Whistler, ce qui rajoute au plaisir du voyage.
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critiques presse (3)
Actualitte   25 avril 2017
Le style y est classique, pur, d'un rythme à lui seul attristé. C'était Henri de Régnier.
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Actualitte   24 avril 2017
En le lisant, on songe à un de ces personnages torturés qui parsèment l'oeuvre d'Edgar Poe, en particulier Roderick Usher.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeFigaro   16 mars 2017
Escapade sur la Lagune, pleine de spleen et d'élégance, dans les pas du poète symboliste Henri de Régnier.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   05 août 2013
J’emmènerais Marceline en Italie ! L’Italie n’est-ce pas la terre merveilleuse de la rêverie ? Là, Marceline vivrait au milieu d’influences favorables, qui dissoudraient en elle ce qu’il y avait de médiocre et de desséché. Elle ne résisterait pas à la poésie éparse sous le beau ciel d’Italie. Rome, Florence, Naples et la divine Venise auraient raison de son terre à terre, et après cette expérience à laquelle j’aurais dû songer plus tôt, je ramènerais à la Troublerie une Marceline régénérée, convertie, une Marceline exorcisée de ses préjugés de bourgeoise et ensorcelée par le magique prestige de l’art, du songe et de la beauté !
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5Arabella5Arabella   01 avril 2018
N'appartenions-nous pas, l'un et l'autre, à la même race d'êtres ? Ne serait-il pas, comme je l'avais été, un de ceux-là qui aiment d'un obscur amour les belles ombres du passé en leurs cadres de secret et de lointain, de ceux qu'attire au fond des parcs abandonnés, au bout des eaux mortes, le mystère des pavillons fermés, même s'ils ne contiennent, derrière leurs murs délabrés et leurs vitres verdies, que la désillusion taciturne de la solitude et du silence ?
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rkhettaouirkhettaoui   04 août 2013
Quand on a mis le pied à Venise, on appartient de droit à Prentinaglia, et il n’y a pas à s’en plaindre, car il est d’une ressource infinie, prêt à vous servir de guide et d’introducteur, à vous faire visiter la ville ou à vous faire connaître la société, à régler les promenades comme à organiser les rencontres, à vous donner tous les renseignements dont vous pouvez avoir besoin.
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rkhettaouirkhettaoui   04 août 2013
C’est pourquoi je ne saurais prétendre à passer pour un homme raisonnable. L’est-on, en effet, quand on se laisse aller à la fâcheuse inclination de ne voir en toute chose que ce qu’elle peut comporter de plaisir et de beauté sans se soucier autrement de l’utilité qu’elle peut avoir ?
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5Arabella5Arabella   31 mars 2018
Oui, je tiens à le bien établir, mon amour pour Venise fut toujours un amour sain et simple, un amour familier, exempt de snobisme et d'esthétisme, exempt aussi de romantisme, réaliste si l'on peut dire et fait de convenances à la fois spontanées et réfléchies.
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