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Note moyenne 4.1 /5 (sur 901 notes)

Nationalité : Hongrie
Né(e) à : Budapest , le 09/12/1929
Mort(e) à : Budapest , le 31/03/2016
Biographie :

Imre Kertész est un écrivain hongrois.

Né dans une famille juive modeste, d'un père marchand de bois et d'une mère petite employée, Imre Kertész est déporté à Auschwitz en 1944, à l'âge de 15 ans, puis transféré à Buchenwald. Cette expérience douloureuse nourrit toute son œuvre, intimement liée à l'exorcisation de ce traumatisme. Ses ouvrages ouvrent une réflexion sur les conséquences dévastatrices du totalitarisme et de la solitude de l'individu, condamné à la soumission et une souffrance silencieuse.

Revenu à Budapest en 1945, il se retrouve seul, tous les membres de sa famille ayant disparu. En 1948, il commence à travailler comme journaliste. Mais le journal dans lequel il travaille devient l'organe officiel du Parti communiste en 1951, et Kertész est licencié. Il travaille alors quelque temps dans une usine, puis au service de presse du Ministère de l'Industrie.

Congédié à nouveau en 1953, il se consacre dès lors à l'écriture et à la traduction. La découverte de "L'Étranger" d'Albert Camus lui révèle, à 25 ans, sa vocation. La philosophie de l'absurde devient un modèle fondateur pour son œuvre. À partir de la fin des années 1950 et tout au long des années 1960, il écrit des comédies musicales pour gagner sa vie. Il traduit de nombreux auteurs de langue allemande comme Friedrich Nietzsche, Hugo von Hofmannsthal, Arthur Schnitzler, Sigmund Freud, Joseph Roth, Ludwig Wittgenstein et Elias Canetti qui ont une influence sur sa création littéraire.

Dans les années 1960, il commence à écrire "Être sans destin", récit d'inspiration autobiographique qui constitue le premier opus d'une trilogie sur la survie en camp de concentration. Il évoque notamment le point de vue de la victime dans l'histoire et son conditionnement occasionnel, voire banal, à l'entreprise de déshumanisation menée par l'Allemagne nazie. L'ouvrage ne peut paraître qu'en 1975, pour un accueil assez modeste. C'est seulement après sa réédition, en 1985, qu'il connaîtra le succès.

Tenu à l'écart par le régime communiste, Kertész ne commence à être reconnu comme un grand écrivain qu'à la fin des années 1980. Auteur aussi de "Le Refus", "Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas", "Un autre : chronique d'une métamorphose", il obtient en 2002 le prix Nobel de littérature, « pour une œuvre qui dresse l'expérience fragile de l'individu contre l'arbitraire barbare de l'histoire ».
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Imre Kertész (1929-2016), l’Holocauste comme culture : Une vie, une œuvre (France Culture). Photographie : L'écrivain hongrois Imre Kertész, à Paris en 2010. © Olivier Roller/Divergences. Son site internet : http://www.olivierroller.com. Un documentaire de Virginie Bloch-Lainé, réalisé par Clotilde Pivin. Diffusion sur France Culture le 30 mars 2019. L'écrivain juif hongrois Imre Kertész a transformé son témoignage de la déportation en fiction, car selon lui le vocabulaire ne peut rendre compte de la folie qu'il y a connue. Plongée dans une œuvre clairvoyante et pessimiste, qui lui a valu le prix Nobel de littérature en 2002. « J’avais 24 ans quand je me suis réveillé à moi-même. Ce fut un moment irréel, d’ordre mystique. Cet appel que je ne comprenais pas bien était en totale contradiction avec ma façon de vivre, mais il fallait que j’y réponde : je devais écrire un livre qui serait tout à fait le mien. » Imre Kertész Auteur d’“Être sans destin”, le juif hongrois Imre Kertész n’a pas écrit de témoignage sur sa déportation, mais bien une fiction. Il jugeait impossible de témoigner sur Auschwitz, ne serait-ce que parce que le vocabulaire ne pouvait rendre compte de la folie qu’il y a connue. Son œuvre réfléchit à l’existence d’une éthique et à l’éventualité, pour l’Europe, de remettre en route la mise à mort à échelle industrielle. Dans “L’Holocauste comme culture”, Imre Kertész écrit : « Je peux dire peut-être que cinquante ans après, j’ai donné forme à l’horreur que l’Allemagne a déversée sur le monde (…), que je l’ai rendue aux Allemands sous forme d’art. » Né à Budapest en 1929 dans une famille juive modeste, Imre Kertész part à 5 ans dans un pensionnat car ses parents se séparent, et aucun ne décide de le garder avec lui. Lorsqu’il a 14 ans, en 1944, alors qu’il avait été chassé de l’école parce qu’il était juif, il est arrêté par les gendarmes, et déporté à Auschwitz. Il ignore ce qui l’attend. Il reste un an en détention et doit sa survie au fait d’avoir menti sur son âge : en prétendant avoir 16 ans et non 14, il est déclaré apte au travail et donc utile au camp, et ainsi, sauvé. Une fois libéré par les Américains et de retour en Hongrie où il apprend que son père est mort en déportation, Kertész vit sous le joug d’un second totalitarisme, et ce pendant 40 ans. On entend l’écrivain, dans ce documentaire, dire que cette autre dictature est peut-être ce qui l’a obligé à survivre au lieu de se suicider, comme Primo Levi et tant d’autres. Imre Kertész crée pour se sentir libre tout en vivant sous un régime autoritaire. Il gagne très modestement sa vie en écrivant de mauvaises comédies musicales, et met 13 ans à terminer “Être sans destin”, commencé en 1959. Publié en France en 1998, le roman se distingue d’autres textes de déportation par son absence de pathos. La psychanalyste Laurence Kahn explique en quoi ceci est la marque de fabrique de Kertész : il veut davantage que l’empathie et la plainte, qui autorisent la bonne conscience et la mémoire courte. D’autres romans suivront : “Liquidation”, “Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas” et “Le Refus”. Que ce soit dans ses textes de fiction ou dans ses journaux, “Journal de galère” et “L’Ultime auberge”, Kertész est pessimiste, féroce et sans moralisme. Avec : Clara Royer, biographe de Imre Kertész Guillaume Métayer, spécialiste de littérature hongroise, chercheur au CNRS Laure Barillas, docteure en philosophie, enseignante Laurence Kahn, psychanalyste Lectures faites par Thibault de Montalembert. Source : France Culture

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Citations et extraits (316) Voir plus Ajouter une citation
Imre Kertész
wellibus2   02 mai 2015
Imre Kertész
La grande désobéissance, c'est de vivre sa vie.
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Fabinou7   24 septembre 2022
Roman policier de Imre Kertész
“Je déteste la cécité, les faux espoirs, la vie végétative, les esclaves qui soupirent de bonheur pour peu que le fouet les épargne pendant une journée.”
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AnnaCan   28 juin 2022
Être sans destin de Imre Kertész
Le gendarme a fini par se froisser et il a fait la remarque suivante : ‟Sales juifs, vous feriez des affaires avec les choses les plus sacrées!‟ Et d’une voix étranglée par l’indignation et le dégoût, il nous a juste adressé ce souhait : ‟Alors vous pouvez crever de soif!‟ Ce qui a fini par nous arriver.
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Lutvic   14 juin 2021
Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas de Imre Kertész
Auschwitz, dis-je à ma femme, m'est apparu par la suite comme une exacerbation des vertus qu'on m'inculquait depuis ma prime jeunesse. Oui, c'est alors, durant mon enfance, durant mon éducation qu'a commencé mon impardonnable anéantissement, ma survie jamais survécue, dis-je à ma femme. J'ai pris une part modeste et pas toujours très efficace au complot silencieux ourdi contre ma vie, dis-je à ma femme. Auschwitz, dis-je à ma femme, représente pour moi l'image du père, oui, le père et Auschwitz éveillent en moi les mêmes échos, dis-je à ma femme. Et s'il est vrai que Dieu est un père sublimé, alors Dieu s'est révélé à moi sous la forme d'Auschwitz, dis-je à ma femme.
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bilodoh   17 octobre 2014
Être sans destin de Imre Kertész
Et malgré la réflexion, la raison, le discernement, le bon sens, je ne pouvais pas méconnaître la voix d’une espèce de désir sourd, qui s’était faufilée en moi, comme honteuse d’être si insensée, et pourtant de plus en plus obstinée : je voulais vivre encore un peu dans ce beau camp de concentration.

(Babel, p. 259)

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AnnaCan   02 juillet 2022
Être sans destin de Imre Kertész
C’était dommage, parce que ce spectacle, ce fumet firent naître dans ma poitrine déjà raidie un sentiment dont les vagues croissantes parvinrent à presser quelques gouttes plus chaudes de mes yeux déjà desséchés dans l’humidité froide qui baignait mon visage. Et malgré la réflexion, la raison, le discernement, le bons sens, je ne pouvais pas méconnaître la voix d’une espèce de désir sourd, qui s’était faufilée en moi, comme honteuse d’être si insensée, et pourtant de plus en plus obstinée : je voudrais vivre encore un peu dans ce beau camp de concentration.
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Imre Kertész
Cricri124   14 août 2016
Imre Kertész
Le suicide qui me convient le mieux est manifestement la vie.
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Fabinou7   18 janvier 2022
Roman policier de Imre Kertész
"- bref, à vrai dire je pensais que nous étions ici au service de la loi.

- Nous sommes au service du pouvoir mon garçon (...)

- Je croyais jusqu'à présent que c'était pareil.

- Si on veut. Mais il ne faut pas oublier les priorités.

- Quelles priorités ?

Et il m'a répondu avec son sourire inimitable:

- D'abord le pouvoir, et ensuite seulement la loi."
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Lutvic   08 juin 2021
Être sans destin de Imre Kertész
[...] je ne pouvais pas avaler cette fichue amertume de devoir n'être rien qu'innocent.
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gouelan   18 novembre 2014
Être sans destin de Imre Kertész
Je l'avais déjà entendu dire, et je pouvais désormais en témoigner : en vérité, les murs étroits des prisons ne peuvent pas tracer de limite aux ailes de notre imagination.
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