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Note moyenne 4.11 /5 (sur 44 notes)

Nationalité : Égypte
Né(e) à : Bowden, Angleterre , le 25/07/1928
Mort(e) à : Paris , le 27/08/1986
Biographie :

Joyce Mansour, née Joyce Patricia Adès, est une poétesse égyptienne d'expression française.

Née dans une riche famille cosmopolite, les ascendants de Joyce Adès font partie de la colonie britannique installée au Caire, depuis plusieurs générations. Ses parents sont des juifs séfarades de nationalité britannique. Son père dirige une filature prospère, sa mère meurt d’un cancer foudroyant alors qu’elle a 15 ans. Après des études en Angleterre et en Suisse, elle retourne en Égypte où elle s'illustre dans la course à pied. En 1947, elle en a à peine 18 lorsque son jeune mari de 21 ans disparaît, 6 mois après leur mariage, d'une maladie incurable.
En 1949, elle épouse en secondes noces un égyptien de 12 ans son aîné, Samir Mansour, issu de la colonie française du Caire. Dès lors, ils partagent leur vie entre Le Caire et Paris. Joyce Mansour s'initie à la culture française et commence à écrire en français. En 1953, les éditions Seghers publient son premier recueil de poèmes "Cris" qui est remarqué par la revue surréaliste "Médium". Elle rencontre André Breton qui la compare à celle "que le conte oriental nomme la tubéreuse enfant".
Le couple Mansour s’établit à Paris en 1954, où vont naître ses deux fils, et très vite Joyce Mansour se plonge dans les activités du groupe surréaliste.
Sa grande affinité, sa plongée complète dans cet univers surréaliste, son amitié profonde et fidèle avec André Breton pendant les deux dernières décennies du poète, ont forgé ses mots, son comportement et sa poésie. Par son intermédiaire, elle fait la connaissance de Pierre Alechinsky, Wifredo Lam, Matta, Henri Michaux, André Pieyre de Mandiargues et participe aux activités des surréalistes.
Elle a écrit des torrents de poésie-seize recueils-, une pièce de théâtre, des nouvelles ou plutôt des contes. André Breton l’appelait "le poète-femme" et disait "La poésie surréaliste c’est vous" (1961).
Certains de ses recueils sont illustrés par les peintres Alechinsky, Enrico Baj, Hans Bellmer, Jorge Camacho, Lam, Matta, Pierre Molinier, Reinhoud et Max Walter Svanberg.
Le 7 novembre 1984, pour une soirée au profit d'Amnesty International, elle joue dans la pièce de Virginia Woolf "Freshwater" au Théâtre du Rond-Point à Paris. Les écrivains Eugène Ionesco, Nathalie Sarraute, Alain Robbe-Grillet et Jean-Paul Aron sont les autres interprètes de cette pièce.

En 1991, les éditions Actes Sud ont publié tous ses écrits, rassemblés avec l'aide de son mari, Samir Mansour.
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Vidéo de

Joyce MANSOUR – L’importance du cri (France Culture, 1995) Une compilation de deux émissions spéciales, par Renée Elkaïm-Bollinger, diffusée les 22 et 25 1995 sur France Culture.

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Citations et extraits (174) Voir plus Ajouter une citation
Joyce Mansour
Ambages   14 janvier 2017
Joyce Mansour
Le soleil dans le capricorne



Trois jours de repos

Pourquoi pas la tombe

J’étouffe sans ta bouche

L’attente déforme l’aube prochaine

Et les longues heures de l’escalier

Sentent le gaz

À plat ventre j’attends demain

Je vois luire ta peau

Dans la grande trouée de la nuit

Le balancement lent d’un beau clair de lune

Sur la mer intérieure de mon sexe

Poussière sur poussière

Marteau sur matelas

Soleil sur tambour de plomb

Toujours souriant ta main tonne l’indifférence

Cruellement vêtu incliné vers le vide

Tu dis non et le plus petit objet qu’abrite un corps de femme

Courbe l’échine

Nice artificielle

Parfum factice de l’heure sur le canapé

Pour quelles pâles girafes

Ai-je délaissé Byzance

La solitude pue

Une pierre de lune dans un cadre ovale

Encore un poignard palpitant sous la pluie

Diamants et délires du souvenir de demain

Sueurs de taffetas plages sans abri

Démence de ma chair égarée
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Joyce Mansour
sabine59   17 novembre 2016
Joyce Mansour
Je cherche collectionneur de rêves pour échange....
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Joyce Mansour
Eve-Yeshe   05 mai 2015
Joyce Mansour
La chouette bête des bois sombres

M'a appris

Que la vérité n'est plus la vérité

Sans ses voiles

Qu'il ne faut pas écouter la mélodie de la vie muette

Sans savoir l'entendre

Que la solitude modifie toutes les voix

Même celle de la haine

Que la lente douleur

Des paysans sans labeur

S'achète et se mange comme du pain

Que l'hostie souffre

Dans la féroce maladresse de l'appareil intestinal

Et surtout comment porter la fierté sur son dos

Sans avoir l'air

Bossu

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coco4649   06 octobre 2016
Joyce Mansour. Rapaces : . Couverture illustrée par Jean Benoit de Joyce Mansour
Vous ne connaissez pas mon visage de nuit

Mes yeux tels des chevaux fous d'espace

Ma bouche bariolée de sang inconnu

Ma peau

Mes doigts poteaux indicateurs perlés de plaisir

Guideront vos cils vers mes oreilles mes omoplates

Vers la campagne ouverte de la chair

Les gradins de mes côtes se resserrent à l'idée

Que votre voix pourrait remplir ma gorge

Que vos yeux pourraient sourire

Vous ne connaissez pas la pâleur de mes épaules

La nuit

Quand les flammes hallucinantes des cauchemars réclament

 le silence

Et que les murs mous de la réalité s'étreignent

Vous ne savez pas que les parfums de mes journées meurent

 sur ma langue

Quand viennent les matins aux couteaux flottants

Que seul reste mon amour hautain

Quand je m'enfonce dans la boue de la nuit

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coco4649   10 septembre 2015
Le grand jamais de Joyce Mansour
Donnez-moi un crâne épars sur le parquet

J'en ferai une descente aux flambeaux

Dans la fosse des passions durables

Donnez-moi un château mammaire

Je plongerai tête-bêche riant au suicide

Donnez-moi un grain de poussière

J'en ferai une montagne de haine

Chancelante et grave un arcane

Pour vous enterrer

Donnez-moi une langue de haute laine

J'enseignerai aux seigneurs

Comment briser leurs dieux de craie

Leurs pénis édentés

Aux pieds du grand corbeau blanc

Pourcroâ ?

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zenzibar   13 août 2015
Joyce Mansour - Oeuvres complètes de Joyce Mansour
Une nuit de silence intact, elle rêva qu'elle se trouvait au fond d'un copieux désert.



Des lions à tête humaine rôdaient aux confins de la terreur, un vent sans bras ni jambes excitait les vaguelettes de sable.



L'air était clair, la lune brillait sur les montagnes de glace et cette lumière sans ombre enflammait les couleurs..



Dans chaque coquillage,sous chaque pierre, un scorpion dardait sa queue d'azur ; des animaux caoutchoutés de spleen et de mousse traînaient leurs

ventres d'arbuste à arbuste à !a recherche d'un trou d'eau ou d'un

poisson de terre qui pourrait connaître un trou d'eau.
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coco4649   17 novembre 2020
Rapaces de Joyce Mansour
La cuirasse







Quand la guerre pleuvra sur la houle et sur les plages

J’irai à sa rencontre armée de mon visage

Coiffée d’un lourd sanglot

Je m’étendrai à plat ventre

Sur l’aile d’un bombardier

Et j’attendrai

Quand le ciment brûlera sur les trottoirs

Je suivrai l’itinéraire des bombes parmi les grimaces

  de la foule

Je me collerai aux décombres

Comme une touffe de poils sur un nu

Mon œil escortera les contours allongés de la

  désolation

Des morts brasillants de soleil et de sang

Se tairont à mes côtés

Des infirmières gantées de peau

Pataugeront dans le doux liquide de la vie humaine

Et les moribonds flamberont

Comme des châteaux de paille

Les colonnades s’enliseront

Les astres bêleront

Mme les pantalons de flanelle s’engloutiront

Dans l’espace géant de la peur

Et je ricanerai dents découvertes violette d’extase

  dithyrambique

Hystérique généreuse

Quand la guerre pleuvra sur la houle et sur les plages

J’irai à sa rencontre armée de mon visage

Coiffée d’un lourd sanglot
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AV   01 avril 2013
Prose & poésie de Joyce Mansour
Connais-tu la vieille femme qui veille

A la porte de la mort



Elle arbore une perruque couleur de cafard

Dans sa bouche niche une dent de cheval



Fruit de la rancune

Cadeau du vent fou

Je ne sais



Elle troue sa langue de sa point acérée

Si elle mange elle renaît dans l'enfer des affamés

Prix à payer à la chance qui, elle, porte un râtelier



Inaccessible à la maladie



Esclave d'un esclave



Elle connaît le chemin du retour

Mais ne saurait s'y rendre

Car ses jambes coupées se fanent dans un vase

Et sa bouche pleine de boue

Rit le rire maniaque des fèves d'Istanbul



Elle glisse glisse d'un rêve à l'autre

Dans le sommeil granitique

De la tombe



Connais-tu l'odeur de la boue

Qui suinte entre ses dents pourries

Ces dents piliers de basalte

Érodées par des vagues de viande



Dents de la vieille femme qui veille

A la porte de la nuit



Elle couvre nos morts de sa langue sucrée

Malaxant ceux qui hier encore oui seulement hier

Parlaient haut marchaient droit

Dans la vase gluante de sa salive mortifère



Elle retient son souffle quand le vent solaire s'abat

Du haut de la montage



Dans sa bouche la boue devient poussière

Vite avalée avant la prochaine grande marée

De boue



Et l'homme dit à l'homme

Pourquoi coulez-vous si tranquille

Et l'homme répondit à l'homme

Vous coulez vite et moi lentement

Malgré cela nous nous enfonçons tous deux

Chacun dans son abysse assigné

Voilà tout
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coco4649   16 janvier 2019
Cris de Joyce Mansour
UNE FEMME CRÉAIT LE SOLEIL…





Une femme créait le soleil

En elle

Et ses mains étaient belles

La terre plongeait sous ses pieds

L’assaillant de l’haleine fertile

Des volcans

Ses narines palpitaient ses paupières se baissaient

Empesées par le lourd limon de l’oreiller

C’est la nuit

Et l’égratignure tranquille où meurt le vide haletant

Se bat se débat s’ouvre et doucement se ferme

Sur la verge dodelinante de Noé l’explorateur
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Aunryz   01 décembre 2020
Les Gisants satisfaits de Joyce Mansour
En maillot de bain sur la plage, télescope en main, l’assassin, par un heureux hasard, repéra Marie et sauta dans une barque de location. Il approcha à grands coups de rame, les yeux globuleux de plaisir, la bouche pleine d'un clapotis animal, un lourd serpent noir pendant hors de son nombril.

Marie crut qu’il était envoyé de Dieu. "Je me noie", gargouilla-t-elle. L'assassin se jeta à l'eau et répondit avec tristesse : « Tu es mon ombre, ma lumière. A nous deux. — Je me noie », hurla Marie, son âme singulière adossée à une peur immense. Elle flottait entre deux eaux, les membres mous, résignée à une mort précoce.

"Je me noie," répéta-t-elle faiblement aux mains de l’assassin qui erraient sur son corps comme des crabes.
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