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4.33/5 (sur 18 notes)

Nationalité : France
Né(e) le : 01/04/1933
Biographie :

Disciple de René Dumont, Marcel Mazoyer, est ingénieur agronome, ingénieur du corps des Eaux et Forêts (École nationale des eaux et forêts de Nancy, aujourd'hui intégrée dans AgroParisTech), et professeur émérite à AgroParisTech (alors Institut national agronomique Paris-Grignon).

Il en a présidé le département des Sciences économiques et sociales de 1992 à 1999 et enseigna comme professeur consultant dans Master développement agricole durable de l’Université de Paris XI.

Source : Wikipédia
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Marcel Mazoyer convention thématique 13 Mai 2009


Citations et extraits (7) Ajouter une citation
Plusieurs espèces de fourmis d'Amérique tropicale vivent chacune en association avec une espèce particulière de champignon domestique. Ces fourmis aménagent le milieu en construisant des nids, des galeries et des caves à champignons. Chez certaines espèces, les galeries descendent à plusieurs mètres de profondeur et débouchent dans des salles au plancher plat, au toit en voûte, parfois longues de 1 mètre et larges de 30 centimètres, où sont installés les jardins à champignons. Au cœur de cet aménagement, le nid central, immense, est quelquefois relié à plusieurs dizaines de nids satellites, plus petits, situés dans un rayon de 200 mètres. Ces fourmis construisent aussi une infrastructure de transport, réseau rayonnant de pistes en terre maçonnée, longues de plusieurs dizaines de mètres, larges de 1 à 2 centimètres, et à double circulation : une colonne de fourmis part à la récolte, tandis qu'une autre revient au nid avec son chargement.
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Les systèmes de culture sur abattis-brûlis ont donc été parmi les plus étendus et les plus durables qui aient jamais existé. Après avoir pénétré les forêts et les milieux boisés cultivables, ils s'y sont perpétués durant des siècles, jusqu'à ce que l'augmentation de la population et la répétition trop fréquente des cultures aient entraîné la destruction du boisement. Ce processus de déboisement, qui a touché les uns après les autres la plupart des milieux anciennement boisés et cultivés de la planète, fut sans doute le plus grand bouleversement écologique de l'histoire.
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[C]e qui est difficile pour une société, ce n'est pas de semer ses graines de prédilection sur un terrain déjà prêt à cet effet, ni de capturer, d'apprivoiser et finalement d'élever, parmi ses gibiers préférés, les plus faciles à maîtriser. Cela, même les chasseurs-collecteurs savent le faire. Ce qui est difficile, c'est de disposer d'une organisation et de règles sociales permettant aux unités (ou groupes) de producteurs-consommateurs de soustraire à la consommation immédiate une part importante de la récolte annuelle, pour la réserver comme semence. Ce qui est difficile aussi, c'est de soustraire à l'abattage assez d'animaux reproducteurs et de jeunes en croissance pour permettre au troupeau de se renouveler. Ce qui est difficile encore, c'est de préserver les champs ensemencés par un groupe du droit de « cueillette » jusque là reconnu aux autres groupes, et de préserver les animaux d'élevage du droit de « chasse ». Ce qui est difficile enfin, c'est d'assurer la répartition des fruits du travail agricole entre les producteurs-consommateurs de chaque groupe, non seulement au quotidien, mais surtout, et c'est encore plus difficile, lors de la disparition des aînés et lors de la subdivision d'un groupe devenu trop large en plusieurs groupes plus restreints.
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Le bon fonctionnement de la chaîne de l'innovation suppose donc que des chercheurs, enseignants et étudiants de tous niveaux connaissent intimement la pratique, ses conditions, ses contraintes et ses besoins. Faute de quoi, beaucoup de nouveautés sont inadéquates et rejetées, et elles constituent un formidable gaspillage de ressources. En définitive, la science et la technique « proposent », mais ce sont la pratique et l'économie qui « disposent ». En effet, en dernière instance, ce sont les agriculteurs eux-mêmes qui choisissent et combinent les matériels, les intrants, les cultures et les élevages qu'ils mettent en œuvre, ce sont eux qui mettent au point les systèmes de production les plus avantageux, en fonction de leurs conditions de milieu et de prix, et en fonction des contraintes de superficie, de main-d'œuvre et de financement de leurs exploitations.
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À raison de 100 francs par quintal de grain, il faudrait donc une vie de travail (33 ans) à un cultivateur manuel disposant d'un revenu monétaire de 300 francs par an pour acquérir une paire de bœufs et un petit matériel de culture attelée coûtant 10 000 francs, à supposer qu'il puisse consacrer tout son revenu monétaire à cet achat. Il lui faudrait une centaine d'années pour acquérir un matériel perfectionné de culture attelée lourde. Il faudrait 300 années de son travail pour acheter un petit tracteur à 100 000 francs, et il en faudrait 3 000 pour acheter un équipement complet de motomécanisation, d'une valeur de 1 000 000 de francs, comparable à celui d'un agriculteur européen ou américain.
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La première révolution agricole fut en effet un vaste mouvement de développement qui a entraîné un doublement de la production et de la productivité agricoles. Et même si l'amélioration de l'alimentation paysanne a absorbé une partie de ces grains, il reste que la moitié environ de la production agricole totale pouvait désormais constituer un surplus commercialisable. La révolution agricole ne pouvait donc se développer pleinement qu'à la condition que ce surplus rencontrât effectivement une demande solvable adéquate, provenant d'une population non agricole aussi importante que la population agricole elle-même.

Ainsi, pour la première fois dans l'histoire de l'Occident, une société composée pour plus de moitié d'ouvriers, d'artisans, de commerçants, d'employés, de rentiers, etc. devenait non seulement possible mais nécessaire pour absorber les surplus de production provenant de la nouvelle agriculture. C'est pourquoi, aux XVIe et XVIIe siècle, la révolution agricole s'est d'abord développée autour des centres drapiers de Flandre et d'Angleterre. Au XVIIè siècle, elle a continué de s'étendre en Angleterre, en même temps que la première révolution industrielle qui gagnait les régions minières et sidérurgiques, et elle a commencé de se propager en France, en Allemagne et dans les pays scandinaves. Enfin, au XIXè siècle, elle s'est développée pleinement dans toutes les régions industrialisées de l'Europe du Nord-Ouest. Première révolution agricole et première révolution industrielle ont donc progressé ensemble. Elles ont marché du même pas, car elles avaient partie liée.
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Le riz a commencé d'être cultivé, il y a plus de 6000 ans dans plusieurs régions d'Asie des moussons, de l'Inde à la Chine méridionale.
La culture du riz d'origine asiatique (Oriza Sativa) s'est ensuite étendue à l'ensembe des régions tropicales et subropicales d'Asie, puis aux régions tempérées et chaudes d'Asie, d'Europe et d'Amérique. D'autre part, il y a 3500 ans environs, une autre espèce de riz d'origine africaine (Oriza Glaberina), fut domestiquée dans le delta central du Niger. De nombreuses variétés de cette espèce ont ensuite été cultivées dans les vallées du Niger, du Sénégal, de la Gambie, de la Casamance et sur la côte guinéenne.
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