AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Note moyenne 4.29 /5 (sur 29 notes)

Nationalité : France
Né(e) le : 14.11. 1974
Biographie :

Née à Odessa (Ukraine), Maryna Uzun vit en France depuis 1997. Elle est pianiste concertiste, lauréate de la Fondation Cziffra et enseigne le piano classique à Prizma. Elle a appris le français en autodidacte et par amour. Un de ses textes a été retenu pour l’anthologie Le goût d’Odessa (2005, Mercure de France).
Bibliographie 2 romans (Le Voyage impaisible de Pauline, Les silences d'Isis), poésies

Ajouter des informations
étiquettes
Citations et extraits (124) Voir plus Ajouter une citation
Maryna Uzun
Wiewowas   17 juin 2019
Maryna Uzun
Quand vos souvenirs sont vagues

Et vos idées aussi

Quand vos sentiments sont vagues

Et vos espoirs aussi

Quand vous avez horreur de la rigueur



Vagabond, vagabonde,

Aux temps de Rimbaud,

Être porté par une vague,

Faire des bonds tant qu’on peut

Faire des vers sous un pont

Aimer des terrains vagues

C’était noble et beau…



Aux temps d’aujourd’hui

C’est un S.D.F.,

Une abréviation !

C’est une clocharde,

C’est comme une écharde,

Un corps étranger,

Quelque chose d’énervant !



Ce n’est que l’imagination malade

Qui a encore droit au vagabondage

Sinon ? Sinon c’est un délit !



(Citation tirée du livre "Pianissimo féroce" (Le Livre-Actualité, 2019))
Commenter  J’apprécie          10118
Maryna Uzun
Wiewowas   29 mai 2019
Maryna Uzun
(Citation tirée du livre "Pianissimo féroce" (Le Livre-Actualité, 2019))



Je serai cette boîte à musique

Répétant toujours les mêmes phrases

Éprise de son casse-noisettes.

Ma main sera la manivelle

Vous embrasser sera l’enfer.

Je serai cette valisette de pique-nique

Seule, entourée de mes cristaux et porcelaines,

Et j’attendrai que vous me sortiez dans le pré

Enfin, si je ne meurs avant.

Vêtue de ma tunique de mots,

Mots lustrés aux coudes par l’usure,

Aurais-je raté quelque chose ?
Commenter  J’apprécie          10112
Maryna Uzun
Wiewowas   11 février 2020
Maryna Uzun
Chacun avait, dans son enfance,

Un arbre pas comme les autres.

Je me souviens aussi d’un arbre

Et je le vois très nettement.

Une forêt sombre et perdue

Poussait sur cet arbre touffu…



Je me rappelle un tronc fourchu

Si plantureux qu’il m’accueillait

Comme un bateau, une vigie,

Un cheval noir ou comme un nid.

Et aucun vent, vent houligan,

Ne pouvait jamais l’ébranler !



Je courais vers cet arbre dôme

En traversant le vaste parc,

Indifférente à tous les autres

Arbres et fleurs, souches, pelouses.

Et je faisais du tapecul

Ma tresse sur mon dos dansait…



C’était d’abord mon doux papa

Qui me posait dessus, en reine,

Car l’arbre était infranchissable

Comme un château du temps jadis.

J’étais sa Belle au bois gourmand

Je régnais sur les étamines…
Commenter  J’apprécie          9711
Maryna Uzun
Wiewowas   04 novembre 2019
Maryna Uzun
(extrait du recueil "Tableaux de l’amour au goût de yaourt")



Je n’étais qu’un oiseau

Vous chantant sous la pluie

Je me piquais le nez

Avec Charles Trénet

Il écoutait les cloches

Moi j’écoutais la pluie

Il n’a fait rien de moche

Je n’ai fait aucun bruit



J’apprenais à écrire,

Chérir mes amertumes

J’apprenais à aimer

Mes ouvrages posthumes

J’apprenais que la gloire

Cette douleur exquise

Ne viendrait pas me voir

Me troubler par sa bise



J’écrivais dans la nuit,

Une belle-de-nuit,

J’usinais dos à dos

Avec Arthur Rimbaud

Et jusqu’à l’extinction

Du dernier réverbère

J’écoutais des cui-cui

Mes cui-cui sous la pluie.



Mais les places sont chères

Au jardin des poètes…

Mon unique lecteur

Dirait aux chroniqueurs :

« Chez Maryna Uzun,

Il mousine ou il pleut,

Comme sur un tableau

De Maurice Utrillo ».



Un oiseau qu’on oublie

Je chantais sous la pluie…
Commenter  J’apprécie          8611
Maryna Uzun
Wiewowas   30 avril 2019
Maryna Uzun
Le bateau ivre-mort

Ne conduit plus aux vers

Mais c’est la passerelle

Entre ce que je suis

Et ce que je veux être



C’est le vent arracheur

C’est le vent accoucheur

C’est le vent dépouilleur

Qui toujours siffle juste

Je me mue en une autre



(Citation tirée du livre "Pianissimo féroce" (Le Livre-Actualité, 2019))
Commenter  J’apprécie          873
Maryna Uzun
Wiewowas   30 avril 2020
Maryna Uzun
Chanter l’absence, est-ce ingrat ?



C’est mon printemps sans le Marais

Le pont Marie m’appelle à lui

C’est mon printemps sans les navettes

Au parfum de fleurs d’oranger



C’est mon printemps sans les rosiers

Du petit port de la Bastille

L’île Saint-Louis m’appelle à elle,

Ses taureaux peints, en porcelaine…



J’ai tant envie de me lover

Contre ma cathédrale froide

Pour lui chanter mon bel amour

Du fond de mon insignifiance !



Je marche sous les robiniers

J’écoute mes pas solitaires

Les Feuilles Mortes de Kosma

Sur tous mes chants désenchantés



La pluie ne se décide pas

Et change d’avis comme moi

C’est le soleil qui se dessine

Et le nuage se déride !
Commenter  J’apprécie          8515
Maryna Uzun
Wiewowas   26 septembre 2019
Maryna Uzun
Que tu t’attables

Au corps enflammé de l’été

Ou que tu croques

La pomme blanche de l’hiver

Que tu t’accoudes

À la fenêtre du printemps

Ou que tu voles

Porté par les feuilles d’automne



Il est des heures

Où ton sourire est extensible

à l’infini,

Tu aimes tout, la vie t’appelle !

Il est des heures

Où la vie te tourne son dos,

Sa face en pierre,

Et où tu te recroquevilles



Qu’elle t’appelle

Ou qu’elle t’enferme dehors

À nous, nos mages,

Plumes, pinceaux, voiles, baskets !

Car nos passions

Sont des tonneaux des Danaïdes

Et on leur jette

Tout sans jamais rien achever !



(extrait du recueil "Tableaux de l’amour au goût de yaourt")
Commenter  J’apprécie          857
Maryna Uzun
Wiewowas   14 juillet 2019
Maryna Uzun
Je ne m’aime pas

Quand je suis raisonnable

Comme une bouteille

De vin non débouchée

Comme une chanson

Qu’on garde pour soi-même



J’aime quand la mer

Me semble une pastèque

Avec sa ceinture

De cailloux-pépins noirs

J’aime que la vie

Sorte d’une pastèque !



Être irréprochable

C’est prendre un coup de vieille

Je mets ma culotte

À la place de toque

Je ne m’aime pas

En femme sans pépin !

(Citation tirée du livre "Pianissimo féroce" (Le Livre-Actualité, 2019))
Commenter  J’apprécie          851
Maryna Uzun
Wiewowas   26 décembre 2019
Maryna Uzun
Sapins sapés

Badauds badins

Escarpins escarpés

Christ cristallin



Refrains refrénés

Rondeaux rondinés

Marin Marais

Chopin chopé



Shampooings champagnisés

Pommeaux pommés

Noël noëlesque

Gui guilleret



Âmes amourées

Câlins calés

Lapins lapés

Et toi étoilé !



Grâces grassouillettes

Sommets sommeilleux

Peluches pelées

Et nous noués !



(extrait du recueil "Tableaux de l’amour au goût de yaourt")
Commenter  J’apprécie          8513
Maryna Uzun
Wiewowas   04 février 2019
Maryna Uzun
À René Char



Dans ta boulangerie

Le pain est cuit sur place

Un moulin de Montmartre

Tournant aux quatre vents



Pas un matin sans pain

Et toi, dans ton fournil

Tu passes chaque nuit

La lune est ton soleil



La chèvre prend des fleurs

Dans sa garrigue ardente

Et toi c’est un quatrain

Qu’en nage tu mitonnes



C’est chaud comme un poème

Et fumant comme un thé

Dis-tu sans qu’on comprenne

Nous, humbles invités…





Citation tirée du livre "Souviens-toi de ton Odessa suivi d'autres poèmes" (Le Livre-Actualité, 2019)
Commenter  J’apprécie          845
Auteur membre de Babelio voir son profil
Acheter les livres de cet auteur sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox



Quiz Voir plus

Sale temps !

Poème de Pierre Corneille

Orage, Oh désespoir !
Orage et désespoir !
Ô rage ! ô désespoir !

12 questions
14 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , fables , littérature , films , chanson françaiseCréer un quiz sur cet auteur