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3.99/5 (sur 318 notes)

Nationalité : Russie
Né(e) à : Moscou , le 15/10/1814
Mort(e) à : Piatigorsk , le 27/07/1841
Biographie :

Mikhaïl Youriévitch Lermontov (en russe : Михаил Юрьевич Лермонтов) est un poète et romancier russe.

Fils d’un nobliau, capitaine en retraite; orphelin de mère à moins de trois ans, il est élevé par sa grand-mère maternelle, riche aristocrate. Il reçoit une brillante éducation qu’il poursuit à la section des sciences morales et politiques de l’Université de Moscou, foyer militant de pensée libérale à l’époque de la réaction qui suit l’écrasement des décembristes.

Officier de hussards à Tsarkoé-Sélo, il partage la vie mondaine et tumultueuse de ses camarades. Bouleversé par la mort de Pouchkine en 1837, il écrit un poème qui lui vaut d’être arrêté, puis envoyé sur le front du Caucase. Lermontov se distingua lors d'opérations militaires contre les montagnards et participa aux batailles les plus sanglantes de 1840. Son supérieur direct sollicita son retour dans la garde, ce qui, en fait, équivalait à demander sa grâce. "Un héros de notre temps", publié au printemps 1840, connaît un succès immédiat.

En 1841, le tsar ne lui accorda qu'un congé de deux mois. Lorsque celui-ci prit fin, le tsar refusa de confirmer les décorations qui avaient été proposées pour Lermontov au Caucase, et le général Kleinmichel exigea son retour immédiat au Caucase. Le 14 avril 1841, Lermontov quitta Saint-Pétersbourg. Il ne lui restait que trois mois à vivre. Il fut tué en duel par Nikolaï Martynov, à l'âge de 27 ans.

Il laisse une œuvre abondante et variée, qui peut être considérée comme le sommet du romantisme russe. Elle comporte essentiellement des vers, dont les premiers remontent à son adolescence, poésies lyriques, poèmes : "Le Démon", "Le Novice", mais aussi des drames, comme "La Mascarade" et de la prose : "Un héros de notre temps".

Le romantisme de Lermontov exprime la révolte et l’amertume de toute une génération. Son inspiration fougueuse, la violence de sa lucidité, enfin les qualités plastiques et musicales de sa langue en font une des figures les plus hautes de la littérature russe. Mais il a disparu avant d'avoir pu montrer toute l'ampleur de son génie. Grand poète, il fut aussi un remarquable prosateur. À la fois fin styliste et créateur du roman psychologique, il est le précurseur de Tolstoï et de Dostoïevski.
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Source : wikipedia, universalis.fr
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My Lonely Way, texte Mikhail Lermontov, musique Elisaveta Shashina, interprète Sergeï Lemeshev


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Michaïl Lermontov
Je me suis mis à vous écrire,
je ne sais ni comment, ni pourquoi.
D'abord, je n'en ai plus le droit;
et puis, qu'ai-je à vous dire ?
Rien du tout. - Que je me souviens
de vous, toujours ? - Cela, que diable -
vous ne le savez que trop bien,
et depuis des temps fort anciens.
Pourtant, la chose est incapable
de vous intéresser beaucoup.
Pareillement, vous n'êtes guère
curieuse de savoir où
je suis ou que je puis faire ?
Nos deux âmes sont étrangères
l'une à l'autre. - En est-il, d'ailleurs,
est-il des âmes d'autre sorte ?
[....]
Je deviens sombre et méfiant
dans mes rapports avec les hommes.
J'oubliai tout, frasque de fou,
poésie, amour; oui, mais vous !....

("Valérik")
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Michaïl Lermontov
Les hommes les plus heureux sont souvent les plus ignorants.

Un héros de notre temps (1841)
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"Adieu ! Peut-être ne nous reverrons-nous plus ; on vous enverra qui sait où !"

Il s'était arrêté sur le seuil de la porte, avec l'envie de me serrer la main... Et si je lui en avais exprimé le plus petit désir, il se sera jeté à mon cou. Mais je restai froid comme un marbre et il sortit.

Voilà les hommes ; ils sont tous ainsi : ils calculent d'avance toutes les bonnes ou mauvaises conséquences d'un événement. Ils vous aident, vous approuvent, vous encouragent même en voyant l'impossibilité d'un autre expédient ; mais après ils s'en lavent les mains et se détournent avec indignation de celui qui a osé prendre sur lui tout le fardeau de la responsabilité. Ils sont tous ainsi, même les meilleurs, même le plus intelligents.
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La plate-forme sur laquelle nous devions nous battre formait presque un triangle régulier. De l'un des angles en saillie nous mesurâmes six pas et nous décidâmes que celui qui devrait subir le premier feu se placerait à l'angle même, le dos tourné au gouffre, et changerait de place avec son adversaire s'il n'était pas tué.
J'étais décidé à laisser tous les avantages à Groutchnitski ; je voulais l'éprouver. Dans son âme pouvait s'allumer une étincelle de générosité et alors tout s'arrangerait pour le mieux. Mais l'amour-propre et sa faiblesse de caractère devaient triompher de lui. Je voulais me mettre complètement dans le droit de ne pas l'épargner si le sort me favoriserait. Qui n'aurait pas pris de telles précautions avec sa conscience ?
- Tirez au sort, docteur, dit le capitaine.
Le docteur prit dans sa poche une pièce d'argent et la jeta en l'air.
- Pile ! cria Groutschnitski brusquement comme un homme qui est réveillé tout à coup par la main d'un ami qui l'avertit d'un danger.
- Face ! dis-je.
La pièce tourna sur elle-même et tomba à terre ; tous se précipitèrent sur elle.
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Michaïl Lermontov
Nuages vagabonds, éternels pèlerins ,
Par la steppe azurée, en des colliers de perles,
Vos libres flots, sans être comme moi contraints,
Du nord abandonné vers le sud se déferlent.

( Oeuvres poétiques")
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Michaïl Lermontov
Extrait de "la mort du poète" écrit en 1837 le jour de la mort de Pouchkine; il lui a couté son premier exil.

" Oui, le poète est mort; esclave de l'honneur,
Calomnié par une vile engeance,
Il est tombé, la balle au coeur,
Au coeur la soif de la vengeance.
Il est tombé, penchant son front
Et pour toujours courbant sa noble tête.
Elle n'a pu souffrir, l'âme du fier poète,
L'opprobe de mesquins affronts.
Il a bravé debout la fausseté du monde,
Seul ainsi qu'autrefois - et vous l'avez tué !
Maintenant, à quoi bon ces sanglots à la ronde ?
Et maintenant pourquoi s'évertuer
A l'entourer d'un choeur de louanges stériles,
D'un murmure menteur d'excuses puériles,
Puisque s'est accompli le décret du Destin ?
N'est-ce pas vous qui l'exiliez naguère,
Le grand et libre esprit, dans un désert lointain,
Et qui, par passe-temps, vous amusiez à faire
Flamber encore un incendie éteint ?
Oh ! réjouissez-vous ! Au martyr suprême
Il succomba ; la nuit, comme un mourant fanal,
A repris son génie ; et l'or du diadème
A pâli tout à coup sur son front triomphal. [...]"
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Descendu du pont de l'Ascension et se préparant à tourner à droite le long du trottoir, il [le jeune fonctionnaire] entendit soudain un cri : "Attention, tire-toi de là !". Droit sur lui fonçait un trotteur bai ; derrière le cocher frémissait un plumet blanc et bâillait le collet d'une capote grise. A peine avait-il eu le temps de lever les yeux qu'un limon était devant sa poitrine et que la vapeur qui s'échappait en nuage des naseaux du coursier lui enveloppait le visage ; il s'agrippa machinalement des deux mains au brancard, et tout aussitôt un fort élan du cheval le rejeta de côté, à plusieurs pas sur le trottoir...Des cris retentirent : il l'a écrasé, il l'a écrasé ! ", des cochers s'élancèrent à la poursuite du coupable, mais ils n'eurent que le temps de voir disparaître au loin le plumet blanc.
Quand le fonctionnaire revint à lui, il ne ressentait nulle part de douleur, mais ses genoux tremblaient encore d'effroi ; il se leva, s'accouda au parapet du canal, cherchant à rassembler ses esprits. Des pensées amères s'emparèrent de son être, et à partir de cet instant il reporta des cochers aux plumets blancs toute la haine dont son âme était capable.
Pendant ce temps le plumet blanc et le trotteur bai filaient le long du canal, tournaient à la perspective Nievski, puis à la rue des Caravanes, de là gagnaient le pont Siémionovski, puis à droite la Fontanka, où ils s'arrêtaient devant un riche portail avec avant-toit et porte de verre brillamment garnie de bronze.
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Mon amour n'a apporté de bonheur à personne, parce que je n'ai rien sacrifié à celles que j'aimais ; j'aimais pour moi-même, pour mon propre plaisir.
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Je me mis à lire, à m’instruire, tout cela me parut également ennuyeux ; je voyais que ni la gloire ni le bonheur ne dépendaient de ce travail, parce que les hommes les plus heureux sont souvent les plus ignorants, et quant à la gloire elle n’appartient qu’au succès. Or, pour l’obtenir, il faut être bien habile.
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« Oui ! Et telle fut ma destinée, dès ma plus tendre enfance. Tout le monde lisait sur mon visage les signes des plus mauvais penchants ; ces signes n’existaient point, mais on les pressentait, et ils ne parurent jamais, j’étais modeste, on m’accusa d’astuce et je devins sournois. Je ressentais profondément le bien et le mal ; personne ne me prodiguait la moindre caresse ; tous m’outrageaient ; je devins vindicatif. J’étais morose, les autres enfants étaient gais et babillards ; je me sentais au-dessus d’eux, on me mit plus bas, je devins envieux. J’étais disposé à aimer tout le monde ; personne ne me comprit ; j’appris la haine. Ma jeunesse flétrie s’écoula au milieu d’une lutte entre la société et moi. Craignant de voir tourner en ridicule mes meilleurs sentiments, je les enfouis au fond de moi-même et ils s’évanouirent. J’aimais la vérité, on ne me crut pas : je me mis à mentir. Connaissant à fond le monde et le mobile de la société, je devins habile dans la science de la vie et je m’aperçus que d’autres, sans la moindre habileté, étaient heureux et recevaient des honneurs et des avantages que je briguais infatigablement. Alors le désespoir naquit dans mon cœur, mais non pas ce désespoir que guérit la balle d’un pistolet ; non ! mais un désespoir froid et sans force, qui se cache sous un sourire aimable et bienveillant. Je devins un paralytique moral. Une moitié de mon âme languit, se dessécha, et mourut. Je la coupai et la rejetai. L’autre partie s’agita et se mit à vivre dans chacune de ses parties, et personne ne remarqua cela, parce que personne ne savait l’absence de la moitié perdue. Mais vous venez de réveiller en moi son souvenir et je vous lirai son épitaphe. Au plus grand nombre, les épitaphes paraissent ridicules, mais à moi, non ; je pense toujours à celui qui repose sous elle. Du reste je ne vous prie point de partager mon opinion ; si ma sortie vous paraît ridicule, riez-en ! Je vous préviens que cela ne m’affligera pas le moins du monde. »
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