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Note moyenne 4.06 /5 (sur 32 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Reims , le 18/05/1907
Mort(e) à : Paris , le 31/12/1943
Biographie :

Roger Gilbert-Lecomte, né à Reims le 18 mai 1907 et mort à Paris le 31 décembre 1943, est un poète français.

Il était un pilier de la revue parasurréaliste "Le Grand Jeu". René Daumal, le peintre Joseph Sima, Roger Vailland, Robert Meyrat, Pierre Minet et André Rolland de Renéville participèrent tous à l'élaboration de la revue, que ce soit de façon régulière ou temporaire.

La trajectoire de Roger Gilbert-Lecomte trouve ses racines dans le parcours de quatre jeunes lycéens à Reims, regroupés sous le nom des Phrères simplistes: Lecomte, Meyrat, Daumal et Vailland. Très jeunes, ils se posent la question d'un point de rencontre entre le visible et l'invisible, et tentent, à travers divers moyens (stupéfiants, perte de la notion d'espace, de temps, privation de sommeil, et plus précisément pour Lecomte, excès en tout et pour tout), d'«expérimenter Dieu ».

Malgré une persistante réputation de poète maudit, Roger Gilbert-Lecomte a été soutenu par des personnalités importantes, comme l'éditeur Léon Pierre-Quint, qui le soutient financièrement ou comme Jean Paulhan, qui le fait publier dans la NRF de Drieu la Rochelle, à des fins thérapeutiques, puis à titre posthume, en 1955 dans sa collection « Métamorphoses ». L'éditeur Bruno Roy lui donne une livrée à sa mesure ; Roland Dumas assure la défense juridique d'une œuvre posthume dont tous les ayants droit ne souhaitaient pas qu'elle vît le jour.

Lecomte ne laissera que peu d'écrits, suivant jusqu'au bout son processus d'autodestruction pour retourner « dans le ventre de la mère, plonger dans l'abîme, et retourner à l'un, Absolu ». Dans ses correspondances, une lettre à son ami René Daumal, marque sa volonté de continuer jusqu'au bout : « Toi, tu es foutu poète ! » lui écrit-il.

Encore aujourd'hui, une frange de la jeunesse rémoise se réclame de lui dans diverses revues gratuites, autoproduites, et qui ne circulent que de mains en mains, réaffirmant néanmoins son importance toujours vivace dans la cité des sacres.

Roger Gilbert-Lecomte reste toutefois un auteur méconnu, à l'instar de certains de ses partenaires du Grand Jeu. Cela est dû en partie aux pressions exercées sur eux par le surréaliste André Breton, lorsque ces derniers refusèrent d'adhérer au surréalisme, considérant ce mouvement comme une bureaucratie ayant abandonné ses idéaux. Mais il faut reconnaître aussi que cette marginalité par rapport au surréalisme a rendu les auteurs du Grand Jeu très identifiables. Roger Gilbe
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Source : Wikipédia
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Vidéo de

Roger GILBERT-LECOMTE – Hommage exceptionnel (Chaîne Parisienne, 1963) Émission Soirées de Paris, diffusée le 29 décembre 1963 sur la Chaîne Parisienne, réalisée par Pierre Minet et Michel Duplessis, avec le témoignage de proches.


Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
SZRAMOWO   16 août 2018
Correspondance 1924-1933 de Roger Gilbert-Lecomte
RGL à René Daumal

Pour moi-même tout le premier désobéir à l’ordre de silence à Vous plus haut donné je confie ici si cela intéresse Miki mais elle ne comprendrait pas mes clefs, qu’effectivement maintenant que Nerval est considéré comme un personnage dangereux, je consacre un culte nouveau et moins scandaleux, du moins plus dissimulable à Jeanne d’Arc, l’héroïne lorraine (qu’au fond j’emmerde puisque j’ai aux fesses la pointe de son glaive). À part cela que tout de même de plus en plus je songe à la nécessité absolue de faire sur Nerval ce qui n’a jamais été fait pour le prochain numéro du Grand Jeu et peut-être plus vaste. Tic Lapeur se porte bien, mais il dort, il dort depuis le commencement du monde. En somme je voudrais que cette lettre parte ce soir mais j’ai tort car j’écris à cette heure où je suis pessimiste où rien ne me visite où la nuit obscure m’envahit. Et je ne sais dégager de ma gangue, de ma cangue tout ce qui doit aller vers toi. Cette nuit je t’avais fait une bien belle lettre en imagination mais je n’ai pas eu le courage de l’écrire. J’ai le courage, je n’ai plus la substance. Cours après. Malédiction il doit aussi y avoir un temps infini que je n’ai écrit à Miki. Quel veau quand tu n’es pas là pour me rappeler les devoirs auxquels je tiens le plus.
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moravia   19 décembre 2015
Monsieur Morphée, empoisonneur public de Roger Gilbert-Lecomte
Et maintenant notez cette définition d'universalité que je soumets aux zoologues : ce qui différencie le mieux l'homme de l'animal c'est la pipe.
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coco4649   18 mars 2015
La Vie l'Amour la Mort le Vide et le Vent et autres textes de Roger Gilbert-Lecomte
SACRE ET MASSACRE DE L'AMOUR

IV





Visitation blême au désert de l'amour



Aveugle prophétesse au regard de cristal

Que les oreilles de ton cœur

Entendent rugir les lions intérieurs

Du cœur



Le grand voile de brume rouge et la rumeur

Du sang brûlé par le poison des charmes



Et les prestiges du désir

Suscitant aux détours de ta gorge nocturne

La voracité des vampires



Danse immense des gravitations nuptiales

Aux palpitations des mondes et des mers

Au rythme des soleils du cœur et des sanglots

Vers le temple perdu dans l'abîme oublié

Vers la caverne médusante qu'enfanta

L'ombre panique dans la première nuit du monde

Voici l'appel la trombe et le vol des semences

L'appel au fond de tout du centre souterrain



Danseuse unissant la nuit à l'eau-mère

Végétal unissant la terre au sang du ciel



p.59-60

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lanard   14 octobre 2016
Monsieur Morphée, empoisonneur public de Roger Gilbert-Lecomte
Il est assez compréhensible et logique que toutes les drogues, destinées qu'elles sont à provoquer plus ou moins vite et plus ou moins longtemps cet accident de conscience que j'ai vaguement classé parmi les refus d'agir mais indubitablement rangé dans mon royaume la Mort-dans-la-vie, soient par contrecoup nuisibles aux instruments de l'action, c'est-à-dire aux organes du corps humain.

C'est en tablant sur cette constatation assez simplette que, de tous temps, un certain nombre d'hommes qui, d'une part, pour des raisons plus loin développées, ne ressentent guère le besoin d'user de ces produits toxiques et qui, d'autre part, munis légalement du pouvoir d'attenter à la liberté privée de leurs concitoyens, ont une fois pour toutes renoncé à appliquer le principe politique du Non-Agir préconisé par Lao-Tseu, un certain nombre d'hommes, dis-je, ont cru possible d'arrêter net la consommation des drogues en les prohibant.

De telle prohibitions ont toujours des buts apparents très convenables, par exemple le bien public, et des buts moins apparents un peu malpropres, par exemple la repopulation.

La prohibition de l'alcool aux États-Unis, celle de l'opium, de la cocaïne, etc. etc. dans presque tous les pays proviennent de cette manière de penser commune non seulement à tous les législateurs, mais encore à tous les hommes "bien-pensants", c'est-à-dire à la majorité de tous les pays dits civilisés.

Quant à ceux qui pensent autrement, ils répondent aux prohibitions par la fraude ou par l'invention d'ersatz. Mais tous les hommes de tous les pays continuent à provoquer artificiellement en eux l'état de 'Mort-dans-la-vie par le moyen de leur choix.

Il convient d'ailleurs de remarquer que grâce à la démagogie de nos foutues démocraties et au soin de leurs intérêts, les toxiques les plus employés ont été rarement prohibés. Le tabac ne le fut jamais nulle part, l'alcool presque jamais, enfin la consommation de l'opium est recommandée dans l'Inde et en Indochine. La partialité de ces prohibitions n'a jamais été déterminée par le caractère plus ou moins nocif des drogues comme surtout les deux premiers exemples devraient le prouver, si le jugement du lecteur n'était complètement faussé par les racontars de la presse à propos des stupéfiants défendus, boucs émissaire des hygiénistes et de leurs serviettes.
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PhilippeSAINTMARTIN   11 novembre 2016
Monsieur Morphée de Roger Gilbert-Lecomte
Muselées en vain par vos lois sociales, dorment parmi vous des énergies destructrices à faire sauter le monde.
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coco4649   08 août 2019
Oeuvres complètes, tome 2 de Roger Gilbert-Lecomte
Illusion





La vie est morne et combien grise

Et monotone ; rien n’irise

Sa nuit opaque : l’Action.

Victime de rêve, vision

Irréelle – qu’importe ! – exquise



Berce-moi sainte illusion



Accours illusion féconde

Viens recréer pour moi le monde,

Ce monde bête où je meurs,

Buveur de sang, buveur de pleurs

Sur qui le crime hurle et gronde,



Trompe illusion mes rancœurs



Endors, Illusion sublime

L’ennui, cet indicible abîme,

‒ Ennui sombre qui me poursuis ! –

Et dans mes implacables nuits

Guidant mon âme cers la Cime



Belle Étoile – Illusion luis !
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coco4649   04 juillet 2016
Testament de Roger Gilbert-Lecomte
LA TÊTE COURONNÉE





Délire don tonnant du songe et des écumes

Anneau d'onde vibrante au creux futur virginité

Entre moi-même et le néant qui m'a hanté

Ma tête ballottante au vent en vol de plumes

Etincelante au choc des marteaux sur l'enclume

S'éblouit de son sort d'or pur immérité

L'assaut des marteaux l'environne

Sur son front forge sa couronne

Cercle ardent sacerdoce infamant du malheur

À grands coups de douleur ruisselante écarlate

J'ai peur qu'à force de splendeur

La tête éclate

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coco4649   22 octobre 2014
Oeuvres complètes, tome 2 de Roger Gilbert-Lecomte
LES RADIS

CONTIENNENT DU RADIUM





Le radis rose

Du radis d'homme



Le radis gris

Du rat dit homme



Il fait un somme

Au paradis

Du radium



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SophieChalandre   11 novembre 2016
Monsieur Morphée de Roger Gilbert-Lecomte
Et maintenant notez cette définition d'universalité que je soumets aux zoologues : ce qui différencie le mieux l'homme de l'animal c'est la pipe.
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coco4649   18 mars 2015
La Vie l'Amour la Mort le Vide et le Vent et autres textes de Roger Gilbert-Lecomte
SACRE ET MASSACRE DE L'AMOUR

III





L'aube froide

Des ténèbres pâles

Inonde les pôles

Du ciel et de la chair



Des courants souterrains de la chair et des astres



Au fond des corps de terre

Les tremblements de terre

Et les failles où vont les volcans du délire

Tonner

Entez sur le trépied

Celle qui hurle

La bouche mangée

Par l'amertume

En flammes du laurier de gloire

Écume

De la colère des mers

La femme à chevelure

D'orages Aux yeux d'éclipse

Aux mains d'étoiles rayonnantes

À la chair tragique vêtue de la soie des frissons

À la face sculptée au marbre de l'effroi

Aux pieds de lune et de soleil

À la démarche d'océan

Aux reins mouvants de vive houle

Ample et palpitante



Son corps est le corps de la nuit

Flamme noire et double mystère

De son inverse identité qui resplendit

Sur le miroir des grandes eaux



p.58-59

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