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Note moyenne 3.97 /5 (sur 452 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Montevideo, Uruguay , le 16/01/1884
Mort(e) à : Paris , le 17/05/1960
Biographie :

Jules Supervielle était un poète et un écrivain franco-uruguayen.

Il perd accidentellement ses parents à l'âge de huit mois. D'origine basque, il partage sa vie entre la France et l'Amérique du Sud. La pampa, les grands espaces et l'océan lui donnent très vite une impression de vide et d'isolement.

De 1902 à 1906, Jules poursuit des études jusqu'à la licence de lettres. Il fait aussi son service militaire mais sa santé est fragile et le jeune homme supporte mal la vie de caserne.

Il s'installe à Paris après la première guerre mondiale et devient ami avec Michaux et Paulhan. Cette période est particulièrement riche en terme de création et d'inspiration poétique.

Durant la seconde guerre, Supervielle retourne en Uruguay. De retour en France à nouveau, il continue à écrire mais la fin de sa vie est marquée par des problèmes de santé.

Contemporain des Surréalistes, Supervielle n'a jamais été influencé par leurs productions, préférant suivre sa propre voie. L'écrivain fait très vite le choix d'un vocabulaire simple et clair. Ses premières publications, les Poèmes de l'humour triste (1919) et L'homme de la pampa (1925), un roman désinvolte et fantaisiste, masquent encore les angoisses du poète. Mais c'est avec Gravitations, paru en 1925, que l'auteur révèle son style et son originalité.

Jules Supervielle a écrit des poèmes comme "La fable du monde" ou "Oublieuse mémoire", des contes comme "L'enfant de la haute mer" ou des romans comme "Le voleurs d'enfants" qu'il a d'ailleurs adapté pour le théâtre avec succès.

Il est fait Officier de la Légion d'honneur et reçoit le Grand prix de l'Académie française en 1955.

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Source : livres.fluctuat.net
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Les chevaux du temps - Jules Supervielle

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Citations et extraits (441) Voir plus Ajouter une citation
Malaura   23 août 2012
La fable du monde de Jules Supervielle
Sous la peau des ténèbres,

Tous les matins je dois

Recomposer un homme

Avec tout ce mélange

De mes jours précédents

Et le peu qui me reste

De mes jours à venir.

Me voici tout entier,

je vais vers la fenêtre.

Lumière de ce jour,

je viens du fond des temps,

Respecte avec douceur

Mes minutes obscures,

Épargne encore un peu

Ce que j'ai de nocturne,

D'étoilé en dedans

Et de prêt à mourir

Sous le soleil montant

Qui ne sait que grandir.

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Jules Supervielle
Nastie92   02 avril 2014
Jules Supervielle
Si tu ne me saisis pas bien

Soyons taciturnes ensemble

Que mon secret touche le tien

Que ton silence me ressemble.



(Les amis inconnus, "Dieu parle à l'homme", 1973)
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Jules Supervielle
sagesse66   11 juin 2020
Jules Supervielle
Vous dont les yeux sont restés libres,

Vous que le jour délivre de la nuit,

Vous qui n’avez qu’à m’écouter pour me répondre,

Donnez-moi des nouvelles du monde.

Et les arbres ont-ils toujours

Ce grand besoin de feuilles, de ramilles,

Et tant de silence aux racines?

Donnez-moi des nouvelles des rivières,

J’en ai connu de bien jolies,

Ont-elles encor cette façon si personnelle

De descendre dans la vallée,

De retenir l’image de leur voyage,

Sans consentir à s’arrêter.
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Jules Supervielle
sagesse66   27 février 2020
Jules Supervielle
Il faut savoir être un arbre durant les quatre saisons,

Et regarder, pour mieux se taire,

Ecouter les paroles des hommes et ne jamais répondre,

Il faut savoir être tout entier dans une feuille

Et la voir qui s’envole...
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Jules Supervielle
Piatka   12 juin 2018
Jules Supervielle
HOMMAGE À LA VIE



C’est beau d’avoir élu

Domicile vivant

Et de loger le temps

Dans un coeur continu,

Et d’avoir vu ses mains

Se poser sur le monde

Comme sur une pomme

Dans un petit jardin,

D’avoir aimé la terre,

La lune et le soleil,

Comme des familiers

Qui n’ont pas leurs pareils,

Et d’avoir confié

Le monde à sa mémoire

Comme un clair cavalier

A sa monture noire,

D’avoir donné visage

À ces mots : femme, enfants,

Et servi de rivage

À d’errants continents,

Et d’avoir atteint l’âme

À petits coups de rame

Pour ne l’effaroucher

D’une brusque approchée.

C’est beau d’avoir connu

L’ombre sous le feuillage

Et d’avoir senti l’âge

Ramper sur le corps nu,

Accompagné la peine

Du sang noir dans nos veines

Et doré son silence

De l’étoile Patience,

Et d’avoir tous ces mots

Qui bougent dans la tête,

De choisir les moins beaux

Pour leur faire un peu fête,

D’avoir senti la vie

Hâtive et mal aimée,

De l’avoir enfermée

Dans cette poésie.
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Malaura   26 février 2012
Supervielle : Oeuvres poétiques complètes de Jules Supervielle
J'aurai rêvé ma vie à l'instar des rivières

Vivant en même temps la source et l'océan

Sans pouvoir me fixer même un mince moment

Entre le mont, la plaine et les plages dernières.

Suis-je ici, suis-je là ? Mes rives coutumières

Changent de part et d'autre et me laissent errant.

Suis-je l'eau qui s'en va, le nageur descendant

Plein de trouble pour ce qu'il laissa derrière ?

Ou serais-je plutôt sans même le savoir

Celui qui dans la nuit n'a plus que la ressource

De chercher l'océan du côté de la source

Puisqu'est derrière lui le meilleur de l'espoir ?

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LydiaB   07 février 2013
Le voleur d'enfants de Jules Supervielle
Antoine a sept ans, peut-être huit. Il sort d'un grand magasin, entièrement habillé de neuf, comme pour affronter une vie nouvelle. Mais pour l'instant, il est encore un enfant qui donne la main à sa bonne, boulevard Haussmann. Il n'est pas grand et ne voit devant lui que des jambes d'hommes et des jupes très affairées. Sur la chaussée, des centaines de roues qui tournent ou s'arrêtent aux pieds d'un agent âpre comme un rocher. Avant de traverser la rue du Havre, l'enfant remarque, à un kiosque de journaux, un énorme pied de footballeur qui lance le ballon dans des « buts » inconnus. Pendant qu'il regarde fixement la page de l'illustré, Antoine a l'impression qu'on le sépare violemment de sa bonne. Cette grosse main à bague noire et or qui lui frôla l'oreille ? L'enfant est entraîné dans un remous de passants. Une jupe violette, un pantalon à raies, une soutane, des jambes crottées de terrassier, et par terre une boue déchirée par des milliers de pieds. C'est tout ce qu'il voit. Amputé de sa bonne, il se sent rougir. Colère d'avoir à reconnaître son impuissance dans la foule, fierté refoulée d'habitude et qui lui saute au visage ? Il lève la tête. Des visages indifférents ou tragiques. De rares paroles entendues n'ayant aucun rapport avec celles des passants qui suivent : voilà d'où vient la nostalgie de la rue. Au milieu du bruit, l'enfant croit entendre le lugubre appel de sa bonne : « Antoine ! » La voix lui arrive déchiquetée comme par d'invisibles ronces. Elle semble venir de derrière lui. Il rebrousse chemin, mais ne répond pas. Et toujours le bruit confus de la rue, ce bruit qui cherche en vain son unité parmi des milliers d'aspirations différentes. Antoine trouve humiliant d'avoir perdu sa bonne et ne veut pas que les passants s'en aperçoivent. Il saura bien la retrouver tout seul. Il marche maintenant du côté de la rue de Provence, gardant dans sa paume le souvenir de la pression d'une main chère et rugueuse dont les aspérités semblaient faites pour mieux tenir les doigts légers d'un enfant.
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Jules Supervielle
sabine59   30 mai 2019
Jules Supervielle
Mes veines et mes vers suivent même chemin

Et, descendant du coeur, serpentent vers ma main.

Plus humble, chaque jour, de tout ce que je quitte,

Puissé-je retenir le peu qui ressuscite.



L'on vit autour de moi, je ne vis plus qu'en vers,

Ma maison Poésie est ma seule demeure,

Elle donne du ciel aux plus secrètes heures,

A mon jardin toujours renouvelé de vert.



(" Dix-huit poèmes")
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Malaura   14 juin 2012
Supervielle : Oeuvres poétiques complètes de Jules Supervielle
C'est tout ce que nous aurions voulu faire et n'avons pas fait,

Ce qui a voulu prendre la parole et n'a pas trouvé les mots qu'il fallait,

Tout ce qui nous a quittés sans rien nous dire de son secret,

Ce que nous pouvons toucher et même creuser par le fer sans jamais l'atteindre,

Ce qui est devenu vagues et encore vagues parce qu'il se cherche sans se trouver,

Ce qui est devenu écume pour ne pas mourir tout à fait,

Ce qui est devenu sillage de quelques secondes par goût fondamental de l'éternel,

Ce qui avance dans les profondeurs et ne montera jamais à la surface,

Ce qui avance à la surface et redoute les profondeurs,

Tout cela et bien plus encore,

La mer.

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Malaura   19 avril 2012
Supervielle : Oeuvres poétiques complètes de Jules Supervielle
Saisir, saisir le soir la pomme et la statue,

Saisir l’ombre et le mur et le bout de la rue.

Saisir le pied, le cou de la femme couchée

Et puis ouvrir les mains. Combien d’oiseaux lâchés

Combien d’oiseaux perdus qui deviennent la rue,

L’ombre, le mur, le soir, la pomme et la statue.

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