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Note moyenne 3.6 /5 (sur 2932 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 28/11/1961
Biographie :

Serge Joncour est un écrivain français.

Originaire d’une famille de paysans, il a grandi à Paris. Il a passé son enfance entre la Nièvre, l'Eure-et-Loir et le Valais suisse.

Pendant des années, tout en menant parallèlement toutes sortes d’activités (dont maître-nageur et publicitaire), il écrit : de la poésie, des nouvelles, des romans… Finalement, son premier roman, "Vu", est publié aux éditions du Dilettante en 1998. Il a alors 37 ans.

Depuis il a publié plus d’une quinzaine de livres, dont "U.V." (2003) qui a obtenu le prix France-Télévision, "L’Idole" (2004) récompensé par le Prix de l’Humour noir, "L'Écrivain national" (2014) Prix des Deux Magots 2015, "Repose-toi sur moi" (2016) Prix Interallié et élu Meilleur roman français 2016 du Magazine LIRE et "Chien-Loup" qui a obtenu le prix Landerneau 2018.

Deux de ses romans ont été adaptés au cinéma : "U.V." en 2007 par Gilles Paquet-Brenner et "L’Idole" sous le titre "Superstar" en 2012 par Xavier Giannoli, avec Kad Merad et Cécile de France, présenté en compétition officielle à la Mostra de Venise 2012.

Serge Joncour a également écrit le scénario du film "Elle s’appelait Sarah" (2010) de Gilles Paquet-Brenner, avec Kristin Scott Thomas, d’après le roman éponyme de Tatiana de Rosnay. Sorti aux États-Unis en 2011, le film a connu un succès retentissant.

Il est, avec Jacques Jouet, Hervé Le Tellier, Gérard Mordillat et bien d'autres artistes et écrivains, l’un des protagonistes de l'émission de radio "Des Papous dans la tête" de France Culture.

page Facebook : https://www.facebook.com/joncour.serge

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L`entretien de Serge Joncour avec Babelio : L`amour sans le faire


Dans L`amour sans le faire, Franck, le personnage principal, quitte la ville pour retrouver sa maison familiale à la campagne. Ce retour s`apparente à un voyage dans le temps…

Il y a encore deux ans, quand j`allais à la campagne voir ma famille, il n`y avait pas internet. En termes de civilisation, je passais à autre chose. Matériellement, quand tu vas dans le Lot, par exemple, tu retrouves cela et ça commence dès ton arrivée en train : il n`y a pas de TGV mais un train corail, les voies ne sont pas toujours parfaitement entretenues et on s`arrête dans des gares où on ne croise personne. Il y a 40 ans c`était déjà ces mêmes trains qui s`arrêtaient aux mêmes gares. Sur les autres lignes, ailleurs en France, le progrès a fait son œuvre. On a plus vite fait de se rendre au Caire que dans le Lot.
Au-delà du « voyage dans le temps », il y a une dimension très symbolique dans le fait Franck ait oublié le chargeur de son portable par exemple. Oublier son portable, cela change son rapport au monde. On établit de nombreux repères, on se rassure avec cet outil là et lorsqu`il n`est plus là on se retrouve quasiment nu et en même temps soulagé.

Ce décalage je le ressens à chaque fois que je vais dans ma campagne et c`est celui que prend – violemment- Franck dès son arrivée dans la région de son enfance.


Vous montrez d`ailleurs un monde qui meurt, qui n`arrive pas à s`adapter. La ferme de la famille de Franck doit se moderniser pour survivre.

Le frère décédé de Frank voulait probablement moderniser la ferme. La faire passer à une autre époque. Il y a un conflit de générations qui n`est pas facile à assumer. Dans certaines régions ce sont les mêmes étables qu`il y a 40 ans..


Ce conflit de génération est visible dans le roman à travers la relation entre le père et le fils. Pourquoi leur est-il si difficile de communiquer ?

La reprise du contact est impossible entre les deux. Leurs communications passent par le silence.
Le fils qui devait reprendre la ferme étant décédé, c`est à lui, Franck, de la reprendre. Mais Franck est sorti du schéma familial, il est parti de la ferme. Sauf que lorsque l`on sort du schéma familial, cela relève de la trahison affective, sociale et historique. Au nom de quoi tu revendiques le droit d`être caméraman, écrivain, ou autre, et en ville ? Ce sont des questions qui concernent de nombreuses fermes qui ne peuvent continuer à cause de cela. Je vois une nouvelle génération qui n`a pas envie de pas envie de travailler quinze heures par jour à la ferme. Entre deux générations, c`est dur de s`avouer ça. D`où le non-dit.

Ceci étant dit, je n`ai pas un regard négatif du « non-dit ». Cela peut être une forme de communication entre deux personnes comme ici entre le père et le fils. Il y a parfois des choses qu`on ne se dit pas mais que l`on sait l`un de l`autre et qu`on a l`intelligence ou simplement la pudeur de ne pas se dire. Il y a, chez les gens de la campagne, une intuition, un rapport à l`environnement mais aussi aux autres qui est plus dans l`immédiateté, dans la réalité de la chose que dans les mots.


Dans votre roman, le fils revient tout de même vers sa famille. Peut-on y voir une volonté de renouer avec le schéma familial ?

Il y a 10 ou 15 ans, j`avais écrit un texte, plutôt une comédie d`ailleurs, sur le thème de la réconciliation des générations. Moi je suis d`une génération pour laquelle il fallait fuir le schéma familial. C`était presque une compétition entre nous : Dès le bac et l`obtention du permis de conduire, c`était à qui partirait le plus vite de chez ses parents. Aujourd`hui je vois que les foyers familiaux sont de plus en plus multi-générationnels, un peu comme en Italie. C`est quelque chose qui me semble aujourd`hui assez accepté alors qu`avant ce n`était pas le cas. Il y a une forme de réconciliation entre les générations, de recomposition du schéma familial. J`ai l`impression ou disons plutôt l`intuition que bientôt la famille sera la seule dimension un peu rassurante de la société.
C`est ce que j`ai voulu montrer à la fin du roman.


Au centre du roman se trouve un personnage plutôt inattendu, un jeune garçon qui s`appelle Alexandre, prénom que portait le frère décédé de Franck.

J`ai failli appeler ce roman « l`enfant solaire » car c`est lui qui permet de résorber cette situation, c`est le moteur du roman. L`attention se déporte sur lui, ce qui permet d`éviter tous les conflits qui auraient immanquablement ressurgis entre le fils Franck et ses parents. Il injecte des éléments totalement inattendus.

Je me suis servi de mon histoire car c`est un enfant qui existe vraiment. Il a 9 ans aujourd`hui. Plus généralement, je suis fasciné par ces jeunes enfants qui utilisent presque instinctivement des outils tels que les téléphones portables ou les tablettes. Ils savent très vite s`en servir alors qu`au même âge ils seraient bien incapables de pêcher par exemple. C`est presque de l`ordre de l`évolution de l`espèce…


On retrouve dans L`amour sans le faire certains éléments du western : les fermiers qui vieillissent,les voisins ennemis, les territoires immenses, la chaleur intense... Peut-on rattacher l`Amour sans le faire au genre du western ?

J`ai essayé de faire un roman américain. C`était effectivement l`une de mes volontés. le roman aurait d`ailleurs pu se terminer en un sanglant règlement de comptes mais j`ai conçu patiemment cette fin pour la faire sortir du schéma classique du western. Je suis revenu à une sensation plus réelle et authentique, plus pacifiée. Je voulais que le chemin du héros aille vers une pacification.


Vous citez d`ailleurs l`état américain du Montana à un moment du récit mais vous situez assez précisément l`action de votre roman aux Bertranges en France profonde. Un western peut-il légitimement avoir la France pour cadre ?

Le Montana que je cite, c`est une référence à Jim Harrison mais ce Montana, on l`a aussi en France...
On peut se perdre sur des kilomètres dans certaines régions de France. Mais vivre reclus ici, sans électricité et en puisant l`eau à la source, si cela est possible, a un côté un peu ringard alors que ce serait quelque chose de très fort et de très symbolique aux États-Unis. On n`est pourtant pas loin de la mythologie du cow-boy. Mes beaux-frères, je les vois ainsi, comme des cow-boys.

En termes de littérature, il me semble que la littérature contemporaine française est plus urbaine même si certains auteurs parlent magnifiquement de la campagne comme Charles Juillet ou Marie-Hélène Lafon qui parlent également des paysans.


Quel est le sens du titre du roman ? Il semble à première vue concerner le couple du roman mais il s`avère en fait plus large que cela…

C`est l`amour qui peut exister entre un père et son fils. Un amour qui n`est pas manifeste. C`est l`amour sans le dire mais c`est l`amour quand même. L`Amour qui n`est pas forcément sexuel. Il y a beaucoup de couples qui sont aussi dans ce rapport là.

Je voulais prendre le contre pieds de la vision uniquement érotique de l`amour qu`on nous impose souvent. Ce n`est en effet pas l`unique dimension de l`amour.


Les deux héros du livre, Franck et Louise, qui nous sont présentés dans la quatrième de couverture se rencontrent d`ailleurs assez tard dans le roman.

Ils sont côte à côte sans se voir. Ils sont liés sans le savoir. Louise en sait beaucoup sur Franck car le frère de celui-ci avec qui elle vivait lui en a beaucoup parlé alors que Louise est, pour Franck, une quasi-inconnue. J`aime cette dimension : Ce sont deux êtres qui sont à l`ombre d`une autre vie et qui d`un seul coup, sortent de cette ombre.


Vous aviez déclaré il y a quelques temps en interview que vous vous cachiez toujours derrière vos personnages. Est-ce toujours le cas dans ce roman ?

Mes personnages ont souvent été moi mais camouflés. Dans ce roman je me cache moins qu`avant, c`est vrai. le décor de ce roman, il existe, le personnage de l`enfant qui est au centre du récit, il existe aussi. Il y a des éléments de réel. Disons qu`il est autobiographique à 80%. Mes parents sont à la campagne. Moi, j`ai vécu enfant à la fois à Paris et à la campagne. Je ne suis ni d`un côté ni de l`autre. Quand je vais là-bas, il me faut toujours un certain temps d`acclimatation. Quand je reviens je suis perçu comme quelqu`un de la ville et le pacte social se refait très vite autour d`activités physiques concrètes : aller chercher du bois, refaire une clôture, etc… Si je ne fais pas cette démarche, je suis foutu pour le reste de mon séjour. C`est un moyen de renouer avec cette culture émérite. C`est exactement ce qui se passe pour le héros du roman. Il lâche sa caméra pour aider les autres.

Je dois par ailleurs dire que ce roman, je l`avais d`abord écrit à la première personne avant d`opter pour la troisième personne. de cette première personne il reste quelques résidus dans le texte final. C`est presque un « il » subjectif. de ce « je » il reste une immédiateté dans la perception des choses ainsi qu`une certaine authenticité de ce qu`il livre de son passé. le « il » peut être plus autobiographique que le « je » , qui lui peut parfois n`être qu`un paravent.


Le film Superstar de Xavier Giannoli sort à la fin du mois d`août. C`est l`adaptation de votre roman L`idole, publié en 2004 qui racontait l`histoire d`un inconnu devenu célèbre du jour au lendemain. Vous doutiez-vous que ce thème serait encore d`actualité près de 8 ans plus tard ?

Je le pressentais mais je précise que le réalisateur va réactualiser un peu le roman. Aujourd`hui, n`importe qui peut très facilement sortir de l`anonymat en très peu de temps grâce à Youtube par exemple. Quand je l`ai écrit, Youtube n`existait pas. Tout cela ne fait que décupler cette boulimie, cette frénésie d`être célèbre et surtout cette facilité pour le devenir.

C`est aussi un film sur l`emballement médiatique. Un fait anodin peut aujourd`hui envahir l`actualité médiatique, voire même la sphère politique. Je pense que le film est très bon, très fort. Il devrait faire réfléchir les spectateurs sur de nombreux embrasements médiatiques contemporains à propos d`un Tweet ou d`une déclaration…



Serge Joncour et ses lectures


Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?

J`ai des souvenirs de lectures de Jules Verne. D`un point de vue romanesque, ses romans me submergeaient de son imaginaire. D`un point de vue ludique et stylistique, je dirais Raymond Queneau, ses Exercices de style me paraissaient vertigineux. J`étais assez jeune quand j`ai découvert ces Exercices mais j`y ai vu un aspect du jeu qui contrastait avec les dictées scolaires, sur Jean-Paul Sartre ou Anatole France qui avaient un côté écrasant ! le seul enjeu c`était de ne pas faire de faute ! Queneau me permettait de me mettre plus en confiance avec l`écriture, de me dire que ça pouvait aussi être fou, drôle, vivant.

J`ai une tante qui me donnait de nombreux livres et qui m`emmenait au théâtre. C`est important d`avoir quelqu`un dans son entourage qui a ce rôle quand on est jeune. de même, j`ai eu de la chance d`avoir un professeur qui ne considérait pas le hors-sujet comme discriminant. Cela me mettait en confiance lors de la rédaction. Lorsque je rendais mes rédactions justement, je cherchais un lecteur en mon professeur. Je le considérais déjà ainsi, en lecteur.


Quel est le livre qui vous a donné envie d`arrêter d`écrire ?

Au niveau du style, Louis-Ferdinand Céline est décourageant. Il y a dans Voyage au bout de la nuit une virtuosité dans la retranscription et la volonté de synthétiser une atmosphère qui est fulgurante.
Un livre comme Chaos calme de Sandro Veronèse, qui est extraordinaire, je m`en veux de ne pas l`avoir écrit et en même temps je sais que je ne serais jamais parvenu à le faire. Certains romans peuvent t`aider à t`aguerrir, à prendre confiance en toi, à croire en tes propres qualités d`écrivain. le livre qui te donne envie d`arrêter d`écrire c`est déjà celui qui te donne envie de le finir.


Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Je possède de nombreuses éditions de poche de Voyages au bout de la nuit de Céline. Ils ont valeur de vestige mémoriel car j`annote toujours mes livres. Je retrouve des noms, des numéros de téléphone à six chiffres…. Quand je lis un livre, je prends des notes car un livre tu ne le perds jamais et tu l`as toujours sous la main. C`est beaucoup plus efficace qu`un carnet de notes par exemple.

Je relis aussi des auteurs avec un regard « d`écrivain pratiquant », mais c`est dangereux avec des auteurs comme Céline ou Marguerite Duras par exemple, ils te contaminent de leurs petites musiques. Une fois que tu commences, c`est très difficile de t`en sortir. Quand tu lis des poèmes d`Hugo, tu vas mécaniquement vouloir faire rimer les mots.


Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

Belle de Seigneur que je vois souvent cité en référence. J`aime beaucoup les ouvrages d`Albert Cohen mais pour celui-ci, j`ai une sorte de blocage.


Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Le premier roman de Jules Romains qui s`appelle Mort de quelqu`un mais il n`est trouvable nulle part, pas même en poche. Il faut attendre une éventuelle réédition.


Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

Pour les classiques, je ne sais pas, et physiquement ils sont trop mal en point pour s`en prendre à eux, mais pour vous répondre tout de même je parlais de contemporains, il y a une chose que je n`aime pas trop chez Emmanuel Carrère : sa volonté de désavouer la fiction. Je ne sais pas pourquoi il a un tel besoin de la disqualifier, un livre comme D`autres vies que la mienne n`a pas pour moi une valeur supplémentaire parce qu`il est certifié du label de la Vérité, de l`authenticité, c`est un grand livre, point. L`authenticité d`une histoire n`est pas une valeur ajoutée.


Quel est le livre que vous avez honte d`aimer ?

Sur la route de Madison de Robert James Waller. C`est le film qui m`a fait lire le roman. de nombreuses scènes du film sont directement décalquées du livre mais c`est rare qu`on dise spontanément qu`on a aimé ce livre qui est pourtant très beau et qui se déroule dans les magnifiques terres de l`Iowa.


Quelle est votre citation fétiche issue de la littérature ?

Pour boucler la boucle avec mon dernier roman j`aimerais citer une de mes premières trouvailles quand j`étais môme : « Écrire c`est sculpter l`inutile ». J`ai ce sentiment, quand j`écris, de l`artisanat, du ciselage. Pour moi écrire c`est un travail manuel.


Et en ce moment, que lisez-vous en ce moment ?

Je lis quelques romans de la rentrée littéraire. C`est presque de l`espionnage pour voir où en est la concurrence ! C`est énervant de trouver des livres qui vont sortir en même temps que le vôtre et qui sont très bons. Pour en citer quelques-uns je lis en ce moment Nous étions faits pour être heureux de Véronique Olmi et Les lisières d`Olivier Adam.



Découvrez L`amour sans le faire aux éditions Flammarion.


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En librairie le 19 août La France est noyée sous une tempête diluvienne qui lui donne des airs, en ce dernier jour de 1999, de fin du monde. Alexandre, reclus dans sa ferme du Lot, semble redouter davantage l'arrivée des gendarmes. Seul dans la nuit noire, il va revivre la fin d'un autre monde, l'agonie de cette vie paysanne qui lui paraissait immuable enfant. Serge Joncour orchestre presque trente ans d'histoire nationale où se répondent les progrès, les luttes, la vie politique et les catastrophes successives qui ont jalonné la fin du XXe siècle et nous instruit magnifiquement sur notre humanité en péril. Toute notre rentrée sur : http://rentreelitteraire-flammarion.com/
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Citations et extraits (1451) Voir plus Ajouter une citation
Bookycooky   19 août 2016
Repose-toi sur moi de Serge Joncour
Ils sont rares ceux qui donnent vraiment, ceux qui écoutent vraiment.
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Metaphore   15 novembre 2012
L'amour sans le faire de Serge Joncour
Ne pas pouvoir s'aimer, c'est peut-être encore plus fort que de s'aimer vraiment, peut-être vaut-il mieux s'en tenir à ça, à cette haute idée qu'on se fait de l'autre sans tout en connaître, en rester à cette passion non encore franchie, à cet amour non réalisé mais ressenti jusqu'aux plus intime, s'aimer en ne faisant que se le dire, s'en plaindre ou s'en désoler, s'aimer à cette distance ou les bras ne se rejoignent pas, sinon à peine du bout des doigts comme une caresse, une tête posée sur les genoux, une distance qui permet tout de même de chuchoter, mais pas de cris, pas de souffle, pas d'éternité, on s'aime et on s'en tient là, l'amour sans y toucher, l'amour chacun le garde pour soi, comme on garde à soi sa douleur, une douleur ça ne se partage pas, une douleur ça ne se transmet pas par le corps, on n'enveloppe pas l'autre de sa douleur comme on le submerge de son ardeur. C'est profondément à soi une douleur. L'amour comme une douleur, une douleur qui ne doit pas faire mal.
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ninosairosse   13 août 2017
Repose-toi sur moi de Serge Joncour
Sa résistance, on la décide à tout instant, à tout moment on résout de se laisser envahir ou pas par l'angoisse, de se laisser submerger par une préoccupation à laquelle on accorde trop de place. Être fort, c'est ne pas prendre la mesure du danger, le sous-évaluer, consciemment, tandis qu'être faible, c'est le surestimer.



P276
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ninosairosse   09 août 2017
Repose-toi sur moi de Serge Joncour
A partir de maintenant il se raccroche à un objectif, retourner vers le fleuve, parce qu'il est complètement paumé dans cette métropole à laquelle il ne comprend rien, la Seine c'est son seul repère, l'unique faisceau de nature libre, et elle-même n'en finit pas de quitter Paris.



p40
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Nastasia-B   22 septembre 2017
L'amour sans le faire de Serge Joncour
Ne pas avoir d'enfant, c'était se condamner à rester l'enfant de ses parents. Passé quarante ans, si l'on n'a toujours pas de môme, il est sans doute impossible de s'émanciper de sa propre jeunesse, de s'en dégager définitivement, de devenir autre chose pour ses parents que leur enfant. Il faut sans doute attendre de dépasser quarante-cinq, voire cinquante ans pour que tout se dénoue, il doit y avoir un moment où l'on cesse d'être l'enfant de ses parents pour les rejoindre dans une forme de communauté d'âge plus équivalente, un moment où l'on perd cette fraîcheur terrible qui distingue de ses géniteurs, on en vient presque d'égal à égal.
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Bookycooky   20 août 2016
Repose-toi sur moi de Serge Joncour
Aux premiers moments d’une histoire, l’idée de l’autre obsède, on y pense tout le temps, ce qu’on a vécu avant n’existe plus, le passé est cette chose insignifiante et prodigieuse qui s’est contentée de nous amener là, comme si vivre n’avait servi qu’à ça, à ce besoin de retrouver l’autre.
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Nastasia-B   06 mars 2017
L'amour sans le faire de Serge Joncour
Dans l'amour il y a bien plus que la personne qu'on aime, il y a cette part de soi-même qu'elle nous renvoie, cette haute idée que l'autre se fait de nous et qui nous porte.
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Bibalice   03 juillet 2012
L'amour sans le faire de Serge Joncour
Ne pas pouvoir s'aimer, c'est peut-être plus fort que s'aimer vraiment.
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Eric76   25 avril 2018
Repose-toi sur moi de Serge Joncour
Paris est une des plus petites capitales du monde, encerclée et ronde, quasi parfaite, mais dès lors qu'on l'agglomère avec toutes les banlieues qui la contiennent, elle devient infinie, un océan de communes à perte de vue...
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rabanne   06 août 2018
Chien-Loup de Serge Joncour
La nature de l'homme est de vite oublier les catastrophes passées, autant que de ne pas voir celles qui s'amorcent.
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