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Note moyenne 3.93 /5 (sur 394 notes)

Nationalité : Norvège
Né(e) à : Vinjem , le 20/08/1897
Mort(e) à : Oslo , le 15/03/1970
Biographie :

Romancier, nouvelliste et poète norvégien, Tarjei Vesaas, fils de paysan, hésita longtemps entre le métier de son père et l’écriture.

Il écrit (en néo-norvégien (nynorsk), langue autrefois connue sous le nom de "langue rurale") dès les années vingt mais n’atteindra une notoriété nationale et européenne qu’en 1934, avec Le Grand jeu; puis viennent les années de guerre, la peur et la violence ("Le Germe", "La Maison dans la nuit').


Parmi les grands romans d’après-guerre, deux chefs-d’œuvre : "Les Oiseaux" et "Palais de glace".


Tarjei a reçu le prix de Venise de 1953 pour le recueil de nouvelles Les Vents (Vindane), en 1957 le Doblougprisen, et en 1964 le prix du conseil nordique pour le roman "Palais de glace" ("Is-slottet", 1963). Il était également vice-président de Den norske Forfatterforening (L'Association norvégienne des Écrivains) de 1963 à 1966.

En 1964 il a institué le prix « Tarjei Vesaas » des débutants, pour aider les jeunes écrivains. Il a aussi participé à des allocutions et des rencontres dans des établissements scolaires

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Source : www.jose-corti.fr
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mesrives   18 septembre 2017
Vie auprès du courant de Tarjei Vesaas
QUARANTE DEGRES A CATANE



La mer chaude

étire une langue indolente

vers des cuisses dorées

sur un sable de braise.



La paralysie caniculaire sévit.

Derrière l'obscurité des lunettes

le cerveau a de hauts loupés

comme des avions blessés.



Le soleil est sauvage

et il ne faut pas en parler,

mais la terre est un fourneau,

et l'Etna sur le feu

fume du goulot.
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mesrives   25 septembre 2017
Vie auprès du courant de Tarjei Vesaas
IV

RENTRANT CE SOIR



Le bleu a émergé de par-delà

tout ce qui apparaît

et habille le clair-obscur d'une montagne

que tu es en train de regarder.

Le bleu est en toi,

et attend là.



Le bleu chante sans bruit,

s'approfondit, tend vers le noir.

C'est ta propre montagne quand tu

rentres de voyage. Elle ne parle jamais de

ce que la vie est devenue.



Mais la montagne muette qui dirige

le cours des flots,

et l'homme fatigué qui se dirige

vers son giron

restent aussi immobiles l'un et l'autre

dans ce chant ténébreux.
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Tarjei Vesaas
Piatka   31 octobre 2019
Tarjei Vesaas
AU BORD DU CHEMIN DIFFICILE



Au bord du chemin difficile


il pleut des soleils étincelants


comme si de rien n’était.


Nous avons l’immensité où puiser


mais ne savons l’utiliser.


Elle regorge de tempêtes


que nous ne comprenons pas.


Un feu éclate,
tout aussi énigmatique.


Dans les tombeaux reposent tous nos


vieux souvenirs.
Nous les appelons


sans obtenir de réponse.


Ils ne nous voient pas,


regardent bien au-delà de nous.

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mesrives   13 septembre 2016
Les Oiseaux de Tarjei Vesaas
Il regarda sa soeur à la dérobée. Des yeux si étranges. Toujours désemparés, farouches comme des oiseaux.
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ninosairosse   13 octobre 2017
Palais de glace de Tarjei Vesaas
Nous sommes les joueurs de bois, attirés par des choses auxquelles nous ne résistons pas.

Le dépouillement et la nouveauté sont partout autour de nous. Un rocher se dresse dans l'eau ruisselante telle une hache silencieuse brandie dans l'air, qui tronçonne les temps pour que nous arrivions sans retard à destination.

Nous sommes attendus.

Un petit oiseau inconscient dégringole contre le rocher, gît dans la bruyère, agite à nouveau ses ailes et s'envole pour ne plus se montrer.

Nous sommes attendus.

Nous sommes entre les troncs blancs des bouleaux avant même d'avoir pu nous retourner. Nous étions là-bas, et nous voilà ici.

Nous sommes attendus. C'est ici que s'écoulera notre temps compté.

Un oiseau volette au-dessus de nos têtes. Une langue de terre plantée de bouleaux s'avance dans le lac. Notre temps compté.

p199





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Bookycooky   04 janvier 2016
Palais de glace de Tarjei Vesaas
Le rêve des ponts enneigés



Et la neige qui tombe sur nous s'épaissit.

La manche de ton manteau blanchit.

La manche de mon manteau blanchit.

Elles bougent entre nous comme

des ponts enneigés.



Mais les ponts enneigés sont gelés.

Ici au cœur règne une chaleur pleine de vie.

Ton bras est chaud sous la neige et

pése avec bonheur sur mon bras.



Il neige et il neige sans cesse

sur les ponts silencieux.

Des ponts que personne ne connaît.



P.127
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ninosairosse   14 octobre 2017
Palais de glace de Tarjei Vesaas
Même si on l'aimait énormément, sa maman, on était gênée face à elle. On ne pouvait pas désigner telle ou telle chose qu'on aurait voulue différente chez elle, mais on était gênée malgré tout. Gênée, on l'était aussi face à son papa - bien qu'on soit encore plus copine avec lui, dans le fond.

p 175
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dourvach   13 septembre 2015
Les Oiseaux de Tarjei Vesaas
-- Tu es jolie.

Alors elle se rapprocha, tout contre lui.

-- Maintenant, je comprends mieux pourquoi j'ai attendu si longtemps, ajouta-t-il.

Elle se tut tout le temps -- car elle avait un secret à lui confier. Elle s'approcha encore plus. Elle avait bougé le bras et ç'avait été un chant d'oiseau -- maintenant, elle tournait tout le corps, par sorcellerie.

Tournait tout le corps et il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. C'était indicible. Elle s'approcha encore plus. Elle était tout près de lui, née d'une passée de bécasses. Elle était à lui.



[Tarjei VESAAS, "Fuglane" ("Les Oiseaux"), Gyldendal Norsk Forlag, Oslo, 1957, traduit du néo-norvégien (nynorsk) par Régis Boyer pour les éditions Pierre-Jean Oswald, 1975 -- réédité aux éditions Plein Chant, 1986, chapitre VII, pages 42-43]
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dourvach   09 septembre 2015
Les Oiseaux de Tarjei Vesaas
C'est alors qu'arriva le grand événement.

Tandis qu'il réfléchissait, voyant Hege s'en aller, il s'assit à sa place habituelle sur l'escalier de la maisonnette et regarda par-dessus le lac, vers les crêtes à l'ouest. L'eau était noire maintenant, et les crêtes s'assombrissaient. Un doux crépuscule d'été, dans le ciel et sur la terre. Mattis n'était pas insensible à de telles choses.

Leur maisonnette se trouvait dans un petit repli de terrain marécageux qui remontait du rivage. La forêtrde conifères était mêlée de bouleaux et de trembles. Un petit ruisseau dévalait la pente. Parfois, il semblait que cet endroit était d'une beauté comme il n'en avait vu nulle part ailleurs -- si peu qu'il se fût promené.

Peut-être était-ce là ce qu'il ressentit alors -- il s'évadait, en tout cas, les yeux écarquillés, laissant le crépuscule s'appesantir, à supposer que l'on pût appeler cela un crépuscule et non quelque chose d'ineffablement doux.

C'est à ce moment-là quarriva l'inattendu.

"De ce côté-ci du vent tout est tranquille", venait-il de penser tout en regardant au loin les deux cîmes des trembles et le ciel nocturne. C'était quelque chose qui passait parmi les cîmes, il s'imagina qu'il pouvait le voir, tant il faisait clair. Pas de vent, seulement quelque chose qui passait -- et le temps était si tranquille par ici que pas une feuille ne bougeait sur les trembles verts.

Et puis il y eut un petit bruit. Un cri soudain, étrange. Et en même temps, il perçut quelques brefs coups d'ailes rapides, là-haut, en l'air. Puis quelques appels étouffés dans un langage d'oiseau désemparé.

Cela passa au-dessus de la maison.

Mais cela passa aussi juste à travers Mattis.



[Tarjei VESAAS, "Fuglane" ("Les Oiseaux"), Gyldendal Norsk Forlag, Oslo, 1957, traduit du néo-norvégien (nynorsk) par Régis Boyer pour les éditions Pierre-Jean Oswald, 1975 -- réédité aux éditions Plein Chant, 1986, chapitre V, pages 31-32]
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Bookycooky   03 janvier 2016
Palais de glace de Tarjei Vesaas
Il y avait une question,à laquelle elle devait répondre, à laquelle elle ne pouvait pas couper :

-Elle était comment ,Unn?

-Je l'aimais beaucoup.

Et pas un mot de plus.

Quiconque entendait ce témoignage de la tante sentait qu'il n'existait pas de plus belle phrase que celle-ci. Une phrase nullement fripée,bien que répétée des fois et des fois. p.103
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