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Note moyenne 3.7 /5 (sur 55 notes)

Nationalité : Mali
Né(e) à : Bandiagara , le 22/08/1940
Mort(e) à : Sévaré , le 14/10/2017
Biographie :

Yambo Ouologuem, né le 22 août 1940 à Bandiagara et mort le 14 octobre 2017 à Sévaré, est un romancier, poète, sociologue, essayiste et enseignant malien.
Après l'obtention de son baccalauréat à Bamako, il se rend à Paris en 1960, année des indépendances africaines, et intègre les classes préparatoires littéraires du lycée Henri IV. Licencié en philosophie et en espagnol, diplômé d'études supérieures d'anglais, il enseigne entre 1964 et 1966 au lycée de Charenton-le-Pont, dans le Val-de-Marne, tout en poursuivant un doctorat de sociologie à l'École Normale Supérieure ainsi qu'une agrégation de lettres modernes. En 1968, les éditions du Seuil font paraître Le Devoir de violence, récit iconoclaste dénonçant la complicité des élites africaines dans la traite négrière et la mise en place d'institutions coloniales puis néocoloniales. Encensé par la critique, il devient le premier auteur africain et le plus jeune récipiendaire du prix Renaudot en 1969. S'inscrivant à contre-courant de la négritude et d'une perception utilitariste de l'écriture qui prévaut alors parmi les écrivains africains, Yambo Ouologuem détone dans le paysage culturel et médiatique en ce qu'il envisage la littérature comme une entreprise purement esthétique et individuelle. Ironique et cruelle, d'inspiration sadienne, la prose de Ouologuem est l'une des rares du continent à dépeindre une sexualité débridée et , ce qui valut à son auteur d'être censuré dans plusieurs États africains.

Outre Le Devoir de violence, Yambo Ouologuem a publié trois romans érotiques sous les pseudonymes de Nelly Brigitta (Le Secret des orchidées, Les Moissons de l'amour) et Utto Rudolph (Les Mille et une bibles du sexe), tous parus aux éditions du Dauphin. Ciblé dès 1972 par des accusations de plagiat, tombé en disgrâce auprès de la presse, renié par son éditeur qui fait cesser les ventes de son roman, Ouologuem se retire au Mali. En 1973, il fait paraître un truculent pamphlet, Lettre à la France nègre, avant de renoncer définitivement à la littérature et de s'immerger dans un islam rigoriste et militant qui le pousse à renier son œuvre passée. Discret et reclus, il meurt dans une relative indifférence. Sa réhabilitation intervient tardivement, et il faut attendre 2021 pour observer un regain d'intérêt vis-à-vis de celui qui inspira à Mbougar Sarr la figure de T.C. Elimane pour La Plus Secrète Mémoire des Hommes.
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#yamboouologuem #goncourt #cultureprime Yambo Ouologuem a été un écrivain encensé par la critique avant d'être accusé de plagiat et de se murer dans le silence. Oublié de tous, c'est à la faveur du dernier prix Goncourt, inspiré par sa vie, que l'on a redécouvert l'homme au destin tragique et son oeuvre. Abonnez-vous pour retrouver toutes nos vidéos : https://www.youtube.com/channel/UCd5DKToXYTKAQ6khzewww2g/?sub_confirmation=1 Et retrouvez-nous sur... Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture

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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-B   01 octobre 2016
Le devoir de violence de Yambo Ouologuem
À la même période, les provinces Nakem souffrirent d'une telle disette, doublée de peste qu'une infime quantité de nourriture en était arrivée à coûter le prix d'une esclave, c'est-à-dire au moins dix écus. Sous le coup de la nécessité, le père vendait son fils, le frère son frère, tant chacun essayait de se procurer des vivres par n'importe quelle scélératesse. Les gens que la famine faisait ainsi vendre, étaient achetés par des marchands venus de Sao-Tomé avec des bateaux chargés de victuailles. Les vendeurs prétendaient que c'étaient des esclaves, et ceux qui étaient ainsi vendus se hâtaient de le confirmer, fort joyeux de se voir hors d'un péril qui les avait tant alarmés. Quantité d'hommes libres se firent ainsi esclaves, et se vendirent par nécessité.



I. La légende des Saïfs.
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Charybde2   09 avril 2013
Lettre à la France nègre de Yambo Ouologuem
Et, sans doute - colonisés étonnés et bourgeois - les sous-développés, sots ingénieux asservis par leurs passions, seraient plus terribles encore s'ils devenaient riches. Ces gens-là, à vrai dire, perdent à gagner. Plus opulents, ils vivent plus inquiets, en pauvres Nègres indécrottables... Centupler ses besoins, faire tout pour l'ostentation, avoir cent ambassades à l'étranger parce que telle grande puissance en a cinquante, et, si elle en a soixante, en avoir vite deux cents, c'est s'empêtrer dans une pénurie encore plus effroyable que la gêne de jadis.

Mais se gouverner décemment, savoir s'arrêter quand bien même l'aide au Tiers-Monde serait centuple, employer le reste à développer le pays, à occuper les siens, sans Rolls ni Bentley, ou à tirer d'embarras des budgets déficitaires : tout cela vaut mieux que les insultes gauchement braillées par l'anti-colonialisme de la négraille politique. Et c'est fausse sagesse, que de régner en mendiant ou en hâbleur.

Car c'est bien peu que de n'être point comme le commun des pauvres ; mais c'est être bien riche déjà, que de n'être plus comme le commun des riches...
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afriqueah   09 mai 2021
Le devoir de violence de Yambo Ouologuem
Et ce fut la ruée vers la négraille. Les Blancs, définissant un droit colonial international, avalisaient la théorie des zones d’influence : les droits du premier occupant étaient légitimés. Mais ces puissances colonisatrices arrivaient trop tard déjà, puisqu’avec l’aristocratie notable, le colonialiste depuis longtemps en place, n’était autre que le Saïf (l’empereur du Nakem), dont le conquérant européen faisait — tout à son insu ! — le jeu. C’était l’assistance technique déjà ! Soit. Seigneur, que votre œuvre soit sanctifiée. Et exaltée. »
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aleatoire   26 novembre 2021
Le devoir de violence de Yambo Ouologuem
Souvent, plus parée encore de sa beauté que de ses atours, une jouvencelle, qui avait tout juste le caquètement d'une pintade, comme elle en avait l'oeil inquiet et la gorge en émoi - séduite par le corps de ces esclaves, voire le tremblant gabarit de leur virilité - et cherchant auprès de sa mère toute rose, sinon le réconfort, du moins la sollicitude, ou quelque avis autorisé sur la sexualité nègre, s'entendait répondre, entre autres gracieusetés : "Le Saint-Père n'approuve guère le café au lait..."
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TiboLexie   27 avril 2021
Le devoir de violence de Yambo Ouologuem
Quand Louis XIV disait à Aniaba : Il n'y a donc plus de différence entre vous et moi que du noir au blanc, il marquait que tous deux étaient rois, solidaires dans la royauté, et qu'ils pouvaient être différents par la couleur tout en étant unis par l'identité de leur nature royale. Et maintenant, par extension, c'est l'identité d'une nature royale qu'il s'agit entre l'Afrique et nous.
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lilianelafond   31 mai 2018
Le devoir de violence de Yambo Ouologuem
Ce Saïf connut donc le bonheur d’avoir été assez habile pour jouer ce rôle de messie, où de nombreux fils de notables s’étaient escrimés en vain, et appauvris. N’est pas Christ qui veut. Pardonnez-nous, Seigneur, de tant révérer les cultes dont on vous habille…

… Lancées de partout en cette seconde moitié du XIXème siècle, multiples sociétés de géographie, associations internationales de philanthropes, de pionniers, d’économistes, d’affairistes, patronnés par les banques, l’Instruction publique, la Marine, l’Armée, déclenchèrent une concurrence à mort entre les puissances européennes qui, essaimant à travers le Nakem, y bataillèrent, conquérant, pacifiant, obtenant des traités, enterrant, en signe de paix, cartouches, pierres à fusils, poudre de canons, balles. (…)

Et ce fut la ruée vers la négraille. Les Blancs, définissant un droit colonial international, avalisaient la théorie des zones d’influence : les droits du premier occupant étaient légitimés. Mais ces puissances colonisatrices arrivaient trop tard déjà, puisque, avec l’aristocratie notable, le colonialiste, depuis longtemps en place, n’était autre que le Saïf, dont le conquérant européen faisait – tout à son insu ! – le jeu. C’était l’assistance technique, déjà ! Soit. Seigneur, que votre œuvre soit sanctifiée. Et exaltée.
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Mekina   31 mai 2022
Le devoir de violence de Yambo Ouologuem
Sankolo sentit sur son visage la caresse humide du Yamé. Battement de son cœur harcelé comme une boussole affolée. Des gémissements fusèrent de la camionnette. Ils s’embrassaient. Brusquement Sankolo voulut courir se jeter sur la femme. Mais une douleur hébétée le rivait à sa place. Il vit Madoubo renifler, étriller, happer d’une lèvre gourmande et nerveuse, triturer, fouiller du bout de sa langue, du bout de ses doigts, les seins de Sonia. Elle se tenait dans une étrange immobilité. Allongée. La tête droite. Les sourcils légèrement froncés et plongés dans le même engourdissement. Elle caressait l’homme. Sankolo voulut avancer un bras hésitant. Son bras, ses doigts, refusèrent d’obéir. Brutalement, il se déplaça de côté, de manière à suivre dans le rétroviseur l’enlacement du couple. Il tira sur la corde de son touba, et immédiatement fut dévêtu. Il s’étendit sur son boubou, et, les yeux exorbités de désir et d’angoisse, devant les splendeurs de la chair de Sonia, empoigna ses propres seins, ses lèvres, se renversa sur son propre corps, yeux rivés sur l’accouplement. Un rire de gorge, chaud et sensuel, qui l’enivrait, faisait haleter ses flancs nerveusement empêtrés dans le boubou de coton, qu’il déchira. Soudain, il eut un ricanement, et, crachant dans sa paume droite puis se saisissant de sa verge pointée vers le couple :



« Jamais je n’ai connu ça ! Je ferai souffrir mon ventre, je veux aimer à plein. Dis, ma verge, as-tu vu les deux tourterelles blanches dans ce pigeonnier ? Tiens, entre dedans, vois miroiter contre toi ce petit trésor boisé en haut de la frise de ces jambes blanches. Viens, happe de tes bonnes lèvres gourmandes l’arc tendu de leur bosquet blond parfumé et touffu, où tu dors, mon trésor. Encore ! haletait-il se cabrant dans les airs. Oh ! encore, je t’en supplie, embrasse là ! Bécote, lèche, foudre qui foudroie mes entrailles et révèle l’auréole de mon ventre. Tiens mes doudounes, tu les aimes, mon petit mongol. Continue… là… oui, là, goûte à sa chair réelle, fais-moi vomir les délices de son orgasme. Ça te plaît, dis. Tu veux bien, n’est-ce pas ? »



Et il ronronnait sous ses propres caresses, se lovant en tous sens, frottant ses jambes l’une contre l’autre – et toute sa chair vibrait comme la corde d’une harpe adroitement pincée, joliment caressée. Il n’était que plaisir lancinant, laissait courir, gambader ses doigts sur le petit lutin bandeur et querelleur de sa verge, accueillant sur ses doigts une rosée chaude et abondante qui le fit râler et gémir de plaisir, en un superbe tohu-bohu de toute sa jouissance. Puis il lécha de sa langue râpeuse sa main, enduisant ensuite son corps de salive, regardant dans le rétroviseur les lèvres sanglantes de la vulve. Il se mit doucement à sangloter…



Il sentit derrière lui une présence. Il se retourna : Awa, sa fiancée, l’observait.
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afriqueah   09 mai 2021
Le devoir de violence de Yambo Ouologuem
Et c’est alors que du fond de l’oubli, des visages renaissaient devant lui, des symboles aussi, faiblement éclairés d’abord, puis fumée fugitive, impalpable, poudreuse, cendre grise tombant sur ses paupières- misère soudain concrétisée, devenue objet familier et reconnu, puis vertige, danse solennelle, molle et féconde, délire, clameur, avec une débauche d’images de visages d’éclairs de cris remontant à la surface de cette eau trouble où sa mémoire des noms célèbres et des lieux fameux savait, reconnaissait et se comprenait.
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MandenMassa   28 novembre 2021
Le devoir de violence de Yambo Ouologuem
souvent il est vrai, l'âme veut rêver l'écho sans passé du bonheur. Mais, jeté dans le monde, l'on ne peut s'empêcher de songer que Saïf, pleuré trois millions de fois, renaît sans cesse à l'Histoire, sous les cendres chaudes de plus de trente Républiques africaines...
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afriqueah   09 mai 2021
Le devoir de violence de Yambo Ouologuem
Ils ne se disaient rien et restaient l’un en face de l’autre, la tête baissée, le regard indécis, comme perdus en une difficile méditation, sentant du nouveau dans l’air, respirant de l’invisible- avertissement mystérieux qui les prévint de leurs intentions secrètes, les paralysait dans une sorte d’ardeur frémissante, de soulèvement-, en cette brusque tension qui court au bout des doigts, surexcite à les exaspérer toutes les facultés de sensation physique, jusqu’à cet innommable besoin de commettre des sottises.
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