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Note moyenne 3.81 /5 (sur 34 notes)

Nationalité : Mali
Né(e) à : Bandagiara , le 22/08/1940
Mort(e) à : Sévaré , le 15/10/2017
Biographie :

Yambo Ouloguem (pseudonyme Utto Rodolph) est un écrivain de langue française né le 22 août 1940 à Bandiagara (pays Dogon) au Soudan français (actuel Mali).
Yambo Ouologuem fait ses études secondaires au Mali avant de continuer en France, au lycée Henri-IV, où il se rend en 1960. Il sera par la suite licencié ès Lettres, licencié en Philosophie, et diplômé d'études supérieures d'Anglais.

Il enseigne pendant plusieurs années dans un lycée de la banlieue parisienne, le lycée de Charenton (Val-de-Marne).

C'est en 1968 que Yambo Ouologuem écrit son premier livre, Le Devoir de violence. Il reçoit pour celui-ci le prix Renaudot la même année ; il est alors le premier romancier africain à recevoir cette distinction.
Le Devoir de violence a été réédité par le Serpent à plumes. D'après un journaliste du Temps, dont le texte est repris sur le site de la maison Payot, l'auteur serait devenu marabout.
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Communication, Yambo Ouologuem lu par Ferdinand Fortes


Citations et extraits (7) Ajouter une citation
Nastasia-B   01 octobre 2016
Le Devoir de Violence de Yambo Ouologuem
À la même période, les provinces Nakem souffrirent d'une telle disette, doublée de peste qu'une infime quantité de nourriture en était arrivée à coûter le prix d'une esclave, c'est-à-dire au moins dix écus. Sous le coup de la nécessité, le père vendait son fils, le frère son frère, tant chacun essayait de se procurer des vivres par n'importe quelle scélératesse. Les gens que la famine faisait ainsi vendre, étaient achetés par des marchands venus de Sao-Tomé avec des bateaux chargés de victuailles. Les vendeurs prétendaient que c'étaient des esclaves, et ceux qui étaient ainsi vendus se hâtaient de le confirmer, fort joyeux de se voir hors d'un péril qui les avait tant alarmés. Quantité d'hommes libres se firent ainsi esclaves, et se vendirent par nécessité.



I. La légende des Saïfs.
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Charybde2   09 avril 2013
Lettre à la France nègre de Yambo Ouologuem
Et, sans doute - colonisés étonnés et bourgeois - les sous-développés, sots ingénieux asservis par leurs passions, seraient plus terribles encore s'ils devenaient riches. Ces gens-là, à vrai dire, perdent à gagner. Plus opulents, ils vivent plus inquiets, en pauvres Nègres indécrottables... Centupler ses besoins, faire tout pour l'ostentation, avoir cent ambassades à l'étranger parce que telle grande puissance en a cinquante, et, si elle en a soixante, en avoir vite deux cents, c'est s'empêtrer dans une pénurie encore plus effroyable que la gêne de jadis.

Mais se gouverner décemment, savoir s'arrêter quand bien même l'aide au Tiers-Monde serait centuple, employer le reste à développer le pays, à occuper les siens, sans Rolls ni Bentley, ou à tirer d'embarras des budgets déficitaires : tout cela vaut mieux que les insultes gauchement braillées par l'anti-colonialisme de la négraille politique. Et c'est fausse sagesse, que de régner en mendiant ou en hâbleur.

Car c'est bien peu que de n'être point comme le commun des pauvres ; mais c'est être bien riche déjà, que de n'être plus comme le commun des riches...
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afriqueah   09 mai 2021
Le Devoir de Violence de Yambo Ouologuem
Et ce fut la ruée vers la négraille. Les Blancs, définissant un droit colonial international, avalisaient la théorie des zones d’influence : les droits du premier occupant étaient légitimés. Mais ces puissances colonisatrices arrivaient trop tard déjà, puisqu’avec l’aristocratie notable, le colonialiste depuis longtemps en place, n’était autre que le Saïf (l’empereur du Nakem), dont le conquérant européen faisait — tout à son insu ! — le jeu. C’était l’assistance technique déjà ! Soit. Seigneur, que votre œuvre soit sanctifiée. Et exaltée. »
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TiboLexie   27 avril 2021
Le Devoir de Violence de Yambo Ouologuem
Quand Louis XIV disait à Aniaba : Il n'y a donc plus de différence entre vous et moi que du noir au blanc, il marquait que tous deux étaient rois, solidaires dans la royauté, et qu'ils pouvaient être différents par la couleur tout en étant unis par l'identité de leur nature royale. Et maintenant, par extension, c'est l'identité d'une nature royale qu'il s'agit entre l'Afrique et nous.
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lilianelafond   31 mai 2018
Le Devoir de Violence de Yambo Ouologuem
Ce Saïf connut donc le bonheur d’avoir été assez habile pour jouer ce rôle de messie, où de nombreux fils de notables s’étaient escrimés en vain, et appauvris. N’est pas Christ qui veut. Pardonnez-nous, Seigneur, de tant révérer les cultes dont on vous habille…

… Lancées de partout en cette seconde moitié du XIXème siècle, multiples sociétés de géographie, associations internationales de philanthropes, de pionniers, d’économistes, d’affairistes, patronnés par les banques, l’Instruction publique, la Marine, l’Armée, déclenchèrent une concurrence à mort entre les puissances européennes qui, essaimant à travers le Nakem, y bataillèrent, conquérant, pacifiant, obtenant des traités, enterrant, en signe de paix, cartouches, pierres à fusils, poudre de canons, balles. (…)

Et ce fut la ruée vers la négraille. Les Blancs, définissant un droit colonial international, avalisaient la théorie des zones d’influence : les droits du premier occupant étaient légitimés. Mais ces puissances colonisatrices arrivaient trop tard déjà, puisque, avec l’aristocratie notable, le colonialiste, depuis longtemps en place, n’était autre que le Saïf, dont le conquérant européen faisait – tout à son insu ! – le jeu. C’était l’assistance technique, déjà ! Soit. Seigneur, que votre œuvre soit sanctifiée. Et exaltée.
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afriqueah   09 mai 2021
Le Devoir de Violence de Yambo Ouologuem
Et c’est alors que du fond de l’oubli, des visages renaissaient devant lui, des symboles aussi, faiblement éclairés d’abord, puis fumée fugitive, impalpable, poudreuse, cendre grise tombant sur ses paupières- misère soudain concrétisée, devenue objet familier et reconnu, puis vertige, danse solennelle, molle et féconde, délire, clameur, avec une débauche d’images de visages d’éclairs de cris remontant à la surface de cette eau trouble où sa mémoire des noms célèbres et des lieux fameux savait, reconnaissait et se comprenait.
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afriqueah   09 mai 2021
Le Devoir de Violence de Yambo Ouologuem
Ils ne se disaient rien et restaient l’un en face de l’autre, la tête baissée, le regard indécis, comme perdus en une difficile méditation, sentant du nouveau dans l’air, respirant de l’invisible- avertissement mystérieux qui les prévint de leurs intentions secrètes, les paralysait dans une sorte d’ardeur frémissante, de soulèvement-, en cette brusque tension qui court au bout des doigts, surexcite à les exaspérer toutes les facultés de sensation physique, jusqu’à cet innommable besoin de commettre des sottises.
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