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L`Atalante

Spécialisée dans la publication d`ouvrages de science-fiction et de romans noirs futuristes, la maison d`édition L`Atalante a été fondée à Nantes en 1979. La maison d`édition compte 7 collections, parmi lesquelles "La Dentelle du cygne", une collection tournée vers la BD nommée "Flambant neuf" ou encore une collection d`essais nommée "Comme un accordéon". L`Atalante accorde une grande importance à la qualité de ses livres et fais appel à de nombreux peintres et illustrateurs pour la réalisation des couvertures de ses ouvrages.

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Dernières critiques
Nomic
  26 mai 2019
Métro 2034 de Dmitry Glukhovsky
Si Metro 2033 m'avait enthousiasmé, sa suite est loin d'avoir eu le même effet. Comme l'indique le titre, on est environ une année après le premier roman. Dans une station un peu paumée du métro, des phénomènes étranges commencent à se produire : des gens disparaissent, meurent, une station ne répond plus. Hunter, laissé pour mort dans le roman précédent, prend la situation en main avec quelques compagnons. Il semblerait qu'une épidémie mortelle menace le métro, et le compte à rebours est lancé pour éviter la contamination.



Dans Metro 2033, le personnage principal, c'était le métro. Toutes les errances d'Artyom, toutes ses rencontres, permettaient au lecteur de se faire petit à petit une image de ce vibrant monde souterrain. Le métro prenait vie au fur et à mesure qu'Artyom l'explorait, parlait avec les gens rencontrés par hasard et échappait à la mort. L'intrigue globale, si elle servait de fil conducteur et offrait un final plutôt réussi, était une invitation au voyage, une quête initiatique. Mais dans Metro 2034, il n'y a plus grand chose à découvrir, et Glukhovsky ne s’embête pas à créer des terrains inconnus. A part le début qui se passe dans une nouvelle station, la plus grande partie de l'intrigue se déroule dans des endroits déjà connus du lecteur du précédent roman. C'est d'autant plus gênant que Glukhovsky se sent obligé de tout réexpliquer pour les nouveaux venus. On pourrait supposer que si l'accent n'est pas cette fois mis sur l'exploration du métro, c'est que l'auteur s'est concentré sur l'histoire. Là aussi, déception. Il ne se passe pas grand chose, il n'y a guère d'enjeux. Tuer les gens contaminés ou trouver une cure, c'est tout. En plus, c'est encore plus bavard qu'avant, je me suis souvent senti obligé de lire une ligne sur deux pour ne pas m'ennuyer.



Le truc, c'est que Glukhovsky a décidé d'écrire un roman intime et de se concentrer sur quelques personnages. Hunter, mélange entre un ours sauvage et un sous-marin nucléaire, est un cliché ambulant. Fort, viril, sans peur, courageux, violent, indépendant, torturé... Mouais. Son compagnon, Homère, est un peu plus intéressant. Il est vieux et n'a qu'une ambition : écrire un roman. S'il se lance à l'aventure, c'est pour trouver l'inspiration. Dommage que ses interminables doutes et monologues ne soient guère passionnants. Artyom est de retour, aussi. On se demande bien pourquoi, car vu qu'il n'y a aucun rapport avec ses aventures précédentes, il se contente de jouer un rôle secondaire que n'importe qui d'autre aurait pu remplir. Jusque là, rien de génial, mais rien non plus de vraiment horrible. Le véritable problème, c'est Sacha, une jeune fille de 17 ans. Quand on lit de la SF des années 50 ou 60, on n'est guère surpris par le sexisme ambiant. On ne s'en réjouit pas, mais bon, c'est l'époque, alors on se concentre sur autre chose. Mais là, ce roman a été publié en 2009, et Sacha est tout simplement insupportable. Dans Metro 2033, il n'avait aucun personnage féminin, et il faut croire que ça valait mieux. Sacha n'existe qu'en tant que femme. Les hommes ont des personnalités, des ambitions, des particularités, et Sacha, elle, est juste une représentante de son sexe. C'est à dire qu'elle sert de princesse en détresse (plusieurs fois) et d’intérêt amoureux (à plusieurs personnages masculins). Elle est définie par son innocence, sa compassion et sa beauté. Elle est un peu crasseuse, mais heureusement les hommes lui apprennent à se faire jolie. Comme c'est une faible femme, elle ressent le besoin pressant de s'accrocher à un homme fort pour qu'il la protège. Quand elle se fait rejeter, et bien cette conne va à la surface se suicider lentement en attendant que son homme vienne la chercher. Et tout ça c'est, je cite, dans la « nature féminine ». Qu'est-ce que cette nature ? Un instinct qui ordonne « de trouver un tronc puissant auquel s'accrocher » car, « laissée à elle-même, elle était condamnée à toujours ramper au ras du sol. » Ah oui, quand même. Heureusement, les femmes ont quelques dons, puisqu'elles maitrisent « d'instinct l'art de diriger un homme amoureux ».



Bon, même si on passe sur le sexisme, le fait est que les personnages et leurs interactions, qui constituent le cœur du roman, sont plus que passables, voir absolument médiocres. Sérieusement, certains dialogues sont ridicules. Si Dmitry Glukhovsky excellait à captiver le lecteur quand il s'agissait de lui faire explorer les couloirs sombres et dangereux du métro, avec leur faune humaine ou non, il échoue totalement quand il se concentre sur le développement de personnalités et de relations humaines.

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Nomic
  26 mai 2019
Métro 2033 de Dmitry Glukhovsky
J'ai déjà eu l'occasion de faire connaissance avec l'univers de Metro 2033 à travers le jeu vidéo du même nom, il y a cinq ou six ans. Quand à Dmitry Glukhovsky, je le connais grâce à l'excellent Futu.re et au passable Sumerki. Passons rapidement sur le contexte, qui a l'avantage d’être extrêmement aisé à cerner d'un coup d’œil : dans un futur post-apocalyptique indéterminé (on n'en connait la date que par le titre), Moscou est tombé sous on ne sait trop quelles bombes sales. N'y vivent plus que des hordes de créatures dangereuses. Les seuls survivants, quelques dizaines de milliers d'humains, se terrent depuis vingt ans dans les galeries et les stations du métro. Ils n'y sont pas seuls : outre une infinité de rats, on y trouve des formes de vie moins classiques. Et des phénomènes inexplicables en pagaille.



Ne connaissant que ce monde là, le jeune Artyom va devoir traverser le métro et ses dangers pour tenir une promesse, mais aussi pour chercher de l'aide. En effet, une nouvelle menace surgit aux frontières de sa petite station tranquille. Évoquons tout de suite le plus gros défaut de Metro 2033 : c'est assez bavard. Si les 850 pages se lisent rapidement grâce au style sobre et efficace de Glukhovsky, on a l'impression qu'il y en a trop. Trop de répétitions, de séquences de rêve à l’intérêt douteux, de réflexions et conversations qui se veulent élevées en n'y parvenant qu'à moitié... Autre chose, les aventures d'Artyom sont ponctuées d'un nombre de deus ex machina un peu trop élevé à mon goût. Le schéma se répète régulièrement : Artyom est bien dans la merde, et paf, un personnage arrive pour lui sauver la mise. L'auteur tente d'expliquer ces sauvetages dans la pirouette finale du récit, mais bon, on a l'impression qu'il se cherche un peu des excuses.



Mais dans l'ensemble, Metro 2033 me semble totalement mériter son succès. Le talent de page turner de Glukhovsky est certain, mais il captive par une véritable créativité. Le monde qu'il construit par sa plume est un microcosme intense et crédible, une reproduction en miniature de toutes les errances idéologiques des hommes. On y trouve de tout : des capitalistes, des communistes, des nazis, des marxistes, des chrétiens, des satanistes, des gangsters, des clochards, des intellectuels, des militaires, des sages solitaires... Tout ce petit monde interagit de façon organique, se tape dessus en fonction des intérêts et des croyances de chacun. Artyom est jeté au milieu de ce bazar comme un candide, il n'a pas d'expérience et ne manque pas de commettre de multiples bourdes. Au fil de son expérience, il devient sceptique. Si les tentatives de Glukhovsky pour lui donner de la profondeur psychologique sont un peu bancales, et que le personnage n'est du coup pas toujours très intéressant, on apprécie cette volonté de le confronter à tout une gamme d'idéologies et de personnalités.



Metro 2033 est également un habile mélange de science-fiction et de fantastique. On sent très fortement planer l'ombre de Stalker. Comme dans le roman des frères Strougatski, les multiples événements surnaturels ne sont guère explicables, aspect risqué que Glukhovsky arrive à gérer étonnamment bien. Le danger, c'était que ces obstacles surnaturels, qui se dressent soudainement pour ensuite s'évanouir mystérieusement, n’apparaissent que comme une façon artificielle de créer de la tension et du danger sans que l'auteur n'ait à s’embêter à donner d'explications. Au contraire, l’atmosphère pesante du métro fonctionne à merveille : on a juste l'impression d’être plongé dans un monde où les règles ont changé. Le flou total concernant les causes précises des destructions aide beaucoup : qui sait quelles armes étranges ces fous d'hommes ont bien pu inventer et utiliser ? Est-ce que ce sont les radiations ? Des armes chimiques ? Ou alors de véritables fissures vers le royaume des morts ?



Pour tenter d'expliquer ces mystères, et pour se désennuyer dans les tunnels sombres, les habitants du métro passent beaucoup de temps à se raconter des histoires. C'est une autre grande qualité du roman : cet accent mis sur la narration orale, la fascination exercée par un récit bien conté au coin du feu. Ainsi courent les théories les plus folles sur le métro et ses secrets. Lesquelles ne sont que pure fiction ? Lesquelles ont un accent de vérité ? Je pense notamment à cet extrait d'une sorte de livre d'histoire qui réécrit le passé de la Russie, que j'ai beaucoup aimé : Lénine aurait fait un pacte avec des démons, et l'étoile rouge ne serait qu'un pentagramme ! Alors, fantasme d'un pseudo-historien s'ennuyant dans l’atmosphère tendue d'une station ou clé capitale pour comprendre les mystères du métro ?



Avec un premier roman pareil, Dmitry Glukhovsky impressionne. S'il a pu renouveler voir dépasser ce coup de maitre avec Futu.re, j'espère qu'il aura l'occasion de produire encore quelques livres de cette trempe.


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Nomic
  26 mai 2019
Sumerki de Dmitry Glukhovsky
Dans la Russie moderne, la vie d'un traducteur solitaire va être chamboulée. Appelons-le D.A. pour simplifier le nom russe. Habitué a traduire des contrats commerciaux et autres choses déprimantes, le voilà qui tombe un jour sur un étrange récit en espagnol. La narration d'une exploration en plein pays maya, écrite à la première personne par un conquistador. D.A., peu habitué a avoir sous le nez des textes intéressants, est absolument captivé et se prend de passion pour les mayas. L'écriture de Dmitri Glukhovsky est purement utilitaire, et d'ailleurs le narrateur parle un peu trop souvent pour ne rien dire si ce n'est de la paraphrase, mais on sent qu'il a redoublé d’efforts pour la rédaction du manuscrit espagnol. C'est un récit d'aventure plutôt captivant, et cette double narration rappelle Pandore au Congo d'Albert Sánchez Piñol. Mais en bien moins brillant.



Au début, tout cela est très prenant. On s'identifie à D.A., lui-même lecteur enthousiasmé. Et petit à petit s'installe une ambiance fantastique classique : la réalité s’effondre autour du narrateur, et la fin du monde se rapproche dangereusement. Le texte qu'il traduit semble s'infiltrer dans sa vie réelle. Il sent « la réalité vaciller ». C'est un roman fantastique, c'est donc attendu. Pourtant, comme les manifestations surnaturelles se multiplient, on se demande comment l'auteur va faire pour retomber sur ses pieds et justifier tout ça. Pourquoi le mystérieux commanditaire ne donne-t-il les pages à traduire qu'au compte goutte ? D'où sortent les divers monstres ? Que vient faire là cette secte amatrice de sacrifices humains ? Pourquoi cette scène étrange où semble se faire un lien direct entre le narrateur et l'aventure du conquistador ? Et à la fin, ces craintes sont justifiées. La révélation finale est une variation sur le thème « Hey, tout ça était un rêve en fait, bonne blague hein ? » Une variation certes intéressante, dont on sent le potentiel, mais une variation qui n'enlève rien à l'amère déception. Comme le narrateur le dit lui-même, on est comme dans un « wagonnet » de « manège ». C'est à dire que l'auteur utilise l'excuse que rien n'est tout à fait réel pour rythmer son récit d’événements surnaturels qu'il n'aura pas besoin d'expliquer plus tard. C'est d'autant plus dommage que je comprend tout à fait ce qu'a voulu faire l'auteur. L'idée derrière Sumerki est prometteuse, mais l’exécution est terriblement bancale.


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