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Maxi-Livres

Maxi-livres était une entreprise française, créée en 1981 et disparue en 2006, spécialisée dans la vente de livres à prix réduit et ayant ouvert une activité d`éditeur à partir de 1992.

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Dernières critiques
elea2020
  22 septembre 2021
La peau de chagrin de Honoré de Balzac
Enfin, je me suis attaquée à La Peau de chagrin, qui a croisé maintes fois ma route en m'envoyant des signaux - et je ne regrette pas.

J'y ai retrouvé le Balzac romantique des premiers romans, pas romantique dans le sens sentimental, mais bien dans le sens littéraire, tant l'auteur sait manier le contraste, la force des passions, aussi bien qu'il évoque la tentation de l'absolu. Mais déjà point le grand auteur, maître de l'analyse psychologique, presque inégalé, sinon par les auteurs russes, comme Tolstoï ou Dostoïevski.



Le personnage dont le roman adopte le point de vue est un jeune marquis, Raphaël de Valentin, prématurément ruiné par la maladresse de son père. Le jeune homme connaît la misère, car il a dû commencer sa vie en remboursant les dettes parentales. De quoi vous dégoûter de la vie, d'autant plus que son père était un homme sec, austère et autoritaire. Raphaël fera contre mauvaise fortune bon coeur, et vivra quelques belles années dans un galetas sordide, embelli par ses études philosophiques, et par la présence de deux belles âmes, la jeune Pauline et sa mère, ses logeuses, aux petits soins pour lui.

Pourquoi faut-il alors qu'il rencontre, par l'entremise du tentateur Rastignac (intéressant personnage que j'ai hâte de retrouver), la troublante Foedora, surnommée "la femme sans coeur", dans la partie centrale du roman ? Foedora qui le mène à sa perte, car pour lui plaire il a besoin d'argent, et pour ce faire, il est prêt à perdre son âme...



Autrefois, j'avais cette vision de Balzac répandue : passons les 40 premières pages avant d'entrer dans l'action, après ça ira mieux... - eh bien non, pas du tout en fait, je me suis sentie vite prise par la main, emmenée dans cette promenade, à travers des tableaux de la société parisienne du début du XIXe siècle, mon siècle préféré. Je me suis passionnée pour cette rencontre ésotérique avec le vieil antiquaire, pour la peau de chagrin, ou d'onagre, âne sauvage quasi mythique en Orient, laquelle peau rétrécit en fonction des voeux émis par son possesseur, processus devenu si connu qu'il a donné une expression courante : "se réduire comme une peau de chagrin". C'est dire la puissance, l'ampleur de ce roman, dont la portée, le symbolisme, débordent sur notre vie, longtemps après sa publication.



Il a eu pour moi une telle importance que, malgré mon expérience dans la vie, j'ai eu l'impression d'en apprendre beaucoup sur l'homme, sur la société des hommes ensemble, sur les choix de vie qui s'offrent à nous, ascétisme ou intempérance, dissipation, concentration ou dispersion, solitude ou sociabilité, et ces sujets cruciaux que constituent la mort, sa place dans la vie, ou plutôt la valeur que sa présence donne à la vie. Balzac nous parle encore de l'amour, de ce que nous sommes prêts à lui sacrifier, sous l'emprise d'une personne aimée à sens unique, alors que lorsqu'il est partagé, il nous enrichit encore, il rayonne sur notre vie.



C'est encore un roman-monde, un roman-système : Balzac y a de nombreux porte-paroles, qui exposent des théories aussi diverses qu'érudites (mais jamais ennuyeuses) sur la médecine, les sciences, l'histoire, l'économie politique... Il se fait aussi, à l'occasion, mais sans lourdeur, avec une profonde originalité, moraliste, nous laissant un précieux bagage pour continuer notre route. Balzac est sensible, atypique, magistral, et j'ai pris toute la mesure de ce qu'est un grand classique : à tout âge on peut le lire, le relire, en faire son miel, y trouver des leçons, des plaisirs divers, à commencer par cette langue magnifique, d'autant plus adorable qu'elle a ses défauts, mais ses défauts bien à elle, qui nous la font aimer encore davantage.



Dois-je préciser que c'est un coup de coeur ? Je ne suis pas prête de faire disparaître les romans de Balzac de mes étagères.
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Coralied4
  22 septembre 2021
Contes du jour et de la nuit de Guy de Maupassant
J'aime lire de temps en temps des classiques et les œuvres de Guy de Maupassant sont une valeur sûre !



"Contes du jour et de la nuit" est un recueil de nouvelles pessimistes et parfois sordides, mais c'est ce qui fait le charme de ce livre.



La force de Maupassant est de nous présenter en quelques pages le contexte, les personnages et le mystère qui est tenu jusqu'à la fin, sans en dire trop mais juste ce qu'il faut. C'est un recueil qui se dévore et qui confirme que Maupassant était un maître dans la création de nouvelles.
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nicolab37
  22 septembre 2021
Moon Palace de Paul Auster
Avec la fin de l'été vient toujours pour moi une pulsion nostalgique, malgré la rentrée littéraire foisonnante qui s'annonce. Tout me renvoie à un monde intime et familier: un frisson au saut du lit, les araignées qui s'invitent dans ma salle de bain, la buée sur un pare-brise, un froid à nouveau éprouvé, le déclin de la lumière...comme une manifestation dans l'air de l'achèvement d'un cycle. Je me replonge alors dans un passé fantasmé de lectures que j'aurais eues ou que j'aurais un peu oubliées, et j'ai envie de relire pour me retrouver, à une autre époque, dans ailleurs, en un autre moi-même...

Aussi, Paul Auster me convient parfaitement en ces moments mélancoliques, parce que précisément il est l'auteur de la filiation, de l'identité et de l' errance. Dans son Moon-Palace, judicieusement placé sous le signe de l'astre lunaire, l'auteur nous convie à une recherche identitaire ponctuée de portraits toujours un peu décalés, des êtres inattendus dans un New-york des années 60 très urbain et peuplé, où pourtant il y est facile de disparaître. Depuis son appartement avec vue sur Broadway et l'enseigne du Moon-Palace, Marco Stanley Fogg profite de la précarité de sa situation d'étudiant et de la mort de son oncle, pour expérimenter une sorte d'auto-anéantissement, un abandon de lui même, véritable épreuve ontologique, étape nécessaire à sa future reconstruction. Son errance, ses rencontres, son voyage jusqu'aux confins désertiques de l'Utah participent à la renaissance du personnage.

Pas étonnant qu'il y soit si souvent question de la lune à l'évidente symbolique: la première phrase du roman qui relate les premiers pas sur celle-ci en 1969, le nom de groupe les "moon-men", la citation du voyage imaginaire sur la lune de Cyrano de Bergerac, le paysage lunaire du grand canyon, la fascination qu'exerce sur nous le "Moonlight" peint par Balkelock, comme une préfiguration de la scène finale du roman. Rien de cet étrange périple n'est finalement laissé au hasard, ni les lieux, ni les personnages, même les plus fantasques et c'est précisément là que réside toute la magie d'Auster.
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