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Ingannmic
  31 juillet 2021
Michel Kohlhaas de Heinrich von Kleist
Brandebourg -futur royaume de Prusse-, XVIème siècle.

Michael Kohlaas est un prospère marchand de chevaux. Réputé pour être un homme intègre et respecté, il mène avec femme et enfants une existence paisible.

Ce qui pousse cet individu sans histoire à devenir, en l'espace de quelques semaines, un guerrier implacable et violent, nous le découvrons dans ce roman d'Heinrich von Kleist paru en 1810.



C'est une injustice dont il est victime qui conduit Michael Kohlaas à prendre les armes. Un hobereau, von Tronka, dont il devait traverser les terres pour se rendre en Saxe afin d'y vendre des chevaux, a détenu arbitrairement, sous prétexte d'un droit de passage, deux de ses bêtes. A son retour, lorsque Michael a voulu reprendre les chevaux laissés en gage, il s'aperçoit non seulement que ceux-ci ont été maltraités, mais qu'un sort identique a été réservé au jeune valet qu'il avait laissé sur place pour s'en occuper.

L'inaboutissement des procédures entamées auprès de la cour de Dresde pour obtenir réparation (le marchand réclame la restitution de ses chevaux remis sur pied) est le point de départ d'un déchaînement de violence, dont de nombreux innocents feront les frais, et qui finit par prendre une ampleur politique et sociale lourde de conséquences.



D'emblée, le lecteur éprouve pour ce héros, qui se dresse contre l'iniquité d'une société féodale dans laquelle la puissance des relations prime sur le bon droit, une respectueuse sympathie. Son combat, qui se veut aussi un symbole de la lutte du peuple contre la noblesse, provoque de même, dans un premier temps, l'adhésion des masses.

Mais ce sentiment se transforme peu à peu en une incompréhension effarée face à la rage qui fait perdre à Michael Kohlaas tout discernement et toute humanité, le rendant lui-même injuste. Et c'est bien ce qui fait en grande partie l'intérêt de ce texte, que cette ambivalence que suscite en nous le comportement du personnage, expression d'une folie furieuse, que rien, a priori, ne laissait présager.



Un récit court et efficace, dont j'ai également beaucoup aimé la conclusion...

Allemagne Classique...? Romans
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afriqueah
  23 juillet 2021
Écrits de Gracchus Babeuf
Babeuf Ecrits Claude Mazauric



C’est avec émotion, que seul Hulot, qui a écrit un billet comprendra, que je viens grâce à lui de lire Claude Mazauric, édition 1988, qui compile les écrits de Babeuf connu comme le premier communiste.

Babeuf est arrivé à rêver et lutter avec intégrité ( en ces temps troublés où les intrigues dominent) pour « un bonheur commun » parce qu’il a connu de près le droit féodal des « terriers » ou ensemble de lois qui précise et recense le nombre et la nature des terres. Autrement dit, pour le compte d’un notaire, Babeuf devient arpenteur-géomètre des terres des nobles qui ignoraient leur étendue, et qui ont « usurpé » quand ils le pouvaient le partage des terres.

« Ce fut dans la poussière des archives seigneuriales que je découvris les mystères des usurpations de la caste noble » écrit Babeuf.

Sous l ‘Ancien Régime , ils ne payaient pas d’impôts, ces nobles et ces bourgeois terriens, ils louaient leurs terres à des fermiers , qui eux, payaient les différents impôts.

1. les aides ( droits de circulation et de douane entre les différentes régions) ,

2. la gabelle( impôt sur le sel , monopole royal, )

3. le champart ( droit des seigneurs possédant la terre de prélever une partie des récoltes accomplies par les paysans )

En Picardie, ces impôts sont prélevés avec bien plus de sévérité et d’obstination que dans d’autres régions, de même que la gabelle ne s’applique pas à la Bretagne ou à l’Artois. ( d’où trafics bien entendu. )

Dans les campagnes picardes surpeuplées, de plus, les droits ancestraux comme :

4. le droit de glanage( droit pour les paysans de ramasser tout ce qui est à terre, fruits, pommes de terre , céréales , et on pense au tableau de Millet : les glaneuses)

5. le droit de vaine pâture ou droit de faire paitre son bétail sur les bords du chemin, et aussi après la récolte.

6. usage des taillis communaux,

sont supprimés, les propriétaires terriens clôturent maintenant qu’ils connaissent l’étendue de leurs biens.



Ces impôts ne sont pas prélevés sur les plus indigents, brisés par la faim et la misère cependant ils touchent les moyennement pauvres, ou , comme dit Babeuf, « les vingt quatre millions de ventres creux », par opposition au « million doré » .

Babeuf a beaucoup écrit et ses écrits ont été gardés par les autorités lorsqu’il était emprisonné, c’est à dire une grande partie de sa vie, puis ont été repris et analysés par les historiens, dont Mazauric.

Babeuf s’intéressait au partage des terres, à son repartition égalitaire, et jamais n’a prêché dans ses journaux dont « le Tribun du peuple » la violence et le sang. Il appelle à la vigilance et lui même lorsqu’il fonde la « Conspiration des égaux », organisme révolutionnaire « premier exemple dans l’histoire d’un parti révolutionnaire semi-clandestin », se méfie.

Il a raison, il est dénoncé, condamné à mort, et ce sera, dit Mazauric, son cadavre qui sera hissé jusqu’à la guillotine.

Merci de tout cœur à Fred (Hulot).

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auteurenligne
  19 juillet 2021
Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain
Un des livres précieux pour comprendre Haïti. La relation avec la terre et les besoins primaires de ceux qui y vivent. La violence entre les habitants, la jalousie et la difficulté de trouver sa place quand on revient se confronter à la misère générale. Mais toujours la lueur de l'espoir.

Un ouvrage ancien à lire ou relire avec notre vision actuelle de la première nation noire post esclavagiste.
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