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EAN : 9782843046636
216 pages
Éditeur : Zulma (07/11/2013)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 163 notes)
Résumé :
Ce roman, introuvable pendant des années, est un chef d'oeuvre. C'est l'un des livres fondateurs de la littérature haïtienne. Un village pauvre, en proie à la sécheresse, des rivalités entre habitants, des désirs de vengeance, constituent le cadre de ce drame de l'amour et du courage. Une belle leçon de dignité humaine et un chant d'amour pour le peuple de Haïti, écrit dans une langue d'une saveur sans pareille. Jacques Roumain est l'une des grandes voix d'Haïti
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Critiques, Analyses et Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  16 novembre 2014
Un livre magnifique, lumineux, débordant d'amour et de vie, une vie pourtant rendue bien amère et misérable par le manque d'eau. Il commence dans le deuil et finit par un deuil annonciateur pourtant du retour à la vie, une vie nouvelle, dans la réconciliation.
A son retour de Cuba, où il a passé 15 ans, Manuel fils de Bien-Aimé et Delira découvre que le village de Fonds Rouge et les habitants de cette terre qu'il avait hâte de retrouver sont plongés dans une profonde misère. La beauté des souvenirs qu'il en avait sont désormais enfouis sous la poussière due à la sécheresse. La source qui donnait la vie est tarie et avec elle la division en deux clans et la haine qui existaient déjà entre les villageois s'est exacerbée, le lien communautaire entre les villageois, pourtant tous cousins, semble irréversiblement rompu.
Manuel ne peut supporter ce qu'il voit et entend, et surtout pas la résignation douloureuse de tous ceux qu'il retrouve, résignation entretenue par l'emprise que veulent garder sur « les pov' nègres » les autorités, le hougan vaudou et le prêtre catholique en les maintenant dans la peur et l'ignorance.
Dialogue entre Laurélien :
« Icitte, il faut se gourmer dur avec l'existence et à quoi ça sert ? On n'a même pas de quoi remplir son ventre et on est sans droit contre la malfaisance des autorités. le juge de paix, la police rurale, les arpenteurs, les spéculateurs en denrées, ils vivent sur nous comme des puces. »
et Manuel : « ...nous sommes misérables, c'est vrai. Mais sais-tu pourquoi, frère ? À cause de notre ignorance : nous ne savons pas encore que nous sommes une force, une seule force : tous les habitants, tous les nègres des plaines et des mornes réunis. Un jour, quand nous aurons compris cette vérité, nous nous lèverons d'un point à l'autre du pays et nous ferons l'assemblée générale des gouverneurs de la rosée, le grand coumbite des travailleurs de la terre pour défricher la misère et planter la vie nouvelle. »
Persuader qu'il est possible de trouver une autre source il va partir à sa recherche d'autant plus enthousiaste qu'il a rencontré l'amour en la personne de la sensuelle mulâtresse Annaïsse qui fait partie du clan ennemi.
Elle l'encourage, le soutient : « Oui, tu le feras. Tu es le nègre qui trouvera l'eau, tu seras le maître des sources, tu marcheras dans ta rosée et au milieu de tes plantes. Je sens ta force et ta vérité. »
Il va découvrir cette autre source, guidé par un vol de ramiers vers un lieu où se trouve un vieux figuier, « le gardien de l'eau », et faire tout son possible, malgré la haine et la jalousie que lui voue Gervilen, lui-aussi amoureux d'Annaïsse, pour convaincre les « cousins » ennemis d'unir leur force afin que l'eau de la source nouvelle irrigue et revivifie le village de Fonds Rouge.
Ce livre, qui n'est pas sans rappeler le mythe de Roméo et Juliette, a aussi des accents bibliques et irradie une grande poésie. La langue savoureuse mélange de français et de créole rend les échanges entre les différents protagonistes cocasses et truculents. La nature est magnifiée, personnifiée et sacralisée par les habitants qui vivent en symbiose avec elle.
A mes yeux un livre inoubliable qui fait désormais partie des livres que j'emmènerais sur une île déserte car il redonne force, chante la primauté de la vie et nous dit que malgré l'apparence « l'amour est plus fort que la mort »
« La vie, c'est la vie : tu as beau prendre des chemins de traverse, faire un long détour, la vie c'est un détour continuel. Les morts, dit-on, s'en reviennent en Guinée et même la mort n'est qu'un autre nom pour la vie. le fruit pourrit dans la terre et nourrit l'espoir de l'arbre nouveau. »
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Lyv
  15 janvier 2012
La première fois que j'ai lu ce roman remonte à environ dix ans. de lui, je me rappelais la silhouette fine d'une femme qui remontait un sentier, une jarre sur la tête.
Je me rappelais une histoire d'amour, tendre et simple. Je me rappelle qu'après l'avoir refermé, j'avais soupiré et je m'étais dit "quelle belle histoire"
J'ai ressenti à peu près la même chose à cette deuxième lecture, mais ai été plus sensible à la force et à la poésie de ce récit.
L'histoire se passe en Haïti.
Dans la commune de Fonds-rouge, les temps sont durs. La sécheresse fait rage, et d'elle découle la pauvreté, les habitants étant dépendants des fruits de la terre pour subsister.
Manuel revient de Cuba, après des années d'exil, pour retrouver une terre qu'il ne reconnaît plus. L'eau y a disparu, et l'unité d'antan avec elle. Des rivalités entre familles et une haine dont on a oublié la raison font rage.
Sur son chemin, Manuel rencontre Annaïse. A deux ils décident d'entreprendre un projet : ramener l'eau à Fonds Rouge et rassembler un peuple désuni.
Plus qu'un roman, c'est un poème. C'est un chant qui raconte une histoire d'amour entre la terre et l'homme, entre l'homme et les siens, une histoire d'amour entre un homme et une femme.
L'écriture de Roumain enchante, tout en images et en métaphores.
Ce livre regorge de leçons de force, de courage et de solidarité.
Il parle de la condition de nègre à l'époque, mais ses messages ont encore place aujourd'hui et s'appliquent à tous, surtout dans un monde où l'homme cause tant de dommages à la terre, où l'eau devient une ressource rare, et où la division règne au sein des peuples.
Roumain était politiquement engagé dans le parti communiste quand il a écrit ce livre, et certains trouveront les messages politico / philosophiques trop évidents, mais ce livre se lit plus comme une fable qu'un roman.
Je le recommande à tous, pour ses messages forts, et pour la beauté du langage, surtout.
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Charybde2
  17 mars 2013
Magnifique roman haïtien de l'union des paysans pauvres contre l'adversité et l'oppression.
Publié en 1944 dans une relative indifférence, quelques mois avant la mort de son auteur, à 37 ans, "Gouverneurs de la rosée", le troisième roman de l'activiste infatigable (en particulier contre la féroce occupation américaine des années 1915-1934) Jacques Roumain, est devenu depuis un grand classique de la littérature haïtienne moderne.
Sous la plume du fondateur du Parti Communiste haïtien, en 1934, des personnages et une histoire prennent rapidement forme et se donnent rapidement les moyens d'accéder à un statut quasi-mythique.
Lorsque le jeune Manuel revient de Cuba, où il a passé quinze ans comme ouvrier agricole dans les plantations de sucre, et participé de près à l'éveil d'une conscience socio-politique chez les prolétaires de la plus grande île caraïbe, il découvre son village natal haïtien au bord du gouffre, terrassé à la fois par une terrible sécheresse qui, ruinant les cultures vivrières des paysans pauvres, les met à la merci des riches marchands, qui rachètent leurs lopins à vil prix, et de leurs cohortes d'intermédiaires et fonctionnaires corrompus, qui les saignent de prêts usuraires et de tracasseries arbitraires, et par une sombre vendetta qui divise les forces vives des travailleurs de la terre, déjà amoindries, en deux clans apparement irréconciliables.
Il faudra toute l'abnégation de Manuel, arpentant inalssablement les mornes et les ravines à la recheche d'une source, et tout son amour partagé pour Annaïse, belle jeune fille du clan d'en face et complice de son rêve d'unité et de liberté, pour que, peut-être, les choses changent...
En forme de fable, dans une langue magnifique où les dialogues font mouche et tapent fort, où les personnages ne sont jamais caricaturaux, où les descriptions, pourtant tout en retenue, font vivre la beauté, où transparaît comme le souffle d'un Giono qui aurait disposé d'une conscience socio-politique, un très grand roman.
"Il touchait le sol, il en caressait le grain :
- Je suis ça : cette terre-là, et je l'ai dans le sang. Regarde ma couleur : on dirait que la terre a déteint sur moi et sur toi aussi. Ce pays est le partage des hommes noirs et toutes les fois qu'on a essayé de nous l'enlever, nous avons sarclé l'injustice à coups de machette.
- Oui, mais à Cuba, il y a plus de richesse, on vit plus à l'aise. Icitte, il faut se gourmer dur avec l'existence et à quoi ça sert ? On n'a même pas de quoi remplir son ventre et on est sans droit contre la malfaisance des autorités. le juge de paix, la police rurale, les arpenteurs, les spéculateurs en denrées, ils vivent sur nous comme des puces. J'ai passé un mois de prison, avec toute la bande des voleurs et des assassins, parce que j'étais descendu en ville sans souliers. Et où est-ce que j'aurais pris l'argent, je te demande, mon compère ? Alors qu'est-ce que nous sommes, nous autres, les habitants, les nègres-pieds-à-terre, méprisés et maltraités ?
- Ce que nous sommes ? Si c'est une question, je vais te répondre : eh bien, nous sommes ce pays et il n'est rien sans nous, rien du tout. Qui est-ce qui plante, qui est-ce qui arrose, qui est-ce qui récolte ? le café, le coton, le riz, la canne, le cacao, le maïs, les bananes, les vivres, et tous les fruits, si ce n'est pas nous, qui les fera pousser ? Et avec ça nous sommes pauvres, c'est vrai. Mais sais-tu pourquoi, frère ? A cause de notre ignorance : nous ne savons pas encore que nous sommes une force, une seule force, tous les habitants, les nègres des plaines et des mornes réunis. Un jour, quand nous aurons compris cette vérité, nous nous lèverons d'un point à l'autre du pays et nous ferons l'assemblée générale des gouverneurs de la rosée, le grand coumbite des travailleurs de la terre pour défricher la misère et planter la vie nouvelle."
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Archie
  17 août 2016
Jacques Roumain est un poète et intellectuel francophone, issu d'une grande famille haïtienne. Il achève ce roman en 1944, juste avant de mourir, à l'âge de trente-sept ans, en Haïti. Il est alors publié en France grâce à l'appui d'André Breton et d'Aragon.
Ouvrage peu connu, Gouverneurs de la Rosée raconte magnifiquement une histoire qui m'a touché, très évocatrice de la misère, du mysticisme et de la violence en Haïti.
Après quinze ans d'absence, Manuel est de retour chez ses parents âgés, à Fonds-Rouge, un territoire qu'il avait connu fertile, aujourd'hui desséché, presque calciné par un soleil de plomb. Pas une goutte d'eau depuis des mois. Une chaleur accablante.
« Un seul rayonnement aveuglant embrasait la surface du ciel et de la terre... les champs étaient couchés à plat sous le poids du soleil, avec leur terre assoiffée, leurs plantes affaissées et rouillées... les feuilles des lataniers pendaient, inertes, comme des ailes cassées. »
A Fonds Rouge, quand la terre ne produit pas, il n'y a rien à se mettre sous la dent. Dans le dénuement absolu, les habitants, des paysans presque primitifs, n'ont plus que la peau sur les os. Résignés, incapables de réagir, ils s'en remettent à Dieu et au Vaudou...
Pour Manuel, la résignation, le découragement sont inconcevables. Les conditions difficiles de sa vie à l'étranger lui ont forgé des convictions fortes sur le sens de la vie d'un homme face à l'adversité et sur l'utilité du rapport de forces contre l'adversaire, fût-il la nature.... « L'homme est le boulanger de la vie », dit-il... Son projet ? Trouver l'eau. Il est persuadé qu'elle coule à proximité. Une fois la source découverte, il faudra l'aménager, puis creuser le canal et les rigoles pour irriguer toutes les parcelles de Fonds-Rouge... Gouverner la rosée !
Une tâche herculéenne, impossible à mener seul, ni même à quelques uns. Il faudra mobiliser tous les paysans en « coumbite », une tradition ancestrale : l'union d'hommes mettant leurs forces en commun, agissant en cadence, s'auto-stimulant par des chants, pour venir à bout d'un travail physique difficile sous le soleil de plomb quotidien. C'est ainsi qu'ils récoltaient, naguère, quand les terres produisaient. Selon Manuel, c'est ainsi, tous ensemble, solidaires et fraternels, qu'ils réhabiliteront leur destin.
Mais le dessein de Manuel se heurte à la mémoire d'un événement passé qu'il ignore. Une bagarre meurtrière a coupé la communauté en deux clans ennemis, chacun attendant avec obstination l'heure de régler les comptes. Et pour quelques uns, la soif de vengeance ne peut s'étancher que par le sang...
Plus qu'un roman, Gouverneurs de la rosée est un conte. Les mythes qu'il évoque ne nous sont pas inconnus. L'impossible amour entre un homme et une femme appartenant à des clans ennemis. L'éternelle parabole du sacrifice du Héros, du Juste, – je ne sais trop comment l'appeler – offert pour la rédemption de son peuple. le livre s'achève par la vision d'un avenir radieux. Avec, dans un ventre de femme, la vie nouvelle qui remue...
Un très joli livre, dont la lecture m'a souvent ému. Jacques Roumain observe ses compatriotes déshérités avec une sorte de dérision affectueuse, qui n'empêche pas une lucidité sévère. Finement mâtinée de langage parlé local, l'écriture est précise, élégante. Une poésie simple, sans grandiloquence, qui se lit comme un souffle d'air frais...
... semblable à celui qu'accueille la fin d'une journée torride et aveuglante :
« le soleil maintenant glissait sur la pente du ciel qui, sous la vapeur délayée et transparente des nuages, prenait la couleur de l'indigo... là-bas, au-dessus du bois, une haute barrière flamboyante lançait des flèches de soufre dans le saignant du couchant.... Sous les lataniers, il y avait un semblant de fraîcheur, un soupir de vent à peine exhalé glissait sur les feuilles dans un long murmure froissé et un peu de lumière argentée les lissait avec un léger frémissement, comme une chevelure dénouée... »
Belle sera la nuit :
« Quel jardin d'étoiles dans le ciel et la lune glissait parmi elles, si brillante et aiguisée que les étoiles auraient dû tomber comme des fleurs fauchées. »

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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Annette55
  05 juillet 2020
«  Ce pays est le partage des hommes noirs et toutes les fois qu'on a essayé de nous l'enlever, nous avons sarclé l'injustice à coups de machette. »
«  Oui, mais à Cuba, il y a plus de richesses , on vit plus à l'aise .Icitte , il faut se gourmer dur avec l'existence et à quoi ça sert? »
On n'a même pas de quoi remplir son ventre et on est sans droit contre la malfaisance des autorités ».
Extrait du dialogue de Manuel, haïtien, fils de Bien-aimé et Délira avec son ami Laurelien, Manuel ,revenu de Cuba, dans son village natal : Fonds - Rouge, après quinze années passées en tant qu'ouvrier agricole, dans les plantations de sucre , auréolé de mystères et de légendes, lui un des « négres- pied - à terre ,, méprisés et maltraités ».
Bien-aimé et Délira vivent une vie difficile , la sécheresse les a envahis, tout dépérit : les bêtes, les plantes , du levant au couchant le vent ne pousse pas les nuages, c'est plutôt un vent maudit qui traîne la savate , il n'y a pas un seul grain de pluie dans tout le ciel..la terre est toute nue,,sans protection.
Manuel se rend compte que les eaux de pluie bienfaisantes n'arrivant pas, au sein de son cher village, règnent désormais la misère ,la sécheresse et la désolation...
Manuel est un homme généreux, face à la terrible sécheresse qui s'était abattue sur la campagne il s'aventure en cherchant une nouvelle source ,taille , coupe dégage à coups de machette l'enchevêtrement des plantes et des lianes , fouille avec rage l'ombre vénérable des malangas , trouve un trou dans la terre blanche comme craie ,soudain un bouillonnement jaillit ,l'eau ,la fraîche ,la bonne , il baise la terre ...
N'en disons pas plus.
Ce livre lumineux , enchanteur , débordant de vie, d'amour entre la belle négresse Annaïse et Manuel, l'amour filial exemplaire, des personnages hauts en couleur ,quasi symboliques ——les ronchonnements de Bienaimé ,la compassion pour la fatigue de la vieille Désira,——,le culte de l'amitié parfaite mais aussi le pardon sans réserve aux ennemis de Samuel et à ses assassins,—-les évocations généreuses , emblématiques du paysage haïtien ,—- publié en 1944 —-tient du grand poème populaire , sorte de fable attachante , touchante , mélangeant le français au créole,à l'écriture magnifique qui révèle la vie paysanne haïtienne , le mysticisme ,les coutumes ancestrales ,mais aussi l'union des paysans contre l'oppression et l'adversité sans oublier les haines, les jalousies féroces, et les moeurs tribales pas complètement liquidées .
Du début à la fin le lecteur est emporté par la force du message délivré , le réalisme symbolique et artistique de cette oeuvre inoubliable, rééditée dans la collection de poche des éditions Zulma .
Jacques Roumain est décédé à l'âge de trente - sept ans .
Le titre est magnifique comme le livre.
—— «  Oh sûr, qu'un jour tout homme s'en va en terre, mais la vie elle même ,c'est un fil qui ne se casse pas, qui ne se perd pas et tu sais pourquoi ?
Parce que chaque nègre pendant son existence y fait un noeud: c'est le travail qu'il a accompli et c'est ça qui rend la vie vivante dans les siècles des siècles : l'utilité de l'homme sur cette terre » ...
«  —- L'expérience est le bâton des aveugles et j'ai appris que ce qui compte ,puisque tu me le demandes , c'est la rébellion ,et la connaissance que l'homme est le boulanger de la vie » ....

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Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
omarechalomarechal   31 juillet 2020
Ce qu'une main n'est pas capable, deux peuvent le faire. Baillons-nous la main. Je viens vous proposer la paix et la réconciliation. Quel avantage avons-nous d'être ennemis ? Si vous avez besoin d'une réponse, regardez vos enfants, regardez vos plantes : la mort est pour eux, la misère et la désolation saccagent les Fonds-Rouge. Alors, laissez la raison parler. Le sang a coulé entre nous, je sais, mais l'eau lavera le sang et la récolte nouvelle poussera sur le passé et mûrira sur l'oubli. Il n'y a qu'un moyen de nous sauver, un seul, pas deux : c'est pour nous de reformer la bonne famille des habitants, de refaire l'assemblée des travailleurs de la terre entre frères et frères, de partager notre peine et notre travail entre camarades et camarades.
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omarechalomarechal   31 juillet 2020
Les femmes étaient les plus enragées : elles étaient véritablement déchaînées. C'est qu'elles étaient les premières à savoir qu'il n'y avait rien à mettre sur le feu, que les enfants pleuraient de faim, qu'ils dépérissaient, les membres grêles et noueux comme du bois, le ventre énorme. Elles en avaient parfois la tête dérangée et elles s'injuriaient, à l'occasion, avec des mots que ça n'est pas permis. Mais les injures des femmes, ne tirent pas à conséquence, ce n'est que du bruit fait avec le vent. Ce qui était plus grave, c'était le silence des hommes.
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omarechalomarechal   31 juillet 2020
- Si ça prend, les femmes vont rendre leurs hommes sans repos. Les plus récalcitrants vont se fatiguer de les entendre jacasser toute la sainte journée, sans compter la nuit: de l'eau, de l'eau, de l'eau... ça va faire une sonnaille de grelots sans arrêt dans leurs oreilles : de l'eau, de l'eau, de l'eau... jusqu'au moment où leurs yeux verront vraiment l'eau courir dans les jardins, les plantes pousser toutes seules, alors ils diront : Bon, oui, les femmes, c'est bien, nous consentons.
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omarechalomarechal   31 juillet 2020
- La confiance, c'est presque un mystère. Ca ne s'achète pas et ça n'a pas de prix; tu ne peux pas dire : vends m'en pour tant. C'est comme qui dirait une complicité de coeur à coeur : ça vient tout naturel et tout vrai, avec un regard peut-être et le son de la voix, ça suffit pour savoir la vérité ou la menterie.
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omarechalomarechal   31 juillet 2020
Une circulation rythmique s'établissait entre le coeur battant du tambour et les mouvements des hommes : le rythme était comme un flux puissant qui pénétrait jusqu'au plus profond de leurs artères et nourrissait leurs muscles d'une vigueur renouvelée.
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