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J`ai Lu

A la demande d`Henri Flammarion en 1958, Frédéric Ditis créé la maison d`édition française J`ai lu, qui publie principalement en format poche. Sa ligne éditoriale est variée, allant de la littérature générale à la science-fiction, en passant par le roman policier et le roman d`amour. Les éditions J`ai lu publient chaque année plus de 400 nouveautés au format poche.

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ALDAMO21
  15 mai 2021
Le bouffon des rois de Francis Perrin
Je ne présente plus Francis Perrin, pensionnaire de la Comédie-Française, comédien de cinéma et de théâtre, scénariste et metteur en scène que j'aime beaucoup.

Avant de prendre ses admirateurs à contre-pied dans des rôles plus graves, Francis Perrin était un acteur de rôle comique, il était un divertisseur. Il l'est toujours.

L'artiste écrit en préambule dans son livre, en faisant parler son personnage « Triboulet » qu'il est beaucoup plus difficile d'amuser que de faire pleurer.





Il était pour moi d'un naturel et d'une logique de ce grand monsieur se soit intéressé au « bouffon », au « fou des rois », à « l'amuseur de galerie » et d'en écrire un excellent livre, très documenté.





Déjà dans la mythologie grecque, Momos représentait la raillerie et le sarcasme dont il était le dieu.

Dans la haute antiquité, certains individus qualifiés de fous ou de bouffons, se donnaient en spectacle et faisaient rire par leurs grimaces et leurs saillies.

Quelques historiens parlent pour la première fois de « fou du roi » avec celui qui était au service d'Attila (v. 395+453), le roi de Huns. Ce fou avait pour but de distraire les convives du roi barbare.



C'est à partir du 10e siècle sous le règne d'Hugues le Grand, qu'apparurent les bouffons attitrés au roi. Saint Louis ou encore de Philippe Auguste se sont aussi mis à en avoir un en titre.

Mais l'âge d'Or des Bouffons, commence avec celui du roi Louis XII (1498+1515). le fou de ce roi nommé « Caillette », ouvre donc la première lignée des bouffons de cour. Son successeur sera le plus célèbre d'entre eux, en la personne de Triboulet.





Les femmes n'ont pas été oubliées, avec l'exemple de Catherine dite « Cathelot ». C'était une naine très redoutable par son franc-parler et désignée la « Folle » de la reine Eléonore (v.1529), qui officia après chez Marguerite de France de Savoie. Il y eu d'autres « folles » par la suite.





Le livre de Francis Perrin est très plaisant à lire, avec beaucoup humour et contenant des proses qui seraient sorties de la bouche du fol Triboulet.

C'est avec beaucoup de fantaisie que l'auteur commence son livre. Il est un artiste en perte de vitesse qui un soir, alors qu'il rentre saoul chez lui, regarde sa collection de marionnettes. Parmi elles, il y a celle de Triboulet, qui va alors s'animer et raconter à l'homme enivré, sa vie de bouffon.





Bien sûr que Francis Perrin a brodé sur la vie de ce personnage hors du commun qu'était Triboulet, puisqu'il fut « le fou » du roi Louis XII pendant 11 ans et celui de son successeur, le roi François 1er pendant 24 ans. Cette longévité est tout à fait exceptionnelle et elle est contestée par certains historiens. Il n'en demeure pas moins que Triboulet est le bouffon le plus connu de l'histoire de France.





Nicolas Ferrial, alias « Triboulet » est né dans les faubourgs de la ville de Blois. Il n'avait pas un physique avantageux et ses déformations faisaient de lui, le bouffon-type. Il avait une bosse dans le dos, un gros nez crochu et deux énormes yeux globuleux. Mais ce personnage avait une grande vivacité d'esprit et beaucoup de répartie. Il avait aussi de grands talents de comédien perturbateur, d'un brouilleur de cartes et qui surjouait la folie. Grâce aux différents précepteurs qu'il a eu, Triboulet a acquis une belle culture générale, ce qui lui permis d'être très à l'aise à la cour de ses deux rois.

Il a surtout reçu une stricte éducation pour la fonction très importante qu'il allait prendre à la cour royale, celle de distraire et de faire rire par le langage mais aussi pas des attitudes, celle de se moquer sans risque, celle d'être constamment dans l'impertinence et l'insolence.

Mais il y avait certains codes de conduite à respecter. le bouffon pouvait se moquer et rire de tout. Tous les sarcasmes étaient permis, tous les quolibets étaient acceptés. Les rois encourageaient souvent leur bouffon à les « désacraliser. »



Le seul interdit était de faire une quelconque allusion aux maitresses et favorites du roi, les conquêtes féminines étant l'apanage des monarques et entre autres de Louis XII et de François 1er, un roi très réputé pour être un séducteur et coureur de jupons.





Le bouffon avait aussi des codes vestimentaires à respecter. Triboulet avait son propre costume lorsqu'il apparaissait à la cour des rois. Il était coiffé d'un bonnet à grelots, vêtu d'une jaquette en bandes jaune et verte et ses chausses étaient en harmonie avec le haut de son habit, une jambe jaune et l'autre verte.



Il est intéressant de s'attarder sur le pourquoi de ces deux couleurs.

Le jaune au Moyen-âge, autre que le signe de la prostitution, était la marque de la félonie, de la fausseté, du mensonge. C'est ainsi que déjà au XIIIe siècle et par ordonnances royales, les Juifs furent contraints au port d'une rouelle jaune pour les différencier des autres hommes.

Le vert quant à lui, toujours au Moyen-âge, était la marque de la flétrissure, était la couleur du diable, des fous, des sorcières et de la maladie.





La vie de « Bouffon du roi » n'avait rien d'enviable. le « fol » pouvait, pour ne plus faire rire le roi, très vite tomber en disgrâce ou pour une petite blague sur une favorite, être châtié. Il était surtout craint pour ses moqueries sur les courtisans, ceux qui faisaient partie de la cour des deux rois.

C'est pour cette raison, que des seigneurs ont attenté plusieurs fois à la vie de Triboulet et que le roi François 1er, lui avait accordé un garde du corps personnel.

Certains courtisans par craintes de railleries, achetaient les faveurs de Triboulet, même parfois son silence. Ce qui permit au Fou de se laisser corrompre et d'amasser un petit pécule.





C'est le roi François 1er qui instaura une « école de bouffon ». Elle marquera ainsi une évolution dans le rôle du « Fou », car non seulement il était utilisé pour divertir le roi et la cour, mais il sera aussi utilisé à des fins politiques, des intrigues et parfois à de l'espionnage.

Après de si longues années à côtoyer François 1er, le fou Triboulet semblait très proche du roi. Il en était même son confident et assistait aussi à tous les Grands Conseils.





Francis Perrin ne s'est pas arrêté à la vie et au parcours de Triboulet, dont on ignore tout de sa vie après avoir été le « le bouffon officiel » et de sa mort.

A mon grand plaisir, l'auteur s'est admirablement bien documenté sur l'Histoire de France pendant le règne des deux rois ; Louis XII et François 1er.

L'auteur nous conte avec ferveur, un pan de la vie des deux rois, de leurs guerres d'Italie, de la capture de François Ier par Charles Quint et des différents traités qu'ils ont signés, de ce qu'était aussi la cour au château de Blois ou d'Amboise.

Francis Perrin parle longuement du roi Louis XII, surnommé le « Père du peuple », de son premier mariage annulé et d'Anne de Bretagne sa deuxième femme. Une reine infortunée qui a fait de nombreuses fausses couches, qui a eu de nombreux enfants décédés en bas âge et qui n'a jamais pu donner un descendant mâle à son mari.

L'auteur raconte aussi le mariage arrangé dès le plus jeune âge, de sa fille Claude de France que son père Louis XII destinait à son successeur et cousin François 1er, à la grande colère d'Anne de Bretagne.



A l'histoire parfois fictive, par manque de document sur Triboulet, Francis Perrin entoura le bouffon de beaucoup de personnages, de seigneurs petits et grands qui ont réellement existé à la cour des deux rois, dont même un certain Léonard de Vinci. Une cour remplie souvent d'intrigues, de conspirations, de trahisons et de jalousies entre les favorites et les multiples maitresses qui n'avaient plus de secret pour ce bouffon et cet homme de compagnie, nommé Triboulet.





Félicitations Francis Perrin pour cette superbe page d'Histoire qui a habilement mélangé l'histoire de ces deux rois et de leur bouffon et qui a su mêler le réel à l'imaginaire.





Oops ! J'ai été très long.

Merci à celles et ceux qui auront le courage de me lire jusqu'au bout.

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Dombrow01
  15 mai 2021
Les mains du miracle de Joseph Kessel
C’est une honte pour l’humanité que le nom de Kersten soit aujourd’hui oublié de tous. Cet homme à l’histoire si singulière fût un bienfaiteur de l’humanité à une époque qui en manquait cruellement. Il a côtoyé l’indicible, fréquenté des personnages monstrueux et déclenché parfois leur haine au point qu’ils ont essayé de le tuer. Mais il a réussi à toujours garder l’humanisme qui le caractérise. Quel dommage qu’il soit mort dans un total anonymat.

Une magnifique histoire qu’il faut absolument faire connaître.
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Flexuan
  15 mai 2021
La Supplication : Tchernobyl, chroniques du monde après l'apocalypse de Aleksievitch
La catastrophe de Tchernobyl m'a toujours intéressé et je ne saurais plus recommander cet ouvrage chorale d'une incroyable justesse.



Svetlana Alexievitch nous transmet via ses conversations la réalité glaçante des victimes directes ou collatérales de Tchernobyl. Poignantes, ces conversations font tantôt froid dans le dos, tantôt nous mettent la larme à l'oeil. Il n'est pas étonnant que Netflix ait utilisé "La Supplication : Tchernobyl, chroniques du monde après l'apocalypse" (1998) pour documenter sa série Tchernobyl : l'envers de la centrale nucléaire est racontée par l'auteure (et ses témoins) d'une manière incroyablement juste et détaillée.



Nous sommes impuissants face à l'Histoire, mais il semble pourtant que Svetlana Alexievitch l'affine et la complète avec ces pans de l'histoire bien trop cachés - les documents sur Tchernobyl sont rendus publics en 1989.



On parle souvent de devoir de mémoire. "La Supplication : Tchernobyl, chroniques du monde après l'apocalypse" (1998) de Svetlana Alexievitch est la preuve de son immédiate nécessité.
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