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Seuil

Créées par Henri Sjöberg en 1935, les Éditions du Seuil font partie des plus grandes maisons d`éditions françaises et sont présentes dans tous les domaines éditoriaux : littératures française et étrangère, thrillers et policiers, sciences humaines, documents, spiritualités, sciences, jeunesse et beaux-livres.

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Dernières critiques
THIBAULTN
  18 août 2018
Falaise des fous de Patrick Grainville
Un livre grandiose : grandiose par son style parfois aussi impressionniste que les tableaux décrits ; grandiose par l'érudition de son auteur ; grandiose par la mise en perspective de l'histoire artistique et de ses géants de la fin du XIXème-début XXème avec la grande Histoire de France, de l'Europe et du monde ; grandiose par son souffle romanesque et épique. Ce n'est pas un livre mais une oeuvre. Une oeuvre que l'on ne peut que conserver dans sa bibliothèque avec fierté. Cette littérature est généreuse, âpre, brute et directe. Elle ne ment pas. Elle n'est pas en toc. Cette oeuvre est un voyage que je conseille à tous.
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saigneurdeguerre
  18 août 2018
La Tête perdue de Damasceno Monteiro de Antonio Tabucchi
Ce roman vous fera-t-il perdre la tête ?



Vous êtes gitan. Vous disposez de cet organe qui vous distingue de la gent féminine et dont vous êtes assez fier malgré le poids des ans, mais hélas, votre vessie, bien moins vaillante, vous force à vous lever aux petites heures. Vous vivez sur un terrain municipal sans aucune commodité. Vous voilà obligé de quitter votre cabane de planches et de carton pour satisfaire un besoin naturel. Vous avez vos habitudes au pied d’un vieux chêne. Vous remarquez alors que deux chaussures pointent vers le ciel. Vous prenez un bâton et vous écartez le feuillage. Plus vous l’écartez, et plus vous constatez que les chaussures se poursuivent par un pantalon, un torse, des bras… Mais pas de tête !



Vous êtes journaliste. Vous venez de passer quelques jours de vacances en compagnie de l’élue de votre cœur. Vous venez de rentrer à Lisbonne et décidez de faire un saut par votre journal bien que vous soyez encore en congé. Vous vous faites apostropher par votre directeur qui a tenté de vous joindre sans jamais y parvenir (fichus GSM qui n’existaient pas en ce temps-là).

Vous voilà obligé, le jour-même, de vous rendre à Porto (ville où ils adorent les tripes, vous pas) pour mener l’enquête car votre journal aime l’hémoglobine et vit des affaires que la nature humaine dénature (divorces, cocufiages, meurtres, toutes ces choses qui distinguent l’humain du restant du règne animal)…



Antonio (quel magnifique prénom) Tabucchi sait vous prendre par la main pour ne plus vous lâcher.

Il crée des personnages intéressants et originaux. Il vous emmène visiter Porto car il vous fait vous identifier au journaliste « lisboète » (qui vient de Lisbonne, quoi) et qui a de cette ville des images peu sympathiques en tête. Au fur et à mesure du récit, vous allez commencer à apprécier la cité et même ses spécialités culinaires, mais sans jamais manger les fameuses tripes… Il y a des limites que vous, le journaliste lisboète, ne voulez tout de même pas franchir !



A partir de la rencontre avec l’avocat, Don Fernando, avocat des pauvres, fin gourmet, homme de culture et philosophe, j’ai moins aimé le récit (contrairement à d’autres lecteurs qui trouvent cela sublime).



La fin du roman ne m’a pas satisfait.



Vais-je oser publier cette critique sachant que les fans de Tabucchi vont me courir derrière pour me raccourcir d’une tête que j’aurais pourtant déjà perdue en écrivant cette critique ? Je redoute un tête-à-tête avec une passionnaria qui aime Antonio (pas moi, l’autre) à en perdre la tête ! Vais-je pouvoir lui tenir tête lors d’un face-à-face où elle me traitera de tête brûlée, voire de tête de cochon (ou de lard) ! Ne vais-je pas devenir la tête de turc de tous les aficionados de Tabucchi qui n’hésiteront pas à me traiter de tête-à-claques ? Les plus gentils se contenteront peut-être de dire que je suis tombé sur la tête pour avoir écrit une histoire sans queue ni tête (ce qui prouve qu’ils n’ont pas bien lu ma critique puisque la queue, on la retrouve à la deuxième phrase et la tête, on s’y perd tant il y en a à la fin du récit, ceci dit sans vouloir vous prendre la tête en me comportant comme une grosse tête). Creusez-vous la tête et vous constaterez que même si je suis une tête de pioche, je n’ai pas forcément tort sur toute la ligne. Cette critique ne vaut pas une prise de tête, ne vous mettez point martel en tête, car si vous la lisez à tête reposée, vous constaterez peut-être que je ne suis pas un tête-en-l’air qui vomit sa haine sur votre écrivain-philosophe préféré. Alors, s’il vous plaît, arrêtez de faire la tête…

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Varaha
  18 août 2018
Le vieux qui lisait des romans d'amour de Luis Sepúlveda
Je commence cette lecture et je suis déjà séduite par le prélude…



« Sepúlveda constate que le « progrès », tel que l’entendent ceux qui exploitent la forêt amazonienne, conduit aussi à la disparition de ces hommes qui savent. »



L’écriture est poétique et sauvage à la fois et se lit ou plutôt se dévore avec délectation.



« Le vent se faisait toujours plus chaud et plus lourd. Poisseux, il collait à la peau et apportait de la forêt le silence qui précède la tempête. Les écluses du ciel étaient prêtes à s’ouvrir d’un moment à l’autre. »



Citation : « Quand un passage lui plaisait particulièrement, il le répétait autant de fois qu’il l’estimait nécessaire pour découvrir combien le langage humain pouvait aussi être beau. »



Ce livre montre de manière plus ou moins délicate à quel point l’homme « moderne » peut être bête et manquer de toute éducation.



« … l’action des colons qui détruisaient la forêt pour édifier cette œuvre maîtresse de l’homme civilisé : le désert. »



Mais aussi combien l’homme a besoin d’amour, réel ou imaginaire, pour tuer le temps. Que l’amour se présente sous forme de musique, de livre ou de relation réelle, malheureusement souvent trop courte.



« Ces chansons-là disaient que l’amour était comme la piqûre d’un taon que nul ne voyait mais que tous recherchaient. »



Le texte est une critique à peine maquillée de notre civilisation « moderne », avec notre amour irréfléchi de l’argent et de la facilité.



« — Eh oui. Onecén, c’est le nom d’un saint des gringos. Il est sur leurs pièces de monnaie. Ça s’écrit en deux mots, avec un t à la fin : One cent. »



A la fin de ce livre, je me découvre une envie de vivre plus simplement, plus sainement, sans prise de tête à tout bout de champs pour des queues de cerises ! Mais cela serait-il possible dans notre monde, dans notre époque, dans nos habitudes ? Probablement pas, mais ça ne coûte rien d’essayer ! Et si ce n’est pas possible, on pourra toujours se réfugier dans les livres et la lecture, sources de multiples mondes imaginaires où se retrouve peut-être notre monde idéal personnel.
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