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Seuil

Créées par Henri Sjöberg en 1935, les Éditions du Seuil font partie des plus grandes maisons d'éditions françaises et sont présentes dans tous les domaines éditoriaux : littératures française et étrangère, thrillers et policiers, sciences humaines, documents, spiritualités, sciences, jeunesse et beaux-livres.

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Dernières critiques
Ys
25 septembre 2017
Les Chouans de Honore de Balzac
En 1799, alors que Bonaparte s'apprête à reprendre en main l'héritage de la Révolution, la Bretagne s'enflamme une dernière fois en faveur des Bourbons. Contrairement à leurs aînés vendéens, ces Chouans-là ne sont guère plus que des bandits de grand chemin, qu'un jeune aristocrate intrépide a entrepris de prendre en main au service du roi et de la foi. Avec assez de succès pour inquiéter les instances parisiennes - et parmi elles Fouché, le tortueux Fouché qui a fort bien compris combien serait risqué un affrontement militaire sur le terrain de l'ennemi, offert à ses embûches. Plutôt que des hommes en renfort, mieux vaut donc envoyer une femme. Une belle espionne, censée prendre le rebelle dans ses filets et le mener à sa perte, sans combats superflus.

Seulement, comme dans tout drame romantique qui se respecte, la belle espionne et sa victime s'éprennent l'une de l'autre à la première confrontation. Marie de Verneuil et le marquis de Montauran sont faits pour s'aimer, assurément, et se déchirer, et se trahir, s'aimer encore malgré tout. Si leur passé, leur histoire les distingue, sont-ils au fond si différents ? Une même flamme un même beoin d'absolu et d'action brûle en chacun d'eux, plus épuré chez Montauran, plus inquiet, plus tourmenté chez Marie. Une même fierté et une même violence, aussi, qui ont toutes les chances de mener au pire plutôt qu'au meilleur, surtout quand se mêle de la partie l'inquiétant Corentin, prêt à tout pour défaire les ennemis de la République... et faire sienne Marie, qui le dédaigne beaucoup trop ostensiblement.



Avant d'entrer pour de bon en littérature, Balzac a publié sous divers noms d'emprunt quelques romans historiques dans la veine de Walter Scott et consorts, "cochonneries littéraires" à vocation commerciale dont il ne faisait pas grand cas et ne tardera guère à se moquer. Composé à la fin des années 1820, entre l'échec cuisant de ses ambitions d'éditeur et les débuts de la Comédie Humaine, les Chouans se pose au carrefour de ses deux carrières. Scrupuleusement travaillé sur le plan historique et topographique, ouvert à une analyse psychologique qui annonce les grandes études de caractère ultérieures, le roman reste toutefois marqué par un bon nombre de clichés romantico-gothiques qui ne manquent pas de charme mais gâchent parfois un peu la crédibilité de l'ensemble, ainsi qu'à certaines facilités scénaristiques dans la droite lignée des romans populaires. D'où un résultat un peu bancal, un peu artificiel dans ses envolées sentimentales, un peu poussif dans ses volontés de rigueur littéraire, assez long à mettre en route mais de plus en plus captivant à mesure que l'histoire prend son essor et qu'opère le charme des personnages. Car là réside sans doute la meilleure réussite de Balzac : ces deux personnages au caractère affirmé, antagonistes malgré eux, dont les ressorts dépassent largement les quelques clichés dont ils restent façonnés. Marie, surtout, avec ce mélange ambigu d'intelligence et d'exaltation, de coquetterie et de grandeur d'âme, de dissimulation et de franchise, avec sa part de mystère, sa soif de vivre, son audace, qui en font une superbe héroïne, romantique en diable mais bien plus forte et plus subtile que la plupart des héroïnes romantiques.
Lien : https://ys-melmoth.livejourn..
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Lesaloes
25 septembre 2017
Le Guépard de Gioacchino Lanza Tomasi
Résonances



L'unique roman de l'écrivain italien et d'emblée un chef d'œuvre. Posthume. Le Guépard de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, comme tous les grands classiques du patrimoine de la littérature universelle, se distingue par sa faculté, à des décennies de distance, d'entrer en résonance avec nous, avec le sentiment diffus actuel, très proustien, d'une fin d'époque, d’une discontinuité de l’hier et de l’aujourd’hui, d’une coupure radicale et définitive avec un monde que nous avons perdu, du basculement vers un autre siècle et que Tchekov avec sa nostalgique Cerisaie ou Francis Scott Fitzgerald et Zelda, le golden couple des années 1920, de Tendre est la nuit avaient superbement exprimé et que le style et le génie parviennent à fixer définitivement dans nos mémoires.



Le Prince Salina (extraits)



Le roman couvre une vingtaine d'années de la vie du Guépard, Don Fabrizio Corbera, prince Salina, ultime représentant de l'aristocratie de Sicile, qui comme tous les étés, quitte son palais de Palerme pour rejoindre sa résidence de Donnafugata et cherche dans la science astronomique et la pérennité des espaces stellaires l'exact contrepoint du monde d'ici-bas, mutant, en pleine révolution garibaldienne de l'unité italienne du XIXe siècle. Désabusé et superbe comme dans sa réponse à Chevalley, plein d'espoir et de confiance dans la nouvelle société, soutenant que " l'administration, nouvelle, agile, moderne, changera tout."



" Noi fummo i Gattopardi, i Leoni: chi ci sostituirà saranno gli sciacalletti, le iene; e tutti quanti, gattopardi, sciacalli e pecore, continueremo a crederci il sale della terra."



Nous, nous fûmes les Guépards, les Lions: ceux qui nous succèderont seront les chacals, les hyènes ; et tous guépards, chacals et moutons, nous continuerons à nous considérer comme le sel de la terre.

Un authentique chef-d'oeuvre.



(Chap. 4, traduction Editions du Seuil )

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cmpf
25 septembre 2017
Le Rouge et le Noir de Stendhal


J’avais commencé ce livre à quinze ans et l’avait laissé tomber. Sans jamais le reprendre. Après 40 années, je m’y suis décidée, et bien m’en a pris.



Je suppose qu’il n’est pas besoin de reprendre l’intrigue, bien que pour ma part je ne connaissais vaguement que la première partie chez Madame de Rénal. Ce qui m’a frappé c’est que ce jeune homme qui séduit une femme mariée puis une jeune fille ou du moins dans ce deuxième cas se laisse séduire, n’est pas dans un premier temps poussé par l’amour mais seulement par l’orgueil. Ou plutôt que l’orgueil par la peur d'être méprisé qui est le prisme au travers duquel il voit tous ses rapports avec les gens. Cette grille de lecture le fait souvent se méprendre sur ses propres mérites et sur les sentiments des gens à son égard. Bien que nous ne sachions jamais quel est le point de vue des autres. Toute l’histoire est vue par les yeux de Julien.

Stendhal est parti d’un fait divers qui s’est déroulé dans l’Isère en 1827. Il y a de nombreuses ressemblances entre les deux histoires. Tous les deux sont des jeunes hommes intelligents et peu faits pour rester dans leur milieu d’origine. Tous les deux accèdent à un poste de précepteur chez un noble de province, ont une intrigue avec la maîtresse de maison, puis à un deuxième poste dans une autre famille qui pourrait se finir par un mariage fort avantageux socialement et financièrement et connaissent une fin tragique. Mais Stendhal rend son héros sinon sympathique du moins pas méprisable, tandis que Berthet est à la lecture des lettres qu’il envoie au juge d’instruction et au procureur général assez antipathique.



Il ne suffit donc pas d’avoir une histoire encore faut il savoir accrocher le lecteur, ce que Stendhal réussit largement.

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