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Le Livre de Poche

Les premiers "Livre de Poche" apparaissent en 1953, sous l'impulsion d' Henri Filipacchi, alors secrétaire général de la Librairie Hachette. Il associe à son projet ses amis éditeurs les plus influents, afin de proposer les plus grands classiques en version "Livre de Poche", un format tenant dans une poche et bon marché. Le succès est tel que le "Livre de Poche" demeure à ce jour la première collection de poche française de grande diffusion, diffuse près de 360 nouveautés par an et compte 1 000 titres réimprimés chaque année.

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Collections de Le Livre de Poche



Dernières parutions chez Le Livre de Poche


Dernières critiques
aliasdam
  23 avril 2018
Les Trois Mousquetaires de Alexandre Dumas
Livre culte vu, entendu, étudié, repris… bref, Les trois mousquetaires c’est un peu le classique qui a bercé de nombreux adolescents avides de combats & d’époque royaliste. Qu’en reste-t-il? Que 900 pages, c’est long! Mais pas que.

D’Artagnan intègre la troupe des mousquetaires pour aider la Reine à vivre sa passion adultère alors que le Cardinal Richelieu, proche du roi, est prêt à tout pour faire tuer ses ennemis. Bref tout le monde a ses failles, et ce grand roman d’époque alterne action, situations amusantes, histoire d’amour. Dommage que le roman se perde dans des combats anglais/français qui tirent en longueur. Mais chapeau bas à M. Dumas pour offrir un rôle de méchante incroyable en la personne de Milady, sauvagement érotique & perfide.
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Chroniquesanshistoire
  23 avril 2018
Impératrice de Chine de Pearl Buck


IMPERATRICE DE CHINE - Pearl Buck

20/04/2018

|

Patricia

Nous sommes à Pékin en 1852. Orchidée est choisie par l'impératrice douairière, la mère de l'empereur, pour faire partie des 28 vierges destinées à être les concubines impériales. Elle devint Yehonala, concubine de 3ème rang. Intelligente, elle devine vite le destin de toutes les concubines enfermées dans cette Cité Interdite : c'est une prison à vie, toute luxueuse qu'elle soit. Yehonala comprend que pour survivre au mieux, elle doit s'élever dans la hiérarchie des concubines. Plus elle aura du pouvoir, et plus elle aura d'espace et de liberté. Elle ne peut compter que sur son cousin Jung Lu, garde impérial, et son eunuque Li-Lien-Ying, qui a vite deviné son esprit vif et son ambition. Sa patience et sa finesse jouent pour elle et elle devient la favorite de l'empereur.

Quand elle accouche d'un garçon, le premier pour l'empereur, elle se fait proclamer impératrice du palais occidental et devient alors Tseu-Hi, Mère sacrée. Cette jeune femme a soif d'instruction et apprend tout ce qu'elle peut car elle sait lire et écrire, contrairement à la plupart des autres concubines. Passant ses journées à la bibliothèque, elle demande qu’on lui explique l'histoire de la Chine et veut comprendre les conflits qui se passent dans ce grand pays. Elle apprend rapidement la gestion des affaires d'état. C'est elle qui gouverne derrière l'empereur, trop faible pour décider comment se comporter avec les révoltes à l'intérieur du pays, pour savoir comment gérer cette lutte contre les étrangers qui veulent imposer leur loi à la chine. Tseu-Hi comprend qu'il faut qu'elle se batte pour laisser à son fils un pays en paix quand il sera en âge de régner. Qu'elle soit là pour le protéger contre tous les complots présents dans cette cour.

Mais l'empereur meurt et son fils héritier n'a que 5 ans. Tseu-Hi déjoue alors les alliances pour le pouvoir et arrive à se faire nommer Impératrice douairière. Elle se retrouve seule contre tous avec la destinée de la Chine entre ses mains.



Un livre qui nous en apprend beaucoup sur les coutumes de la Chine, sur la vie à l'intérieur de la Cité Interdite, sur les complots qui sont légions et sur la puissance des gens de l'ombre. La lutte pour le pouvoir est féroce.

L'impératrice Tseu-Hi a vraiment existé et a régné d'une main de maître pendant près d'un demi siècle.



Si je le conseille ? Oui. Absolument ! Adolescente, j'avais lu certains livres de Pearl Buck, et cette auteure m'avait toujours marquée par la grandeur de ses romans. C'est avec plaisir que je me suis plongée dans celui là et je ne le regrette pas. Pearl Buck restera toujours pour moi une grande auteure. Je suis ravie que les Éditions Archipoche lui permettent de ne pas tomber dans l'oubli. Merci à eux pour m'avoir fait lire ce roman fascinant !

La force de Pearl Buck, c'est que ce livre se lit très facilement, alors que c'est un livre racontant un pan entier de l'histoire de la Chine. Elle écrit admirablement et tous les détails de la vie si particulière des concubines et du pouvoir sont sous nos yeux ! Les couleurs, les odeurs, les décors... on y est vraiment

Ce livre c'est la vie à la cour de Chine.

En le lisant, vous entrez dans la Cité Interdite ! Un vrai voyage !
Lien : https://sanshistoire.wixsite..
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enjie77
  23 avril 2018
La Vie d'Arseniev de Ivan Bounine
Au cours de votre vie de lecteur ou de lectrice, n’avez-vous jamais ressenti cette impression d’avoir découvert, dès les premières pages d’un livre, l’auteur qu’aucun autre écrivain ne pourrait surpasser tant sa plume portait notre langue française à son apothéose. Vous avez ressenti une grande jouissance à voir défiler sous vos yeux des phrases, d’une telle poésie, d’une telle fluidité, d’une telle perfection, qu’il vous est apparu impossible de trouver mieux. C’était la rencontre, l’ultime rencontre.



La première de ces rencontres remonte, pour moi, à la sortie de mon adolescence lorsque j’ai entamé la lecture de « La Recherche » de Marcel Proust. Ce fut un coup de foudre dès les premières pages et je ne l’ai jamais désavoué. Je suis toujours restée marquée par l’émotion ressentie un peu comme une impression photographique.



Bien sur, il y a eu d’autres rencontres mais elles n’ont pas été si nombreuses que cela. Nous connaissons tous des écrivains dont nous apprécions le style, la création, mais l’éblouissement se fait plus rare.



La lecture de « La Vie d’Arseniev » d’Ivan Bounine a été pour moi l’occasion de retrouver ce choc émotionnel avec de surcroit, une admiration pour le travail accompli par la traductrice Claire Hauchard.



Si les phrases de Bounine sont plus courtes et plus accessibles que celles de Proust, il y a avec « La Vie d’Arseniev », le même travail de mémoire afin de recréer une période qui n’est plus, avec ce même soin du détail, cette poésie, ce lyrisme si mélodieux. L’un et l’autre éprouvent la nécessité de coucher sur le papier la trame d’un monde disparu afin d’en transmettre, peut-être, une image à la postérité.



Lorsqu’Yvan Bounine écrit « La Vie d’Arseniev », il est exilé en France. Pressent-il qu’il ne retournera plus en Russie ? La plume de Bounine est à la fois sublime, envoutante, mais elle porte en elle une grande mélancolie : se remémorer ses jeunes années certainement accompagnées de regrets, loin de son pays natal, il y a en cela quelque chose de douloureux.



« Alexis Arseniev » lui a valu le Prix Nobel de Littérature en 1933. Ce n’est pas une véritable autobiographie au sens strict du terme mais une fiction inspirée de son histoire : Alexis alias Aliocha est certainement le frère jumeau d’Ivan Bounine, ils ont beaucoup de points communs.

Ouvrir « La Vie d’Arseniev » c’est ouvrir une porte sur la Russie, c’est ressentir l’âme de ce pays façonnée par la foi orthodoxe et empreinte de mystique,



«Je me signais comme d’habitude devant l’icône suspendue près de mon misérable petit lit de fer. Curieusement cette icône ne m’a jamais quitté et se trouve encore maintenant dans ma chambre à coucher. C’est une planchette lisse d’un vert olive sombre, durcie par le temps, le dessin est recouvert d’une châsse en argent de facture grossière » Page 359.



C’est sentir le froid neigeux de la campagne souffler dans le tambour de l’entrée d’un manoir, c’est admirer la blancheur des champs, c’est découvrir la lumière qui annonce le printemps, c’est se réveiller un beau matin et regarder le soleil briller par la fenêtre, c’est se promener dans un parc qui embaume, c’est imaginer les champs de blés et de seigle à perte de vue et les jambes nues des paysannes qui travaillent aux champs, c’est chevaucher dans l’immensité de la steppe, c’est regarder l’encolure de sa jument, sa crinière rejetée de côté et secouée régulièrement au rythme de la course, c’est aller à la rencontre des moujiks, prendre une télégue, côtoyer des intellectuels provinciaux de la fin du 19ème siècle. Bounine sent, observe, enregistre, respire la Russie et le lecteur avec lui.



Ivan Bounine incarne merveilleusement cette Russie impériale qui connait ses derniers soubresauts, le monde de l’aristocratie terrienne désargentée qui sera englouti par la révolution « d’Octobre »



Ce roman comporte cinq livres qui nous comptent les différentes étapes de la vie d’Aliocha, ses prises de conscience au fur et à mesure qu’il passe de l’enfance à la jeunesse dans le domaine familial de Kamenka puis de Batourino dans l’immensité de la région des steppes.



« Issu de la lignée des Arséniev, de ses origines, il n’en connaît presque rien, il sait seulement que dans l’Armorial sa famille figure parmi celles dont l’origine se perd dans la nuit des temps, qu’elle est glorieuse bien que désargentée ».Page 9.



Sa vie se partage entre un père aimant, cultivé mais oisif, dilapidant sa fortune au jeu ; les dettes s’accumulant, la pauvreté se fait sentir. Sa mère est triste, très investie dans la religion.



Page 21, il écrit « A ma mère se rattache l’amour le plus douloureux de ma vie, les choses et les êtres que nous aimons sont pour nous une souffrance ne serait-ce que par la crainte perpétuelle de les perdre et plus loin, il écrira « Dans la lointaine terre natale, puisse-t-elle reposer en paix, solitaire et oubliée de tous à jamais et que soit béni son nom cher entre tous ! Se peut-il que celle dont le crâne sans yeux, les ossements gris, sont enterrés quelque part là-bas, dans le bosquet d’un cimetière de petite ville de province russe, au fond d’une tombe désormais anonyme, se peut-il que ce soit elle qui jadis m’a bercé dans ses bras ? ».



Il a deux frères plus âgés que lui et deux petites sœurs.



Aliocha partage avec le lecteur ses interrogations existentielles : sur la mort dont il a pris conscience très tôt surtout au décès de Senka (un domestique ?) tombé dans la Crevasse du domaine. Il médite sur la fragilité de l’existence et son monde se fissure avec la mort de sa petite sœur Nadia, et celle de son oncle Pissarev.



J’ai particulièrement aimé la jeunesse d’Alexis. Cet enfant solitaire qui va explorer un domaine trop grand pour lui mais qui rêve néanmoins d’évasion au-delà de la ligne d’horizon.



C’est cette immensité, ces paysages, qui feront de lui un poète et un esthète.



Il évoque ses années au lycée, la découverte du socialisme qui va mener son frère Georges en prison. Il fait part de ses interrogations sur le sens de l’écriture, il évoque Tolstoï, Gogol, Lermontov mais la merveille à mes yeux, ce sont les vers de Pouchkine qui parsèment cet ouvrage. Et puis il y a le grand amour de sa vie, Lika, qui à force de douter de l’amour que lui-même lui porte, le quittera, épuisée de se tourmenter.



Andréï Makine dira d’Ivan Bounine :

La Russie de Bounine, sans qu’aucun effort d’idéalisation n’intervienne, devient l’objet esthétique par excellence – arraché au temps, à l’utile, au fonctionnel. La Tradition russe retrouve dans l’œuvre de Bounine, cette aspiration vers l’éternel qui animait tant de personnages des grands classiques russes.



En 2015, son dossier était étudié par Yad Vashem pour avoir caché trois juifs chez lui au péril de sa vie, à Grasse où une statue lui a été érigée en juin 2017.



Je finis avec un clin d’œil à une amie sur Babélio : Bookycooky qui m’avait dit « tu vas fondre », tu ne t’es pas trompée et Annette55 qui parlait « du miracle de l’écriture », je confirme.

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