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Critiques sur La pluie, avant qu'elle tombe (181)
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marina53
  25 avril 2014
Gill apprend brutalement la mort de sa tante Rosamond. Elle décide de se rendre seule dans le Shropshire afin d'organiser les obsèques, son mari Stephen ne pouvant se libérer. C'est le médecin traitant de la vieille dame qui l'a retrouvée raide morte dans son fauteuil. C'est en compagnie de sa famille, son mari, son frère David, son papa Thomas et ses deux filles Catharine et Elizabeth qu'elle assiste à l'enterrement. A la fin de la cérémonie, Gill est surprise d'entendre le médecin lui dire que l'électrophone, branché sur un magnétophone, était encore en marche lorsqu'elle est entrée dans la maison. Toute la petite famille rentre alors dans l'Oxfordshire. Pour l'occasion, les deux filles décident de passer le week-end chez leurs parents. Ils discutent alors de la clause du testament: Rosamond, n'ayant jamais eu d'enfant et sa compagne Ruth étant décédée depuis quelques années, elle a partagé ses biens en trois parts égales: 1/3 respectivement pour Gill, David et Imogen. Cette dernière, une cousine très éloignée, n'a pourtant laissé que très peu de souvenirs à Gill puisqu'elle ne l'a vue qu'une seule fois, lors des 50 ans de sa tante. Elle ne comprend pas son geste, la petite fille, aveugle, n'avait que 7 ou 8 ans. Aussitôt, aidée de ses filles, elle se met en tête de retrouver la petite fille et décide de retourner chez sa tante pour trier ses affaires. Arrivée dans cette maison si froide, elle découvre quatre cassettes enregistrées que Rosamond a laissées à l'intention d'Imogen mais elle ne peut pas les écouter tant qu'elle n'a pas retrouvé cette dernière. Malgré des recherches et des annonces passées dans les journaux, aucune trace d'Imogen. Aussi quelques mois plus tard, alors qu'elle se rend à Londres chez ses filles, elles décident d'écouter les bandes. de sa voix fébrile et fantomatique, Rosamond fait dérouler le fil de sa vie. Pour ce faire, elle a choisi de décrire 20 photos pour expliquer à Imogen sa vie et, de ce fait, la sienne...

L'on suit avec passion et grand intérêt le destin de trois générations de femmes, des années 1930 aux années 1980. Trois femmes dans la tourmente, trois femmes emplies de rage mais aussi d'envie de vivre plus que tout, engoncées dans leur rôle de mère. Jonathan Coe traite ici d'un thème particulièrement original, à savoir notre destin serait-il relié aux générations précédentes? Ne sommes-nous pas finalement liés entre nous et notre vie serait-elle orientée? L'auteur, présentant ainsi 20 photos, réussit à merveille à décrire le destin de chacune, la trame pouvant être assez risquée. Mais l'on tourne les pages de cet album de photos avec délectation. D'une écriture fine, intime et mélancolique, il nous livre un mélodrame empli de poésie, poignant et tout en délicatesse.
Et que dire de ce titre aussi lyrique et touchant...

La pluie, avant qu'elle tombe, caresse le soleil...
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Tempuslegendae
  21 février 2014
Lors d'une de ses expéditions en terre anglo-saxonne, François Busnel, journaliste littéraire, disait (approximativement) ceci: «C'est le roman le plus grave et le plus fort que je connaisse de Jonathan COE. Ce dernier se produit réellement dans chacune de ses lignes, tant dans la virtuosité de la construction que pour son don inné d'inscrire l'intime dans l'histoire…».
Maintenant, parlons un peu de ce que renferme ce livre intitulé «The rain before it falls». Car, si vous pensez que l'auteur se pare encore une fois du masque de la comédie, vous risquez d'être quelque peu surpris…
L'histoire recrée le fil de trois générations de femme : Rosamond (la narratrice), Béatrix (cousine de la première et mère de Théa) et Théa (la mère d'Imogen, à laquelle se destine le récit). Il aura fallu trois lignées, autant d'époques pour mettre en lumière une histoire faite de douleurs et de larmes, pour qu'une nouvelle génération se lève et s'abstienne de juger les précédentes. Ce sont ces trois mouvements qui vont se détacher, se rencontrer ailleurs et certainement s'interpénétrer. Trois ordres riches d'expériences humaines qui imposent une réflexion délicate à Imogen, si celle-ci peut écouter et dénouer le fil de plusieurs vies menant à la sienne.
Aussi étrange que cela puisse paraître, j'ai eu l'impression de ne pas avoir lu un livre, mais plutôt d'avoir entendu des déchirements, des guerres sourdes et amoureuses, des déceptions ; j'ai vu des photos et des cartes postales. Peut-être une vingtaine au total. Nous avons l'impression de lire une tragédie cachée dans chaque image. Alors, que dire d'une vie en mouvement, tel qu'elle le fut pour chacune de ces femmes, unies par le sang, parfois même par le drame?
Et permettez-moi d'insister lorsque je dis ne pas avoir eu le sentiment d'avoir tourné les pages d'un livre! Jonathan COE aurait-il conçu un album de famille, histoire d'outre tombe, où le lecteur ne peut que mesurer la densité de l'image et du son? Car, ne perdons pas de vue que ce qui nous intéresse au plus au niveau dans ce roman c'est la raison pour laquelle Imogen a perdu la vision. C'est là tout le travail de construction littéraire de COE: la mémoire des morts, ses tremblés et ses défaillances, bref, la distillation d'un suspense qui, peu à peu, nous dévoilera un secret retentissant. Donc, je confirme mon idée en d'autres termes: ne restons jamais sur l'impression laissée par «Une Touche d'amour» (autre roman de Coe). L'absence du ton caustique de l'anglais ne m'a pas manqué ici, je saurais le retrouver sans modération dans des romans plus pétillants. Je garde de cette lecture un épanouissement total, la découverte d'un magnifique registre mélodramatique, un sans faute au niveau de l'intrigue.
Enfin, si on me demandait de choisir une citation, celle qui s'accommoderait le mieux à l'esprit de ma chronique, sans hésiter j'opterais pour celle-ci: «On dit que dans les moments d'émotion intense une fraction de seconde équivaut à une éternité.»
La magie de la photo n-aurait-elle pas dépassé celle de la mémoire?
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Roggy
  23 juin 2018
Jonathan Coe surprend par la subtilité de ce roman. Il y parle comme personne des aléas de la vie, de ce que l'on subit, de ce que l'on construit, des regrets, des failles.
Il décortique toujours avec le même brio les petits bonheurs et les travers de nos semblables. Toujours attentif aux instants fragiles, l'auteur recueille les moments à la manière d'un chercheur d'or.

Foisonnant, ce roman forme une spirale qui emporte de nombreux personnages dont les liens nous sont révélés progressivement.
Finalement il n'y a pas de hasard ni de coïncidences dans la vie, seulement des fils invisibles qui finissent par tout relier.

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meyeleb
  20 novembre 2011
Je viens tout juste de terminer la lecture de "La pluie avant qu'elle tombe". Peut-être devrais-je laisser passer un peu de temps avant de me lancer dans sa critique. Peut-être pas. Après tout, j'ai comme l'impression d'être à la place de Gill, qui vient d'écouter les cassettes que sa tante Rosamond a enregistrées avant de mourir. Elle y raconte une longue histoire familiale, où les femmes ont hérité de la difficulté d'aimer, où la violence côtoie l'amour. En moi, des sentiments mêlés, qui me donnent à réfléchir sur l'incidence que notre vie peut avoir sur celle de nos enfants. Sur la difficulté d'être heureux. Quel drôle d'héritage! A bien y réfléchir, un bien lourd héritage!
Le récit est d'autant plus prenant qu'il fait de nous, malgré nous, les confidents d'une série de révélations. Vingt photos, prises dans l'ordre chronologique, servent de tremplin à l'histoire racontée. Une progression parfaitement orchestrée, au terme de laquelle tout se dénoue.
Un excellent roman sur bien des points donc, qui m'invite à découvrir sans tarder d'autres oeuvres de Jonathan Coe.
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Philippe67
  12 février 2012
C'est le premier livre de J Coe que je lis et c'est une très belle découverte : mignifiquement écrit et construit, c'est prenant et bouleversant.
Cet auteur nous entraine avec lui là où il veut et pour ce qui me concerne je l'ai suivi avec grand plaisir.
Je le recommande sans réserve!
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lasteph
  23 août 2015
Les albums photos des autres en général c’est chiant et pour la soirée diapositive de vos dernières vacances en Italie, je ne serais pas présente sauf si vous invitez ; Mr Jonathan Coe.
Car c’est avec la description de dix-neuf photos de famille et d’une peinture à l’huile que l’ouvrage ‘La pluie, avant qu’elle tombe’ réussit l’exploit d’être un roman passionnant.
Le talent, la virtuosité de l’auteur et un coup de génie qui lui permet, en plus, de parler du handicap rend le récit descriptif de ces images captivant et font de cette construction assez simpliste au départ une œuvre riche et singulière ou l’on découvre l’enfance et la vie de trois générations de femmes mais où surtout, très simplement et sans en avoir l’air (ou alors peut-être avec celui de la chanson de Jean Ferrat : 'Nul ne guérit de son enfance'), on aborde la question... du destin.
Image numéro douze. Numéro seize. Trois et dix-huit.
Laquelle préférerez-vous ?
Certainement toutes.
Une vie entière, finalement, ça tient dans un petit album photo.
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caro64
  13 juillet 2010
Après ses excellents romans politico-satiriques, Jonathan Coe change de registre. Avec cette saga familiale, il met en scène trois générations de femmes de la fin des années 1930 aux années 1980 mêlant romantisme, symbolisme et violence.



Une vieille tante qui décède, un héritage de cassettes enregistrées (qui sont en fait des commentaires de vingt photos), une petite fille blonde, aveugle. Quel est le secret de sa destinée? L'histoire de trois générations de filles, de femmes, défilent sur ces cassettes où l'on retrouve la voix fatiguée de tante Rosamond. Elle raconte l'histoire, leur histoire et peu à peu dévoile les liens qui les unissent, les désunissent.



Nous devenons les intimes de Rosamond, nous reconnaissons sa voix, nous suivons sa vie. Toujours nous sommes dans l'impatience d'entendre défiler les bandes magnétiques, et de feuilleter l'album de famille. Peut être sommes- nous les yeux d'Imogen ?



Un roman rempli d'émotions intenses, de mystères et de souvenirs, portés par une musique inlassablement écoutée (les «Chants d'Auvergne» de Canteloube, à découvrir, voir lien).



La Pluie, avant qu'elle tombe pose les questions du déterminisme familial, de l'existence du hasard, des coïncidences et de leur impact sur les individus. Sans pathos, ni mièvrerie.



Jonathan Coe nous entraîne dans cette histoire grâce à un procédé narratif original, une architecture rigoureuse. le roman est sombre, grave et poignant… mais je suis restée sur ma faim dans les dernières pages.

Quoi qu'il en soit, le livre est très bien écrit et se lit d'une traite grâce au style fluide, efficace et oral du monologue de Rosamond. J'y ai trouvé de beaux moments mais tout comme Luocine "J'ai beaucoup hésité à mettre quatre étoiles ou seulement trois." 





Voici le "Bailero", ce morceau des "Chants d'Auvergne" devenu "un symbole" ou "plutôt un fétiche… oui, un fétiche sacré" pour Rosamond, qu'elle veut faire entendre à Imogen lorsqu'elle aura fini de décrire les photos et qui va l' accompagner jusqu'à son dernier souffle…



"Il y avait un air particulier, l'un des plus célèbres – "Bailero", ça s'appelle, une chanson d'amour magnifique, très lente, et très triste : ça commence par une attaque nette des bois, tandis que les violons jouent de longs accords merveilleux et chatoyants, et soudain la voix de la soprano surgit de façon tellement inattendue, tellement dramatique, et elle chante cette mélodie extraordinairement mélancolique… Oh, ça ne sert à rien, bien sûr de décrire la musique avec des mots, le mieux serait peut-être tout simplement que je te fasse entendre le morceau quand j'aurai fini de décrire la photo, pour que tu puisses l'écouter directement."
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Kittiwake
  15 août 2015

L'histoire d'une famille au travers d'une série de photos commentées dans une série de lettres posthumes d'une femme à sa petite nièce aveugle.

On est loin du J. Coe du “Testament à l'anglaise” ou de “Bienvenue au club”. Pas d'humour ni même d'ironie ici, mais beaucoup d'amertume pour traiter des secrets de famille, des relations complexes, et des répétitions inéluctables des schèmes familiaux.

L'écriture est souvent belle, et la description des photos nous permet en effet de bien visualiser les scènes.

Mais le procédé d'écriture m'a paru très artificiel, m'empéchant de rentrer dans l'histoire, un peu comme si, devant un tableau, le sens de l'oeuvre m'était masqué par l'analyse de la technique utilisée. Artificiel du fait de la complexité de la construction : lettres, décrivant des photos, destinées à une aveugle, lues par les héritiers…ponctuées de promesses de révélations qui sont autant de pétards mouillés…



Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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mimifasola
  03 juin 2014
Rosamond (la narratrice) vient de mourir, elle lègue ses biens (à trois parts égales) à Gill et David ( sa nièce et son neveu) et Imogen (la petite fille de sa cousine Béatrice).
Gill, exécutrice testamentaire, avait pour mission de retrouver cette cousine très éloignée, (dont elle n'a que très peu de souvenirs puisqu'elle ne l'a vue qu'une seule fois, lors du 50éme anniversaire de Rosamond), et de lui confier des enregistrements faits par la tante pour Imogen...........
Après de longs mois de recherches, et après l'insistance de ces filles, Gill décide d'écouter les enregistrements afin d'y dénicher des indices quand à la recherche d'Imogen.
Gill écoutera alors ses enregistrements avec ses filles, et c'est ainsi qu'elles découvrent (et nous avec) l'histoire de la famille de l'après guerre à aujourd'hui, à travers vingt photographies, de 3 générations de femmes (les deux cousines Rosamande et Béatrice, ainsi que Théa -la fille de Béatrice- et sa fille Imogen).
Un récit bouleversant et saisissant, des sujets sérieux (homosexualité, la violence contre l'enfance, les mariages râtés,...) une très belle découverte de l'auteur "Jonathan Coe" et de son style doux, fluide et bien construit. Une lecture agréable, des personnages attachants, des destins et des vies en plein tourmente.
Une lecture que je vous recommande vivement, quand à moi j'ai hâte de lire d'autres romans de Jonathan Coe.
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bibliobleue
  06 juillet 2012
C'est un très beau roman que nous offre là Jonathan Coe. Un de ceux qui se digère doucement une fois la dernière page tournée. Je gardais en mémoire l'excellent Testament à l'anglaise, mais je crois bien qu'avec ce titre l'auteur signe son chef-d'oeuvre.

Une narration originale qui va entraîner le lecteur vers les secrets de femmes à travers plusieurs générations dans l'Angleterre de 1940 à nos jours.

Avec une grande sensibilité, le romancier décrit l'amitié, l'amour, la maternité, les déceptions, les ruptures, la mort.

Une saga familiale poignante, passionnante.
Lien : http://bibliobleu.blogspot.f..
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