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Citations sur La Haine de la famille (11)

LiliGalipette
LiliGalipette   27 avril 2013
Dans les portraits de famille, d'abord papa : bon père, bon époux, la terreur des femmes de ménage, qui rage, enrage mais finit toujours par accepter ce qu'on lui demande. Il est l'homme sur qui on peut compter. Puis la maman, à laquelle est consacrée le chapitre suivant : une femme (juge) qui hait la famille, ne cesse de le clamer, déteste les fêtes, les repas à préparer, qui préfère son deuxième fils à ses quatre enfants, et que rien ne contente sinon une bonne note à l'école. Enfin, articulés autour de la narratrice (qui n'est autre que l'auteur), les frères, la sœur (tous brillants élèves), toute une famille qui se retrouve en Bretagne, à Ploumor, pour vivre tout simplement sa vie de famille, avec ses hauts et ses bas, ses humeurs, ses petites tragédies, ses bonheurs maritimes.
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mumuboc
mumuboc   30 août 2018
Ce qui se passe dans les livres est tellement plus beau, plus grand, plus juste et plus désintéressé que ce qui se passe dans la vie. (p79)
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fanfan50
fanfan50   28 novembre 2014
Elle nous fait lire Isaac Bashevis Singer, Chaïm Potok, Exodus, et, un peu plus tard, Réflexions sur la question juive de Sartre, Si c'est un homme de Primo Levi, Le sang de l'espoir de Samuel Pisar. Nous avons le droit de voir à la télévision les films sur la guerre et surtout sur les camps : Lacombe Lucien, Le chagrin et la pitié, et, chaque semaine, Holocauste, la première et la seule série américains télévisée qu'elle nous autorise à regarder. Maman n'aime pas les Allemands. C'est plus fort qu'elle. Si Anne et moi faisons allemand première langue, c'est pour que nous soyons dans la meilleure classe : elle sacrifie à notre intérêt scolaire son sentiment le plus intime.
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nelly76
nelly76   27 avril 2017
La voix de maman tremble. Je m'approche et lui prends la main.Elle serre mes doigts sans me regarder, avec une violence rare dans ses gestes physiques.
《Oui, répond l'amie de sa voix claire.Tu as raison; je dois le reconnaître :maman a eu une belle mort.》
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nelly76
nelly76   26 avril 2017
Nous nous taisons, graves.Je n'ai jamais parlé de façon si juste avec lui.Il est rare que nous soyons si proches et que papa soit si doux.Je me sens très 《 petit rayon de soleil》.
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nelly76
nelly76   24 avril 2017
1 PAPA
《 C'est fini maintenant, car ça finit toujours , peut-être même l'éternité., mais ça recommence aussi toujours et ça n'a pas manqué:retour du marché , il fallait ranger, c'est à dire commettre autant de crimes contre la rationalité et la méthode qu'il y avait d'objets à ranger, et recevoir autant de sanctions》
Maman, lettre de juillet 1999.
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fanfan50
fanfan50   19 novembre 2014
Il y a d'autres cercles sociaux que celui de Françoise. Son ami Jacques l'invite avec des écrivains : à sa grande déception elle découvre que ce n'est guère mieux. Les écrivains ne s'intéressent qu'à eux-mêmes et trouvent tout naturel qu'en vue de ce dîner on ait acheté leur dernier livre et qu'on l'ait lu. Il n'est pas question de dire ce qu'elle en a vraiment pensé ; elle sent, face à elle, un amour-propre frémissant, aux aguets, dissimulant sa peur sous une carapace plus vernie et plus craquelée que l'hypocrisie de la bourgeoisie bien-pensante ; et les écrivains sont finalement moins polis que les grands bourgeois. Quant aux juristes, ils ne parlent que droit, mais c'est encore eux qu'elle préfère ; ils sont moins snobs et parmi eux elle n'a pas de complexe d'infériorité. Il y a les universitaires, dont le niveau intellectuel est sans doute plus élevé, mais ils sont tellement spécialisés : on dirait qu'ils n'ont jamais le temps d'aller au cinéma ou de lire un livre d'intérêt général. Il semble qu'il n'y ait plus de conversation digne de ce nom en ce monde. Les seuls grands moments sont finalement ceux où elle parle de nous après l'un de nos succès. Normale sup lettres. Les intellectuels tirent leur chapeau, les grands bourgeois aussi. On s'étonne, on s'exclame, on admire ; elle règne, modeste et superbe, en mère de trois génies.
Trois enfants normaliens. Ce n'est pas banal, certes. Mais nous y sommes arrivés : Normale sup n'est plus La Mecque. Ensuite, l'agrégation, la thèse font partie du cours normal des choses.
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fanfan50
fanfan50   27 novembre 2014
La nuit est tombée. Il neige. Depuis hier, Philippe a beaucoup bu, peu dormi. Il se concentre sur la route, cherche les panneaux de signalisation, allume la petite lumière pour regarder la carte. Il est au coeur de la forêt de Rambouillet, complètement perdu. La neige tourbillonne autour d'eux et s'agglutine sur le pare-brise, ôtant toute visibilité. Elvire s'exclame qu'elle adore la neige : si l'on s'arrêtait pour faire quelques pas ? Philippe répond que ce n'est pas le moment. Il est beaucoup plus inquiet qu'il n'ose l'avouer à sa jeune épouse, qui, tout excitée par l'aventure, évoque en riant la possibilité de passer dans la voiture la nuit de noces - une hypothèse trop réelle pour que Philippe en sourie.
A un carrefour, il prend, découragé, une petite route au hasard. Elle conduit à une grille. Enfin une habitation. Ils vont pouvoir demander leur route. Miracle : c'est là. Le château aux fenêtres lumineuses se dresse devant eux comme dans un conte de fées. Le valet en uniforme sort de la demeure pour les saluer et montrer à Philippe où garer la voiture. Depuis deux heures, il ne cesse de balayer la neige qui tombe sur l'allée reliant au château les parties communes transformées en garage, car il attendait Elvire en robe de mariée, avec sa traîne. Elle rit : si elle avait su, elle ne se serait pas changée ! L'entrée dans la salle les rend muets de surprise. Un immense feu de bois craquelle dans la vaste cheminée de pierre avec, de chaque côté, des tigres empaillés et des défenses d'éléphant. Le valet leur sert un verre de champagne rosé, puis leur montre la chambre avant de se retirer.
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mumuboc
mumuboc   30 août 2018
Quand on connaît la joie de s'oublier dans un roman, on ne peut que plaindre les malheureux qui ignorent cette félicité, les pauvres qui se soucient de mesquines choses réelles, les exclus du royaume de la phrase. (p81)
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crapahutevida
crapahutevida   20 mai 2017
Le pire, c’est l’identification narcissique aux personnages. Je suis coupable de cette terrible faute. Je ne comprend pas comment on acquiert le recul qui permet de les examiner à distance comme des « effets de réel » et de distinguer subtilement l’auteur du narrateur.
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