AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
4,21

sur 615 notes
5
22 avis
4
11 avis
3
4 avis
2
0 avis
1
0 avis

Critiques filtrées sur 5 étoiles  
Meps
  06 avril 2020
Ellroy décide de donner une suite à son Dahlia Noir. Là où le premier opus du quatuor de Los Angeles était très personnel pour l'auteur puisqu'il était également un hommage à sa mère décédée, ce deuxième tome permet à Ellroy de développer un type de narration qu'il utilisera de façon aboutie dans la trilogie Underworld USA.

En effet, ici l'histoire est racontée par trois protagonistes séparés. L'histoire, bien que totalement crédible et inscrite dans son contexte historique, est une invention d'Ellroy. Mais le style inimitable du "demon dog" fait qu'on se prend à aller vérifier si les personnages qu'il décrit n'ont pas réellement existé. L'auteur parvient à être plus réel que la réalité ! Comme souvent avec Ellroy, les personnages ont leur faiblesse, leurs travers, leur violence pas trop rentrée. Ils en sont d'autant plus attachants car ils prennent une profondeur que les films en 3d ne parviennent pas à nous offrir ! Les deux dimensions de la page de roman suffisent parfois bien mieux à nous mettre face aux humains, si l'auteur a du talent bien sûr.

Ce livre est aussi pour moi l'occasion de continuer ma réflexion sur le personnage Ellroy, qui ne peut être dissocié de l'auteur. A l'heure des questions autour des Polanski ou des Woody Allen, on ne peut éluder qu'Ellroy est souvent décrit comme raciste, macho, violent, détestable personnage. Ce qui est sûr c'est qu'Ellroy éprouve une fascination (morbide ?) pour cette époque des années d'après-guerre où la violence permise aux forces de l'ordre était quasi sans limite et où les opinions sur les Noirs, les homosexuels ou les communistes étaient bien tranchées. J'ai pu lire dans certaines interviews que cette fascination était teintée de nostalgie chez Ellroy.
Il faut d'abord dire que cette époque est tellement éloignée de nous dans les comportements (alors qu'elle ne l'est pas tant que ça dans le temps) qu'elle en devient fascinante. Pour ce qui est du "personnage" Ellroy, je conseillerais de lire justement ce "Grand Nulle Part" et de me dire si un homme profondément raciste, misogyne et homophobe (comme on le décrit parfois) aurait pu imaginer une fin comme celle-là à son roman.

En bref, Ellroy décrit si bien ses personnages qu'il ne semble pas pouvoir vivre autrement qu'en leur ressemblant. Sa plongée dans le passé de la société américaine l'a sans doute rendu fou... mais que serait les artistes sans la folie ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          242
LiliGalipette
  12 mars 2011
Le Grand Nulle Part

Dans la nuit du 1er janvier 1950, un homosexuel est retrouvé mort, le corps déchiré de mutilations sexuelles et d'étranges morsures. D'autres meurtres similaires suivront dans l'année. Mal Considine, héros controversé de la seconde guerre mondiale, agent du L.A.P.D., mène l'enquête avec Dudley Smith, un policier dont le passé semble entaché d'une sombre affaire. Ellis Loew, adjoint du procureur de Los Angeles lance un Grand Jury sur l'influence communiste à Hollywood. La Menace Rouge fait trembler et les syndicats de machinistes de l'industrie du cinéma font peur. Danny Upshaw, jeune criminologiste du Comté de Los Angeles, est engagé pour infiltrer les réseaux communistes et trouver des preuves accablantes contre les communistes, en se rapprochant de Claire de Haven, une riche pasionaria communiste surnommée la Reine Rouge. Buzz Meeks, ancien flic du L.A.P.D. au département des Stups, homme de main d'Howard Hugues se retrouve sur les deux affaires. Réintégré dans ses fonctions de policier, il met ses talents au service de Mickey Cohen, chef de la pègre en rivalité avec Jack Dragna, un autre gangster de Los Angeles. Buzz Meeks prend les plus grands risques en s'amourachant d'Audrey Anders, la poule attitrée de Mickey Cohen. « Ça me plaît bien que ce soit dangereux d'être avec toi. J'aime ça. » (p. 275) Ce couple d'amants terribles ira au-devant de grands remous alors que Los Angeles est encore et toujours secouée par des vagues de crimes.
Dans ce deuxième volet du Quatuor de Los Angeles, on découvre la rivalité qui existe entre les services du L.A.P.D. (département de police) et ceux du L.A.S.D. (département du shérif). le récit est mené à la troisième personne par un narrateur omniscient qui saute d'un flic à l'autre. L'intrigue est complexe, notamment en raison du point de vue adopté. Les chapitres projettent le lecteur au milieu d'une scène sans indiquer quel personnage est suivi. Cela participe de l'enchevêtrement des enquêtes et de la ramification de l'intrigue. Chaque fil mène à la même conclusion mais dévider l'écheveau demande patience et relecture. J'ai suivi avec jubilation les mêmes pistes que les flics, réécrit leurs théories et rédigé les mêmes conclusions. James Ellroy parvient à créer une intrigue policière ultra complexe sans perdre en route son lecteur. Mais il s'agit de garder l'oeil ouvert et l'esprit alerte pour ne pas manquer un indice.

Je me suis attachée aux trois flics. Ils sont torturés, comme ceux du premier volet, mais leurs fêlures sont moins monstrueuses, plus humaines. Leurs faiblesses et leur violence bouillonnante sont des armes dont ils usent avec maladresse, comme des pantins qui voudraient couper leurs liens. Buzz Meeks surtout a retenu mon affection. de brute notoire au passé dégueulasse, il gagne en délicatesse à mesure que l'amour lui ouvre les yeux sur des valeurs autres que l'argent. Sans mièvrerie, James Ellroy montre comment un homme peut changer de voie sans renier ce qu'il est mais en effaçant une partie de l'ardoise qu'il porte dans le dos.

Une nouvelle fois, James Ellroy se fonde sur un fait réel, le meurtre de Sleepy Lagoon, pour développer une intrigue qui emprunte au réel et à l'imaginaire. La réalité dépasse parfois toutes les folies que pourrait se permettre le roman. le talent de James Ellroy, c'est de ne jamais faire oublier le substrat réel en l'alimentant de fictif. Il ne s'agit pas de recréer la vérité mais d'imaginer des voies parallèles et de donner au crime de nouvelles voies à explorer.

Et finalement, le Grand Nulle Part, c'est quoi ? C'est où ? Pour moi, c'est là où se perdent les flics de valeur, comme Lee Blancharddans le premier volet. C'est aussi un air de jazz aux notes mélancoliques et sinistres. le Grand Nulle Part, c'est Los Angeles, cité d'anonymes et de solitaires, cité d'êtres perdus, cité aux valeurs en déroute, cité oubliée du destin.
Lien : http://lililectrice.canalblo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
CorinneCo
  25 octobre 2013
Derrière le Grand Nulle Part, il y a toute la compassion et la rédemption que James Ellroy parsème dans ses livres même de façon presque imperceptible. Dans ce livre c'est une forme d'apothéose (enfin ce n'est que mon avis). le final n'a d'égal que l'ensemble de l'histoire, des personnages. Upshaw est un personnage de tragédie grecque, qui va vers son destin même si celui-ci est la fin. Je me suis demandée "ce livre aurait pu finir autrement ?". Probablement non. le plus grand livre d'Ellroy.
Commenter  J’apprécie          103
stcyr04
  07 janvier 2021
Danny Upshaw est un jeune enquêteur adjoint brillant, du bureau du sheriff de Hollywood ouest. Il se penche sur une série de crimes atroces et bien "graphiques". Mal Considine est un lieutenant des services du procureur, chargé d'enquêter - aux fins de la création d'un grand jury, sur les agissements du syndicat Alliance Unifiée des Figurants et Machinistes, que les autorités considèrent comme un instrument de la subversion communiste qui noyaute les studios de cinéma locaux. Enfin, Buzz Meeks est un ancien flic marron, homme de main d'un magnat du cinéma et qui a des accointances avec la pègre. L'ambiance est plutôt tendue entre les flics du comté et les agents du LAPD, c'est pour tout dire une guerre larvée, après les révélations fracassantes du caid Mickey Cohen, dévoilant les parties fines qui se déroulaient dans les locaux de la police de Los Angeles, grâce aux bons offices de la mère maquerelle locale, Brenda Allen. Nos trois hommes, dont chacun à un talon d'Achille, vont se retrouver dans la vaste opération de chasse aux sorcières rouges.

Le Grand Nulle part offre une immersion passionnante dans le Los Angeles du Maccarthisme. C'est un véritable panier de crabes, les flics s'accoquinent avec les truands, ces derniers voulant passer pour des bons patriotes en envoyant leurs nervis briseurs de grèves, membres du syndicat des camionneurs, bref en combattant l'ennemi commun, le communiste et les gauchistes de tout bord. L'intrigue est très efficace, mélange de scènes de crimes barbares, de réunions entre gens peu fréquentables, de planques, et de plongées dans la vie privée de policiers qui n'ont rien d'angélique. N'étant pas un très gros lecteur de polar, je me bornerai juste à dire que j'ai beaucoup goûté l'ambiance trouble et le cadre historique du récit, que c'est le meilleur roman du genre qu'il m'ait été donné de lire et que pour cette raison même, je m'enquille dans la foulée le troisième volume du Quatuor de Los Angeles, L.A. Confidential.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
arcade_d
  05 juin 2017
Ellroy comme Faulkner est un des grands de la littérature américaine. J'ai plongé dans ces romans dans les années 2000 avec délectation et crainte, et peur et enthousiasme.
Cette Amérique qui par son cinéma des années 90 nous renvoyé une image de grandeur, de liberté, de tout est possible si l'on veut se retrouve bien fracassé sous la plume d'Ellroy.
Je crois qu'après avoir lu Sapiens, je porte un nouveau regard sur l'oeuvre d'Ellroy et son entreprise de regard sur les coté sombre des histoires qu'on se raconte, des mythes auquel on croit pour pouvoir vivre ensemble.
Ellroy veut raconter son histoire de l'Amérique ! comment la bine raconter ? quel mot choisir ? Quel phrase construire ? Quand la mettre, quand la tronquer ? C'est un acte de littérature pour raconter !
La grand Nulle Part, n'est pas une oeuvre conceptuel, c'est trois histoire qui tissent une toile organique nous plongeant dans l'Amérique, ses rêves, ses illusions et ses cauchemars !
Commenter  J’apprécie          90
lehibook
  31 octobre 2019
Danny Upshaw,Buzz Meeks, Mal Considine,trois flics de Los Angeles au début de l'année 1950.Chacun ses félures, chacun ses angoisses , chacun ses ambitions et son rapport personnel à la morale, la « conscience professionnelle » , et à sa propre personnalité . Leur trajectoires mêlées forment la trame de ce roman complexe et magnifique . A l'arrière-plan , il y a la Ville grouillante et corrompue , la chasse aux sorcières dans les milieux du cinéma et le racisme omniprésent. Se dessinent aussi les silhouettes de personnages récurrents , Loew , l'ambition froide et Dudley Smith l'archange noir du mal . Également des personnages réels , Mickey Cohen , roi de la pègre et Howard Hughes le milliardaire dément.Du très grand roman !
Commenter  J’apprécie          81
cannibalector
  12 mars 2011
quoi dire de plus apres l'exellente critique de lili galipette!
je rajouterai juste que le grand nulle part est aussi lelieu d'affrontement entre la sensibilite de l'homme(voire sa féminite)et sa virilité qu'il doit à la fois dompter-bestialité-et afficher-l'homme fort et protecteur.
Commenter  J’apprécie          80
manonlitaussi
  27 octobre 2020
Le grand nulle part de James Ellroy


Le tout commence la nuit de la saint sylvestre en 1950.

On rencontre Dany Upshaw qui enquêtera sur le meurtre ignoble d'un homosexuel. Je vous épargne la description du corps mais Ellroy ne nous épargne aucun détail.

D'un autre côté, Mal, enquêteur à la division du grand jury et Buzz, l'ex flic un peu accro aux paris, s'embarquent dans une enquête au sein des studios de cinéma pour rassembler des preuves contre un syndicat communiste.

C'est époustouflant tant c'est dense et maîtrisé. Car les deux enquêtes finiront par se rejoindre. le trio va, à coup de menaces, de chantages et de coups, remonter les pistes.

Ellroy nous enferme dans un monde noir, une ville violente, des scènes qu'il nous décrit minutieusement pour nous saisir souvent par leur horreur. Toutes les images se forment dans notre tête. le langage n'est pas censuré. On est chez les flics des années 1950, on a leur accent, leur vocabulaire.

Tous ces détails livrés par une plume fine, détaillée et adaptée nous met au centre de ces enquêtes complexes et passionnantes. 

J'ai été impressionnée par ces 714 pages

C'est LE livre dont on peut dire il se mérite, j'étais accompagnée d'un petit carnet pour tous les personnages, manipulée par cet auteur incroyable.



+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
theobservor
  22 janvier 2020
James ELLROY le maître du roman noir, du moins un des leaders incontestablement.
Roman de toutes les corruptions et de toutes les perversions ne pouvant conduire que vers une impasse.
Une histoire, touffue, dense et semblant partir dans tous les sens : multiplication des personnages, des noms , des connections entre protagonistes plus ou moins subtiles : pour un puzzle long à prendre forme.
James ELLROY se complet dans cette noirceur et un côté malsain mis en exergue à travers les plus bas instincts le l'être humain.
Trois policiers Danny Upshaw, Mal Considine et Buzz Meeks au centre de ces histoires.
le 1er est un jeune flic enquêtant sur un meutre affreux va être amené à rencontrer notre deuxième homme...
Ancien combattant de la seconde guerre mondiale, traumatisé par une des réalités du nazisme, n'en demeure pas moins obsédé par un anti communisme primaire si propre au Mac Carthysme, qu'il n'a rien à envier à un héros du cinéma américain John WAYNE.
Haine qui est le moteur d'une ambition sans borne pour un poste proche du Procureur.
Le troisième ? une carrière est finie, il n'est plus qu'un rabatteur pour le ponte du cinéma.
Le lien entre le deuxième et le troisième ?
Une histoire de femme of course, qui pousse à régler un honneur bafoué de manière peu diplomatique et qui pousse le troisième à penser que le deuxième y a quelque chose à voir…
Comme un petit lapin pris dans les lumières d'une voiture,, le lecteur peut se surprendre à ne plus lâcher l'affaire.
Comme Marvin HAGLER , James ELLROY distribue les coups, éparpille les affaires, pour finir par commotionner ses personnages et achever les lecteurs par un joli uppercut.
En plus d'aborder les plus bas instincts de l'homme, James ELLROY se complet, se délecte, à aborder : trafic de drogue, pègre, prostitution, corruption, complots politiques, flics pourris, crime organisé, dans cette Amérique hystérique des années 50.
Il dénonce cette période de l'Amérique qui a fasciné l'europe de l'après-guerre et qui continue encore aujourd'hui à subjuguer le monde entier.
Rien ne se fait sans les USA.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Fx1
  25 mars 2014
Quand un auteur aussi incisif s'attaque aux zones sombres de Los Angeles , le choc ne peut étre que frontal. La plongée dans le contexte de l'époque , profondément paranoiaque , d'une violence sourde s'avére sans pitié. Ici la pire des crapules est un héros , et la politique est partout. En cette époque de chasse aux sorciéres il n'y a plus de morale , le plus perfide triomphe. Ellroy en observateur qui voit tout parvient à faire ressortir par tout les personnages cette période folle ou le moindre souffle était observé... Chacun est corrompu , et les trois personnages principaux survivent tant bien que mal , au millieu d'un univers cauchemardesque.... Un bijou noir , d'un réalisme saississant et mémorable.
Commenter  J’apprécie          50


Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

James Ellroy

De quelle couleur est le célèbre Dahlia ?

rouge
blanc
multicolore
noir

13 questions
144 lecteurs ont répondu
Thème : James EllroyCréer un quiz sur ce livre