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Critiques sur Le choix (12)
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marina53
  10 février 2016
Désirée, durant son enfance, a été ballottée de famille d'accueil en internat. En 1970, elle passera une année chez sa grand-mère, à Biarritz. Une année de bonheur pour l'adolescente qu'elle était. Puis, ce sera le pensionnat et les discussions entre copines, les sorties non autorisées. Elle fera la connaissance de Mathilde, plus âgée qu'elle, qui milite avec les filles du MLAC (Mouvement pour la Libération de Avortement et de la Contraception). Des filles qui n'ont peur de rien. Qui organisent des départs pour l'étranger où l'avortement est autorisé. Désirée rejoindra les rangs...

Le choix, c'est celui des femmes à pouvoir disposer de leur corps. Celui de mettre au monde ou non un enfant. Désirée Frappier nous plonge au coeur des années 70. Au travers de sa propre histoire, elle nous donne une grande leçon d'histoire. de l'appel des 343 femmes à la loi Veil en passant par le procès de Bobigny au cours duquel une jeune fille de 16 ans fut accusée d'avoir eu recours à l'avortement ou l'émancipation de la femme, elle retrace les grands événements des années 70 à nos jours. Un album instructif et documenté qui regroupe également des témoignages d'époque, des affiches publicitaires, des articles de journaux... Un album intime et touchant dans lequel Désirée Frappier montre à quel point la loi fut coupable, au point de rendre toutes ces jeunes filles également coupables, ainsi que le courage de toutes celles qui ont, un jour, osé s'opposer.
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carre
  06 décembre 2015
Le choix c'est celui de vouloir ou non un enfant. C'est le droit de disposer de la liberté de son corps. Reprenant la chronologie de cette lutte (le manifeste des «343», le procès de Bobigny, le combat de Simone Veil pour faire adopter la loi etc) ce roman graphique est passionnant. Il montre surtout quels drames et quelles souffrances physiques et morales doivent subir les femmes choisissant l'IVG avant la loi. Avec notamment une planche, montrant «les outils» utilisés à l'époque, terrifiante. Et que la lutte pour ce choix, trente quatre ans après le vote de la loi (remise en question par l'extrême droite en autre) est de se battre au quotidien pour cette liberté. Une BD intelligente et militantisme.
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Prudence
  13 octobre 2017
Le livre parle de l'accès à l'avortement à travers plusieurs prismes: une histoire familiale, personnelle, des discours publics, des affiches militantes, des témoignages, des coupures de presse... tout se mêle pour créer une ambiance.
C'est une BD très émouvante, bien écrite et dessinée en noir et blanc.
Il y a aussi des réponses à un anti-IVG.
Un ouvrage essentiel pour ne pas oublier comment c'était avant, à l'heure où les droits des femmes subissent encore des assauts répétés pour les réduire à néant.
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Fandol
  16 juin 2017
40 ans, jour pour jour, après le discours sur l'avortement prononcé par Simone Veil à l'Assemblée nationale, le 26 novembre 2014, Désirée et Alain Frappier envoyaient les fichiers de leur livre à l'imprimeur… Pourtant, malgré tout ce temps passé et tant de luttes menées par les femmes pour conquérir le droit de choisir de procréer ou pas, ce droit est toujours menacé par les intégrismes de toutes sortes.
L'histoire intime commence à la première personne du singulier. Celle qui raconte, entre en cinquième et voyage : « J'ai une carte famille nombreuse… Mais je voyage toujours seule. Je change souvent d'école… et souvent de famille. 1970 est une bonne année. C'est ma grand-mère qui me récupère sur le quai de Biarritz-la-négresse. » Elle s'appelle Désirée : « C'est curieux de s'appeler Désirée quand on ne veut pas de toi. »
Le dessin, en noir et blanc, est sobre, efficace, précis. Il permet de suivre cette adolescente qui arrive dans un lycée climatique pour jeunes filles asthmatiques où elle commence à… fumer et entend parler pour la première fois d'avortement : « Hélène, tombée enceinte d'un garçon de terminale… Elle avait trop peur d'en parler à ses parents. Elle a trouvé une adresse pour se faire avorter… Mais le soir, elle n'est pas revenue… Elle est morte ? Non, sauvée de justesse ! Une pionne l'a retrouvée baignant dans son sang, dans une chambre d'hôtel. »
Elle lit Sand, Balzac, Zola, Maupassant puis rencontre Mathilde qui fait partie du MLAC (Mouvement pour la libération de l'avortement et de la contraception.) Elle parle de l'appel de 343 femmes qui ont eu le courage, en 1971, de signer le manifeste : « Je me suis fait avorter ». Si les actrices ou les écrivaines n'ont pas été inquiétées, les intérimaires de l'enseignement ou de l'administration ont été brutalement renvoyées après la publication du manifeste.
Ainsi, au travers du parcours de cette jeune fille, nous suivons l'actualité, les procès comme celui de Bobigny, l'opposition de l'Ordre des médecins, le combat de Gisèle Halimi, avocate, et celui de Simone Veil devant une Assemblée composée de 469 hommes et 9 femmes ! Si la loi est votée en novembre 1974, elle n'entre en application que le 17 janvier 1975 mais l'hôpital Cochin, par exemple, refuse de l'appliquer.
« Les enfants portent les silences de leurs mères. Des silences qui se transforment en chagrins qui durent » et le dessin est très noir. Annie Ernaux publie L'événement, un livre boudé par les médias. Elle écrit : « Je n'ai jamais eu honte. J'ai davantage souffert du silence autour de mon avortement. Une immense solitude entoure les femmes qui avortent. »
Les différentes méthodes pour avorter sont détaillées mais ce qui est essentiel, c'est : « connaître notre corps et ne pas l'abandonner au pouvoir médical. » Il faut enfin citer Anne Joubert, texte ajouté dans les rencontres, à la fin du livre : « Tout ce qui a été acquis par la lutte des femmes peut être remis en cause à chaque instant par l'ordre moral et le pouvoir patriarcal. »
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BrunoLeLibraire
  20 avril 2015
Les Frappier récidivent !

Le troisième livre à quatre mains de Désirée et Alain Frappier, après L'Ombre de Charonne et La vie sans mode d'emploi, évoque les années 1970 à 2014 en France.
Le Choix, c'est celui des femmes à disposer librement de leur corps, c'est-à-dire à choisir de procréer ou non. Désirée raconte : l'histoire se situe toujours en équilibre entre autobiographie et un contexte politique et social accompagné de documents d'archives et de témoignages poignants. Alain met en image avec des dessins en noir et blanc empreint d'ombre et de poésie qui collent juste avec la sensibilité des mots de sa compagne.
Dans cette “bande-dessinée-reportage” les Frappier reviennent donc sur la lutte pour l'IVG, nous rappellent comment c'était avant, du temps des avortements clandestins à l'aiguille à tricoter.
La chronologie se déroule : le Manifeste des 343 femmes qui affirment courageusement “Je me suis fait avorter”, le procès de Bobigny où on accusait une jeune fille de 16 ans d'avoir eu recours à un avortement aidée par sa mère et la fameuse plaidoirie de Gisèle Halimi, la loi Veil de 1974 et les difficultés auxquelles elle se heurte face à une assemblée nationale constituée de 469 hommes et 9 femmes…
Et aujourd'hui ?
Où en sommes-nous ? Dans un passé récent, les auteurs rencontrent lors d'un salon du livre un jeune stagiaire issu d'une éducation catholique, réfractaire à l'avortement. S'ensuit une discussion retranscrite dans le livre où tous les arguments du jeune homme sont soumis aux réponses des personnes qui luttent pour les droits des femmes.
Un cahier bonus à la fin (illustré), avec les documents d'époque, les affiches publicitaires, le parcours du livre, les personnes rencontrées, les articles de journaux, les films et ressources en ligne.
A l'heure où le planning familial de Toulouse est menacé de fermeture, ce livre arrive comme un travail de mémoire et de vigilance par les temps qui courent, où la remise en cause d'acquis sociaux et des libertés gagnées est à la mode.

Louise
Lien : http://www.librairie-renaiss..
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alouett
  20 février 2017
Elle a passé son enfance à changer de maison. Chaque année, ses parents la mettaient dans un train, direction une autre ville, une autre famille d'accueil. Jusqu'au début de sa vie d'adulte, sa vie ne fut qu'une succession de séparations. Pourquoi ?

Il y eu une courte période pourtant où elle se dit que le bonheur était possible. Cette année-là, elle rentre en Cinquième. Sa grand-mère demande à ce qu'elle vienne vivre chez elle. Direction Biarritz et le bonheur, direction les petits mots sucrés du matin et les mots rassurants du soir. L'année s'annonce bien. Mais le bonheur ne dure qu'un temps. Pour elle, il a duré un peu plus d'un trimestre en tout et pour tout. Il fut emporté par le décès soudain de sa grand-mère. Elle part alors dans une nouvelle famille d'accueil en milieu d'année scolaire. Changement d'école, changement des repères, une fois de plus. Elle a l'habitude même si elle se fait difficilement à cette réalité.

A 13 ans, elle découvre la vie avec ses parents. L'enfant cherche ses repères dans ce noyau familial qu'elle ne connaît pas, elle tâtonne pour en trouver les contours. La communication ne passe pas, elle devine les limites à ne pas franchir et quand elle les dépasse, les coups de son père tombent sans qu'elle en comprenne les raisons. Elle sait juste qu'elle est responsable de sa colère.
Ce qui accroît son incompréhension, c'est qu'elle n'est plus scolarisée. Pour pallier à cela, elle allume la radio chaque matin et suit une émission qui diffuse des programmes pédagogiques. Deux cours de danse hebdomadaires viendront remplir un peu son emploi du temps. Pour le reste, elle tue l'ennui et la solitude en lisant. La journée, elle est seule à la maison. Elle stagne ainsi pendant deux ans, loin de ses pairs, loin de tout avant de retrouver les bancs de l'école. Elle a 15 ans quand elle redevient élève ; elle y trouve du plaisir mais cela a un prix…
Le soir, elle dort dans un foyer d'étudiantes. Elle sympathise avec des filles plus âgées qu'elle, l'une d'entre elle milite au MLAC. La narratrice découvre le combat pour le droit des femmes, elle le fait sien sans toutefois en comprendre les tenants et les aboutissants… cela viendra plus tard.



Le scénario décrit un parcours de vie atypique. On se pose plusieurs fois la question de savoir quelles peuvent être les raisons qui motivent un couple parental à imposer ce cadre de vie si particulier. Pourquoi mettre tant de distance entre soi et son enfant ? Pourquoi lui imposer toutes ces séparations et la balloter de famille d'accueil en famille d'accueil ? Pourquoi ne pas voir l'insécurité dans laquelle ils la mettent et pourquoi attendre d'elle qu'elle grandisse seule ? Pourquoi ne pas l'aider à se forger ses propres armes qui l'aideront plus tard dans sa vie d'adulte ? Des pourquoi… beaucoup. Quelques réponses seront données après-coup.
(...)
Lire l'avis complet : https://chezmo.wordpress.com/2017/02/20/le-choix-frappier-frappier/

Lien : https://chezmo.wordpress.com..
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shelters
  14 juin 2016
Cette BD traite du combat des femmes pour avoir le droit de choisir de procréer ou non. Les auteurs font un état des lieux des années 1970 à 2014. Malgré la loi Veil et contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce droit est à nouveau menacé par des bonnes âmes désireuses de revenir à une société patriarcale. le sujet est plus qu'intéressant car il ne faut pas que les nouvelles générations oublient qu'il n'y a pas si longtemps que ça les femmes n'avaient pas autant de droits qu'actuellement et que leur vie était loin d'être aussi libre et heureuse. Une bonne piqûre de rappel.
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som
  30 mai 2016
L'histoire de la lutte pour l'avortement et la contraception vécue et racontée par plusieurs générations de femmes qu'elles soient témoins, actrices de cette révolution ou héritières de ce droit fondamental.
En replongeant dans son enfance, Désirée Frappier nous entraine dans la France des années 1970, encore corsetée par la religion et une vision patriarcale de la famille. La vie de sa mère résonne avec le quotidien de nombreuses femmes : grossesses répétées non désirées faute de contraception légale, avortements clandestins qui virent au drame alors que la société se déchire entre pro et anti. L'album nous montre à voir les grandes figures de cette lutte : Simone Veil sans qui rien n'aurait été possible, mais aussi tous les femmes et les hommes qui au quotidien ont pris tous les risques pour aider des femmes dans la détresse.
40 ans plus tard, tout a changé, l'avortement n'est plus un crime. 40 ans plus tard, rien n'a changé, il reste une douleur intime pour chaque femme.
Alain Frappier a eu grâce de traiter ce sujet sensible, en choisissant les codes graphiques du manga. Noir, gris et blanc, cases en ombres chinoises, dessins aux traits fins, intégration subtile de documents photographiques, ellipses poétiques. L'intelligence de cette composition rend un hommage subtil à ces combattant(e)s.
Un copieux dossier documentaire en fin de volume rassemble plusieurs documents d'époque et une bibliographie pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin. Les scènes coupées et les dessous du livre m'ont moins intéressée.
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lemillefeuilles
  23 février 2015
J'ai tout de suite été attirée par cette bande-dessinée, puisque la condition des femmes est un sujet qui m'intéresse beaucoup. Dans cette bande-dessinée, Désirée Frappier revient sur la lutte pour le droit et la légalisation de l'avortement en France, autrement dit la loi Veil. L'auteure nous raconte quelques épisodes de sa vie à cette époque, et de celle de sa mère qui a vécu plusieurs avortements clandestins. On va suivre la jeune femme, ballottée de famille en famille, durant son adolescence.

En seconde partie, nous sommes en 2014, où l'auteure vient sur le projet de la bande-dessinée, en réaction au projet de loi anti-avortement en Espagne. Nous avons notamment droit à un passage ou un jeune homme dénonce l'avortement comme quelque chose de mal. Ses arguments sont démontés un à un dans la bande-dessinée. J'ai trouvé ça très bien d'en parler, nombreux sont ceux qui pensent comme lui, encore aujourd'hui.

Nous en apprenons également plus sur les avortements clandestins, pratiqués d'une telle façon que j'en ai mal rien que d'y penser... Et, à la fin de la bande-dessinée, il y a quelques documents sur les rencontres du couple - Désirée Frappier écrit, et Alain Frappier illustre - auprès des personnes qui ont manifesté pour le droit à l'avortement, et qui manifestent pour les droits des femmes. Il y a également un article sur le procès de Bobigny, et quelques autres, tous aussi intéressants les uns que les autres.

Pour conclure, c'est un témoignage très intéressant, qui parle d'expériences difficiles, et du choix qu'on peut faire d'être parent - ou non.
Lien : http://leslecturesdanais.blo..
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AnneNY
  07 juin 2019
J'ai beaucoup aimé le côté militant de cette BD. Un beau livre, une Histoire très bien racontée. de très beaux portrait de Femmes.
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