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EAN : 9782070419234
130 pages
Gallimard (30/11/-1)
4.19/5   491 notes
Résumé :
L'occasion d'un banal examen dans un cabinet médical replonge la narratrice plus de trente ans en arrière, en janvier 1964, au moment de son avortement clandestin. Si le souvenir apparaît lointain, l'événement n'en est pas moins indélébile. A la fois égarée et démunie, pendant deux mois, la jeune femme d'alors a caché sa grossesse, à ses parents comme à ses amis proches, cherché désespérément une "faiseuse d'anges". C'est à Paris, rue Cardinet, que la narratrice tro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (69) Voir plus Ajouter une critique
4,19

sur 491 notes
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bilodoh
  28 mars 2015
Je déteste cette histoire !

Je déteste le regard méprisant du médecin (et des autres…)

Je déteste cet « ami » qui se croit tout permis, parce que si une fille est tombée enceinte, c'est qu'elle est trop libre…

Je déteste le sort de cette étudiante, sa solitude dans une impasse, sa vie entre les mains d'une faiseuse d'anges.

Je déteste tout ça, et je remercie celles et ceux qui ont fait en sorte que moi, ma soeur, ma fille, ne vivrons pas « L'événement ».

Un témoignage bouleversant, je déteste que ce soit si vrai et qu'on ne puisse l'oublier une fois le livre refermé.
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Kittiwake
  14 août 2015
Annie Ernaux raconte ici l'avortement qu'elle a du subir, bien avant la loi du 19 janvier 1975. Parcours du combattant, émaillé des multiples vexations de son entourage, y compris du géniteur ou des personnes professionnelles ou non à qui elle demande de l'aide, et qui met en lumière encore une fois à quel point le milieu social auquel il semble que l'on appartienne modifie le regard de l'autre.
Même si tout n'est pas forcément simple et facile presque cinquante ans plus tard, l'auteur apporte aussi un éclairage historique et social autour de la condition féminine.
L'analyse est comme toujours fine, aiguisée et terriblement dérangeante

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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celdadou
  01 juin 2015
Ce livre très bien écrit , c'est un livre historique qui nous transmet l'expérience des femmes dans les années 1963, ainsi que leurs souffrances lors des grossesses non désirées.
L'auteur a subi cette IVG, 5 ans avant la légalisation de la pilule contraceptive et 11 ans avant la loi sur l'IVG
De nos jours comment concevoir une telle tragédie ...Comment peut on imaginer que la femme contemporaine se prouve égale à l'homme ...
C'est donc l'histoire de Annie Ernaux, elle se trouve enceinte alors qu'elle est étudiante...Sa conception de l'amour physique chez cette jeune femme c'était que "dans l'amour et dans la jouissance,je me sentais pas un corps intrinsèquement différent de celui des hommes"
Malheureusement la physiologie d'une femme est différente et sa grossesse non désirée met vite fin a ses illusions.
Dans les années 60 des milliers de françaises avortent clandestinement dans la souffrance au risque de mourir ou de devenir stérile .
Annie nous raconte son vécu , le rejet des médecins , l'ambiguité de ses amis ..il l'a comprenne mais n'ont pas de moyens de l'aider ....
Ce geste de l'avortement qui est de nos jours anodin et qui n'a pas de complications est décrit dans ce livre comme une Horreur ..certaines pages sont très difficiles à lire ..;
La jeune femme cependant vivra cet avortement comme une libération , lorsqu'elle est allongée sur la table de le "faiseuse d'ange".....
La suite est beaucoup plus douloureuse lorsqu'elle se retrouve chez elle dans sa chambre à l'université....C'est une scène d'horreur ou se mêlent la vie et la mort.
"Je sais qu'aujourd'hui il me fallait cette épreuve et ce sacrifice pour désirer avoir des enfants."
Cette phrase est vraiment très explicite et décrit la douleur et l'impuissance dans laquelle se trouve Annie.
Un homme n'aurait jamais subir une telle souffrance ...aussi bien physique mais également psychologique ...car elle est seul ..avec son embryon.
Elle ira voir un prête par la suite pour se confesser .., la encore la religion lui tourne le dos ...A son tour elle la reniera .
C'est très émouvant et on voit de quoi l'homme est capable de sa cruauté ...même s'il n'y a pas de violence physique .
Ce livre devrait être lu par tous car ..il est si facile d'oublier d'où l'on vient , notre histoire , ce qu'on vécu nos grands mères voir mères...
Les femmes se sont battues pour être reconnues , et être sur le même statut que l'homme ....mais avec quels sacrifices ....
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Renatan
  15 mars 2017
C'est la mort d'Henri Morgentaler, en mai dernier, qui m'a ramenée plusieurs années en arrière, à la lecture de « L'événement ». Ce médecin était le porte-étendard de la lutte des femmes pour l'avortement. Polonais d'origine et ancien rescapé de Dachau, il a consacré sa vie à la pratique clandestine de l'IVG (interruption volontaire de grossesse), soutenant que sa philosophie de l'acte n'était rien de moins qu'une lutte pour la justice et la dignité des femmes. Peu d'hommes, aussi idéalistes soient-ils, ont pris autant de risques pour le droit des femmes. S'il a évidemment été extrêmement contesté par les forces réactionnaires, Morgentaler a fait preuve d'un courage sans nom dans la défense de ses convictions, jusqu'à sacrifier 10 mois de sa vie dans une prison de Montréal pour avoir usé de cette pratique clandestinement…
Si Annie Ernaux, dans « L'événement », s'est affranchie par les mots d'un lourd fardeau, elle a aussi eu la force de s'élever au-delà des préjugés pour s'affirmer, non seulement dans ses croyances, mais aussi dans la lutte d'un sujet fort controversé. Elle nous raconte dignement ici son avortement, à l'âge de 23 ans et en plein coeur des années 60 alors que l'IVG est à cette époque en France sévèrement punie par la loi. Il s'agit ainsi d'une autobiographie sur cet épisode marquant de sa vie, pour lequel elle se donne le droit imprescriptible d'écrire, l'ayant vécu et jugeant qu'il n'y a aucune vérité inférieure.
Annie Ernaux est une authentique. Elle s'approche de la réalité avec tant de finesse et de naturel que nous nous sentons submergées par son vécu. En plus de briser les chaînes de la culpabilité, par les mots, elle a fait de la violence vécue une victoire individuelle. Avec courage, elle affirmera : «ce qui poussait en moi c'était, d'une certaine manière, l'échec social.» Je dirais, pour ma part, que l'échec social est également la part d'aveuglement d'une société incapable d'envisager de manière réaliste la condition reproductive des femmes. Malgré la culpabilité et la crainte, elle a vécu son avortement comme une libération extraordinaire. de cette expérience simultanée de la vie et de la mort, elle s'est sentie naître et mourir à la fois d'une mère trop présente. Elle exprimera de manière assez touchante : « Je sais aujourd'hui qu'il me fallait cette épreuve et ce sacrifice pour désirer avoir des enfants. Pour accepter cette violence de la reproduction dans mon corps et devenir à mon tour lieu de passage des générations ». Ces quelques mots en disent long sur l'acceptation de son geste…
Ce court récit a aussi éveillé en moi un certain nombre de réflexions. Il eut été difficile pour l'auteure de partager un vécu aussi intime sans qu'en résultent maints questionnements sur la condition féminine de l'époque. Elle ne manque pas de rappeler que sa pensée s'affilie au dogme proférant que les différences entre les sexes sont socialement construites. Et rappelons-le, cette philosophie de base est née chez Simone de Beauvoir qui affirmait qu'« on ne naît pas femme, on le devient ». S'ajoute à ses réflexions le pouvoir de vie et de mort qu'ont les femmes, et qui ont paradoxalement fait d'elles l'objet d'une domination masculine à plusieurs niveaux. En allant au bout de son avortement, elle dit avoir ainsi marqué la seule différence indiscutable entre les sexes. Elle rappelle également que si le sexe se passe de reproduction, l'inverse n'en demeure pas moins assez exceptionnel. Les tests de dépistage du sida s'ajoutent au processus pour en accentuer la peur. Car si certaines femmes ont non seulement eu à subir un avortement, elles vivent également dans la crainte d'être contaminées.
Finalement, je vous laisserai sur ses mots : « Il était impossible de déterminer si l'avortement était interdit parce que c'était mal, ou si c'était mal parce que c'était interdit. On jugeait par rapport à la loi, on ne jugeait pas la loi. » Quant à moi, qui peut juger de l'honorabilité d'un acte qu'il n'a pas eu lui-même à affronter? Au nom de quoi certaines personnes se donnent-elles le droit de disposer du corps d'autrui? En prônant haut et fort que l'IVG est un crime, on contribue à mon sens à souiller la blessure déjà existante et à exercer un droit sur la plus intime des valeurs : la dignité. C'est ce qu'Annie Ernaux s'est à mon sens efforcée de transmettre…
Lien : http://www.lamarreedesmots.c..
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Floyd2408
  05 décembre 2021
Me revoilà à lire un roman d'Annie Ernaux, le deuxième après Mémoire de femme, acheté, il y a quelques jours, le titre, l'auteur, la quatrième de couverture ont su éveiller en moi une vive curiosité, ce matin la première de couverture jonché sur le bord du canapé a su capter mon regard, puis magnétique, ma main pris ce roman , l'ouvrit , la lecture débute sans pouvoir faire une pause pour le dévorer d'une seule traite, en apnée tout le long, je respire enfin, L'événement vient de se diffuser en moi, les mots ont dans l'écriture d'Annie Ernaux une réalité froide si réaliste avec un détachement lucide et surtout une force certaine venant vous emprisonner et vous étourdir. J'aime beaucoup la prose de cette auteure française, sa façon d'écrire me trouble dans sa simplicité et sa clairvoyance, l'émotion est là palpable et fuyante, déjà dans Mémoire de femme, son regard de femme était lucide sur celle, adolescente qu'elle fût, et de sa perte de virginité, elle ne se reconnait pas, le temps efface le soi pour un autre, L'événement retrace son acte d'avortement qu'elle relate sans pudeur, laissant les protagonistes dans l' anonymats, leur prénoms associés à une lettre majuscule, les laissant au loin dans le passé, pour ne pas les déranger , les figer dans l'écriture d'une histoire qu'ils ont vécus sans être là au moment de la coucher sur la page blanche, juste par leur rôle.
J'ai lu, il y a quelques années Dix-sept ans de Colombe Schneck, sur son avortement et ce manque, les circonstances n'était pas les mêmes, comme la manière de ressentir la situation, Annie Ernaux perce au plus profond l'acte, la souffrance physique, il y a une chronologie de la grossesse à l'acte, avec tous les détails, s'aidant de son journal intime. Ce roman s'articule entre ces deux périodes, celle du récit lors de l'année 1963 et 1999, celle de l'écriture du roman, un va et vient s'entremêle laissant Annie Ernaux dans une dualité intime, découvrant ce présent et ce passé s'ouvrir l'un à l'autre.
Le roman s'ouvre par deux citations qui résument parfaitement l'état d'esprit de notre auteure, l'une de Michel Leiris, « Mon double voeu : que l'événement devienne écrit. Et que l'écrit soit événement. », l'autre de Yûko Tsushima, « Qui sait si la mémoire ne consiste pas à regarder les choses jusqu'au bout. », le titre L'événement résume son acte d'avorter et le roman en soi, associé et dissocié, l'un est une part de vie vécue et l'autre l'écriture qui le fait revivre en profondeur à l'infini.
Tout commence dans une salle d'attente de dépistage du sida, Annie Ernaux n'oublie pas la similitude avec celle du médecin lui annonçant sa grossesse, l'attente était identique « dans la même horreur et la même incrédulité. » le 8 novembre 1963 sonne « l'horreur », c'est ce qu'elle notera dans son carnet juste après « je suis enceinte » où le refrain absurde du médecin D, lui revient, une phrase « affreuse », « les enfants de l'amour sont les plus beaux », d'ailleurs tout le long de son parcourt, le corps médical aura des discours fort surprenant, à la limite du raisonnable, comme le médecin de garde la culpabilisant, « Pourquoi as-tu fait ça ? Comment as-tu fait ça, réponds ! », . « Regarde-moi ! Jure-moi que tu ne le feras plus ! Jamais ! », et l'interne lors de son curetage lui assène cette phrase insolite « Je ne suis pas le plombier ! », et aussi la tromperie du docteur D, lui donnant des piqures anti fausse couche, prétendant une traitement pour lui faire revenir ses règles, et le docteur N par téléphone lui conseillant du Masogynestril, sans vouloir la revoir et la voir, sachant qu'il faut une ordonnance pour l'avoir, la jeune fille de 63, sondée pour se faire avorter aura une humiliation de plus lorsque dans la pharmacie demandant ce médicament ordonnancé, il ne faut pas oublier qu'à cette époque, l'avortement est interdit, le regard des autres était lourds, comme pour les jeunes filles mères, le mépris est de rigueur, Annie le ressent à l'hôpital et écrit « La fille avortée et la fille mère des quartiers pauvres de Rouen étaient logées à la même enseigne. Peut-être avait-on plus de mépris pour elle que pour moi », ce passé semble être lointain, Simone Weil avec sa loi de l'avortement a su libérer la femme et laisser Annie Ernaux avec cet événement, car ce mot n'avait pas de place dans le langage de l'époque.
Le mouvement entre l'écriture et l'année 63 est un passage entre deux époques opposées qui s'unissent par des faits, comme la fuite des réfugiés kosovars vers l'Angleterre à Calais, comparant les passeurs aux faiseuses d'anges (les avorteuses), son carnet intime lui permet de bien poser les mots pour écrire son roman L'événement. Entendre une musique comme La javanaise, J'ai la mémoire qui flanche, la bouleverse, lui laissant des effluves du passé, tandis que Dominique nique nique de Soeur Sourire lui donna du courage, pour cette journée dans la rue Martainville, cherchant un docteur pour se faire avorter, Annie Ernaux se prendra d'affection pour Soeur Sourire, de son destin tragique, ayant cette même solitude morale, à des temps décalés, en fait notre auteure pense que son histoire se retrouve dans certains personnages qu'elle rencontre au cours de ces lectures, des artistes qu'elle écoute, des personnes de son passé, créant une chaine invisible dans sa chair.
Annie Ernaux fait un constat sociale des femmes de ces années soixante, où les jeunes filles enceintes célibataires sont un déshonneur pour la famille, comme celles qui avortent, le regard des hommes sur les femmes restent souvent celui du mépris, de la domination, certains abusent de la faiblesse des femmes et de leurs rôles subalternes. Cet enfant en elle lui rappelle le milieu social modeste de ces parents, sa clairvoyance intellectuel lui échappe, lui renvoyant par la force de la situation la manuelle qu'elle aurait dû être, son mémoire s'évapore, tous les concepts du sujet , les femmes dans le surréalisme, lui deviennent indicible, comme sans solution, son génie disparait en même temps que son ventre laisse se loger un être vivant , la réduisant à une souffrance nouvelle, le corps lestant sa capacité intellectuelle vers le néant des mots. On découvre aussi par le regard de cette étudiante en lettres de 23 ans , la culture qui caresse l'époque, Sartre est présent par sa pièce Huis clos, qu'elle trouve formidable, note de son carnet intime, L'Être et le Néant, par le garçon café du Métropole qui joue son rôle du garçon de café, des films vus lors de cette période , chansons qu'elle écoute , tout cristallise cette période qui va l'emmener à L'événement.
L'écriture permet à Annie Ernaux de pouvoir avoir les émotions qu'elle n'a pas eu lors de cet événement, comme crier et pleurer, l'écriture devient la vérité des souvenirs, des choses que l'on n'oublie pas, l'écriture est cet acte de revoir, comme le dit Annie Ernaux « c'est comme si j'y étais encore ».
Tous les personnages restent anonyme comme je l'ai dit au début, le géniteur devient un P, étudiant de Bordeaux, cette étudiante L.B qui l'aida à trouver une faiseuse d'anges, Mme P.R, ils sont tous réduit à des initiales, les laissant tranquille dans leurs rôles qui furent les leurs pour L'événement, dans le livre actuel qu'elle écrit ils n'ont pas demandé d'y être, l'étudiante O qui l'aida lors de sa fausse couche, cette scène est surréaliste, lorsque coule entre ces jambes l'embryon accroché par la cordon ombilical et cette incrédulité de ne pas avoir cette connaissance de la procédure à suivre, la douleur la tenaille, le sang coule, la peur s'assaille, c'est comme une mort qui la prend dans son ventre, s'en suit l'hôpital, le curetage et le soulagement, cet événement lui à permet de devenir une futur mère !
Ce roman est assez court, il est riche par sa construction et son contenu, Annie Ernaux est une magicienne réaliste avec une prose figeant le passé dans sa profondeur d'âme et de chair, l'épuration prosaïque peint un tableau sobre où s'invite cette peinture qu'Annie Ernaux aurait voulu réalisé pour immortaliser cette scène de l'impasse Cardiner, plutôt le passage, dans cette pièce où Mme P.R lui posa la sonde, deux fois , Annie L. viendra à Paris pour subir cette opération, Atelier de la faiseuse d'anges serait ce tableau imaginé pour combler ce manque dans les musées, « une petite table adossée à un mur, couverte de formica, avec une cuvette émaillée où flotte une sonde rouge. Légèrement sur la droite, une brosse à cheveux » reste l'image qui flotte dans l'esprit de notre auteure.
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Citations et extraits (87) Voir plus Ajouter une citation
FleurDuBienFleurDuBien   21 mai 2022
(À propos de son avortement).

Depuis des années, je tourne autour de cet événement de ma vie. Lire dans un roman le récit d'un avortement me plonge dans un saisissement sans images ni pensées, comme si les mots se changeaient instantanément en sensation violente. De la même façon, entendre par hasard La javanaise, j'ai la mémoire qui flanche, n'importe quelle chanson qui m'a accompagnée durant cette période, me bouleverse.
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FleurDuBienFleurDuBien   21 mai 2022
Il se peut qu'un tel récit provoque de l'irritation, ou de la répulsion, soit taxé de mauvais goût. D'avoir vécu une chose, quelle qu'elle soit, donne le droit imprescriptible de l'écrire. Il n'y a pas de vérité inférieure. Et si je ne vais pas au bout de la relation de cette expérience, je contribue à obscurcir la réalité des femmes et je me range du côté de la domination masculine du monde.
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FleurDuBienFleurDuBien   21 mai 2022
Elle a dit aussi, en haussant les épaules, quand je lui ai parlé de mes efforts aux sports d'hiver, "Pensez-vous, il a repris de la force !". Elle en parlait joyeusement comme d'une bête maligne.
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FleurDuBienFleurDuBien   21 mai 2022
Il me semble que cette femme qui s'active entre mes jambes, qui introduit le speculum, me fait naître.
J'ai tué ma mère en moi à ce moment-là.
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FleurDuBienFleurDuBien   21 mai 2022
Ni lui ni moi n'avons prononcé le mot avortement une seule fois. C était une chose qui n'avait pas de place dans le langage.
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Vidéo de Annie Ernaux
Dans l'Événement, elle aborde la réalité de l'avortement clandestin, à une époque où les femmes, prisonnières des carcans des années 60, subissaient le poid du danger, de la honte, de la solitude… En adaptant le récit autobiographique d'Annie Ernaux, Audrey Diwan réussit une oeuvre frontale, intimiste, mais aussi très politique, qui lui a valu de décrocher le lion d'Or à la dernière Mostra de Venise. Un film aux allures de coup d'éclat, qui résonne avec le premier: Dans Mais vous êtes fous, sur un père cocaïnomane qui contaminait involontairement sa famille, la cinéaste interrogeait déjà un tabou - celui de la drogue, et questionnait le corps comme « lieu du secret »… Egalement scénariste, notamment pour les films de Cédric Jimenez (La French, Bac Nord), cette ex-éditrice et journaliste, qui a confondé le magazine Stylist, a eu déjà plusieurs carrières, avec, pour fil rouge, un rapport viscéral à l'écriture, au choix, à la liberté d'expérimenter. Au milieu d'un marathon d'interviews, elle est venue nous parler de l'Événement, de sa relation à Annie Ernaux, et du parcours, éclectique mais cohérent, qui l'a menée à la réalisation.
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