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EAN : 9780666809391
118 pages
Forgotten Books (06/02/2019)
4.5/5   1 notes
Résumé :
Extrait

Nullement. Je me suis réveillé moi-même, à la suite d'un rêve, et depuis un instant je vous écoutais jaboter.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Il s'agit d'une histoire d'amour très touchante entre la fille d'un couple cossu de province, nommée Germaine, et un enfant du village élevé à Paris à la suite du décès de ses parents, nommé Maurice. le titre vient d'une réplique d'un des personnages, qui compare les parents de sa belle à des "appeleurs", c'est à dire des canards domestiques qui sont utilisés par les chasseurs pour attirer les canards sauvages et les abattre. Ce couple semble nager dans le bonheur et fait croire aux autres qu'il est possible, alors que, selon le jeune homme, il est illusoire. Des sentiments se développent entre les deux jeunes gens. Peu à peu, l'histoire est envenimée par un personnage très sombre, une jeune bigote, soeur de lait de Germaine, nommée Victoire, essentiellement mue par le ressentiment, qui, avec un certain Leroy, un fermier voisin accablé par le sort, influence la pauvre Germaine pour compromettre ses chances de bonheur. Cette Victoire est une véritable figure du mal, très juste. Tout, dans cette pièce évoque une nostalgie, un mélancolie douce-amère. Ambroise Janvier ne mérite pas l'oubli dans lequel il est tombé.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
MAURICE : Eh bien, ce matin, je longeais les bords du Loir, quand tout à coup deux canards sortant des roseaux s'envolent à tire d'ailes. D'instinct j'épaule, croyant être tombé sur un couple de sauvages, quand une voix effarée me crie derrière une haie : « Hé là-bas ! monsieur Maugray, vous n'allez pas tuer mes appeleurs ! »

JACQUELIN : C'était le pêcheur, le père Boisard.

MAURICE : Lui-même, il m'a expliqué que ses appeleurs, c'étaient ses canards de chasse.

JACQUELIN : Oui, sur nos bords du Loir, on dit des appeleurs, dans d'autres pays des appelants... enfin, appeleurs, appelants, peu importe !... Vous savez comment on les utilise ?...

MAURICE : On les attache l'hiver devant une hutte où le chasseur s'embusque et ils servent d'appeaux. Leurs frères sauvages qui passent se laissent tomber à côté d'eux,croyant trouver le repos et la pâture, mais bientôt mal leur en prend.

JACQUELIN : En effet... Eh bien, quel rapport ?

MAURICE : Attendez, m'y voici : après un court entretien avec le père Boisard, je quittai la rivière et remontai le coteau. Une fois sur la hauteur, en regardant le tranquille et merveilleux paysage, j'aperçus votre maison, blanche et ensoleillée à travers les arbres, votre maison dont le seul aspect éveille des idées d'abri, de bien-être et de repos, la maison du bonheur ! Je crus alors entrevoir le secret d'une des mystérieuses lois de ce monde. Oui, me dis-je, il en est sans doute chez les hommes comme chez les oiseaux : certains d'entre eux servent d'appeleurs, ceux-là, tels vous, qui furent, qui
seront toujours heureux...

JACQUELIN : Merci de la prédiction... je goûte beaucoup l'apologue...

MAURICE : Mon Dieu, oui, marqués à l'avance pour jouir d'immunités miraculeuses, ces êtres privilégiés, ces êtres d'exception sont postés providentiellement de place en place, pour appeler à la vie active les désenchantés ou les craintifs qui voudraient se dérober aux responsabilités et aux luttes. En les voyant, ces appeleurs, couler une vie si parfaitement égale et douce, tous les pauvres diables qui passent et qui peinent reprennent confiance en l'avenir... Ils partent sur de nouveaux projets, pour tomber bientôt, ainsi que les canards imbéciles, dans le piège que leur a tendu le Destin, chasseur éternel et qui ne désarme jamais !
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MARCHAND : Voilà donc : Elle s'était remise à me causer depuis quelques jours, à me faire même des amabilités, tellement que je me disais :.« Elle va peut-être quitter ses dévotions pour m'écouter! » Enfin, elle me dit le samedi soir, comme je revenais de conduire les chevaux au pré : « Si tu arrives à fiche une bonne volée au gars Loiseau, je te porterai dans mon cœur... vas-y ! »

JACQUELIN : Au gars Loiseau? Pourquoi?

MARCHAND : Parce qu'il n'avait pas salué le Saint Sacrement le jour de la procession, qu'il avait même, exprès, gardé son chapeau sur sa tête, et depuis que je l'ai battu, elle répète partout : « Vous voyez, Loiseau est puni
de son impiété ; il est au lit au moins pour quinze jours. Ça lui apprendra à insulter le Bon Dieu ; que ça serve d'exemple ! » Quant à moi, elle me rit au
nez maintenant plus que jamais, et ça me fait une telle peine que... je vous demande pardon, monsieur Jacquelin... que pour un rien j'en pleurerais encore, tenez !...
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MAURICE : Restez sur cette idée ! je ne vous en compte pas moins, mes chers amis, parmi les plus dangereux, les plus perfides des donneurs d'illusions. De votre maison tapissée de glycines, de votre jardin de fleurs, de toute cette vallée charmeresse, ne semble-t-il point partir des voix, des appels : « Ohé, passant ! Arrête-toi ! Imite ceux qui choisirent cette attrayante demeure, ceux qui croient à la bonté de la nature et reçoivent
d'elle en cet Eden la récompense de leur foi ! » Et moi-même, ce matin, contemplant votre retraite, je sentais le charme opérer, je me disais : pourquoi le sort me serait-il plus dur qu'à mes amis qui habitent
là-bas ?... pourquoi n'aurais-je pas, modelant ma vie sur la leur, un foyer, une famille ?
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LEROY : Monsieur le curé, écoutez-moi, pendant que nous sommes bien seuls, je ne suis pas un ami fidèle, mais un coquin, un traître, un misérable !

L'ABBÉ : Un misérable ? En quoi ?

LEROY : J'avais l'air, n'est-ce pas, de compatir aux souffrances des Jacquelin, je leur prodiguais mille consolations qui semblaient partir d'un bon cœur?... Ah bien, oui! Savez-vous ce que réellement je ressentais? Une joie féroce de les voir à leur tour malheureux... une de ces joies sans bonheur, mais délicieuses tout de même, qui sont le privilége des envieux!... N'est-il pas vrai, monsieur le curé... parlez-moi comme si vous receviez ma confession... n'est-il pas vrai que je suis un misérable ?
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MAURICE : Eh bien oui, je l'avoue, là, honteux comme un canard victime des appeleurs !... J'ai du reste l'impression qu'en faisant partie de leur bande, en me plaçant sous leur aile, je me trouve hors de tout danger, je me soustrais aux coups du chasseur de là-haut ! Voilà pourquoi je dédaigne les avertissements du pessimiste Leroy, voilà pourquoi je m'attache à mes chers hôtes, à leur maison protectrice ainsi qu'à des fétiches bien-aimés, et je suis certain que le malheur ne franchira jamais cette barrière, passera toujours sans s'arrêter, comme ces femmes en deuil, tenez, qui se rendent sans doute aux obsèques du pauvre Morin.
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