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Critiques sur Cartographie des nuages (63)
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Folfaerie
09 mars 2013
Pfiou... Quel choc !!

Cartographie des nuages… c'est le nom donné à son sextuor par Robert Frobisher en 1931. le jeune homme est installé dans le château de Zedelghem, et sert d'assistant au vieux Ayrs, un compositeur anglais de renom. Il écrit de longues lettres à son ami Sixsmith dans lesquelles il lui narre son quotidien et lui décrit les affres de la création musicale.

Et voilà qu'il découvre une moitié de livre qui l'intéresse fort, contant les pérégrinations d'Adam Ewing, homme de loi anglais qui voyage dans les Iles Chatham en 1850. Ce dernier assiste, impuissant et résigné, à l'esclavage pratiqué par des autochtones sur d'autres tribus. C'est la première histoire de ce livre incroyable qui m'a émue et captivée, un vrai coup de coeur !

Le ton est en effet donné dès le premier récit - il y en a 6, tour à tour drôles, tragiques, émouvants, dont 5 sont découpés en deux parties. Ces derniers sont tous imbriqués (vous découvrirez comment on passe de l'histoire d'Ewing à celle de Frobisher, puis Luisa Rey, Sonmi 451 et Zachry…), se passent à des époques différentes certes mais ont un commun des individus étrangement reliés par une tache de naissance, et mettent en lumière un destin individuel, un homme ou une femme ayant à lutter contre des événements plus ou moins dramatiques.

Qu'ils soient englués dans un monde terrifiant (qui peut prendre bien des aspects, de la maison de retraite à la société du futur) ou en butte à l'hostilité de leur milieu, chacun est seul. Luisa Rey, mon personnage préféré, combat une installation nucléaire dans les années 70, Sonmi 421 est un clone qui s'est rebellée et qui a découvert l'horrible destin de ses semblables, Cavendish est un vieux bonhomme mis au rebut dans une maison qui n'aurait rien à envier à l'établissement de Vol au-dessus d'un nid de coucou…

Le constat est donc amer. L'humanité est perdue. Il n'y a plus rien à en espérer pour la simple et bonne raison que personne ne tire les leçons du passé, chacun répète les mêmes erreurs. voilà, c'est un éternel recommencement.

La civilisation elle-même est un leurre. Il suffit d'un grand « boum » nucléaire pour que l'homme retourne à l'état de barbare. le récit "La croisée d'Sloosha pis tout c'qu' a suivi" est plutôt édifiant. C'est le seul qui soit "entier" et qui constitue le point d'orgue de cette histoire de l'humanité. C'est la réponse de Mitchell à la naïve question d'Ewing : "Prétendez-vous que la race blanche ne domine point par la grâce divine mais par le mousquet ?"

C'est un roman bourré de références ciné et littéraires si on sait lire entre les lignes, construit de manière brillante, qui m'a vraiment estomaquée. La traduction est excellente, cela a dû constituer un tour de force pour reproduire ces styles littéraires différents, SF, thriller, récit de voyage du 19ème, genre épistolaire et surtout le langage imaginaire de l'histoire centrale. Chapeau.

Génie et inventivité de l'écrivain qui imaginé toutes ces boites gigognes pour amener le lecteur à réfléchir sur nous, jeu de miroirs, voyage dans le temps qui laisse songeur. Je ressors étourdie de cette lecture, éblouie par la virtuosité de Mitchell et son implacable logique. Légèrement tempérée par la dernière phrase...

Le 13 mars sort l'adaptation ciné. J'ai vu le trailer récemment, en suis tombée amoureuse, je fonce le voir la semaine prochaine. Evidemment.
Lien : http://lectures-au-coin-du-f..
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Shenandoah
01 juillet 2014
Une fois n'est pas coutume, j'ai vu et adoré le film avant de lire le livre. du coup, hérésie suprême, j'avais peur d'être déçue par le livre ! Bien évidemment et heureusement, cela n'a pas été le cas, même si les deux oeuvres sont assez différentes.

Pour commencer, parlons de l'histoire. Ou plutôt, DES histoires. Car oui, ce livre est composé de six histoires, se déroulant à des époques différentes avec six personnages principaux.

Nous avons Adam Erwing, homme de loi du XIXème siècle ; Robert Frobisher, un talentueux compositeur en 1931 ; Luisa Rey, une journaliste dans les années 70 ; Timothy Cavendish, un éditeur dans les années 2000 ; Sonmi-451, une clone dans un futur pas si lointain ; et enfin Zachry, qui vit dans un futur post-apocalyptique.

Ces personnages sont bien sûrs liés, et on découvre comment au fil de la lecture.

Le grand talent de l'auteur est d'avoir réussi à écrire ces six histoires dans des styles complètement différents. du journal de bord au récit oral en passant par le roman épistolaire ou l'interview, chaque type de narration correspond parfaitement à l'époque où se situe l'histoire.

L'auteur a même fait évoluer la langue au cours des époques, passant du langage châtié de Erwing à celui, plus familier, de Cavendish, avant d'en inventer des évolutions possibles dans les deux époques futuristes. Cela donne une tangibilité incroyable à ces deux époques, même si le récit de Zachry en devient parfois difficile à comprendre (d'ailleurs, chapeau au traducteur, il a dû s'arracher les cheveux sur cette période ! ).

Bien que j'aie mes petits chouchous (Cavendish et Sonmi-451), toutes ces histoires sont aussi intéressantes les unes que les autres. le même thème revient dans chacune d'entre elles, à savoir la révolte contre une injustice, mais cette lutte est toujours racontée différemment, et de manière très talentueuse.

On a également une impression de fatalité, voire de pessimisme. Les gens peuvent peut-être changer des choses au cours de leur vie, mais l'humanité, elle, progresse dans une direction déterminée et rien de pourra dévier sa course.

Ce pessimisme est d'ailleurs à mon sens ce qui différencie le plus profondément le livre du film. En effet, les histoires ont été modifiées dans le film, notamment leurs fins, afin d'apporter une touche d'espoir que ne possède pas vraiment le livre.

Quoi qu'il en soit, j'ai adoré ce livre. Il n'est peut-être pas d'un abord très facile, surtout si l'on n'a pas vu le film, car on peut se demander où l'auteur veut en venir. de même, les changements d'époque sont parfois déstabilisants, le récit pouvant être coupé au beau milieu d'une phrase. Mais la récompense est à la hauteur de l'effort fourni, car il s'agit d'un roman vraiment riche et passionnant, et une expérience littéraire inoubliable.

Je pense que je vais beaucoup le faire lire autour de moi, et je vous le conseille chaudement, même (et surtout) si vous n'avez pas aimé le film.
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Moglug
15 novembre 2015
La tentation est forte de classer ce récit parmi les incontournables de la science-fiction : un bon tiers de l'ouvrage se déroule effectivement dans des ambiances futuriste et post-apocalyptique. Ce choix serait pourtant profondément réducteur. Cartographie des nuages est un roman choral intercalant six époques différentes du 18ème siècle (ou avant ?) au XXIIIème (ou après ? ) intimement liées entre elles par des détails narratifs presque dérisoires et pourtant lourds de sens dans la construction du récit et pour le message final que voudrait nous transmettre l'auteur. Car il ne s'agit pas d'un roman distrayant facilement compris devant la toile blanche d'un cinéma de quartier. Si le film est dense et constitue une excellent adaptation, le livre va bien au-delà . J'y ai retrouvé immédiatement cette sensation de tournis face à la multiplicité de détails significatifs proposés, il m'aura fallu patienter près d'un tiers de l'ouvrage pour enfin lâcher prise, accepter de ne pas tout saisir et me laisser embarquer dans le troisième épisode truffé d'humour que constitue L'épouvantable calvaire de Timothy Cavendish, éditeur aliéné en fin de vie. Chacune des histoires rapportées possède son style, son genre et son ambiance propre : roman historique, polar, journal, correspondance, entretien, humour, science-fiction frisant parfois la fantasy ; amours et aventures scabreuses y trouvent également leur place, enfin et surtout le Bien et le Mal sont au centre du récit insidieusement sans être pour autant imposés au devant de la scène. le génie de David Mitchell réside aussi dans ce dernier point. Cartographie des nuages est incontestablement un roman complet témoignant du talent et de la maitrise littéraire de son auteur.

Les six univers de Cartographie des nuages ne m'ont pas tous emballée de la même manière. Cela s'explique d'avantage pas mes préférences littéraires que par la qualité propre à chaque récit. Je ne suis pas une grande adepte de roman humoristique a priori, pourtant les aventures de Timothy Cavendish m'ont fait rire aux éclats, celles d'Adam Ewing ouvrant et clôturant le livre sont magnifiques et forment le ciment de l'ensemble – d'où la brièveté de l'extrait sélectionné, je préfère vous laisser le plaisir de la découverte. J'aime beaucoup la révolte de Sonmi~451, beaucoup moins les péripéties de Luisa Rey – les polars et moi, c'est compliqué… Incontestablement, en revanche, mon coup de coeur revient à La croisée d'Sloosha et tout c'qui a suivi pour le style d'abord qui n'est pas sans rappeler celui de certains passages de la horde du Contrevent, pour le personnage de Zachry aussi et surtout, pauvre bougre malmené par la vie, dans un monde dévasté, profondément humain et droit autant que possible malgré le sort que la vie lui réserve. Voilà bien l'objet du livre : les choix de comportement justes ou lâches des différents protagonistes en réaction aux vicissitudes de mondes régis par des puissants ne servant que trop rarement l'homme et bien plus souvent l'argent ou le pouvoir, et les heureuses ou déplorables conséquences de ces choix….
Lien : https://synchroniciteetseren..
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claudialucia
06 octobre 2010
Le livre de David Mitchell, Cartographie des nuages est paru aux éditions de l'Olivier.
J'ai beaucoup aimé ce livre si curieux par la construction et intéressant au niveau du récit qui fait s'entrecroiser plusieurs vies à des époques différentes. Si certaines de ces nouvelles sont situées dans le passé ou dans le présent, les autres appartiennent à la littérature de science-fiction .
Le protagoniste d'une des histoires, musicien, compose “un sextuor de solistes empiétant les uns sur les autres ” : piano, clarinette, violoncelle, flûte, hautbois, violon;”.
Ce qu'il en dit résume bien la construction de ce livre : ” Dans le premier mouvement, chaque solo est coupé par le suivant; dans le second, les soli reprennent successivement là où ils se sont interrompus.”
Effectivement il y a six histoires dans ce livre, six vies qui s'interrompent pour laisser place a une autre avant d'être reprises par la suite. “Véritable révolution ou simple procédé?” s'interroge l'artiste. Je ne saurais le dire mais en tous cas c'est une réussite.
“Chaque instrument parle une langue définie par une clé, gamme et couleur.” ajoute le musicien.
Ce qui est remarquable, en effet, c'est que chaque récit est comme une partition qui changerait de style selon le personnage, le siècle dans laquelle il vit, la destinée qu'il affronte. Chacun a une tonalité qui lui est propre, triste ou nostalgique, cruelle ou âpre, humoristique, férocement satirique, chacun est un prétexte a explorer une époque, à en saisir l'essence, en montrer les faiblesses, dénoncer les horreurs. Brillantes variations selon qu'il s'agit d'une femme ou d'un homme, d'une personne âgée ou jeune, de notre passé lointain ou récent, de notre présent ou de notre futur car David Mitchell s'essaie aussi à la science-fiction dans deux des récits. On s'intéresse aux personnages, on peut s'identifier à certains d'entre eux ou en rejeter d'autres selon notre sympathie pour eux car les récits sont prenants.
Piano : Adam Ewing rédige le journal de sa traversée du Pacifique. C'est un homme de loi américain, honnête et scrupuleux, bon croyant. Il manifeste parfois les préjugés de sa classe sociale et de sa religion mais son humanité, l'intérêt qu'il porte aux autres y compris aux indigènes des pays qu'il visite (nous sommes en Nouvelle-Zélande dans l'archipel de Chatham) le rendent sympathique. Nous sommes au XIXème siècle, colonisation, asservissement des races au nom de la religion et de la prétendue supériorité des blancs.
Clarinette : Robert Frobisher, rejeton d'une bonne famille anglaise, déshérité par son père, se met au service du grand compositeur Vivyan Ayrs trop malade pour continuer à composer. du château Zedelghem en Flandre il écrit à son ami Sixsmith des lettres datées de 1931. Rapports humains qui se fondent sur l'appartenance à une classe sociale et la fortune. Exalté, sans scrupules, cynique, voleur, il voue à la musique une passion qui le consume et qui représente ce qu'il a de mieux en lui. L'art paraît être la seule porte de sortie.
Violoncelle : Luisa Rey, journaliste américaine, idéaliste et courageuse, risque sa vie pour déjouer un complot nucléaire dans les années 70 en Californie. le récit montre la corruption du pouvoir qui n'hésite pas à sacrifier les êtres humains à l'argent et au profit.
Flûte : Timoty Cavendish vit dans un présent qui nous ressemble où les vieux sont enfermés dans des maisons de retraite, antichambres de la mort. Début inquiétant d'une déshumanisation, solitude.
Hautbois : Somni-451 est une clone. Dans la dictature où elle vit les clones sont des esclaves au service des Sangs-Purs. La liberté individuelle est niée. La science sans conscience a créé une société sans espoir qui fonctionne à la manière du nazisme en éliminant ce qu'il y a d'humain dans l'Homme.
Violon : Zachary, est un survivant de cette civilisation, dans un futur encore plus lointain, après la Chute c'est à dire après la destruction de la civilisation de Somni. C'est le retour à une forme de barbarie où prévaut la loi du plus fort dans une civilisation éclatée qui porte encore des traces de l'ancienne. Pourtant , la solidarité possible entre les peuples,est un léger espoir dans la survie de l'Humanité.
La langue parlée évolue avec les époques et il faut saluer la vive imagination et le style protéiforme de David Mitchell qui parvient même à créer un langage du futur, contemporain de Somni , et un autre contemporain de Zachary , ce dernier n'étant qu'une corruption de la langue parlée à l'époque de Somni.
Ingénieux aussi comment ces récits se transmettent de l'un à l'autre malgré l'éloignement dans les siècles et comment les personnages sont reliés entre eux par un fil qui assure la cohésion de l'ensemble.
Lien : http://claudialucia.blog.lem..
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Aaliz
02 juillet 2013
Après une grosse panne de lecture de près d'un mois, je reviens enfin à mes amours. Et pour les retrouvailles, j'ai choisi Cartographie des nuages de David Mitchell et bien m'en a pris car je me suis régalée !

De nombreuses critiques ont déjà loué l'originalité de la construction de ce roman mais il faut aussi souligner la cohérence de l'ensemble. David Mitchell a magistralement bien mené sa barque et il m'a bluffée non seulement par l'intelligence de son propos mais aussi par ses capacités à changer de genre et de style et tout ça de façon brillante.

Cartographie des nuages est une composition de 6 histoires qui semblent n'avoir rien en commun au premier abord mais qui sont toutes liées entre elles par une thématique commune, par certains éléments et par le fait qu'elles s'insèrent les unes dans les autres.

En lisant Cartographie des nuages, on ne lit pas un roman mais six et tous de genre différent.
Ainsi, vous aurez la joie de vous plonger dans un roman d'aventure maritime du XIXème siècle pour enchaîner avec un roman sentimental classique de l'entre-deux-guerres façon Stefan Zweig. Un thriller politico-industriel qui rappelle Erin Brockovich vous attend au tournant pour vous emmener ensuite en maison de retraite pour un roman plus contemporain s'inspirant du Misery de Stephen King à la sauce humoristique. C'est un roman SF dystopique qui vous accueille ensuite pour aboutir enfin à un récit post-apocalyptique qui m'a fait penser un peu au Déchronologue de Beauverger.

Des genres différents donc mais aussi des styles différents. David Mitchell utilise tous les outils possibles : le Journal, les mémoires, le genre épistolaire, la narration classique, l'interrogatoire, le discours oral etc… Et il adapte le langage à chacun : tantôt raffiné, tantôt prétentieux, ici humoristique et là jargonnesque. Un véritable exercice de style dont l'auteur se sort avec brio.

Bien qu'ils semblent totalement aux antipodes les uns des autres, chaque récit suit la même logique. David Mitchell utilise la carte de la réincarnation pour nous montrer à quel point l'Histoire se répète et à ça, son explication tient en une maxime de Hobbes « l'homme est un loup pour l'homme ».
L'auteur nous en donne l'illustration à travers un même schéma : le rapport dominant-dominé, il nous démontre les mécanismes du pouvoir à travers plusieurs cas de figure : la colonisation des occidentaux et leur prétendue supériorité sur les autres « races », le pouvoir et l'emprise de l'amour et du jeu de séduction, la manipulation à des fins de réussite et de profit personnel, le pouvoir des grands lobbies industriels, la domination des plus jeunes sur les anciens jugés inutiles et encombrants, le pouvoir des peuples disposant des richesses et de la technologie sur ceux qui n'ont rien etc…
Chaque récit met donc en scène une ou plusieurs de ces formes de pouvoir et dans chaque récit, un ou plusieurs personnages tentent de se rebeller contre cet ordre établi et qui semble immuable et destiné à se répéter indéfiniment. Dans chaque exemple, toute tentative pour créer une situation d'égalité entre les hommes que ce soit par la religion ou par les lois semble vouée à l'échec. La nature humaine serait ainsi faite qu'elle se doit de dominer et d'écraser les plus faibles. Mais David Mitchell préfère conclure sur une note plus optimiste.

En revanche, ceux qui n'apprécient pas d'être interrompu en pleine intrigue risquent de grincer des dents. le procédé, un peu façon Si par une nuit d'hiver un voyageur de Calvino, peut être frustrant mais pour ma part, j'ai adoré. Et les nombreuses références culturelles que ce soit cinématographiques, artistiques et littéraires sont très appréciables.
Donc voilà un roman brillamment orchestré, toute en intelligence. Les pages défilent et on ne s'ennuie pas un instant. L'impression de lire six romans dans des registres si différents est très agréable et motivante. le propos est cohérent et même si certains rebondissements sont largement prévisibles, j'ai passé un excellent moment de lecture riche et divertissant.


Lien : http://booksandfruits.over-b..
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Oliphant
05 avril 2013
Je suis toujours embêtée lorsque j'ai un réel coup de foudre pour un livre, parce que ce sont de ces livres-là dont j'ai le plus de mal à parler, même à donner un avis clair, ne serait-simplement que de répondre à la question : pourquoi l'ai-je tant aimé ?

J'ai découvert ce roman de David Mitchell après avoir été voir le film qui s'en inspire (Cloud Atlas). Avant d'aller le voir, je ne m'étais pas réellement renseigné sur le synopsis ni visionné la bande annonce, je savais juste qu'il y avait un mélange d'époques et de personnages et qu'il était réalisé par les Wachowski (argument de choc à mes yeux !).

Après moins de 3h enfermé dans la salle obscure, j'en suis ressortie époustouflée, pleine d'interrogations, presque perplexe, avec un besoin d'explication, de voir plus loin. Dès lors, lire Cartographie des Nuages a été en tête de mes « choses à faire ».

Il est sûr qu'il faut avoir l'esprit clair et concentré quand on se lance dans la lecture de Cartographie des Nuages, l'auteur nous livre, une par une, les histoires de personnages visionnaires et possédant le don de s'embourber dans des situations compliquées et parfois dangereuses.

D'abord, nous suivons Adam Edwing dans les années 1850 où à travers son journal, il raconte son voyage au bord d'un navire où il est confronté à la condition des esclaves. Ensuite, l'un de mes favoris, Robert Frobisher, dans les années 1930, relate par correspondance à son ami Sixsmiths son expérience professionnelle auprès d'un musicien de renommé. En 1975, à San Francisco, Luisa Rey une journaliste enquête sur un complot nucléaire. Pour ce qui est de nos années, nous avons droit à Timothy Cavendish, personnage particulièrement rigolo nous racontant une histoire étonnante sur son séjour en maison de retraite. Pour les époques futuristes, les personnages ont également été de grands coups de coeur avec Sonmi~451, une factaire génoformée qui nous offre, sous la forme d'un interrogatoire, un récit de pure science-fiction très passionnant. Et Zachry & Meronyme qui nous livrent une vision du monde à la fois douce et glaçante suite à la chute de l'empire…

Chacun des personnages nous montre, d'une façon à chaque fois plus originale, les grands questionnements et enjeux de son époque. Au fur et à mesure de la lecture, certains liens sont créés entre les histoires et personnages, c'est plutôt amusant à suivre.

Un très bel univers enrichi avec le langage, le vocabulaire, des questionnements sur l'existence et sur l'homme,… A mes yeux, une pépite…
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badpx
29 mai 2016
J'ai lu ce livre juste parce que le titre me plaisait.
Je n'en avais jamais entendu parlé, ni du film d'ailleurs. Donc la première rupture dans le récit m'à laissé un peu perplexe. D'autant plus que la première partie du roman ne me captivait pas vraiment.
J'ai donc lu quelques critiques "rassurantes" qui m'ont poussé à poursuivre ma lecture.
Et au fur et à mesure que j'avancais dans ces histoires imbriquées les unes aux autres comme des poupées russes, je restais de plus en plus "aimantée". Je cherchais en permanence ce qui les liait.

Maintenant j'ai bien envie de relire chaque histoire indépendamment des autres.
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olivierc
18 février 2012
Six récits situés à des époques différentes de notre passé, présent et futur, six histoires inachevées, emboitées comme des poupées gigognes et dont les liens ténus paraissent autant de prétextes pour nous raconter une histoire de l'humanité empreinte de résignation. David Mitchell se livre à six exercices de style avec une stupéfiante maîtrise. Il aime les humains, il les met au centre de ses récits, il rentre en eux, ne se place jamais plus haut qu'eux pour raconter leurs histoires, tantôt cocasses, tantôt graves, leurs destins tous simples, tous bêtes. le futur se devine en regardant le passé. le passé n'est jamais sans conséquences sur l'avenir. Alors quoi? par nature, par essence l'humanité est-elle vouée à un irréversible declin? On tremble à l'idée, mais David Mitchell est un auteur brillant, pas un théoricien farfelu. Un auteur, tout simplement.
Vivement le film.
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Missbouquin
17 avril 2013
Par un curieux hasard, j'ai reçu ce roman en cadeau à Noël et je ne me suis décidée à le lire que la semaine dernière. le hasard c'est que justement son adaptation sortait cette semaine au cinéma. J'espère pouvoir la voir prochainement …

Il faut dire que ce n'est pas un roman facile que nous a écrit David Mitchell, écrivain britannique qui a reçu de nombreux prix ces dernières années, et dont Cartographie des nuages est considéré comme son chef d'oeuvre. Tout semble pourtant simple, ce n'est pas l'écriture ni même la narration qui pose problème, même si elle est très originale.Nous sommes en 1850, Adam Ewing, notaire aventurier, découvre les aborigènes. Nous sommes en 1931, Robert Frobisher, jeune musicien talentueux, se met au service d'un compositeur de génie et crée une étrange musique. Nous sommes en 1975 et la journaliste Luisa Rey tente de déjouer un complot nucléaire. Nous sommes au début du XXe siècle et un éditeur se fait enfermer dans une maison de retraite par sa propre famille. Nous sommes au XXIIe siècle et un clone est condamné à mort pour rébellion. Nous sommes au XXIIIe siècle et un jeune garçon fuit son île qui a été détruite par une tribu rivale.

Entre eux tous, deux points communs : une étrange tache de naissance; et une étrange propension à se rebeller et à savoir ce qu'ils veulent …

Inutile de vous en dire plus pour vous faire comprendre que David Mitchell est un écrivain ambitieux : ce qu'il semble vouloir écrire c'est un texte d'une profondeur abyssale qui parle de lui-même. A part la dernière page, rien n'est expliqué au lecteur, c'est ce dernier qui doit tirer une « morale », une réflexion par lui-même à partir de ce balayage de tant d'époques, de tant de lieux différents où pourtant, les hommes agissent de la même façon.

Et si l'on est décontenancé par la première partie, on l'est encore plus lorsque la seconde est abordée parce que Mitchell a pris le risque de perdre le lecteur, de le faire refermer le livre avant la fin. Et pourtant, lorsqu'on est un lecteur qui s'accroche comme moi, on finit par être satisfait. Je ne savais que penser de ce texte en le refermant, et je suis restée un long moment sans savoir quoi écrire. Mais petit à petit l'idée se renforçait en moi que Mitchell avait écrit un chef d'oeuvre, du point de vue du style (remarquable), de la construction de l'idée sous-jacente qui tient l'oeuvre entière …

« Entre toutes les races du monde, la nôtre est douée d'un amour – ou plutôt d'une rapacité – nous poussant vers les trésors, l'or, les épices et la domination – ô douce domination ! – et pourvue d'une vivacité, d'une insatiabilité et d'une indélicatesse infinies ! C'est cette rapacité qui engendre le progrès ; à des fins infernales ou divines, je ne saurais dire. »

6 époques différentes, 6 styles différents, 6 modes de narration différents. Et une note d'espoir à la toute fin, qui termine magnifiquement ce roman … Une goutte + une goutte + une goutte + une goutte + une goutte + une goutte peuvent-ils changer la marche du monde ? Bien sûr. « Car qu'est-ce qu'un océan, sinon une multitude de gouttes ? »
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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ladyoga
16 octobre 2014
Curieuse du succès de ce roman, j'ai démarré sans a priori et me suis embarquée dans un voyage au cours du temps et de l'espace.... qui m'a semblé bien long. Pourquoi? Six histoires qui se croisent , le découpage du livre est intéressant, le style d'écriture change pour chaque histoire, la trame se met en place petit à petit... Rien qui ne peut m'effrayer, même pas le nombre de pages. Et pourtant ce pavé est devenu un boulet pour moi. Un mal fou à me souvenir de quoi on parle, où on en est dans l'histoire à chaque fois que je reprenais ma lecture, et le sentiment que cela sonnait creux au final. En clair, j'ai fini par tourner les pages un peu plus vite pour arriver au bout, en me disant " que se passe-t-il ?" Si je ne l'avais pas annoncé dans le challenge pavé, j'aurais laissé tomber! Note 2,5/5.
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