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Manuel Berri (Traducteur)
ISBN : 2879296129
Éditeur : Editions de l'Olivier (22/01/2009)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 42 notes)
Résumé :
"Superman 2 passait à la télé. Je l'avais vu au cinéma de Malvern il y avait à peu près trois ans. Le film était assez bien mais pas au point de lui sacrifier un lac gelé rien qu'à moi. Clark Kent renonce à ses pouvoirs tout ça pour avoir des rapports sexuels avec Lois Lane dans des draps de satin. Qui serait assez stupide pour faire un échange pareil ? Quand on peut voler ? Dévier des missiles atomiques vers l'espace ? Remonter le temps en faisant tourner la Terre ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
mariecesttout
25 février 2014
"Les enfants qu'on embête se font tout petits pour éviter qu'on les remarque et qu'on les embête. Les enfants bègues se font tout petits pour éviter qu'on leur fasse dire un truc impossible. Les enfants dont les parents se disputent se font tout petits pour éviter une nouvelle dispute. Jason Taylor, le garçon triplement petit."
Et bien voilà un joli roman sur l'adolescence. Qui n'a souvent jamais rien d'une période heureuse, surtout quand, comme Jason, on n'arrive pas à cracher les mots. Et qu'on lutte à l'extérieur contre des abrutis- souvent bien malheureux aussi, mais c'est difficile à comprendre à cet âge là- qui n'ont rien d'exceptionnel mais sont plutôt légions à cet âge et sont tellement à la fois attirants ( être comme eux serait tellement sécurisant) , terrorisants et mystérieux ( l'histoire du porte feuille est merveilleuse..).
Et à l'intérieur de soi contre deux épouvantails, le Pendu qui fait buter sur les mots et s'exposer aux moqueries de tous, et le Minable qui pousse à se fondre dans la masse des imbéciles.. Mais qu'on est aidé, quand même,par son jumeau fantôme, qui ne supporte pas le Minable, et avec lequel bien des discussions intérieures ont lieu.
Dans un des chapitres, ce jeune et sympathique Jason rencontre une femme assez mystérieuse ,belge, qui lui ordonne de traduire en anglais le premier chapitre du Grand Meaulnes:
"Alain-Fournier sera ton premier maître. Il est nostalgique, tragique, ensorcelant, et il souffre, et tu souffriras aussi. Mais, le meilleur dans tout cela, c'est qu'il est vrai."
David Mitchell a lui-aussi écrit un roman "vrai".Et aussi largement autobiographique.
Dans un entretien paru dans le Monde, il dit:
« C'est un fertilisant. C'est en cultivant la part autobiographique que la fiction croît et se développe. »
Le petit village anglais où Jason dissimule une passion pour la littérature et la poésie, c'est son village. le décor, c'est son enfance.
Ce qui donne aussi de l'intérêt à ce texte, c'est la construction. C'est en fait une succession de nouvelles, avec chacune un thème bien particulier, mais les mêmes personnages. Avec pour chacune un début, un développement et une chute. Il les a réorganisées ensuite pour en faire un roman dans lequel on peut les considérer comme des chapitres ,
mais :
"quand on écrit des nouvelles, il y a cet avant et cet après que l'on dit pas mais que l'on suppose. Ce n'est pas écrit, et pourtant cela compte : c'est la matière noire de la nouvelle. Son anti-matière. Sa narration invisible. Dans mon livre, je voulais que l'enchaînement des chapitres rende visibles cet avant et cet après."
Cela donne un rythme très particulier à ce roman, qui suit l'évolution de Jason au fil de l'année..
Un petit extrait:
"Mais il y a des trucs que même les orthophonistes ne peuvent pas comprendre. Assez souvent, même dans les pires périodes, il arrive que le Pendu me laisse dire ce que je veux, même s'il y a des mots qui commencent par des lettres dangereuses. Parce que 1) ça me laisse penser que je suis guéri et le Pendu se fait alors un plaisir de détruire cet espoir,et, 2) ça permet de laisser croire aux autres gars que je suis normal tout en me maintenant dans la peur qu'ils finissent par découvrir mon secret.
Il y autre chose, encore. Une fois, j'ai écrit les Quatre Commandements du Pendu.
1er commandement:
tu te cacheras des orthophonistes
2eme commandement:
tu étrangleras Taylor quand il aura peur de bégayer
3ème commandement:
tu piègeras Taylor quand il n'aura pas peur de bégayer
4ème commandement:
Une fois que Taylor sera devenu "le Bègue" aux yeux du monde entier, il t'appartiendra"
On ne se remet jamais de ces véritables terreurs. Et David Mitchell en parle tellement bien qu'on comprend qu'il n'en est jamais sorti. Personne n'en sort. Mais lui a su les transformer en mots.



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GabySensei
03 décembre 2011
Il existe une étrange malédiction. Avez-vous remarqué que c'est parfois les romans qui vous touchent le plus, ceux que l'on préfère, que l'on a le plus de mal à faire partager? Cela car le texte vous a touché pour une raison qui vous est si personnelle, si intime, que tout autre que vous y sera insensible.
C'est ce qu'il m'est arrivé avec le fond des forêts de David Mitchell. La plupart de ceux à qui je l'ai recommandé sont restés de marbre. Pourtant je trouve cet auteur incroyable. Son style (et sa capacité d'en changer), sa justesse et sa sensibilité sont uniques. Il a l'art d'évoquer les non-dits et de poser des atmosphères en peu de mots.
Ce livre raconte l'enfance de Jason dans une petite ville d'Angleterre. Chaque chapitre est construit comme une nouvelle et décrit une facette de la vie de ce jeune garçon. Tel un peintre qui d'un coup de pinceau met en lumière une nouvelle partie de sa toile. Jason a quelques difficultés d'intégration à l'école car il est bègue. Il aime la poésie mais le cache soigneusement "car il n'y a que les tapettes" qui aiment la poésie. Il en écrit pourtant dans le journal du collège sous un pseudonyme. Une vieille dame de ses voisines va reconnaître son style et le démasquer avant de l'initier à l'écriture.
En fait il ne sert à rien d'essayer de raconter ce livre car tout est dans l'écriture. Les grands auteurs savent transcender le sujet le plus banal en quelque chose d'autre. C'est tout l'intérêt de la littérature en général et de ce livre en particulier.
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isabiblio
05 septembre 2010
Jason Taylor, 13 ans surnommé Jace le Minable ou le Bègue est un doux rêveur qui vit dans un petit village paumé du Worcestershire en Angleterre dans les années 1980. Pas facile à cet âge là de se faire sa place au collège au milieu des durs à cuire quand on est bègue, maladroit et qu'on vit dans une famille de petit bourgeois. Un récit initiatique sur les variations de l'adolescence et ses nombreuses facettes, la naïveté de cet adolescent m'a rappelée bien des souvenirs. L'humour est omniprésent, les situations respirent le vécu, l'écriture empreinte de poésie en fait vraiment une plume à part que j'ai eu grand plaisir à découvrir.
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saphoo
17 septembre 2015
Jason m'a émue, par ses paroles, son attitude. Ce petit bonhomme qui encaisse bien des déboires, qui se bat avec son "pendu", sa famille qui s'effiloche, et ce monde qui part à la dérive.
Lui, continue d'avancer sur son chemin en se raisonnant que tout ça, ma fois, c'est le monde qui veut ça, c'est comme ça et puis pas autrement jusqu'au jour où enfin il se réveille et justice se fait. Les méchants sont punis, Jason peut relever la tête, mais sa famille finit quand même par se dissoudre.
Un très beau roman, avec une belle écriture, tantôt tendre, tantôt rentre dedans. Une belle peinture des années 80, ça nous fait sourire quand on parle de faire la queue à la cabine téléphonique pour donner de ses nouvelles. C'était une autre époque quand on a connu, et bien la nostalgie n'est pas loin... bonne lecture, ne vous en privez pas, Jason vous séduira.
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gizzmoo
30 janvier 2011
très poétique sur l'adolescence à al lisière du fantastique
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Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
ClarissaDallowayClarissaDalloway16 avril 2010
J’ai entendu un piano, auquel s’est joint un violon discret. J’espérais que madame Crommelynck n’avait pas d’autre invité. Quand on est trois, c’est comme si on était cent. L’escalier avait besoin d’être réparé. Une guitare bleue déglinguée était abandonnée sur un tabouret cassé. Dans son cadre de couleur criarde, une femme grelottante était étendue dans une barque flottant sur une mare couverte de saletés. Comme l’autre fois, le majordome m’a conduit au solarium (j’ai cherche « solarium » dans le dictionnaire, ça veut dire : « une pièce lumineuse et ouverte »). La succession de portes devant lesquelles nous sommes passés m’a fait penser à toutes les pièces de mon passé et de mon avenir. La chambre d’hôpital où j’étais né, les salles de classe, les tentes, les églises, les bureaux, les hôtels, les musées, les maisons de retraite, la pièce où je mourrai (elle est déjà construite ?). Les voitures, ce sont des pièces. Les forêts aussi. Les ciels, ce sont des plafonds. Les distances, des murs. Les utérus, ce sont des pièces faites en mères. Les tombes, des pièces faites en terre.

La musique montait, montait.
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line70line7024 mars 2011
Les secrets nous affectent plus qu'on ne croit. On ment pour les dissimuler. On détourne la conversation pour les éviter. On a peur que quelqu'un découvre le nôtre, de secret, et qu'il aille le dire à la terre entière. On croit qu'on détient un secret, mais est-ce que ce ne serait pas plutôt le secret qui nous manipule ?
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saphoosaphoo17 septembre 2015
et moi, j'ai envie de donner des tas et des tas de coups de pied dans les dents de ce salopard de monde à la con jusqu'à ce qu'il comprenne enfin que ne pas faire de mal aux gens, c'est dix millions de fois plus important qu'avoir raison.
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saphoosaphoo18 septembre 2015
ce divorce, c'est comme dans un film catastrophe, quand la route se fissure tout du long et qu'un gouffre s'écarte entre les pieds de quelqu'un. Ce quelqu'un, c'est moi. Maman est d'un côté avec Julia papa est de l'autre avec Cynthia. Si je ne saute pas d'un côté ou de l'autre, je vais tomber dans les ténèbres infinies.
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isabiblioisabiblio02 septembre 2010
C'est assez excitant d'écouter aux portes, parce qu'on apprend ce que les gens pensent vraiment...
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Videos de David Mitchell (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de David Mitchell
David Mitchell au Melbourne Writer's Festival (2011). Les Milles automnes de Jacob de Zoet.
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