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Critiques sur Elmet (27)
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hcdahlem
  23 janvier 2020
Cathy et Daniel, la fuite désespérée

Couronnée de nombreux Prix en Grande-Bretagne, Fiona Mozley est l'une des révélations de cette rentrée dont Joëlle Losfeld nous assure – à juste titre – qu'elle nous invite à une «fête de la lecture».

Cathy et Daniel vivent avec leur père John Smythe dans le Yorkshire. Ils se sont établis là, dans la région natale de leur mère, après avoir quitté la maison sur la côte à la suite du décès de leur grand-mère. «On était arrivés peu de temps avant mon quatorzième anniversaire. Cathy venait juste d'avoir quinze ans. C'était le début de l'été, ce qui laissait à papa tout le temps nécessaire pour construire la maison. Il savait qu'elle serait terminée bien avant l'hiver. Dès la mi-septembre, on put l'occuper.»
John, qui a une stature imposante, gagne sa vie en participant à des combats rémunérés ou bien vend sa force de travail, passe des heures dans les bois à chasser et à abattre du bois, mais ne s'épanche guère sur ses activités devant sa progéniture. Un jour pourtant, il raconte à Cathy et Daniel qu'il est allé récupérer une somme d'argent qu'un ami, victime d'un accident, n'était plus à même de réclamer par lui-même. Il a ainsi pu réparer une injustice. Valeur cardinale à ses yeux.
«À l'époque, il ne cherchait qu'une chose: nous endurcir contre l'inconnu. Contre les choses sombres du monde. Car plus on en savait, plus on serait armés. Et pourtant, le monde était totalement absent de nos vies…» 
Quand Cathy est importunée par les jeunes collégiens, s'il se range derrière sa fille qui a choisi de ne pas se laisser faire et de défendre son petit frère, il ne proteste toutefois pas quand la directrice de l'établissement la réprimande pour avoir fait subir de mauvais traitements aux garçons. Il décide simplement de confier à Vivien, une amie, le rôle de préceptrice plutôt que de continuer à envoyer ses enfants à l'école.
La confiance qu'il accorde à ses enfants le pousse à croire aussi Cathy lorsqu'elle raconte qu'elle a vu un homme près d'une jeune fille retrouvée morte, alors que la police avait conclu à un suicide. Une thèse qui ne sera du reste pas remise en cause avec la découverte d'un second cadavre. John prend alors l'initiative d'effectuer des rondes, mais sans résultat. S'il ne va pas voir la police, c'est qu'il est réticent à l'autorité. Et aux institutions de manière plus générale.
Il n'aspire qu'à la paix, en quasi autarcie.
Mais, par la confession du narrateur, le lecteur sait d'emblée que l'histoire a mal fini. Daniel se retrouve seul, sans argent, erre à la recherche de sa soeur. Que s'est-il passé? On ne le découvrira qu'à la fin du livre.
En revanche, on apprend assez vite qu'un certain Price, qui possède quasiment toutes les terres du Comté, entend faire valoir ses droits de propriété sur le lopin où John a construit sa maison. Et que John organise la riposte, chargeant Daniel et Cathy d'en savoir plus sur la façon dont Price mène ses affaires et comment avec Coxswain, son homme de main, il exploite les familles.
Le conte prend alors des allures de lutte des classes avec «un combat illégal pour régler légalement un différend.» Comme Joëlle Losfeld, on pense aux Raisins de la colère et à une tragédie contemporaine sur «l'enfance, la révolte, l'injustice, la tyrannie, la violence faite aux femmes, ais aussi le courage qu'il faut pour être libre et l'amour.»
Le tour de force de Fiona Mozley étant de nous livrer le tout presque sous forme poétique, avec un style léger qui va soudain basculer dans l'horreur, donnant plus de force encore au choc final. C'est superbe !


Lien : https://collectiondelivres.w..
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motspourmots
  06 janvier 2020
Elmet est de ces romans qui vous impressionnent longtemps après leur lecture. le temps que l'ensemble infuse, que vous vous rendiez compte de toute la complexité qui sous-tend une histoire a priori très simple et tellement universelle. Car ils existent depuis toujours ceux qui, à l'image de John Smythe voulaient juste vivre tranquillement, respectueusement et en toute liberté. Or, la liberté coûte cher. Les contraintes inventées par l'homme et la société sont partout, contraintes de corps et d'esprit. La loi du plus fort, celle du plus riche bien sûr. Mais également celle, plus insidieuse des jaloux face à ceux qui osent vouloir autre chose, s'affranchir des diktats en tous genres.
C'est tout ça, Elmet. Un homme et ses deux enfants, une maison un peu à l'écart, bâtie de bric et de broc mais un foyer, un vrai. John est une force de la nature, une sorte de géant qui ne rechigne pas à la tâche ni à s'employer lors de combats organisés afin de subvenir aux besoins de sa famille. Mais qui ne veut appartenir à personne, ni à ses employeurs ni à l'homme qui impose sa loi dans le comté. On se doute que cela va lui apporter quelques ennuis. Mais Fiona Mozley ne s'arrête pas en surface. Dans la fratrie, Cathy est la dure, Danny est le sensible. Cathy est habitée par la colère, Danny aime s'occuper de la maison, cuisiner, apprendre. Ils pourraient vivre tous les trois en harmonie avec leur communauté, tout comme ils le sont déjà avec la nature, respectueux de la faune et de la flore dans lesquels ils s'insèrent. Ils pourraient...
C'est simple, on ne lâche pas ce conte moderne, autant pour ces pages empreintes de poésie que pour la menace sourde qui trouve son apogée dans une scène finale d'une terrifiante violence. Ici s'affrontent toutes les contradictions de la nature humaine, ce qu'elle a de plus beau, de plus laid et de plus destructeur. Ce n'est pas un hasard si l'auteure a choisi cette région du Yorkshire, celle des Hauts de Hurlevent ni la légende celte d'Elmet pour titre. Cela offre un souffle épique et une force supplémentaire à son récit épatant. Une superbe découverte !

Grâce à Babelio j'ai eu l'opportunité d'aller parler de ce roman dans l'émission Un livre un jour diffusée le 1er février 2020 : la vidéo est disponible dans mon billet de blog via le lien ci-après
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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MaminouG
  03 janvier 2020
Lorsque le site Babelio m'a proposé de venir rencontrer Fiona Mozley lors d'une soirée organisée à Paris pour la parution de son roman "Elmet", j'ai accepté par curiosité. Je lis peu de littérature étrangère et c'était l'occasion de découvrir une auteure anglaise. Je ne savais pas qu'il s'agissait de son premier roman et encore moins qu'il avait été parmi les finalistes du "Man Booker Prize" en 2017. La curiosité n'est pas toujours un vilain défaut.

"Quand Hansel et Gretel rencontrent le parrain", j'avoue que j'aurais aimé trouver moi-même ce résumé de l'histoire émanant du Sunday Times. Il s'agit en effet de deux enfants, Daniel, le narrateur, et sa grande soeur Cathy, venus s'installer avec leur père dans le Yorshire. Ils vivent dans les bois, dans la petite cabane qu'ils ont construite, chassent et cueillent pour se nourrir. Ils ne fréquentent pas l'école et reçoivent pour toutes leçons ce que leur enseigne Vivien, une voisine. Leur vie est cependant heureuse, jusqu'à ce que Mr Price, un riche propriétaire, terrien menace de les expulser.

L'ouvrage dégage un parfum bucolique et lyrique. "On arriva en été, quand le paysage était en fleurs, les journées longues et chaudes, la lumière douce. Je me promenais torse nu, et ma sueur était propre. J'aimais l'étreinte de cet air épais." L'écriture est linéaire, simple, directe, déclarative. Les phrases sont extrêmement courtes sans être sèches. Elles bercent le texte qui ondule telles les herbes de la forêt que la famille parcourt à l'envi. Chaque personnage possède une personnalité riche et particulièrement attachante et Fiona Mozley s'y entend pour dresser d'eux des portraits d'une grande beauté "Charlie (c'est le plus jeune des deux fils de Mr Price) avait les cheveux noirs et des yeux encore plus noirs… et il avait beau être terriblement beau, il y avait des demi-cercles grisâtres autour de ses yeux qui donnaient l'impression de saigner. Il avait… une peau qui prenait la couleur du ciel. Ce jour-là était couvert, si bien que sa peau était terne et pâle."

La construction est intéressante qui petit à petit nous fait passer d'une histoire délicate, sensible, sylvestre, à un final d'une rare intensité et d'une extrême violence.

Un roman superbement écrit, des personnages singuliers, des petits, des réprimés, et une montée en puissance impressionnante jusqu'au basculement dans l'horreur. Un premier ouvrage captivant et très réussi.

Lien : https://memo-emoi.fr
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Fuyating
  07 janvier 2020
L'auteure arrive avec beaucoup de brio à mettre en lumière dans ce roman la violence, une violence physique et morale, ainsi que l'exploitation d'autrui, que ce soit lors du travail dans les champs payé trois fois rien ou pendant l'utilisation d'un homme dans des combats. J'ai d'ailleurs était très marquée par une phrase du père dans laquelle il dit qu'il n'a que son corps, et il lui appartient. Il ne veut plus le donner à l'exploiteur.
Nous voyons également dans ce roman les inégalités flagrantes entre les riches propriétaires terriens et les exploités extrêmement pauvres. Il est difficile de payer un loyer, de manger à sa faim.
Mais il y a malgré tout des points un peu plus positifs : la solidarité dans la lutte, l'amour profond que se porte cette famille si particulière, ce père silencieux, souvent absent, Cathy qui semble tellement différente, difficile à cerner, et Daniel auquel nous nous attachons. Ces trois-là vivent une vie atypique, un peu marginale, loin de tout, mais la méchanceté des autres finira par les rattraper.
J'ai aimé la narration, l'alternance de l'espace temps et également les questions que l'auteure laisse sans réponses. Il y a plusieurs points qui auraient demandés à être éclaircis, mais Fiona Mozley semble nous laisser libre d'imaginer la version qui nous convient le mieux, il semble y avoir un pacte passé avec le lecteur.
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pilyen
  04 janvier 2020

Fiona Mozley a eu la chance de figurer en 2017 sur la dernière liste du Man Booker Prize ( en gros le Goncourt anglais mais doté d'un chèque bien plus important), assurant ainsi à son auteure une extraordinaire visibilité dans les pays anglophones à son premier roman.
Force est de reconnaître qu'après la lecture d'"Elmet" ( nom du village où se déroule le récit) on ne peut qu'être impressionné par le talent romanesque de cette jeune femme .... tellement éloigné de celui de nos primo-romanciers-ères hexagonaux qui, pour la plupart, nous livrent des récits nombrilistes puisés dans leur petite vie.
La couverture cite une phrase du Sunday Times ( rare ce genre d'accroche, souvent posée sur un bandeau mais pas imprimée sur la couverture comme ici) : " Quand Hansel et Gretel rencontrent la mafia". Comme souvent, cela est énormément réducteur et pas vraiment pertinent. Si les deux jeunes héros de ce roman sont bien un garçon et une fille, s'ils habitent pas loin de bois qu'ils connaissent comme le fond de leur poche, même s'ils vivent chichement auprès d'un père, colosse d'une grande douceur, celui-ci ne les abandonnera pas. Quant à la mafia, chassez de votre esprit les désormais incontournables Corleone, et troquez plutôt l'accent italien et le costume trois-pièces pour des hobereaux anglais en tweed et à la morale totalement acquise à un libéralisme à faire baver de plaisir Margaret Thatcher.
Le roman oscille constamment entre le conte, la chronique politico/sociale ( qui n'est pas sans rappeler Steinbeck) et un charme romanesque évident où la nature reste constamment présente. Cette jeune auteure possède un talent bluffant pour mélanger ces univers et les rendre terriblement vivants. Sans jamais lâcher la trame de son récit qui, engrenage merveilleusement huilé, se clôturera par un final à la Tarantino, elle instille au fil des chapitres autant d'angoisse que notations tendres. Apparaît ainsi, en filigrane, un discours sur le bonheur d'une vie simple en harmonie avec la nature ainsi qu'une analyse tout en finesse sur la violence humaine. Cerise sur le gâteau, l'écriture parvient également à semer constamment le trouble quant au narrateur, Daniel, un garçon donc, mais dont l'impression à la lecture nous le renvoie comme féminin.
On comprend donc qu'ici, nous avons affaire à un roman extrêmement bien construit, bien écrit, avec un vrai univers comme on en rencontre rarement dans nos romans français de salons bourgeois. Fiona Mozley est jeune, incontestablement talentueuse et s'affirme dès cette première livraison comme une auteure à suivre de très très près. "Elmet", de toute évidence, se pose comme l'une des très bonnes surprises de cette rentrée d'hiver 2020
Lien : https://sansconnivence.blogs..
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Selvegem
  10 janvier 2020
John Smythe est un ancien homme de main, il a également l'habitude de boxer dans des combats clandestins. Il décide un jour d'emmener ses enfants – Cathy et Daniel – dans le Yorkshire, la région d'origine de leur mère. Là-bas, ils vont occuper un petit terrain, où ils vont construire une maison de leurs propres mains, et vont également vivre en marge des règles. Mais cela ne pouvait pas durer longtemps... Car Mr Price, un riche propriétaire terrien, est bien décidé à remettre la main sur John Smythe et ses talents, ou alors de l'expulser.
Entre les deux hommes va commencer une lutte sourde, et dont la violence va aller en croissant. Bientôt, Cathy et Daniel vont également être pris à parti dans cette lutte.
Elmet est un livre de la rentrée littéraire de janvier qui me tentait tout particulièrement, et j'étais très curieuse de découvrir la plume de Fiona Mozley. Surtout que ce roman avait été parmi les finalistes du « Man Booker Prize » en 2017 et qu'il est sorti en France chez Joëlle Losfeld, une maison d'édition que j'apprécie particulièrement.
Et Elmet a été une très bonne découverte, je dois dire ! C'est un roman court (un peu plus de 200 pages), mais tout est dit et il y a tout le nécessaire. Avec une plume concise et efficace, Fiona Mozley nous entraîne dans une histoire sombre et captivante, dans les magnifiques paysages du Yorkshire.
L'atmosphère est d'abord délicate et poétique, avant de sombrer irrémédiablement dans la noirceur de la psyché humaine. Car il y a beaucoup de violences dans cette histoire, qu'elle soit dite à demi-mot ou décrite franchement. Il y a les combats de boxe clandestins, les scènes d'intimidations, et beaucoup de scènes où l'on doute de la bonté humaine. Mais – malgré tout, il y a quand même de la gentillesse. Que ce soit de la part de la voisine de la famille, des travailleurs qui décident de s'unir... Mais tout cela sera-t-il suffisant ?
En lisant Elmet, j'ai parfois pensé aux romans de Ron Rash, pour cet univers sombre, se déroulant dans les grandes étendues sauvages...
Je suis ravie d'avoir pu découvrir la plume de Fiona Mozley, et je suis impatiente de lire ses prochains romans !
Lien : https://chezlechatducheshire..
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Titine75
  07 janvier 2020
John Smythe est venu s'installer dans le Yorshire avec ses deux enfants : Cathy et Daniel. le père ramène ses enfants sur les terres rurales de leur mère pour essayer de les protéger du monde. Ils vivent à la lisière d'un bois. John a construit de ses propres mains leur maison et il apprend à ses enfants à chasser et à profiter de ce que leur offre la nature. Mais l'on ne peut pas vivre en ermite bien longtemps. le passé de John finit par le rattraper. Il gagnait sa vie dans des combats illégaux et servait parfois d'homme de main. C'est l'un de ses anciens employeurs qui va venir perturber le quotidien de la famille. Mr Pryce, propriétaire du terrain où les Smythe se sont installés, voudrait à nouveau profiter de la force incommensurable de John.

Le premier roman de Fiona Mozley, qui a été retenu sur la liste du Man Booker Prize 2017, a des allures de conte gothique. le récit , dont le narrateur est Daniel, semble intemporel malgré quelques indications nous permettant de savoir qu'il se déroule à notre époque (comme les migrants qui se cachent dans un camion de marchandises). le père est un homme dont la force est mythique, légendaire, le battre est de l'ordre de l'impossible. Il y a également dans le roman de Fiona Mozley des références à la littérature : « Les Hauts de Hurlevent » d'Emily Brontë avec les descriptions des paysages et Cathy qui évoque Heathcliff par sa rage ; Ted Hughes et ses « Vestiges d'Elmet ».

A côté de cela, l'auteure aborde des thématiques contemporaines. La petite communauté du Yorshire où la famille s'installe a été marquée par la révolution industrielle. de fermiers, ils sont devenus mineurs et aujourd'hui ils peinent à survivre dans une région où le travail manque. La terre ne leur appartient plus. Se dessine entre les pages de « Elmet » une confrontation des classes sociales. Autre sujet moderne dans ce conte : l'inversion des rôles, des genres entre Cathy et Daniel. La première est tournée vers l'extérieur, elle a de la force alors que Daniel, aux cheveux et aux ongles longs, préfère rester à la maison et discuter autour d'une tasse de thé.

Fiona Mozley est originaire du Yorkshire, elle est née à York et elle rend un vibrant hommage à la campagne de sa région d'origine avec de lyriques descriptions : « le printemps surgit pour de bon, chargé de nuages de pollen et de martinets qui dansaient dans le ciel. Après un vol de plusieurs milliers de kilomètres, ces oiseaux se laissaient flotter dans le vent qui soufflait le chaud et le froid et détachait des chatons des arbres. (…) Les martinets planaient, plongeaient et traversaient cette masse d'air, qui pour eux devait rugir et gémir aussi fort qu'un océan, de façon à attraper le prochain courant d'air chaud et s'élever jusqu'à la crête. Ils étaient experts en ce domaine. Ils amenaient le véritable printemps ; pas celui qui faisait franchir à de timides pousses un sol encore pris par le givre, mais celui qui surgissait avec une féerie de couleurs, un ciel lumineux, des insectes qui déployaient leurs ailes et ces oiseaux qui nous avaient tant manqué et revenaient en force grâce à ce vent dominant de sud-ouest. »

En dehors d'une fin un peu excessive, j'ai beaucoup aimé me plonger dans l'univers de Fiona Mozley et de son Yorkshire aussi brutal que beau.
Lien : https://plaisirsacultiver.co..
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marcphalippou
  02 janvier 2020
Fiona Mozley connaît le Yorkshire comme ses volumes des soeurs Brontë. Elle sait les bois et la brume qui donnent ici un air de légende entre Angleterre et Irlande. Ses chevaliers sont des géants aux poings d'acier qui boxent pour leurs familles et leurs maîtres. Ses fées sont des femmes seules que la vie rosse et le destin cabosse. Ses esprits sournois possèdent la terre qui fait qu'on se bat. Ses elfes sont des enfants tels le narrateur de ce conte poétique et cruel. Peinte avec amour la lande veinée de vieilles mines se nimbe d'une douce mélancolie et froide violence. Notre esprit flotte entre les âges, bercé de poésie et de nature. Et puis il heurte les hommes ivres de violence et gonflés d'énergie. Pour fouiller la terre quand il y avait l'acier ou pour la faire saigner quand on veut son argent. Elmet est une légende authentique, dure et flamboyante, où l'enfance et les illusions sont une héroïne unique, perdue et inoubliable.
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myosotis93
  14 janvier 2020
La lecture de ce récit aurait pu m'enthousiasmer. le retour à la "vie sauvage", la communion avec la nature qui est exprimée avec poésie.

Mais dès les premières pages j'ai ressenti un malaise. La violence omniprésente, pas celle des thrillers dont je suis friande, mais une violence quotidienne, latente.

Et même si j'ai un gout prononcé pour la solitude, s'il est parfois indispensable de s'isoler pour se protéger de la cruauté du monde, je ne conçois pas l'isolement des enfants comme un mode éducatif. Choisir la solitude peut se concevoir, l'imposer est cruel.

Le trio que forme le père, Daniel et Cathy, est en fait un 2 + 1, quelle est la place de Daniel ? Cathy a la violence de son père, elle aime l'affrontement et la solitude alors que Daniel apprécie le confort douillet, les livres et le contact.

Un grand regret : ne pas avoir pu me rendre à la rencontre (cause de grève des transports), j'aurais apprécié entendre l'auteure et les babéliotes.

Lisez, faites-vous votre opinion et écrivez.
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cathulu
  05 janvier 2020
L'histoire se passe de nos jours, mais elle est en fait intemporelle car elle s'inscrit dans une problématique qui dépasse les époques. Celle d'un petit groupe qui refuse d'être ostracisé , qui n'a que faire des règles en vigueur et entend bien vivre où il veut, dans le respect de la nature, sans trop s'occuper des autres. Mais "...le géant barbu qui vivait dans les bois avec son jeune fils et sa fille belliqueuse" vont devoir se rendre à l'évidence : même dans les bois du Yorkshire, les hobereaux, et à leur tête la figure emblématique de Mr Price, font leur loi et la police n'a pas à se mêler de leurs affaires.
 En effet, ce père refuse que son corps, dont il usait pour gagner sa vie lors de combats illégaux, soit soumis à Mr Price, conscient que celui-ci entend juste contrôler pour se sentir exister. Il est en effet beaucoup question du corps dans ce roman et en particulier de celui de la jeune fille, Cathy, qui rejetant l'idée de devenir une victime, déclenchera la tragédie qui était en route. Celui du plus jeune fils, Daniel, narrateur à la recherche de sa soeur, est également au coeur d'une problématique différente.
Il est enfin question de la force d'une communauté qui tente de s'unir pour faire face à l'injustice, le tout dans une région marquée par le chômage, mais aussi par la poésie. Un roman au final impressionnant, tout à la fois baigné de tendresse et de violence au sein d'une nature sauvage. Une prose magique à découvrir.
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