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Boris Pahor, au moment où je rédige ce billet, est âgé de 107 ans et est sans conteste le doyen des écrivains dans le monde.
Quand Ulysse revient à Trieste à certainement des accents auto/biographiques car, comme son héros, il est né à Trieste, à d'abord combattu en Afrique du Nord dans l'armée italienne puis en 1943 a rejoint la résistance slovène contre les Nazis
Trieste est une ville qui m'a toujours fasciné, son histoire est incroyablement riche : Habsbourgeoise durant sept siècles, italienne après la première guerre, ayant adhéré précocement au fascisme. ce qui a entraîné une volonté de Mussolini d'éradiquer la culture slovène. La défaite des Allemands entraîna pendant 43 jours une occupation yougoslave.
Boris Pahor nous restitue la situation en septembre 1943 : tous les militaires italiens sont déliés de leur allégeance au roi d'Italie et doivent rejoindre l'armée allemande. le héros ne s'y résoudra pas et rejoindra la résistance.
C'est un livre intéressant, il s'attache aux hésitations du protagoniste hésitant entre la lutte dans le Karst, les monts entourant Trieste, ou à l'intérieur de la ville elle-même, il nous dépeint les rudes villageois toujours prompts à aider les combattants, les mères s'inquiétant pour leurs fils, le désir de liberté des Slovènes et leur volonté d'être fiers de leur nation.
S'y joint deux beaux portraits de femmes.
J'ai beaucoup aimé, Boris Pahors nous donne un autre éclairage sur Trieste, ville de frontières célébrée par tant d'écrivains
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Indépendante depuis le 25 juin 1991, la Slovénie a fait partie de l'ancienne république de Yougoslavie. le pays, pour autant que l'on puisse parler de pays slovène avant 1991, a connu de nombreuses dominations dans son histoire, autrichienne et italienne notamment.
La lutte contre l'envahisseur a nourri le sentiment national slovène. Boris Pahor raconte un épisode de cette lutte.
18 septembre 1943, les USA ont débarqué en Italie, ont défait Mussolini récupéré par des parachutistes SS et installé dans sa République fantoche du Lac de Garde.
Les soldats slovènes, enrôlés dans les troupes italiennes, reçoivent l'ordre du commandement de la ville de Trieste de se présenter aux autorités allemandes pour être enrôlés et combattre les partisans.
Rudi Leban fait partie de ces jeunes soldats qui abandonnent l'uniforme et décident de rejoindre le maquis, déjouant les pièges tendus par les soldats allemands, dans toutes les gares.
Le récit est celui de la fuite en train, sous le regard empathique des voyageurs qui identifient sans mal ses jeunes gens taiseux, vêtus d'habits d'emprunt :
« La conversation s'installa, couvrant le grondement des roues, tantôt couvertes le grondement des roues tantôt couverte par leur martèlement contre les rails. Addition, addition des tronçons métalliques, et en même temps soustraction. Compte à rebours jusqu'au prochain arrêt, qui pourrait bien porter le nom de Vérone. »
Les souricières tendues par les Allemands à chaque gare, à cette époque les gares étaient fermées et leur accès réservées aux voyageurs, obligent les jeunes gens à sauter du train avant l'arrivée à destination.
« Après avoir sauté du train, le voilà qui fuyait comme une bête traquée. Traquée par des chasseurs affamés de chair humaine qui arborent une tête de mort sur leurs calots. Il courrait, gravissait les marches deux à deux. Il en laissait six derrière lui. Puis six encore et encore autant. N'allaient-elles donc jamais finir ? S'en créait-il de nouvelles au fur et à mesure qu'il les franchissait ? Se pourrait-il qu'elles soient, elles aussi, ensorcelées par le mauvais sort qui planait sur cet automne d'acier ? »
Ces deux phrases sont représentatives du style de l'auteur et de la façon dont Rudi Leban, le héros, qui n'est autre que Boris Pahor, est confronté à des découvertes et des épreuves successives.
Il découvre que le nationalisme ou plutôt l'attachement viscéral dont il fait preuve à l'égard de sa patrie La Slovénie, n'est pas partagé par toute la population. Son amie Vida, n'a-t-elle pas été séduite par un homme italien ? N'a-t-elle pas cédée à «l'éclat de la grandeur étrangère » ?
Lui-même n'a-t-il pas éprouvé une admiration coupable pour les soldats italiens entrant en triomphateurs dans Ljubljana ? « Toi aussi, tu as droit aux considérations réservées aux glorieux Romains. Ah, ah ! »
La fuite vers le maquis prend des allures de voyage initiatique. Rudi remettra en cause son projet initial de réussir ses études de droit pour devenir l'avocat de talent qui défendra les opprimés contre le régime qui professe : « Epargne ceux qui courbent l'échine : quant à ceux qui se rebellent, écrase-les. »
Ecrit en 1955, le roman de Boris Pahor garde toute son actualité en 2017. Il éclaire l'évolution des Balkans vers les conflits que nous avons connus dans les années 1990. Il pose par ailleurs une question fondamentale : les guerres de libération nationales, en se construisant dans le rejet de l'envahisseur, ne conduisent-elles pas à terme au rejet de l'autre ?
A lire.
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"Quand Ulysse revient à Trieste" est le récit de la résistance qui commença en 1943 dans la ville pré-citée à la suite de la destitution de Mussolini. Publiė en 1955 dans la ville slovène de Koper nous devons aux éditions Pierre-Guillaume de pouvoir lire ce témoignage écrit par un des derniers sujet de l'Empire des Habsbourg: Boris Pahor.
L'histoire relate l'engagement de Rudi Leban, alias Boris Pahor himself, qui, refusant d'être un "malgré-nous" de la Wehrmacht qui rafle les jeunes italiens pour les envoyer sur le front russe, va se cacher sur le haut plateau du Karst puis rejoindre sa ville, Trieste, où il ménera un double combat contre les fascistes et les nazis. L'histoire de Trieste est déjà, en soi, assez terrible, son statut ayant souvent changé tout au long de son histoire, et l'auteur nous éclaire sur une page particulière peu connu du grand public. Boris Pahor aura 100ans cet été, joli cadeau qu'il nous fait là: l'occasion de mieux connaître l'histoire de notre continent.
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C est le premier livre que je lis de Boris Pahor, fascinée par cette Europe centrale que fut la Mitteuropa incarnée en autre par la ville de Trieste.
L'histoire qui nous est contée est celle d un jeune homme en qui le sentiment d appartenance à la terre slovène et à la Slovénie est puissant.Comment ce peuple peut il accéder à sa liberté en étant sous lej oug italien et allemand , comment dépasser ce sentiment d infériorité émanant de tout slovène, qui pense être inférieur aux autres pays de grande culture.Des questions pertinentes, personne ne devrait se sentir inférieur.
J ai aimé ce roman malgré la déception de ne pas avoir bcp lu de descriptions de Trieste.
Ce livre est à mettre en corrélation avec le livre de Claudio Magris sur l'évocation du camp de concentration: la riziera
Je lirai d autres livres de Pahor




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Mon premier livre de Boris Pahor
Le verre à moitié plein : l'histoire est intéressante et assez méconnue en France. Boris Pahor l'a visiblement vécue et le cheminement intellectuel, moral et géographique de Rudi entre Trieste et le karst des maquisards est en partie autobiographique (en tous cas, le contexte). C'est l'histoire de la mise en place de la République de Salo, gouvernement fasciste sous la direction de Mussolini et de la résistance slovène à l'enrolement dans les troupes de la Wehrmacht.
Le verre à moitié vide : un style d'écriture qui m'a anesthésié. Lent, académique, ampoulé et empétré dans un mélange de descriptions de la nature, d'histoires pseudo-sentimentales avec Vida et Majda et d'états d'âme qui m'ont littéralement assomés.
Ca n'est qu'un avis personnel, bien sur, j'ai abandonné au bout de 200 pages sur 300, signe que je n'avais pas même la motivation des 100 dernières...
Est-ce la traduction (Jure Kozamernik?), le fait d'avoir trop lu de John Fante et de Bukowski ces derniers temps ;-), l'approche de l'été, ou bien... ce livre, écrit en 1955 n'a été traduit qu'en 2013 pour le centenaire de l'auteur (un coup de com?)
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