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3.78/5 (sur 322 notes)

Nationalité : Italie
Né(e) à : Trieste , le 10/04/1939
Biographie :

Claudio Magris est un écrivain, germaniste, universitaire et journaliste italien, héritier de la tradition culturelle de la Mitteleuropa qu'il a contribué à définir.

Âgé de 18 ans, il quitte Trieste et suit des études de langue et de littérature germaniques à l’université de Turin. Diplômé, il refait sa thèse sous forme d'un essai ("Mythe de l'Empire dans la littérature autrichienne", 1963) dans lequel il confronte le regard de plusieurs écrivains (Joseph Roth, Robert Musil, Karl Kraus, Stefan Zweig) au mythe de la Mitteleuropa (Europe centrale).

Il est notamment l'auteur de "Danube" (1986), un essai-fleuve où il parcourt le Danube de sa source allemande (en Forêt Noire à la mer Noire, en traversant l'Europe centrale), et de "Microcosmes" (1997), portrait de quelques lieux dispersés dans neuf villes européennes différentes. Il est également chroniqueur pour le Corriere della Sera.

Il a été sénateur de 1994 à 1996.

En 2001-2002, il a assuré un Cours au Collège de France sur le thème "Nihilisme et mélancolie. Jacobsen et son Niels Lyhne".

Magris a reçu plusieurs prix prestigieux couronnant son œuvre, comme le prix Erasme en 2001, le prix Prince des Asturies en 2004, le Prix de la paix des libraires allemands en 2009, le prix Jean-Monnet en 2009, le prix Franz-Kafka en 2016. Par ailleurs, il a été plusieurs fois pressenti pour le prix Nobel de littérature.


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Lors de l'émission “Hors-champs” diffusée sur France Culture le 16 septembre 2013, Laure Adler s'entretenait avec l'écrivain et essayiste italien, Claudio Magris. « L'identité est une recherche toujours ouverte, et il peut même arriver que la défense obsessive des origines soit un esclavage régressif, tout autant qu'en d'autres circonstances la reddition complice au déracinement. » Claudio Magris (in “Danube”) Claudio Magris, né à Trieste le 10 avril 1939, est un écrivain, germaniste, universitaire et journaliste italien, héritier de la tradition culturelle de la Mitteleuropa qu'il a contribué à définir. Claudio Magris est notamment l'auteur de “Danube” (1986), un essai-fleuve où il parcourt le Danube de sa source allemande (en Forêt Noire) à la mer Noire en Roumanie, en traversant l'Europe centrale, et de “Microcosmes” (1997), portrait de quelques lieux dispersés dans neuf villes européennes différentes. Il est également chroniqueur pour le Corriere della Sera. Il a été sénateur de 1994 à 1996. En 2001-2002, il a assuré un cours au Collège de France sur le thème « Nihilisme et Mélancolie. Jacobsen et son Niels Lyhne ». Ses livres érudits connaissent un très grand succès public et critique. Claudio Magris a ainsi reçu plusieurs prix prestigieux couronnant son œuvre, comme le prix Erasme en 2001, le prix Prince des Asturies en 2004, qui entend récompenser en lui « la meilleure tradition humaniste et [...] l'image plurielle de la littérature européenne du début du XXIe siècle ; [...] le désir de l'unité européenne dans sa diversité historique », le prix européen de l'essai Charles Veillon en 2009, et le prix de littérature en langues romanes de la Foire internationale du livre (FIL) de Guadalajara, au Mexique, en 2014. Claudio Magris est également régulièrement cité depuis plusieurs années comme possible lauréat du prix Nobel de littérature. Thèmes : Arts & Spectacles| Littérature Contemporaine| Littérature Etrangère| Claudio Magris| Mitelleuropa Sources : France Culture et Wikipédia

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Citations et extraits (225) Voir plus Ajouter une citation
Nori S. était en terminale quand moi j'étais en première, elle était très belle et inaccessible, avec des cheveux châtains qui frisaient, plus clairs, dans l'air lumineux des grandes fenêtres ouvertes ou mal fermées du lycée : tous les élèves étaient amoureux d'elle depuis des années, ils l'aimaient avec la fidélité compacte d'un régiment de la garde. Quand elle passait dans les couloirs, absorbée et les ignorant, elle faisait définitivement comprendre à des centaines de recrues du destin cet au-delà qui, comme le dit un célèbre poème de Montale, est écrit dans toutes les images et qui sur son visage et dans ses yeux clairs en amande était écrit encore plus nettement que dans ce poème.
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Quelle que soit l'opinion ou la foi professée par les hommes, ce qui les distingue avant tout c'est la présence ou l'absence, dans leur pensée et leur personne, de cet au-delà, et le sentiment d'habiter un monde achevé et épuisé en lui-même, ou bien incomplet et ouvert sur l'ailleurs. Le voyage est peut-être toujours un acheminement vers ces lointains resplendissants, rouges et violets dans le ciel du soir, au-delà de la ligne des mers et des monts, dans ces pays où se lève le soleil qui chez nous se couche. Le pèlerin avance dans le soir, chacun de ses pas le rapproche du couchant et le mène au-delà de la ligne de feu en train de s'éteindre. (...) Sa route est longue, même s'il ne fait que se déplacer de sa cuisine à la pièce qui donne à l'ouest, et sur les vitres de laquelle l'horizon a des lueurs d'incendie, car une maison est un royaume vaste et inconnu et une vie ne suffit pas à l'odyssée entre la chambre d'enfant, la chambre à coucher, le couloir dans lequel les enfants se poursuivent, la table de la salle à manger sur laquelle les bouchons sautent comme les salves d'un ban d'honneur et le secrétaire avec ses quelques livres et ses quelques papiers, qui cherchent à dire le sens de ce va-et-vient entre la cuisine et l'office, entre Troie et Ithaque.
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Comme pour Musil, pour Roth aussi la Cacanie (l'Empire austro-hongrois) est devenue le royaume de l'imaginaire : un imaginaire qui n'existe même plus dans les mots, même plus comme hypothèse ou comme alternative, même plus dans les annales poussiéreuses d'une armée dissoute.

(page 398).
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L'instant de Faust ou le chapelet de Stifter? Devant l'église de Saint-Florian, Madeleine, en train d'acheter des cartes postales, se penche pour les examiner avec cette légère moue qu'elle a toujours quand elle se concentre sur quelque chose. Le sillon que la moue dessine sur sa joue se creuse un peu plus, et l'or de ses cheveux est légèrement terni -comme pour nous rappeler que la vie n'est pas garantie inoxydable. C'est que ces cheveux blonds -encore blonds- sont eux aussi un grain du chapelet, une goutte d'oubli. Qui a raison, de Faust ou de Stifter, faut-il vouloir suspendre l'instant, l'or inaltérable, ou égrener en paix son chapelet sans en faire une maladie que les perles défilent?
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Les Allemands, qui à des époques diverses ont afflué vers Trieste et ont choisi d'en faire leur ville, se trouvent eux aussi soumis au charme de la culture italienne, ils s'adaptent dans leur grande majorité à l'italianité citadine dominante, et subissent le processus d'intégration et d'absorption.
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Il descendit de l'autobus en se tenant à la barre d'appui jusqu'à ce que son pied ait touché, non sans quelque hésitation, l'asphalte. Il s'attarda un instant à serrer le métal clair, se retirant juste à temps avant la fermeture de la porte. Il était agréable à toucher, si froid, pas encore réchauffé par d'innombrables paumes moites de sueur.
(incipit)
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De cet observatoire, la vie apparaît comme une perte de temps, une machine fragile. Comme l'horloge qui en marque le rythme, la réalité est un engrenage, une organisation du goutte à goutte, une chaîne de montage orientée toujours et uniquement vers la phase successive. Celui qui aime la vie doit peut-être aimer son jeu d'emboîtements, s'enthousiasmer non seulement pour un voyage vers des îles lointaines, mais aussi pour les démarches administratives relatives au renouvellement de son passeport. La persuasion, qui répugne à cette mobilisation générale quotidienne, c'est l'amour pour quelque chose d'autre, qui est plus que la vie et ne luit que par éclairs pendant les pauses, les interruptions, quand les mécanismes sont arrêtés, que le gouvernement et le monde entier sont en vacances - au sens fort où "vaquer" évoque le vide, le manque, l'absence -, et que n'existe plus que la lumière haute et immobile de l'été.
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Le chat ne fait rien, il est, comme un roi. Il reste assis, pelotonné, allongé. Il a la persuasion, il n'attend rien et ne dépend de personne, il se suffit. Son temps est parfait, il se dilate et se rétrécit comme sa pupille concentrique et centripète, sans se précipiter dans un angoissant écoulement goutte à goutte. Sa position horizontale a une dignité métaphysique que l'on a en général désapprise.
On se couche pour se reposer, dormir, faire l'amour, toujours pour faire quelque chose et se relever dès qu'on l'a fait ; le chat se couche pour être couché, comme on s'étend devant la mer rien que pour être là, étiré et abandonné. C'est un dieu de l'instant présent, indifférent, inaccessible.
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Sa chevelure, qui sait pourquoi plus foncée dans mon souvenir, soir sans lune déjà tombé sur la mer et pourtant lumineux, une faible lueur encore à l’horizon ; la vague se brise, blanche, sur le rivage, se retire et revient, elle est là, clair sourire de son visage et du monde.
(Temps courbe à Krems)
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Tout lui redevenait facile, plus rien ne lui pesait depuis qu’il n’était plus obligé de commander. Cela avait été son lot pendant si longtemps, des années et des années épuisantes et interminables, peut-être depuis le premier instant où il était arrivé en ville, laissant à jamais derrière lui la Moravie et ses forêts. Puis d’un seul coup, cette nécessité avait disparu et le monde était devenu un ballon rouge, qui ne pesait pas et qu’on pouvait à tout moment laisser s’en aller à sa guise.
(Le gardien)
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