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EAN : 9782910677763
124 pages
L'originel Charles Antoni (27/02/2008)
4/5   2 notes
Résumé :
« L'erreur que l'on commet le plus souvent à propos de libération, c'est de croire q'uil s'agit de quelque chose qu'un individu peut acquérir. En réalité, la libération est une perte la perte du sens qu'il n'y a jamais eu un individu séparé, un individu qui aurait pu choisir de faire quelque chose pour atteindre cette libération. Lorsqu'il est vu qu'il n'y a pas de séparation, le sens de vulnérabilité et de peur attaché à l'individu disparaît, et ce qui reste, c'est... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
« Il n'est pas facile d'écrire un livre sur rien » dixit Richard Sylvester, mais « J'espère que tu vas mourir bientôt », lui dit Tony Parsons.

Avec un tel titre provocateur : « J'espère que vous allez mourir bientôt », j'avais très envie de lire ce livre. Merci aux éditions Charles Antoni-L'Originel de m'avoir permis cela ! La photo de couverture montre d'ailleurs un homme au bord de la falaise : est-ce une invitation à sauter dans l'inconnu ? Y survivra-t-on ? Ou doit-on s'y abandonner à la mort ? La vie vaudrait-elle la peine d'être vécue, quand on sait qu'elle n'est que transitoire et… irréelle ?
Malgré ces excitants, je dois relever que Richard Sylvester est un compatriote et « disciple » de Tony Parsons, l'un des Papes du Néo-Advaïta Vedanta, un courant « spirituel » qui est une version aseptisée et laïcisée, occidentalisée et neutralisée de l'Advaïta-Vedanta orthodoxe. Pour vous faire une idée exacte de ce qu'est cette Non-Dualité ancestrale et son succédané contemporain, lisez cette bible indispensable : Dennis WAITEL'Advaïta Vedanta : théorie et pratique. Néanmoins, c'est en disséquant l'ouvrage étriqué d'Alexandre PACINI – Découvrir la spiritualité. Enseignants, méthodes, sources, buts qui fait beaucoup appel à cet ouvrage de Richard Sylvester, que j'ai eu l'envie de le découvrir et de le lire. Mais Richard Sylvester va-t-il réussir à me convaincre ? Les ouvrages de cette « spiritualité » m'interpellent beaucoup, éveillent en moi beaucoup de critique et de questions. C'est une supercherie pour moi, qui fait du tord même avant tout à ses principaux prosélytes.

Commençons par le Préambule, où l'auteur nous dit ceci, et je suis plutôt d'accord avec lui, ce qui est plutôt bon signe :
« La libération ne peut être décrite en mots. Elle ne peut être comprise par le mental. Elle ne peut être vue, jusqu'à ce qu'elle se révèle. Il n'y a alors aucun mot ou aucune idée qui soit capable de l'exprimer, ni aucun mental capable de l'appréhender.
Pourtant la libération est tout ce qui est. Ici, maintenant.
Paradoxe.
La vision de la libération n'a rien à voir avec le mental. Cependant la libération est ici, maintenant, voilée par le mental. Voilée par un mental qui n'existe pas.
Paradoxe.
La libération est la fin de la recherche et la fin de la notion de sens. La libération révèle le sens de la vie en tant que la vie elle-même. Il ne peut pas y avoir de recherche pour ce qui est vu être déjà présent.
Le langage par sa nature dépeint la dualité : les événements, les expériences, les choses, les pensées, les sentiments, tout ce qui apparaît, tout ce qui se manifeste. Il n'y a pas de langage pour décrire la non-dualité. La seule chose que l'on puisse faire c'est l'évoquer, y faire allusion. »

Juste après on lit : « l'éveil : c'est voir qu'il n'y a personne ». Pour moi cet éveil de Richard Sylvester, c'est simplement un samâdhi, peut-être une Illumination, mais nullement une Libération et encore moins une Extinction, car il ne cesse de dire que l'état vécu est impermanent et sa « personne » ne cesse de se réanimer. Mais je ne me suis pas arrêté là dans ma lecture, car Richard Sylvester met le doigt sur des choses justes et se montre assez honnête dans son enquête.
L'éveil selon Sylvester tel que je le conçois, c'est une sorte de court-circuit entre l'ego et l'environnement : « on n'est » plus touché par le deuxième. On se protège dans une tour d'ivoire, on coupe l'alimentation en émotions et sentiments. On met l'ego sur off. du coup, on se sent soulagé, c'est normal. Mais on n'est plus humain. Voilà le problème. Et l'on n'est pas divin non plus, on ne laisse pas la place au Soi : soi n'est plus et Soi n'est pas.
En effet :
» La libération n'est pas personnelle et n'a rien à voir avec une expérience psychologique, émotionnelle, ou « spirituelle », aussi subtile soit-elle. Une fois qu'il est vu que je ne suis rien, il est aussi vu que toute expérience se produit seulement pour une personne apparente, et retombe ensuite dans l'Un sans que cela n'ait aucun sens. Il n'y a pas de personne réelle pour qui l'expérience apparaît, et aucune possibilité que cette expérience ait une signification. »
Pour Richard Sylvester, « la libération : voir que je suis tout ». Tout est à creuser dans ces cinq mots : Voir. Que. Je. Suis. Tout.
Que dit l'auteur ? « Lorsque le soi disparaît et que la conscience est vue en toute chose, alors tout est vu pour ce qu'il est, un magnifique hologramme sous-tendu par l'amour ».
Je note toutefois que l'analyse intellectuelle de Richard Sylvester pour quelque chose de non-conceptuel, car comme il le dit : « Il n'est pas facile d'écrire un livre sur rien », est bien fichue, et élève le doute tout en éclairant admirablement le lecteur, car bien des choses sont niées avec une certaine candeur ou simplicité, car il y a juste à le déclarer pour que cela soit. Richard Sylvester conjugue donc les paradoxes. Les choses sont, elles apparaissent et disparaissent, mais personne ne les vit : cette semblant de « personne » ne fait qu'y assister. La croyance qu'il n'y a personne est telle, qu'elle convainc « celui » qui croit qu'il n'est rien ni personne. C'est assez dissociatif et relève de la désidentification. Cela rappelle la méthode Coué. Et cela déresponsabilise : on laisse faire les choses par magie. « On » vit par procuration…

« La libération ne m'est pas arrivée, et elle ne vous arrivera pas. Pourtant la libération existe. Il n'y a que la libération. La perfection est déjà ici. Ce que vous êtes est déjà divin. »
« L'éveil, c'est voir le vide du néant. La libération, c'est voir la plénitude du néant » selon Richard Sylvester. Ses considérations d'ailleurs occupent la moitié de l'ouvrage, tandis que deux interviews, plus intéressantes et plus pertinentes, les complètent en seconde partie.

Malgré les détours mentaux et égotiques de Richard Sylvester et son appartenance au Néo-Advaïta – si l'on peut dire que ce « quelqu'un » appartienne à quoi que ce soit – j'ai apprécié cette lecture, car l'auteur n'essaie pas de tricher ouvertement. Je reste en désaccord avec les idées de cette mouvance, mais cet ouvrage de Richard Sylvester mérite la lecture, car il m'a semblé honnête avec le lecteur comme avec lui-même.

Une dernière remarque, pour l'éditeur : resserrer le texte pour réduire le nombre de pages permettrait d'en faire un opuscule, de baisser son prix et donc, d'attirer plus de lecteurs, car ce bouquin le mérite !

Bonne et très agréable lecture ! J'espère que vous ne mourrez pas bientôt !

ZUIHÔ
Lien : https://livresbouddhistes.co..
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Un livre surprenant, car il indique que poursuivre sa quête éloigne du but, lâcher-prise nous permet de l'atteindre. Un livre qui est important pour ce qui permet de faire comme parcours, et non comme contenu.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
A cet instant il était vu qu’il n’y a personne. Le sentiment qu’il existait une personne avait jusqu’alors été une constante et donnait tout son sens à cette vie. Pendant tant d’années, cela n’avait jamais été mis en question. Il était tellement évident que c’était « moi », mon centre, mon lieu, que ce n’était même pas perçu. C’était maintenant vu comme quelque chose de complètement superflu. Soudainement il était clair que je n’avais jamais eu de vie, car il n’y avait jamais eu de « je ». En une seconde d’éternité, il était clair que sans un « je », chaque chose était vue, pour la première fois, exactement comme elle est. Je ne vis pas, je suis vécu. Je n’agis pas, mais les actions se passent à travers moi, la marionnette divine.

Toutes les inquiétudes de cette petite et non moins importante vie apparente disparaissaient en un instant.
En une seconde le soi revint et dit : « Diable, mais qu’était-ce donc que cela ? » Mais la fraction de seconde sans personne apporta des changements radicaux au paysage interne. Car cette vision peut faire exploser votre mental.
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L'idée fausse la plus commune au sujet de la libération est que c'est quelque chose qu'un individu peut obtenir. Mais la libération est une perte - la perte du sens qu'il y a jamais eu un individu séparé qui puisse choisir de faire quelque chose afin de provoquer la libération. Quand on voit qu'il n'y a aucune séparation, le sens de la vulnérabilité et les craintes qui nous attachent à l'individuel tombent… alors la vie est simplement vécue et la relaxation s'installe. On se sent à l'aise avec ce qui arrive et c'en est fini de vouloir s'approprier quoi que ce soit.
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Dans l’histoire, une année après l’éveil, je me trouvais dans une boutique d’une petite ville ordinaire. Soudainement mais avec une grande douceur, l’ordinaire fut déplacé par l’extraordinaire. La personne, de nouveau, disparut complètement et il fut clairement vu que la conscience est partout et qu’elle est tout. Le sens d’un soi localisé se révéla n’être qu’une apparence. Il n’y a pas de localisation, ni ici, ni là. Il n’y a que l’Un apparaissant comme tout et c’est ce que «je» suis vraiment. «Je» suis la boutique, les gens, le comptoir, les murs, et l’espace dans lequel tout se présente. Lorsque le soi disparaît et que la conscience est vue en toute chose, alors tout est vu pour ce qu’il est, un magnifique hologramme sous-tendu par l’amour.
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La libération ne peut être décrite en mots. Elle ne peut être comprise par le mental. Elle ne peut être vue, jusqu’à ce qu’elle se révèle. Il n’y a alors aucun mot ou aucune idée qui soit capable de l’exprimer, ni aucun mental capable de l’appréhender.
Pourtant la libération est tout ce qui est. Ici, maintenant.
Paradoxe.
La vision de la libération n’a rien à voir avec le mental. Cependant la libération est ici, maintenant, voilée par le mental. Voilée par un mental qui n’existe pas.
Paradoxe.
La libération est la fin de la recherche et la fin de la notion de sens. La libération révèle le sens de la vie en tant que la vie elle-même. Il ne peut pas y avoir de recherche pour ce qui est vu être déjà présent.
Le langage par sa nature dépeint la dualité : les événements, les expériences, les choses, les pensées, les sentiments, tout ce qui apparaît, tout ce qui se manifeste. Il n’y a pas de langage pour décrire la non-dualité. La seule chose que l’on puisse faire c’est l’évoquer, y faire allusion.
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Nous prétendons que nous avons perdu la paradis seulement pour la joie de le retrouver à nouveau. Quand le paradis est retrouvé , il est réalisé qu' il n' avait jamais été perdu.
Mais aussi longtemps que nous cherchons le paradis, il est impossible de remarquer qu'il est déjà là.
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