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EAN : 9782246838463
160 pages
Grasset (21/02/2024)
  Existe en édition audio
4.05/5   168 notes
Résumé :
Fracassée comme tant d’autres après le massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, l’auteur voit son monde s’effondrer. Elle dont la mission consiste à porter la souffrance des autres sur ses épaules et à la soulager par ses mots, se trouve soudain en état de sidération, impuissante et aphasique.
Dans la fièvre, elle écrit alors ce petit traité de survie, comme une tranche d’auto-analyse qui la fait revenir sur ses fondements existentiels.
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
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Ne demandez pas à Delphine Horvilleur comment ça va… car depuis les massacres du 7 octobre en Israël, l'autrice et femme rabbin a du mal à trouver le sommeil et à répondre aux interrogations de sa communauté.

Cherchant des réponses tellement difficiles à trouver, elle entame ici des conversations avec ses grands-parents décédés, avec ses enfants, avec la paranoïa juive et même avec le Messie. Des dialogues réels ou imaginaires où même son attachante grand-mère au fort accent yiddish se met à prendre la parole. Elle, qui ne disait pourtant jamais grand-chose lorsqu'elle était encore en vie, ne peut dorénavant plus reposer en paix et se mêle à des conversations parfois étranges où l'autrice va jusqu'à utiliser les chansons de Claude François et même « Il était une fois l'Homme », le célèbre dessin animé qui a bercé mon enfance, afin de nous expliquer ce qu'est l'antisémitisme.

À l'instar de Tahar Ben Jelloun et son roman « le racisme expliqué à ma fille », Delphine Horvilleur cherche à nous ouvrir les yeux sur cet autre mal latent qui traverse l'histoire sans jamais se faire éradiquer. Tout comme le racisme, l'antisémitisme demeure toujours là, tapi dans l'ombre, montrant parfois le bout de son nez au détour d'une petite remarque moins innocente qu'elle n'en n'a l'air, voire d'un regard légèrement de travers ou trop appuyé, attendant un événement tragique ou une crise pour refaire surface. Un avion dans une tour, un massacre lors d'un festival de musique et tout le monde se retrouve très vite dans le même sac… les musulmans dans celui des terroristes et les juifs dans celui de Netanyahou et de ses mesures extrêmes.

La multiplication des actes antisémites en Europe est là pour confirmer ses propos, mais, en tant qu'héritière de la peur de tout un peuple, Delphine Horvilleur bascule forcément beaucoup plus loin dans l'effroi et la crainte d'une histoire qui pourrait bien à nouveau se répéter. C'est au moment où elle demande à son fils d'enlever l'étoile de David du collier qu'il porte autour du coup que le lecteur saisit pleinement la peur et le déchirement qui habitent cette maman rabbin depuis le drame du 7 octobre 2023 et qu'elle tente de partager au fil de ses dialogues.

Je n'avais lu que « Vivre avec nos morts » de Delphine Horvilleur jusqu'à présent et j'ai pris grand plaisir à retrouver la finesse de sa plume, ainsi que l'humour et l'autodérision dont elle continue de faire preuve malgré les circonstances, notamment au détour de quelques blagues typiquement juives qui m'ont à nouveau fait pouffer de rire. Un sourire qui disparaît néanmoins très vite en pensant certes au déchirement et à la stigmatisation de la communauté dont elle se veut ici porte-parole, mais en pensant également à la souffrance inacceptable des Palestiniens… qui n'est malheureusement pas l'objet de cet essai…
Lien : https://brusselsboy.wordpres..
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Mais qu'est-ce que tu fais là, Delphine ? Roulée en boule, par terre, dans le noir ?

7 octobre ? Quoi 7 octobre ? Ah oui. 7 octobre. Mais enfin, faut pas prendre les choses comme ça ! C'est tragique, c'est sûr, mais c'est pas en restant prostrée dans ce couloir que ça va aller mieux. Allez, ressaisis-toi ! On a besoin de tes lumières, de ton intelligence ! On a besoin que tu sois juste et inspirante !

Au regard de rage noyée de détresse qu'elle me lance, je comprends que je fais fausse route. Apparemment la question n'est pas de savoir de quoi nous avons besoin.

Depuis le 7 octobre, elle est ravagée, Delphine ses « conversations après le 7 octobre » le disent assez. Et il va falloir faire bien attention avec mes mots car je vois bien qu'ils embarquent plus que je ne crois qu'ils disent. Et que ça peut faire très mal.

Oserais-je dire que cette lecture m'a mise mal à l'aise ? Après tout, oui, cette réflexion à laquelle elle me mène oblige à tout mettre sur la table. Je n'ai d'abord pas aimé que Delphine Horvilleur se sente abandonnée par nous. Qu'elle ait pris personnellement le soutien timoré des Français après les attentats du 7 octobre. C'est vrai, quoi. Ca n'est pas à elle qu'on n'a pas manifesté de sympathie outre mesure. Ce n'est juste pas possible de manifester sa solidarité à un peuple gouverné par un pouvoir aussi abusif et violent.

Comment ça, ce que je dis est insensé ? Comment ça je mélange tout et je fais mal en disant n'importe quoi ? Des jeunes gens qui allaient danser, des bébés, des familles, des hommes et des femmes ont vu la terreur, la violence et la mort prendre possession de leurs existence du jour au lendemain. Sans qu'ils aient fait quoi que ce soit de plus ou de moins que la veille. Sans qu'ils se soient engagés à faire de leur existence une monnaie d'échange contre telle ou telle idée. Juste des hommes et des femmes. Qui ne représentaient en rien la politique de Netanyahou. Qui étaient juste eux.

Ah oui. Vu comme ça... C'est désolant. Et on ne peut pas ne pas le voir comme ça ? D'accord. Oui, tu as raison, Delphine, nos réticences à vous manifester de la compassion sont abjectes.

Mais la riposte engagée tout de même, tu peux pas dire, mais l'assassinat de milliers de civils dans la souricière de Gaza, mais toutes ces vies, cette armée qui avance, va tout raser, qui torpille les hôpitaux… vraiment, ça, on peut pas le cautionner. Et puis, tu vois bien que si on se dit solidaires de vous, on l'est avec tous ces racistes qui détestent les Arabes. Et ça, c'est pas possible non plus. On est des gens bien, nous. Eduqués et ouverts au multiculturalisme. On ne peut pas pleurer avec vous, ce serait taper sur les autres. C'est compliqué. Tu le vois bien !

« Avec tant d'autres, je cherche les mots, ceux qui diraient vraiment aux Palestiniens ET aux Israéliens que jamais leur douleur ne me laissera indifférente, que l'on peut et l'on doit pleurer avec les uns ET les autres. (…) Mais le langage fait défaut… précisément parce qu'il inclut des « mais » qui nourrissent un peu plus la douleur des uns et des autres. « le 7 octobre furent commis des actes ignobles MAIS… » « Des femmes juives ont été violées MAIS… » « le sort des enfants de Gaza est terrible MAIS…. » « Des innocents ont été utilisés comme boucliers humains MAIS…. » Je vomis tous ces « mais » qui piétinent les responsabilités des uns et des autres, et qui assassinent notre humanité. »

Tu es en train de dire que sous couvert d'un discours ouvert et sensé, je bafoue toute commisération ? Toute attention élémentaire à la douleur de l'autre ? Et qu'on ne me demande pas d'être géopolitique au Café du commerce mais de manifester une empathie avec ta douleur. Avec la douleur de ceux qui sont juifs ? Avec la douleur de tous ceux qui ont mal ? D'accord. Ca se tient.

Mais alors pourquoi c'est difficile pour nous de le faire ?

C'est là où le malaise a encore davantage grandi en moi. Là où j'en ai pris plein la figure. Ca commence avec la « conversation avec la paranoïa juive », Delphine Horvilleur revient sur ses ascendants, ses grands-parents qui ont, pour certains été sauvés par des Justes et pour d'autres été exterminés. Ces énormes trous que ça fait dans la représentation de soi. Cette méfiance toujours latente. L'histoire se répète. La question est de savoir quand. « Celui qui n'est pas héritier de cette peur ne peut comprendre ni ce qu'elle convoque, ni ce qu'elle provoque ».

Eva Illouz, dans Les émotions contre la démocratie en parle également « La Shoah a changé à jamais la conscience juive, à la fois en Israël et dans les rangs de la diaspora. le massacre paneuropéen des Juifs a conféré à l'antisémitisme une signification quasi métaphysique : l'ampleur de la destruction était telle qu'il était presque inévitable d'interpréter la haine des Juifs comme une haine éternelle, inexpugnable et totale, un phénomène inscrit dans l'ordre du monde lui-même. Les ennemis se succédaient dans une chaîne du mal continue et peut-être sans fin (…) le caractère radical de la Shoah a rendu très difficile sinon impossible d'envisager le monde autrement qu'à travers un grand récit qui a structuré la conscience juive moderne : on en est donc venu à définir le monde par son intention d'annihiler les Juifs – une interprétation difficilement évitable au regard de la persistance et de la radicalité de la haine à leur endroit. »

Et c'est bien ce que nous dit Delphine Horvilleur aussi. Sous nos dénégations civilisées (« mais où vas-tu chercher ça ? Vraiment, ma belle, tu deviens parano »), elle détecte autre chose, tout un air du temps qui ne parle pas d'antisémitisme, qui ne prononce pas le mot. Tout un discours que je pourrais peut-être reprendre à mon compte, sans réfléchir, parce qu'il m'a l'air sensé. Et qui contient, une haine nauséabonde.

Ce qu'elle dit, c'est que notre société est antisémite. de manière souterraine, larvée, à bas bruit la plupart du temps. Mais que les ferments haineux qui couvent de tout temps n'attendent que le détonateur d'événements ou de crises pour s'afficher, tranquillement décomplexés. « Aujourd'hui, la haine contre les juifs s'alimente, de façon paradoxale, de l'antiracisme affiché. On y fait un raccourci génial : soyons du côté des faibles, des victimes et des vulnérables. le problème est que dans le catalogue des faibles, il y a beaucoup de monde… mais les juifs n'apparaissent nulle part. Bizarre, bizarre… même quand ils sont assassinés, défenestrés, brûlés, torturés, violés ou kidnappés, rien ne suffit à les rendre assez faibles, ou dignes d'être protégés. Leur vulnérabilité reste toujours à démontrer. »

Bon, là, je m'insurge. Je ne suis pas d'accord du tout. Je ne crois pas que ce soit parce que je considère les juifs comme toujours trop puissants pour être plaints que je ne prends pas fait et cause. C'est parce que je fais un amalgame entre l'Etat d'Israël, la politique qu'il mène et l'identité des cadavres. Ce n'est pas mieux. Mais je n'arrive pas à croire que, poussée dans mes retranchements, j'en arrive à renier ces altérités que constituent toutes les religions, les origines ethniques, les cultures dont je ne suis pas complètement mais qui me parlent tellement.

Voilà. On y est. C'est là où, plus que d'un malaise, j'ai souffert à cette lecture d'une blessure. J'ai eu l'impression qu'elle m'insultait. Qu'elle me griffait et me reprochait ce que je n'étais pas. Mais pourtant, cette réticence à clamer mon empathie univoque, je l'ai bien éprouvée, non ?

Y a-t-il chez chacun d'entre nous cette capacité à rester aveuglés par un sens commun coulé sur de l'immonde ? Abritons-nous tous cette propension à nous hisser sur nos convictions morales afin de juger, de condamner et de s'exonérer ? En fait, lorsque je décide de qui vaut ma compassion, qui le fait ? Quelle part de moi prend le pouvoir et embarque toutes mes autres identités dans cette prise de position ?

Delphine Horvilleur, lorsqu'elle écrit Comment ca va pas ? écrit avec son identité de rabbin, juive donc. Et on le lui a reproché. On l'a trouvée plus communautariste que dans d'autres de ses livres. Quel dommage, une fille si bien !

Eh, minute, et nous ? Avec quelle identité pense-t-on quand on dit ça ? L'universaliste Blanc des lumières, laïque et bien dans ses convictions suprémacistes ? Celui qui a résolu de donner un Etat à Israël après la Shoah (parce que, bien sûr, il disposait de la terre et des hommes, dominant qu'il était). Celui qui avait mis sous protectorat cette région du monde après la chute de l'empire ottoman. Quelle légitimité ! Hmmm.

Alors qui doit-on chercher en soi pour penser ce 7 octobre et tout ce qui en découle ? Je vois bien tout ce que mes attentes à être moi aussi rassurée et guidée peuvent faire de tort à qui pleure déjà, simplement dévastée. Je vois bien aussi combien mes mots, en s'insérant dans la trame d'un environnement sociopolitique de plus en plus clivé, peuvent mal dire, mal faire et contribuer au désastre ambiant. Avec quelle humilité il faut plonger en soi, écarter les postures. Retrouver seulement l'élan du coeur. Arrêter de penser pour éprouver.

Dis, Delphine, est-ce que je peux me mettre juste là, à côté et pleurer avec toi ?
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Un livre sans chapitre X, comment ça va pas ?

Aussi invraisemblable que cela paraisse, Grasset publie 10 conversations de Delphine Horvilleur, numérotées de I à XI, mais sans chapitre X.

Censure ? choix délibéré ? erreur ? je serais curieux de découvrir la clé de cette énigme.

Quoi qu'il en soit, ces conversations avec sa douleur, ses enfants, ses grands-parents, alternent avec celles avec Claude François, Rose, Israël et le Messie, et résultent du massacre du 7 octobre qui nous révèle que, 80 ans après la chute du nazisme, l'antisémitisme poursuit ses massacres et que, en France, aujourd'hui, la police sonne à la porte des israélites pour demander « y a pas moyen de changer votre nom sur la boite aux lettres ? … ça rassurerait beaucoup vos voisins »(page 33).

Delphine Horvilleur tente de rassurer sa famille, sa communauté, en plaçant le 7 octobre dans la longue lignée des progroms endurées par le peuple juif. Avec humour, avec gravité, elle nous mêne de la sidération à l'espoir d'un monde meilleur, de la haine au dialogue et ce plaidoyer doit être lu par tous ceux qui combattent pour la paix.

Mais son ouvrage oublie totalement le Hamas. Comme si, pour mettre fin à la Shoah, les alliés avaient oublié les nazis ? Comment imaginer une paix sans mettre hors de combat le Hamas et ses collaborateurs ?

C'est peut l'objet du chapitre manquant … un livre sans chapitre X, comment ça va pas ?

PS : le chef d'oeuvre du rabbin Horvilleur : Vivre avec nos morts
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Jusqu'à presque la fin, je me demandais si je m'étais trompé en entamant ce livre : je croyais que notre célèbre rabbin allait nous parler de l'insoutenable situation Israel-Palestine. Alors bien-sûr, son sacerdoce oblige, elle prend position sur l'inacceptable journée du 7 oct. 2023 à travers des conversations inventées, et intéressantes (puisque justement les conversations ont été remplacées par les armes). 7 oct : acte terroriste qui n'est pas défendable comme tout acte terroriste. Bien-sûr, elle ressasse surtout le passé et la victimisation du peuple juif, victime d'un génocide, qui, certainement rappelle de mauvais souvenirs. Évidemment. Comme d'habitude. Mais elle tourne principalement autour du 7 oct. (Normal !). Et pour les journées du 8, du 9, du 10 et les suivantes ? Un peu naïf, j'espérais que, quitte à condamner un génocide passé, elle ferait de même pour le génocide en cours... Sa fonction l'obligeant aussi à ne pas seulement être partisane, mais humaniste (elle y répond)... Elle le rappelle même, et d'une certaine manière, elle a raison : elle ne fait pas de politique (sauf la dernière conversation opportune qui vient ouvrir le débat). Allez ! j'en profite pour rééquilibrer le débat. Comment peut-on avoir été victime de l'Horreur, et ne pas condamner celle qui est en cours ? Notre auteur nous parle de ces enfants meurtris, de ces grands-parents apeurés. Bien-sûr ! Puisqu'elle souhaite répondre à son fils à la question : "pourquoi ça recommence ?" Que répondre à un jeune palestinien : "pourquoi vous ?". Et, à chaque fois qu'elle dit "israélien" je pense "palestinien. A chaque fois qu'elle dit 7 oct., je pense 7 nov., 7 janv, 7 mars même encore. A chaque fois que l'on nous parlera du passé, on pourra leur parler du présent, puisqu'ils auront fait la même chose : éliminer. Devant nos yeux, c'est l'hécatombe, ça meurt de faim, de soif, sans soin. A l'époque, certains disaient "on ne savait pas". Et nous, on dira quoi ? Elle a bien raison : "depuis le 7 oct. il fait si noir..."
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J'ai beaucoup aimé "Vivre avec nos morts", qui a valu à son auteure une notoriété méritée. le nom de Delphine Horvilleur s'est gravé dans ma tête. Assez récemment, son livre "Comment ça va pas ?" a été présenté à la Grande Librairie. Confrontée à une autre auteure, libanaise, qui lui portait la contradiction, D. Horvilleur m'est apparue mal à l'aise, tendue, plutôt agressive: j'ai été étonné. Et j'ai retrouvé cet état d'esprit dans le présent livre. Certes, la tragédie du 7 Octobre a été traumatisante. Mais la réaction d'une portion de l'opinion publique et d'une minorité de la classe politique a eu aussi un effet dévastateur sur les citoyens français se réclamant de près ou de (très) loin du judaïsme. Qu'ils se sentent critiqués et même menacés personnellement en France, parce qu'ils sont d'origine juive, est insupportable pour eux. Cela leur rappelle trop l'antisémitisme d'Etat du régime de Vichy et d'autres souvenirs affreux. Et on les comprend.
Il n'en reste pas moins que j'ai été désarçonné par les propos de Delphine Horvilleur. Dès le début, elle se réfère à ses racines profondément juives, notamment à ses grands-parents, elle insiste sur l'esprit juif traditionnel. Devant les douleurs du présent, elle a besoin de se référer prioritairement au passé (qui a été même plus effroyable) et à une tradition qu'elle n'a jamais reniée. Ensuite, elle se concentre sur l'antisémitisme rampant (ou même assumé), qui lui semble de pire en pire en France. Cependant, sa manière d'aborder ce sujet m'a un peu gêné, j'ai trouvé que ses propos étaient assez décousus. D'une manière générale, j'attendais autre chose. J'imaginais un examen de conscience personnel, l'évocation précise de polémiques douloureuses au sujet du conflit israélo-palestinien et la critique bien argumentée des prises de certaines positions anti-israéliennes. Dans le livre, on trouve des allusions à tout ça, mais c'est trop peu développé.
D'où une certaine déception... Cependant, celle-ci a été bien atténuée quand j'ai lu les dernières pages du livre. Delphine Horvilleur y rappelle très brièvement sa position personnelle – équilibrée – sur le conflit au Proche-Orient; elle critique implicitement le comportement agressif du gouvernement Nétanyahou et des colons de Cisjordanie. Plus intéressant encore: en rappelant l'épisode biblique de la lutte de Jacob avec l'ange, elle affirme que le peuple d'Israël doit reconnaitre sa propre vulnérabilité et ne jamais abuser de sa puissance. Elle fait comprendre que les Israéliens devraient maintenant tourner le dos aux suprémacistes qui ont le vent en poupe aux élections.
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critiques presse (3)
LeSoir
11 mars 2024
L'écrivain et rabbin s'interroge sur ce monde complètement modifié depuis le 7 octobre.
Lire la critique sur le site : LeSoir
OuestFrance
22 février 2024
Dans « Comment ça va pas ? », Delphine Horvilleur cherche les mots pour évoquer l’horreur en Israël.
Lire la critique sur le site : OuestFrance
Telerama
22 février 2024
Depuis l’attaque du Hamas, Delphine Horvilleur, rabbin, femme de dialogue, est ébranlée. De voir les haines se déchaîner, les digues contre l’antisémitisme céder… Son livre, “Comment ça va pas ?”, est un cri du cœur bouleversant.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
On ne sait pas davantage ce que ça veut dire d’« être juif » que ce que ça veut dire de « détester les juifs ». On sait juste que le judaïsme, ça s’attrape par la mère et l’antisémitisme par l’amer, une aigreur terrible que rien n’adoucit ni n’explique.
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« Tu n'as rien de mieux à faire ? »

Les générations sont-elles condamnées à répéter les mêmes phrases ? Apparemment oui. Ces mots entendus tant de fois dans l'enfance, je les énonce à mon tour aujourd'hui pour tenter d'affirmer la même autorité, ou presque. Dire à mes enfants qu'il y a autre chose à apprendre et à connaître dans la vie que le simple divertissement.

« Prends plutôt un livre ! »

Je suis devenue la vieille shnok qui leur dit à peu près ce qu'elle a reproché à d’autres vieux shnoks de lui rabâcher, quelques années plus tôt. C'est fou comme le temps qui passe nous rapproche de nos parents. Nos enfants les vengent, en nous transformant en eux. Implacable enchaînement des générations.

Exactement comme on me demandait, à moi, d'éteindre la télé, je menace de couper le wifi.
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(Papi) était aussi adroit avec les règles de grammaire que gauche avec celles de l'intelligence relationnelle. Cachez ce sanglot que je ne saurais voir.

Un jour, par exemple, après avoir lu La Nuit d'Elie Wiesel, j’ai écrit à mon Papi un bref message. Je voulais absolument partager avec lui mon émotion de lectrice, lui dire combien j’étais ébranlée par ce témoignage poignant sur la déportation.

Le lendemain, j’ai reçu une longue lettre en retour : elle m'apprenait de façon bouleversante que « génocide prend un accent aigu et non circonflexe»... Je le reconnais: la déclaration d'amour était de taille.
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Mon fils est rentré à la maison, un peu plus tard. Je me suis tournée vers lui, et j’ai dit :

« Tu sais ce que tu aurais de mieux à faire ? Retirer de ton cou ton étoile de David. J'aimerais bien que tu l'enlèves, quelques jours ou quelques semaines seulement, juste le temps que les choses s'apaisent un peu. Tu veux bien, dis ? »

Mon fils m’a regardée droit dans les yeux. Il s'est approché de moi tout doucement et il m’a prise dans ses bras. Ensuite, il a murmuré à mon oreille : « Pas question, maman ! Je la garde. »

Mon enfant m’a donné une leçon qui jaillit toujours à rebours dans nos histoires, la leçon qu'un fils donne à sa mère, ou que chaque génération offre à la précédente quand elle lui tient tête. Et je me suis sentie terrorisée, angoissée, bouleversée, mais incroyablement fière.

« II était une fois. .. les mères juives. »
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(…) parfois, quand rien ne va, je me souviens des origines méconnues de cette expression quotidienne. « Comment ça va ? »

Au Moyen Age, on demandait ainsi à l'autre « comment il va... à la selle ». Tel était l'indicateur principal de son état de santé : la consistance, la fréquence ou l'odeur de ses défécations.

Notre « comment ça va » est donc une abréviation sanitaire, le résidu lexical d'une question physiologique. Bref, une question merdique !
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Vidéo de Delphine Horvilleur
Soirée de mobilisation organisée par La revue LA RÈGLE DU JEU, le 3 juin 2024, au Théâtre Antoine avec : Yäel BRAUN-PIVET (présidente de l'Assemblée nationale), Gérard LARCHER (président du Sénat), Anne HIDALGO (Maire de Paris), Bernard-Henri LÉVY, Christine ANGOT, Caroline FOUREST, Delphine HORVILLEUR, Yann MOIX, Justine LÉVY, Julia KRISTEVA, Jean-Claude MILNER, Bernard CAZENEUVE, Manuel VALLS, Jean-Michel BLANQUER, Sandrine KIBERLAIN, Yvan ATTAL, Patrick BRUEL, Haïm KORSIA (Grand Rabbinat français), Yonathan ARFI (CRIF), Douglas MURRAY, Philippe VAL, Maurizio MOLINARI (la Repubblica), Daniel RAMÍREZ (El Español), Émilie MOATTI (Forum des Familles d'otages, Tel Aviv).
Pour voir l'intégralité de la soirée https://laregledujeu.org/2024/06/03/40388/suivez-le-live-streaming-leurope-contre-lantisemitisme/
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