-
Par sofy74, le 27/01/2013
Le parieur de
Alexis Salatko
Ayant pris possession du petit studio, j'ai disposé les livres contenus dans mes cartons de manière à former un rempart contre le monde extérieur. Chaque livre avait son histoire et brillait comme un phare. Chacun renvoyait à une époque et à un lieu, à des gens croisés et disparus, à des bonheurs éphémères et des chagrins inconsolés.
-
Par luocine, le 15/08/2009
Horowitz et mon père de
Alexis Salatko
Depuis l’âge de25 ans, il est persuadé qu’il est atteint d’un mal incurable, mais sa seule maladie est la frousse de perdre sa virtuosité et d’être envoyé dans un camp comme son père et des millions d’autres juifs.
-
Par liliba, le 04/12/2011
Un fauteuil au bord du vide de
Alexis Salatko
e regarde la grue d'où mon père est tombé. Suicide ? Accident ? J'ai voulu comprendre, enquêter. Je me suis pris pour le Marlowe du Cotentin. Mais on risque gros à jouer les détectives parmi ses propres souvenirs. Cherbourg, années 70. La ville brillait de mille hublots transatlantiques. Les chantiers navals où travaillait mon père tournaient encore à plein régime. Ma mère promenait en Jaguar sa beauté fragile de Russe en exil.
Mais le bonheur est un fauteuil au bord du vide qui a vite fait de basculer. J'avais beau me repasser le film en noir et blanc de nos plus belles années, je devais bien admettre que c'était fini. Jusqu'à ce que je comprenne : mon heure de gloire à moi, je ne l'avais même pas eue, et c'était peut-être à cause de ça que mon père s'était perdu."
> lire la suite
-
Par luocine, le 15/08/2009
Horowitz et mon père de
Alexis Salatko
« Nous faire ça à nous ! » La voix de ma grand-mère me fendait les tympans, aussi tranchante que le scalpel en train d’inciser les cadavres d’école. Par ce « nous » outragé, elle désignait les Radzanov uniquement, transformant une défaite historique en offense personnelle.
-
Par jostein, le 30/05/2011
Céline's band de
Alexis Salatko
On a oublié l'auteur du Voyage. on ne retient que le monstre qui s'est acharné sur les juifs. Dans cinquante ans, de nous on dira encore : ils ont choisi le mauvais camp, sans vouloir reconnaître tout ce que nous avons apporté à la langue française.
-
Par jostein, le 30/05/2011
Céline's band de
Alexis Salatko
Je continue à penser que la vie est un mal incurable dont on ne guérit qu'une fois mort et penser à cette mort comme une délivrance m'apporte un apaisement dont tu n'as pas un milliardième d'idée...
-
Par luocine, le 15/08/2009
Horowitz et mon père de
Alexis Salatko
Maman n’avait pas d’instruction, ce qui constituait aux yeux de sa belle-mère un défaut rédhibitoire, aggravé par ce crime de lèse-Anastasie : « Elle m’a pris mon fils ! »
-
Par sabou50, le 12/02/2013
China et la grande fabrique de
Alexis Salatko
Chapus s'enivrait du relent des vieilles bicoques, ce mélange de latrines et de lessive qu'il n'aurait pas échangé contre tous les parfums d'Orient. L'odeur du petit peuple, de la misère qui s'ébroue et bat son linge pour rester digne. Il aimait ce moment particulier où l'humanité se prépare à reprendre le combat. Il se sentait proche de ces gens qui luttaient pour leur survie. Un jour, un jour prochain, ils sortiraient de la nuit, ils se feraient entendre.
> lire la suite
-
Par luocine, le 15/08/2009
Horowitz et mon père de
Alexis Salatko
- Vous connaissez Horowitz ? s’étonna ma mère.
- Non, mademoiselle, Horowitz NOUS connaît !
-
Par sabou50, le 12/02/2013
China et la grande fabrique de
Alexis Salatko
Quoi qu'il en soit, papa m'avait préparée à tout sauf à cela, je veux dire à sa mort en pleine vie. Ou alors, je n'avais rien compris à sa pédagogie, cette fameuse science de l'effacement qu'il cultivait parfois à l'excès.