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Par sylvie, le 05/06/2008
Nulle part dans la maison de mon père de
Assia Djebar
"Certes derrière la "soie" de ce silence se tapit le soi, ou le moi, qui s'écrivant peu à peu s'arrime, en se coulant dans le sillon de l'écriture, aux replis de la mémoire et à son premier ébranlement-un "soi-moi", plus anonyme, car déjà à demi effacé...."
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Par sylvie, le 05/06/2008
Nulle part dans la maison de mon père de
Assia Djebar
La marcheuse est ensevelie sous la soie immaculée, elle dont on ne pourra apercevoir que les chevilles et, du visage, les yeux noirs au-dessus de la voilette d'organza tendue sur l'arrête du nez. Ma main frôle le tissus de son voile; je me sens si fière de paraître à ses côté ! Je la guide, comme on le ferait pour une idole mystérieuse : moi, son enfant, je dirai son page, ou même son garant, tandis que, s'éloignant de la demeure de sa mère, elle se dirige lentement vers une autre maison familiale"
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Par brigetoun, le 12/11/2009
La femme sans sépulture de
Assia Djebar
on pouvait dans mon quartier ancien…la confondre avec mes autres concitoyennes : couvertes du voile de soie (de soie moirée ou, pour les plus âgées, de soie mêlée de laine fine, pour en adoucir les plis), la pointe d’organza raidie et à demi transparente sue l’arête du nez, masquant ainsi le bas du visage pour rehausser les yeux fardés, agrandis au khôl, ainsi que le front surmonté parfois d’un bijou d’or ou de perles
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Par brigetoun, le 12/11/2009
La Disparition de la langue française de
Assia Djebar
les passantes au voile blanc de soie et de satin, celles dont les yeux.. vous regardent fixement, au-dessus de la voilette raidie sur l'arête du nez.
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Par sylvie, le 05/06/2008
Nulle part dans la maison de mon père de
Assia Djebar
en fait, ne m'a jamais quittée le désir de m'envoler, de me dissoudre dans l'azur ou bien au fond du gouffre béant sous mes pieds, je ne sais plus trop; Une houle demeure en moi, obsédante, faisant corps avec moi tout au long du voyage; une houle ou bien une peur, plutôt une réminiscence qui m'a insidieusement amenée à garder comme un regard intérieur, distant, mais ouvert sur quoi... ? ...
.... Comme si "vivre", je veux dire "vivre pour de bon", "vivre vraiment", se
jouait par une autre, votre double mais ailleurs, là-bas, derrière l'horizon!"
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Par brigetoun, le 12/11/2009
La femme sans sépulture de
Assia Djebar
…à Césarée, .la maison reste encore domaine presque exclusif des femmes, en somme, le gynécée. Le « maître de la maison » qu’il soit l’époux ou le frère ou le fils adulte (Zohra Oudai, peu auparavant, en berbère, disait, par contraction, »ma maison » en évoquant son mari), ce maître donc, l’homme, ne se sent vraiment maître qu’au-dehors, dans l’espace presque ségrégué des rues, des cafés maures, de la mosquée parfois
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Par poppy64, le 26/11/2011
Les alouettes naives de
Assia Djebar
Oui, je l'avais reconnue, cette exaltation chaque fois assassinée et qui renaissait chaque fois en moi, comme si j'avais toujours dix-sept ans, que j'étais révolté et allumé d'orgueil. Ainsi hier devant les réfugiés qui attendaient, depuis trois ou quatre ans, ou ce matin, face à l'arc de triomphe romain surgi noblement au milieu des sables, devant ces hardes et ces ruines ou à cause d'elles, j'aurais pu, pourquoi pas, m'appuyer sur ce romantisme d'adolescent pour le débiter en discours, parler moi aussi de la lutte, de la victoire à venir, de la souffrance et, surtout, Dieu comme j'étais naïf, de la chance que nous avions d'être nés à une époque où notre pays allait accoucher de sa libération. Mais je m'étais tu, ou presque, tout le long du voyage. Voici même que je cherchais à déterrer contre moi, contre nous, une lacune convaincante, un défaut amer. L'humour, en effet, nous en étions démunis, mais ce rire englouti quelque part dans des siècles d'esclavage et de sommeil, un jour, qui sait bientôt, resurgirait noir.
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Par brigetoun, le 12/11/2009
La Disparition de la langue française de
Assia Djebar
. cette heure matinale - six heures, ou six heures et demie, lorsque l'aube va s'épuiser : quelques vapeurs au-dessus de l'eau, une écume de vague. Tout près, sur le rivage, un frémissement d'eau ; en arrière, un bosquet de roseaux ou le début d'un toit de tuile, sur le côté du cadrage
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Par brigetoun, le 12/11/2009
La femme sans sépulture de
Assia Djebar
Tu vois ma fille, ma tout petite, ce fut ma première joie : non pas le défi contre les autres que je narguais – le défi donne plutôt comme une ivresse. Non, ce fut une joie dure, une vibration de tout mon corps, de mes muscles, de mes mollets qui sortaient nus sous la jupe à carreaux plissée