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Chiens perdus sans collier de
Gilbert Cesbron
L'enfant le plus ingrat, les sourcils noirs, les lèvres entrouvertes, s'acharne à dessiner sans joie une famille. Mlle Alice entame la lecture des documents annexes : curriculum vitae d'Alain Robert, déclarations (à l'encre violette) des parents nourriciers, rapport (sur copie d'écolier) de M. l'instituteur, certificats du médecin, enquête de l'assistance sociale, renseignements complémentaires reçus par téléphone, Carnet de Santé, premier Bulletin de Comportement en Division, ouf... A travers ces feuillets de tous formats et de toutes couleurs, une dizaine de grandes personnes tournent autour du pupille Alain Robert ; mais le secret de l'enfant Alain Robert leur demeure clos.
- Tu as fini la famille ? Alors, fais-moi un bonhomme : oui, quelqu'un que tu aimes ou n'aimes pas, que tu connais ou ne connais pas, comme tu voudras !
Alain Robert, si décidé d'avance à répondre non, à tout refuser, reprend les crayons avec plaisir : dessiner, comme courir ou s'endormir, l'allège, le détend, le délivre. Un bonhomme ?
- Voilà ! … Mais l'autre n'a pas encore terminé sa lecture. Le gosse l'observe froidement : ces lèvres qui balbutient sans paroles, ces yeux qui courent à la ligne... « Elle doit être un peu sonnée, le grand me l'avait bien dit ! »
En effet, voici qu'à présent, le dossier refermé, les dessins soigneusement rangés, Mlle Alice lui fait aligner des poids par ordre décroissant, rendre la monnaie, énumérer les mois (Merde ! Entre octobre et décembre, il y en avait pourtant un), définir une table, une auto (Elle me prend pour un crétin), la patrie (Euh...). Autre chose à présent ! Elle lui raconte une histoire absurde : « Un enfant rentre de l'école et sa maman lui dit : « Ne commence pas tout de suite tes leçons, j'ai une nouvelle à t'annoncer. » Qu'est-ce que sa maman va lui dire ? »
- A ton idée...
- Que... que son fils est mort.
- Bien. (Pourquoi « Bien » ?) Écoute-moi maintenant : je vais te dire des phrases dans lesquelles il y a des bêtis
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Par Neigeline, le 21/09/2010
Il est plus tard que tu ne penses de
Gilbert Cesbron
... elle a seulement oublié l'essentiel : que le temps passe. C'est le drame des vies perdues. Elle a rejoint le peuple des "au jour le jour" : ceux qui vivent heureux avec une promesse qui ne sera pas tenue (et ils le savent déjà) ; ceux qui trouvent qu'une fausse joie est toujours bonne à prendre et qu'on verra demain...
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Par zazimuth, le 27/08/2010
Il est minuit docteur schweitzer de
Gilbert Cesbron
La guerre déchaîne d'abord les lâches ; les héros n'apparaissent qu'ensuite. (p.142)
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Par Neigeline, le 21/09/2010
Il est plus tard que tu ne penses de
Gilbert Cesbron
Les orgues, les lumières tremblantes, les gestes du prêtre le ramenèrent au pays de son enfance et des messes de Noël : aux seuls temps où il fut vraiment heureux puisqu'il ne se demandait pas encore s'il l'était.
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Par zazimuth, le 28/08/2010
journal sans date de
Gilbert Cesbron
Il arrive toujours un moment où il faut, si on le peut encore, choisir entre l'argent qu'on gagne et le temps qu'on perd à le gagner. Le temps, c'est tout sauf de l'argent. (p.54)
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Par zazimuth, le 27/08/2010
Il est minuit docteur schweitzer de
Gilbert Cesbron
Toute grande vie naît de la rencontre d'un grand hasard. (p.26)
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Par Neigeline, le 21/09/2010
Il est plus tard que tu ne penses de
Gilbert Cesbron
Oui, le Dieu de la Création, de la splendeur et de la Joie : ou bien celui de la Douleur : des malades, des victimes, des pauvres ? Le mystère, c'est qu'il puisse être à la fois l'un et l'autre : le maître du printemps et celui de l'hiver, au même instant. (...) Et chacun doit aussi assumer à la fois sa part de la slendeur et de la tristesse du monde. Mais, devant la première, il oublie Dieu et, devant la seconde, il le maudit.
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Par hema6, le 15/02/2011
Entre chiens et loups de
Gilbert Cesbron
Celui qui ne peut supporter la douleur s'évanouit, celui qui ne peut supporter la pensée de la mort et du néant se découvre chrétien.
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Par Neigeline, le 21/09/2010
Il est plus tard que tu ne penses de
Gilbert Cesbron
Jean comprit qu'il pleurait à ceci qu'il ne voyait plus son chemin : pleurait sans bruit, sans heurt, comme une fontaine de village, la nuit. Il s'échoua dans un jardin public, refuge des solitaires, des sans défense. A suivre du regard ceux qui passent, l'homme assis sur un banc reprend de l'importance : il est le rocher ; eux autres, les navires.
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Par Neigeline, le 21/09/2010
Il est plus tard que tu ne penses de
Gilbert Cesbron
Pauvre Bernard, s'il suffisait d'un train pour fuir... Et il n'ose pas lui avouer que ce qu'il aime dans les gares, c'est au contraire le visage des voyageurs qui reviennent, et celui de qui les attend, et l'instant où ils s'aperçoivent. Une seule étincelle d'amour - mais quelle chaleur !