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ISBN : 2277123242
Éditeur : Editions 84 (2007)


Note moyenne : 3.26/5 (sur 338 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un climat d'insécurité règne dans l'arrière-pays lyonnais. Trois jeunes garçons seraient à l'origine de nombreux larcins. Heureusement, les gendarmes sont sur le qui-vive pour apaiser la colère des fermiers qui voient d'un mauvais œil leur cheptel attaqué. Appâtés par l... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Zebra, le 17 juillet 2015

    Zebra
    Édité en 1960 chez Robert Laffont, réédité en 1992 dans la collection J'ai Lu, « Malataverne » est probablement le roman le plus connu de Bernard Clavel.
    L'histoire ? Vous êtes dans un petit village du Jura dans la première moitié du 20ème siècle. Trois adolescents un peu voyous chapardent de nuit des fromages dans une ferme. Ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'une génisse va profiter de la barrière du pré grande ouverte pour s'échapper, dévorer de la luzerne et en mourir d'indigestion : on la retrouvera le lendemain, et le paysan alertera la gendarmerie pour que cessent les maraudes et que les voleurs soient attrapés. Se sentant l'étoffe de super-héros, nos adolescents passent à la vitesse supérieure et conçoivent un plan pour voler dès la semaine suivante une vieille dame -Mme Vintard - qui cache ses économies au fond d'un bocal, dans sa cuisine : ils devront empoisonner le chien de cette dame et, pour lui faire peur, au cas où, l'un d'entre eux se munira d'une barre de fer. Et le sang sera versé ...
    Nos jeunes gaillards sont copains mais ils ne se ressemblent pas, tant du point de vue physique que du point de vue du caractère : Serge est un blondinet maigrichon, un tantinet suiveur et très fils de famille ; Christophe est solidement charpenté, et pilote le trio ; quant à Robert, le plus jeune, il est apprenti-plombier et son père, alcoolique depuis le décès de son épouse survenu depuis quatre ans, le laisse se débrouiller tout seul, limitant toute communication avec son fils. Bref, nos adolescents essayent de s'intégrer tant bien que mal dans le monde des grands, quitte à commettre de très grosses boulettes. En décidant de cambrioler la maison de la mère Vintard, savent-ils qu'ils s'exposent à de la prison ? Belle entrée dans le monde des adultes ! Mais que ne ferait-on pas pour être considéré comme un caïd ? Boire du vin rouge, fumer et sortir avec une fille, ça ne suffit pas. Dans « Malataverne », Bernard Clavel ne fait que suggérer la violence : il la met en scène à fleuret moucheté plus qu'il ne l'exhibe. Et cette violence est partout : dans la nature, forte et indomptable, dans les sentiments de Robert pour son amie Gilberte -la fille d'un fermier voisin-, dans la colère qui saisit la servante du curé lorsqu'elle constate que Robert -qui ne vient jamais à l'église- insiste pour voir le curé en pleine nuit, dans l'évocation des crimes qui auraient été commis à l'encontre de voyageurs alors que cette ferme isolée n'était encore qu'une auberge, dans la lutte au corps à corps qui oppose Christophe à Robert, dans la révolte intérieure qui conduira Robert à se refuser à commettre l'irréparable. Robert, le héros du livre, agira ainsi en individu responsable, se posant la question de savoir si ça faisait sens de passer à l'acte, pour quel acte et dans quelles conditions. Responsable mais pas encore mature ...
    Le livre est d'une taille réduite (157 pages) mais il nous propose une réflexion sur le rejet de toute violence, sur la défense de la nature et sur le passage des adolescents à l'âge adulte. Dans notre société d'aujourd'hui, ce dernier thème reste terriblement actuel. Avec « Malataverne », vous plongez dans un ouvrage plaisant, écrit dans un style simple mais efficace, avec des portraits et des états d'âmes bien brossés. le livre pourra paraître manichéen et un peu désuet ; certaines longueurs pourront ne pas plaire. Je mets quand même trois étoiles.
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    • Livres 4.00/5
    Par lecassin, le 14 janvier 2012

    lecassin
    Bernard Clavel se plaisait à raconter que le thème de ce roman lui fut suggéré par le souvenir d'une histoire vraie, un fait divers qui avait marqué les gens d'un village du Jura et qu'il avait suivi attentivement dans son enfance : l'histoire de trois adolescents qui avaient assassiné une vieille dame dans une ferme isolée.
    « Malataverne », c'est l'histoire de trois adolescents, trois copains aussi différents de caractère qu'on peut l'être à cet âge : Serge, un malingre blondinet, Christophe le fils de l'épicier et Robert, le héros du roman, apprenti-plombier en rupture avec sa famille et en butte à la violence de son père.
    Trois adolescents en mal d'intégration dans le monde des adultes, qui décident, forts de quelques petits larcins réussis, de passer à la vitesse supérieure avec le cambriolage nocturne de la maison de la mère Vintard…
    Bernard Clavel obtint le Prix Goncourt avec ce « Malataverne » qui reste un de ses romans les plus connus et les plus appréciés du public. le thème, la violence même non préméditée et ses conséquences est développé avec tout l'art de conteur de que l'on reconnaîtra par la suite à l'auteur ; en même temps qu'il invite à la réflexion sur des notions comme la responsabilité et le libre arbitre, la question du passage à l'acte et de ses conditions...
    Un petit livre, une grande leçon d'humanisme. A étudier et à méditer par nos chères « têtes blondes ».
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    • Livres 4.00/5
    Par Gwordia, le 03 mai 2012

    Gwordia
    Ca peut paraître un peu désuet et c'est pourtant terriblement d'actualité. Ce moment où il faut faire un choix entre son sens moral, son intégrité et son besoin de reconnaissance, sa loyauté à l'égard de personnes qui ne sont pas toujours les bonnes, tout le monde l'a vécu. Même si les enjeux de chacun ne sont pas toujours égaux : l'on joue parfois avec la parentale punition, l'on risque parfois l'aller simple en prison. Mais quel que soit le risque, l'on est toujours confronté, parfois plus tôt que prévu, à cette décision qui est jonction entre l'adolescence et l'âge adulte. Et hier comme de plus en plus aujourd'hui, parfois, ça finit mal. Très mal.

    Lien : http://gwordia.hautetfort.com/archive/2009/07/15/charlotte-sapin-mal..
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    • Livres 3.00/5
    Par olivberne, le 02 septembre 2012

    olivberne
    Un roman champêtre mais des événements bien urbains, cruels et rebondissants. J'ai étudié cette oeuvre élève, en 5e, je ne m'en rappelle plus trop, mais à chaque fois que je rencontre sur ma route un Malataverne, je repense à ce roman simple et plaisant, facile à lire mais sans prétention. Clavel avait plus de succès à l'époque, il est un peu oublié aujourd'hui.
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    • Livres 3.00/5
    Par mabertrand, le 03 avril 2011

    mabertrand
    On se retrouve dans la France dans la première moitié du XXème siècle. L'histoire est simple : les états d'âme d'un adolescent partagé entre ses copains de mauvais coups et son amoureuse. Il se lit vite malgré les descriptions un peu longue mais souvent efficace. J'ai apprécié ce petit livre par l'époque qu'il décrit.
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Citations et extraits

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  • Par Zebra, le 18 juillet 2015

    page 51 [...] Robert s'étira et se frotta les yeux. Il était cinq heures et, avant de partir pour la carrière, son père l'avait réveillé. Il l'entendit gonfler son vélo puis le sortir du couloir. Depuis la porte, avant de fermer, le père Paillot cria :
    - Te rendors pas, Robert !
    Sans bouger, Robert lança :
    - Ouais !
    Les souliers ferrés du père grincèrent sur le seuil, la porte claqua et Robert n'entendit plus qu'un bruit étouffé de pas dans la rue et des voix qui semblaient venir de très loin.
    Un jour gris rampait sur la vitre. Hésitant à entrer, il salissait à peine les deux murs les plus proches de la lucarne. Le reste demeurait dans l'ombre. Une ombre plus terne, plus moite que celle de la nuit.
    Robert avait la bouche pâteuse et la gorge sêche. Il se tourna sur le côté, le dos au mur, les yeux ouverts. Imperceptiblement, les objets sortaient de l'ombre. Sur le plancher, chaque lame se dessinait. Sous une chaise, il y avait quelque chose que Robert ne parvenait pas à identifier. Il regarda un moment la lucarne. La vitre sale ne permettait pas de voir le ciel, mais il jugea pourtant qu'il devait être couvert. Il souleva la tête pour mieux écouter. Un coup de vent venait de siffler en longeant le chéneau. Juste au-dessus de lui, entre les voliges et les tuiles, des rats se mirent à courir. Le vent passa encore puis il y eut, au fond de l'impasse, le bruit d'un portail battant contre un mur et un moteur de voiture se mit en marche. Longtemps, il couvrit tous les autres bruits du matin.
    Robert imagina le fils Corneloup, le charcutier, sortant la camionnette pour le marché. Le moteur s'éloigna et Robert se retrouva seul. Les rats ne couraient plus. Le vent était trop faible, trop intermittent pour meubler le silence.
    Alors, d'un coup, Robert se leva et s'habilla. [...]
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  • Par lecassin, le 14 janvier 2012

    Quelque chose était en lui, qu'il ne parvenait pas plus à définir qu'à rejeter. Une chose trouble, comme un brouillard tenace, mais malgré tout transparent. Et cette chose le suivait, alourdissant chacun de ses gestes, se glissant entre ses yeux et tout ce qu'il regardait.

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  • Par bgn, le 07 novembre 2012

    Depuis qu'il avait fermé la porte de cette pièce, il ressentait quelque chose d'indéfinissable, quelque chose qui le suivait et qui lui faisait peur.

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  • Par lecassin, le 14 janvier 2012

    A la limite du Bois Noir, Christophe s'arrêta. Sans se retourner, le corps incliné et le cou tendu en avant, il fit un geste rapide de sa main ouverte. Les deux autres s'étaient déjà immobilisés à quelques pas derrière lui. Retenant leur souffle, ils écoutaient, sans quitter des yeux sa silhouette qui se détachait sur le ciel encore clair.

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  • Par lecassin, le 14 janvier 2012

    L'opinion publique, ça compte. Je l'ai remarqué, dans les journaux, ça peut faire changer une affaire.

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