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Par Austral, le 30/11/2011
Le Docteur Jivago de
Boris Pasternak
Oh ! comme parfois on aimerait laisser le faux sublime, les ténèbres épaisses du bavardage humain, pour se réfugier dans l’apparent silence de la nature, dans le bagne muet d’un long travail obstiné, dans l’ineffable du sommeil profond, de la vraie musique et du calme langage des cœurs, qui fait taire l’âme comblée.
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Par Austral, le 11/12/2011
Le Docteur Jivago de
Boris Pasternak
Les révolutions durent des semaines, des années, puis, pendant des dizaines et des centaines d’années, on adore comme quelque chose de sacré cet esprit de médiocrité qui les a suscitées.
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Le Docteur Jivago de
Boris Pasternak
Il est toujours bon de voir quelqu'un tromper votre attente et différer de l'idée que vous vous faisiez de lui. L'appartenance à un type, c'est la mort de l'homme, sa condamnation. Si l'on ne peut le faire entrer dans aucune catégorie, s'il n'est pas représentatif, il possède déjà la moitié de ce qu'on est en droit d'exiger de lui : il s'est affranchi de lui même, il détient une parcelle d'immortalité.
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Par Piling, le 09/08/2008
Première phrase du livre
Le Docteur Jivago de
Boris Pasternak
incipit :
Ils allaient, ils allaient toujours, et lorsque cessait le chant funèbre, on croyait entendre, continuant sur leur lancée, chanter les jambes, les chevaux et le souffle du vent.
Les passants s'écartaient pour laisser passer le cortège, comptaient les couronnes, se signaient. Les curieux se joignaient à la procession, demandaient : "Qui enterre-t-on ?" On leur répondait : "Jivago. - A bon. Il fallait le dire. - Mais non, pas lui. Elle. - ça revient au même. Dieu ait son âme. C'est un bel enterrement."
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Par Piling, le 23/11/2011
Essai d'autobiographie, hommes et situations de
Boris Pasternak
Sur Scriabine :
Et tout comme alternaient dans la forêt l'ombre et la lumière, tout comme chantaient les oiseaux, voletant de branche en branche, se répandaient et retentissaient sous les couverts, des phrases et des morceaux de la "Troisième Symphonie" ou du "Poème divin", que l'on composait au piano dans la maison voisine.
Seigneur ! quelle musique ! La symphonie s'écroulait et s'éboulait sans discontinuer comme une ville sous des salves d'artillerie et resurgissant des décombres se reconstruisait tout entière. Elle débordait d'une matière travaillée jusqu'à la folie et aussi neuve qu'était neuve la forêt respirant la vie et la fraîcheur, dans la parure matinale de son feuillage du printemps 1903. Et non 1803, n'est-il pas vrai ? Et de même qu'il n'y avait pas dans cette forêt la moindre petite feuille en papier gauffré ou en tôle peinte, de même il n'y avait rien dans cette symphonie de fallacieusement profond ni d'emphatiquement respectable "comme chez Beethoven", "comme chez Glinka", "comme chez Ivan Ivanovitch", "comme chez la Princesse Marie Alexeevna", mais la force tragique de ce qui se créait là tirait solennellement la langue à tout ce qui était caduc, admis de tous et majestueusement obtus ; elle était audacieuse jusqu'à la folie, jusqu'à l'enfantillage, spontané et libre avec espièglerie, comme un ange déchu.
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Par Austral, le 28/11/2011
Le Docteur Jivago de
Boris Pasternak
C'était l'un de ces disciples de Léon Tolstoï dans la tête desquels les pensées d'un génie qui n'avait jamais connu la paix s'étaient couchées pour goûter un long repos sans nuages, et s'amenuisaient sans espoir.
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Par Austral, le 26/11/2011
Sauf-conduit de
Boris Pasternak
Il existe dans le monde la mort et la prescience. L'incertitude nous est chère, ce que nous connaissons d'avance nous effraye et toute passion est un bond de côté exécuté à l'aveuglette pour éviter l'inéluctable qui fonce sur nous. Les espèces vivantes n'auraient pas eu assez d'espace pour vivre et se reproduire si la passion avait manqué de place pour faire un bond hors de cette route commune où roule le temps commun qui est le temps de la destruction lente de l'univers.
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Par zorazur, le 22/11/2011
Le Docteur Jivago de
Boris Pasternak
J'ai connu d'assez près Larissa Fiodorovna. Je la remercie d'avoir été constamment près de moi quand j'étais en difficulté et de m'avoir aidée au moment de mes couches. Je dois reconnaître en toute sincérité que c'est quelqu'un de bien, mais je ne veux pas tricher avec ma conscience, elle est exactement le contraire de ce que je suis. Je suis venue au monde pour rendre la vie plus simple et chercher la voie droite, elle pour tout compliquer et détourner du droit chemin.
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Par Piling, le 09/08/2008
Première phrase du livre
Essai d'autobiographie, hommes et situations de
Boris Pasternak
incipit :
Dans l'essai d'autobiographie Sauf-conduit que j'ai écrit dans les années 20, j'ai analysé les circonstances qui ont fait de moi ce que je suis. Malheureusement le livre est gâché par une affectation inutile, péché courant à cette époque-là.
Dans la présente esquisse, je ne pourrai éviter de revenir sur certaines choses, mais je m'efforcerai de ne pas me répéter.
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Par Piling, le 23/11/2011
Essai d'autobiographie, hommes et situations de
Boris Pasternak
C'était la première fois que j'allais à l'étranger.
Tout était inhabituel, autre, comme si ce n'était pas la vie, mais un rêve, comme si l'on participait à une représentation théâtrale imaginaire et ne comportant aucune obligation pour quiconque.
Vous ne connaissez personne ; personne pour vous en remontrer.
Une longue rangée de portières qui s'ouvrent et qui claquent tout au long du wagon, une portière par compartiment ; quatre voies ferrées le long d'une estacade circulaire surplombant les rues, les canaux, les écuries de courses, les arrière-cours de la ville gigantesque. Des trains se rattrapant, se dépassant, allant de pair ou se croisant. Les lumière des rues qui se dédoublent, se croisent et s'entrecroisent sous les ponts., les lumières des premiers et des deuxièmes étages des maisons au niveau des voies surélevées, dans les buffets de gare les machines automatiques illuminées de différentes couleurs, crachant des cigares, des confiseries, des amandes sucrées.
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