-
Par line70, le 19/03/2011
Moins que zéro de
Bret Easton Ellis
Je ne veux pas de l'amour. Si je me mets à aimer des trucs, je sais que ça va être pire, que ce sera encore une chose qui me causera du souci. Tout est moins douloureux quand on n'aime pas.
-
Par Sedrik, le 31/01/2011
American Psycho de
Bret Easton Ellis
Bien que je ne puisse cacher mon regard froid et que vous puissiez serrer ma main et sentir ma chair et même que vous puissiez penser que nos modes de vie sont probablement comparables : je ne suis tout simplement pas là
-
Par pitivier, le 18/02/2011
American Psycho de
Bret Easton Ellis
Je possédais tous les attributs d'un être humain - la chair, le sang, la peau, les cheveux - , mais ma dépersonnalisation était si profonde, avait été menée si loin, que ma capacité normale à ressentir de la compassion avait été annihilée, lentement, consciencieusement effacée. Je n'étais qu'une imitation, la grossière contrefaçon d'un être humain.
-
Par DonLo, le 07/11/2010
Lunar Park de
Bret Easton Ellis
J’ai conclu avec une irrévocabilité pénible que le temps du tout est possible était terminé, faire ce qu’on veut quand on veut, c’était de l’histoire ancienne. Le futur n’existait plus. Tout était dans le passé et allait le rester.
-
Par annie, le 14/07/2010
American Psycho de
Bret Easton Ellis
p. 146
... je me sens comme une merde, mais j'ai l'air en pleine forme.
-
Par annie, le 13/07/2010
American Psycho de
Bret Easton Ellis
"Je suis innocent, pourtant. (...)
Le mal est-ce une chose que l'on est ? Ou bien est-ce une chose que l'on fait ?"
-
Par pitivier, le 17/02/2011
American Psycho de
Bret Easton Ellis
Tandis que la vendeuse enregistre les achats de Charles, je joue avec le bébé que Nancy tient dans ses bras, lui tendant ma carte American Express platine qu'il tente d'attraper d'une petite main avide, mais je secoue la tête, prenant une voix haut perchée et lui pince le menton, agitant la carte devant son visage en gazouillant : « Mais oui, je suis un assassin, et je suis un psychopathe, mais oui, tu vois, j'aime bien tuer les gens, oh oui, j'aime bien ça, mon amour, ma petite puce, oh que j'aime ça... »
-
Par jostein, le 04/10/2010
Suite(s) impériale(s) de
Bret Easton Ellis
Je n'ai jamais aimé personne et j'ai peur des gens
-
Par pile, le 15/10/2011
Moins que zéro de
Bret Easton Ellis
Je ne regarde pas très souvent mes parents, je ne cesse de me passer la main dans les cheveux en regrettant de ne pas avoir de coke, n’importe quoi pour m’aider à surmonter cette épreuve, et puis je regarde le restaurant qui est seulement à moitié plein ; les gens chuchotent mais leurs paroles portent d’une table à l’autre, et je réalise qu’en fin de compte j’ai dix-huit ans, des mains qui tremblent, des cheveux blonds, un début de bronzage et que je suis seulement à moitié défoncé, assis chez Chasen au coin de Doheny et de Beverly, et que j’attends que mon père me demande ce que je désire pour Noël.
-
Par Suny, le 05/09/2011
American Psycho de
Bret Easton Ellis
Ce soir, la conversation tourne autour du dernier livre de Elmore Leonard – que je n’ai pas lu ; de certains critiques gastronomiques – que j’ai lus ; de la version studio anglaise des Misérables comparée à celle de la troupe américaine ; de ce nouveau petit bistrot salvadorien au coin de la Deuxième et de la Quatre-vingt-troisième ; des mérites comparés de la rubrique potins du Post et de celle du News. Il s’avère que Anne Smiley et moi avons une relation commune, une serveuse de chez Abestone, à Aspen, que j’ai violée avec une bombe de laque, quand je suis allé skier là-bas, aux dernières vacances de Noël. Le Deck Chairs est bondé, le bruit assourdissant, l’acoustique pourrie, à cause de la hauteur du plafond et, si je ne me trompe, le vacarme est soutenu par White Rabbit, version New Age, déversé à pleins tubes par les baffles fixées en l’air, à chaque coin de la salle.
-
Lunar Park de
Bret Easton Ellis
Nous étions mardi – c’était le seul fait réel.
-
Glamorama de
Bret Easton Ellis
- Alison, dis je en me redressant un peu, Ils veulent aussi protéger les fruits et les légumes, OK ?
- Et alors ? C'est ça, protéger l'environnement !
- Baby, les pêches n'ont pas de mère.
-
Par nanet, le 17/02/2011
American Psycho de
Bret Easton Ellis
C’est un brave garçon sans histoire.
-
Par nanet, le 17/02/2011
American Psycho de
Bret Easton Ellis
Il s'interrompt, reprend ses esprits et déclare, le regard fixé sur un clochard, au coin de la Deuxième et de la Cinquième : C'est le vingt-quatrième que je vois aujourd' hui. Je les ai comptés. Puis, sans détourner le regard : Pourquoi portes-tu ton blazer en laine bleu marine avec un pantalon gris ?
-
Par Couperine, le 03/12/2010
Moins que zéro de
Bret Easton Ellis
Je ne dis rien, remarque seulement qu'on a peint les murs en un jaune extrêmement brillant, presque douloureux, et que sous l'éclat du néon ils semblent phosphorescents. Sur le juke-box, Joan Jett and the Blackhearts chantent Crimson and Clover. Je regarde les murs en écoutant les paroles.
-
Lunar Park de
Bret Easton Ellis
J’ai entendu un autre instituteur dire à un couple soucieux, « C’est peut-être la raison pour laquelle votre enfant pourrait connaître des difficultés dans ses rapports interpersonnels », et il montrait au couple un dessin d’un ornithorynque qu’avait fait leur fils, en leur disant qu’un ornithorynque normal devait avoir l’air « moins dérangé ». À un moment donné, Jayne a murmuré tout doucement, « Je fais du yoga », et nous avons lu une rédaction écrite par Sarah, intitulée « J’aimerais être un pigeon », qui a fait éclater en sanglots Jayne, et j’ai regardé sans dire un mot les dessins du Terby – il y en avait des douzaines – furieux dans ses attaques en piqué sur une maison qui ressemblait à la nôtre.
-
Par AxelG, le 27/11/2010
American Psycho de
Bret Easton Ellis
Et au-dessus d'une des portes, masquées par des tentures de velours rouge, il y a un panneau, et sur ce panneau, en lettres assorties à la couleur des tentures, est écrit : SANS ISSUE.
-
Par cruntchy, le 17/09/2010
Suite(s) impériale(s) de
Bret Easton Ellis
C'était comme ça que j'étais devenu le fêtard déjanté qui traversait ce naufrage, en saignant du nez et en posant des questions qui n'appelaient pas la moindre réponse. C'était comme ça que j'étais devenu le garçon qui ne comprenait pas comment les choses pouvaient marcher. C'était comme ça que j'étais devenu le garçon qui ne sauverait pas la vie d'un ami. C'était comme ça que j'étais devenu le garçon qui ne pourrait jamais aimer la fille.
-
Par pilpilip, le 26/12/2010
American Psycho de
Bret Easton Ellis
Levant les yeux pour vérifier qu'une partie au moins du message a été enregistrée, je rencontre un masque atone, un faciès épais, stupide. Je suis un fantôme, pour cet homme, me dis-je. Je suis une chose irréelle, un objet à peine palpable, mais qui constitue cependant une espèce d'obstacle.
-
Lunar Park de
Bret Easton Ellis
J’ai mis un costume pour la soirée parents-professeurs. Je faisais l’effet d’être responsable. J’étais un adulte concerné qui avait très envie d’avoir des informations sur les progrès scolaires de son enfant. Ce qui suit est le dialogue que j’ai écrit pour la scène dans la chambre à coucher ce soir-là, mais que Jayne a refusé de jouer et réécrit.
« Qu’est-ce que je devrais mettre ? » ai-je demandé.
Après un long silence, « Je crois qu’un sourire suffirait.
— Alors je peux y aller en idiot à poil qui sourit ? »
Marmonné, à peine audible : « Tout ce que tu as à faire, c’est hocher la tête et sourire pendant dix minutes devant quelques professeurs et faire la connaissance du principal. Tu peux y arriver sans être pris de panique ? Sans sortir un flingue ? »
Sur un ton contrit : « Je vais essayer.
— Laisse tomber le petit sourire satisfait. »