> Brice Matthieussent (Traducteur)

ISBN : 2264010959
Éditeur : 10-18 (1988)


Note moyenne : 3.35/5 (sur 202 notes) Ajouter à mes livres
La révélation des années quatre-vingt assurément. Le premier livre du sulfureux Ellis, qui n'a alors que vingt ans, est un choc. À sa sortie pourtant, Moins que zéro est modérément accueilli par les critiques américains. Il c... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Aaliz, le 07 janvier 2012

    Aaliz
    Beaucoup de personnes n'ont pas aimé ce livre. Et c'est vrai qu'avec Bret Easton Ellis, on aime ou on déteste, difficile d'avoir un avis mitigé. En ce qui me concerne j'ai aimé. J'ai aimé car ce livre m'a conforté dans ma conviction que l'argent ne fait pas le bonheur. J'ai aimé car, tout au long de ma lecture, je me suis rendue compte que ma vie à moi, aussi plate et insignifiante soit-elle, est tout simplement géniale et que je suis une grande chanceuse.
    Clay est ce que l'on appelle un « gosse de riche », ses parents sont extrêmement fortunés, il ne manque de rien. Il a 18 ans, il a tout, peut tout faire, et pourtant il ne vit pas.
    Son monde se résume aux sorties, en boîte, au cinéma, dans des bars, à des soirées people. Son entourage se compose de parents divorcés, de deux sœurs frivoles, et de ses amis. Enfin … peut-on vraiment parler d'amis ? Ils sont bien sûr du même milieu que Clay, sont livrés à eux-mêmes par des parents absents qui les ignorent, passent leur temps aux mêmes activités, se droguent, dealent et s'envoient en l'air avec tout ce qui bouge.
    Tous les personnages que l'on croise dans ce roman se ressemblent : cheveux blonds coupés court, bronzage. Il y a beaucoup de personnages et j'ai eu parfois des difficultés à me remémorer qui était qui. Et puis il y a cette atmosphère lourde, pesante et malsaine. Il fait chaud en Californie, Clay souffre de cette chaleur, BEE insiste beaucoup sur ce détail et fait de nombreuses allusions au feu ou à des incendies faisant ainsi rapprocher le décor qu'il construit à l'Enfer lui-même : les petits-anges blonds qui ont tout pour réussir se retrouvent déchus et se débattent dans les flammes de la géhenne. Et le pire c'est que Clay a parfaitement conscience de tout ça, il l'avoue lui-même, il ne souhaite plus rien, ne s'intéresse à rien, n'a envie de rien, comme s'il avait baissé les bras et ne pouvait plus que se contenter de subir et de rester passif.
    Certaines scènes sont un peu dures et choquantes, d'autres assez étranges. BEE parvient avec talent à décrire et à transmettre au lecteur ce désarroi et ce mal-être. Je me suis sentie aussi mal que Clay à certains endroits et j'avoue avoir ressenti de la pitié pour lui même si je me suis parfois interrogée à son sujet, notamment sur sa manie qu'il avait, plus jeune, de collectionner les articles de faits divers violents et sanglants. Je m'attendais alors à chaque instant à un dérapage, à ce qu'il franchisse la ligne mais au contraire, quand l'occasion se présente il refuse. J'ai donc eu tendance à mettre ça sur le compte de l'adolescence et de l'inévitable attrait que constitue parfois ce genre de choses pour les ados.
    Ne lisez pas ce livre si vous voulez de l'aventure et des tas de rebondissements. Non, ce n'est pas ce genre de romans là. Certains se sont ennuyés, je peux les comprendre. Mais c'est justement l'axe de ce roman : l'ennui. Clay s'ennuie, ne trouve aucun sens à sa vie. Je l'ai déjà dit , il peut tout avoir et tout faire sauf qu'il ne peut pas rêver, il ne peut pas avoir d'objectifs, de projets, il sait d'avance qu'il lui suffit de s'y mettre pour réussir. Comment concevoir son existence sans lui donner un sens ? Ce qui finalement nous fait avancer et lever chaque matin n'est-il justement pas le fait que l'on a des défis à relever, des buts à atteindre ?
    Mais à ces jeunes-là, ces anges blonds, que leur reste-t-il ? Si ce n'est la découverte de sensations fortes : la drogue d'abord, le sexe jusqu'au viol et la prostitution, la fascination pour un cadavre trouvé dans une ruelle …
    Moins que zéro : en-dessous du niveau zéro le monde des enfers.
    Moins que zéro : la température dans l'espace, dans le vide interstellaire.
    Moins que zéro : le récit du vide de l'existence et de l'enfer sur Terre.
    Quelques mots sur le style : un style clair, précis, efficace parfois cru. BEE donne dans le détail c'est-à-dire qu'il raconte chaque geste que fait Clay (pas systématiquement non plus je vous rassure) mais à certains passages ça m'a marqué. Comme si BEE voulait ainsi combler le vide de l'existence de Clay. Les dialogues aussi m'ont surprise. Là où on pourrait voir des répliques inutiles, j'ai trouvé qu'au contraire BEE parvenait à nous retranscrire les dialogues tels qu'ils auraient réellement pu avoir lieu. Des platitudes, là encore pour combler le silence, le vide.
    Aussitôt après avoir terminé ma lecture de ce livre, j'ai couru à la librairie me procurer la suite : Suite(s) impériale(s). J'ai hâte de voir ce qu'est devenu Clay.


    Lien : http://booksandfruits.over-blog.com/article-moins-que-zero-bret-east..
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 25 mars 2010

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    Dès les premières pages, j'ai tout de suite remarqué que Bret Easton Ellis avait un style particulier, un style bien à lui. En le lisant, lors des premières pages, j'avais l'impression d'être dans un tourbillon. Les mots, les images défilaient devant moi sans que je puisse les arrêter. Comme quand vous avez l'impression que tout va à une vitesse folle alors que vous êtes tranquillement assis en train de lire.
    Cependant, j'ai rapidement été déçue mais cela se faisait par intermittence. Tout d'abord, lorsque Clay, le personnage principal rencontre une personne, cette personne est toujours décrite comme blonde et bronzée. Cela vous apparaîtra peut-être comme un détail mais au bout de la dixième fois, cela a commencé tout de même à me fatiguer. Sûrement parce que malheureusement, c'est souvent les seuls détails qu'il nous donne sur ces personnes.
    Ce qui m'a également dérangé c'est ce côté "je me drogue avec n'importe quoi et je couche avec n'importe qui". le sujet en lui-même ne me dérange pas mais ici il semble survolé. Ce n'est ni trash, ni doux, à vrai dire tout paraît vide dans ce livre, tout paraît anesthésié. Les personnages ne semblent pas avoir de sentiments ou plutôt ils ont décidé de tellement les enfouir qu'ils ne savent plus vraiment ce que c'est.
    Pourtant, monsieur Bret Easton Ellis semble tout de même savoir comment choquer les gens. Il y a deux scènes dont je me serais bien passée. Elles sont glauques, sordides. Elles font ressortir le mauvais de la nature humaine, celle qui regarde mais qui ne dit rien.
    Cependant, j'ai trouvé tout de même deux-trois passages dans ce livre qui m'ont vraiment plu, ce sont des passages où certains personnages sont devenus humains. Même si souvent les causes étaient tristes, ils ont montré qu'ils avaient des sentiments. Il y avait une ambiance particulière à ce moment là et j'aurais aimé la retrouver plus souvent lors de ma lecture.
    Même si je n'ai pas vraiment accroché avec ce livre, je ne regrette pas d'avoir lu cet auteur dont j'entendais tant parler. Je pense même que je lirais un autre de ses livres un jour ou l'autre.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par sgmaster, le 27 juillet 2010

    sgmaster
    Cela faisait longtemps que j'entendais parler de Bret Easton Ellis. Beaucoup de gens m'en disaient le plus grand bien. De plus, son actualité récente (la sortie prochaine de son nouveau roman tant attendu) font que je me suis décidé à découvrir cet auteur. C'est en septembre que paraîtra "Suites Impériales", la suite de "Moins Que Zero". Quoi de plus logique de commencer avec ce livre qui est aussi son premier roman.
    Toutefois, une appréhension: Certains comparent Moins Que Zero avec L'Attrape-Coeurs. Or, j'ai détesté le livre de Salinger. Et ce style argotique... Bref! Faisant fi de ces craintes, je me lance dans la découverte d'un Los Angeles d'une autre époque pour suivre les errances de la jeunesse dorée californienne à travers les yeux du personnage principal, Clay, revenu chez lui à l'occasion des vacances de Noël.
    Le style d'Ellis est très particulier. Pas de temps à perdre en fioritures et description. C'est très minimaliste dans le texte, avec quelques répétitions, comme une retranscription orale. Même si c'est concis, tout est pratiquement concentré en une phrase. A l'issue des cinq premières pages, je connaissais pratiquement tout de la vie de Clay. Une vie ennuyeuse, où les jeunes ne pensent qu'à sortir, prendre de la drogue, et de nombreuses autres choses que la morale réprouve. Au fur et à mesure, Clay se dégoute de cette vie. Sa relation compliquée avec Blair, ces étranges soirées avec drogue, sexe et alcool, le fait que son meilleur ami se prostitue pour se payer sa dope... Tout cela est une incitation à la fuite. Mais partir pour aller où? Car après tout, que veut on vraiment? Aucun des protagonistes ne sait ce qu'il souhaite. Pas de solutions. Il faut être condamné à vivre dans la richesse, dans l'ennui, dans un monde où il n'y a pas de sentiments, où l'émotion que l'on a le droit de ressentir et celle des paradis artificiels. Un triste destin en somme. Quelques souvenirs d'enfance s'immiscent dans l'histoire, en italique, juste pour rappeler que Clay est un être humain. Peut être...
    Bizarrement, la lecture de ce roman ne m'a fait ni chaud, ni froid. Quelques longueurs toutefois, les dialogues ne sont pas très élaborés. Mais malgré tout, j'avais envie de continuer à le lire, ne serait-ce que pour connaître la fin. A en croire certaines critiques, il s'agit d'un premier roman, et donc il y a quelques défauts. Je me réserve "American Psycho" pour plus tard. En définitive, "Moins Que Zero" est... ni bon, ni mauvais.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par seanbateman, le 23 janvier 2012

    seanbateman
    Un roman simplement génial que je conseille vivement aux lecteurs . le premier livre de Ellis décrit avec une précision photographique, la vie de ''rêve" et rêvé de clay , éminent membre de la jeunesse dorée-cokée, d'un los angeles des années 80 en proie à la luxure, le tout agrémenté par une bande son pointue dans le genre new-heavy, punk et rock.
    Ellis nous entraine dans cette vie de débauche où la principale occupation des protagonistes et surtout de clay, est de trouver de quoi se défoncer pour supporter sa famille, ses amis, les gens en général. On retrouve dès ce premier livre, les bases des thèmes abordés par l'auteur tout au long de sa bibliographie: jeunes branchés, mode, luxe, alcool, drogue, sexe, doutes, folie, mysanthropie.
    On se laisse facilement entrainer dans ce récit au format papier glacé des magazines de mode, avec une pointe de voyeurisme comblée par des histoires croustillantesde sexe et de dogue sur l'élite de la branchitude angelienne.
    L'auteur nous malmène dans les bas fonds de l'industrie des loisirs de luxe où seul la drogue permet de sortir de la torpeur dans laquelle sont plongée les personnages. le récit est parfaitement ficelé, l'on se demande toujours si les événements vécus par le narrateur ne sont elles simplement pas hallucinations du fait des quantitées astronomiques de drogues ingurgitées .
    Je le recommande vivement à tout ce qui recherche une écriture crue, froide, sans fausse vulgarité et faux sentiments, qui aime pendre le texte au dizième degré et qui ne vont juger bêtement chaque action fantasmée ou réelle du "héros" .
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Lellia, le 28 avril 2011

    Lellia
    J'aime le style minimaliste, c'est un fait. J'aime les petites phrases rapides qui font avancer l'action et nous envoi en pleine figure des vérités affligeantes. Cependant parfois c'est trop, la lecture devient difficile, les scènes sont insoutenables et on a du mal à avancer, ici c'est bien ce qui a failli se produire.
    L'histoire en elle même est simple, Clay est un jeune et riche étudiant qui retourne chez lui à Los Angeles pour les vacances de Noël, à partir de là il ne fera qu'aller à des fêtes, rencontrer des gens, boire et se droguer avec ses amis. Il ne fait que ça, à tel point qu'on peut avoir l'impression que sa vie tourne en rond mais au contraire, il avance peu à peu. Il remet en question sa relation avec sa petite amie, Blair; il "s'inquiète" plus ou moins pour son ami Julian qui lui cache des choses et il se demande où va le mener ses amitiés. Il faut dire que sa conception de l'amitié est loin d'être la même que nous tant il semble totalement déconnecté du monde et de ce qui se passe. Et c'est bien là le problème, ce qui laisse un mauvais goût dans la bouche du lecteur, on a pas envie de lire des atrocités avec un personnage principal qui ne réagit pas, ça n'a rien d'agréable et c'est même trèèès dérangeant. Mais ce n'est pas vain en même temps, l'auteur recherche ce sentiment, il veut que l'on soit mal à l'aise et qu'on le ressente le vide dans lequel vit Clay et ses amis. Ils n'ont aucun repère, aucune limite.
    Un livre à ne pas mettre entre toutes les mains donc, je pense qu'il faut vraiment aimer le style pour le lire en l'appréciant parce qu'on pourrait lui reprocher bien des défauts. La narration semble sans but (c'est monotone et ça tourne en rond), une multitude de personnages qui se croisent et que l'on arrive pas toujours à différencier les uns des autres, pratiquement toujours les mêmes actions (fêtes, défonces, sexe, ....), des personnages dénués de moral, seul le personnage principal semble réellement remettre tout ça en question et se rendre compte de l'absurdité et de la violence gratuite du monde dans lequel il évolue, sans pour autant agir.
    C'est sombre, c'est froid, c'est dérangeant mais au moins j'ai de quoi réfléchir et c'est avant tout ce que je recherche dans la lecture ^^
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Citations et extraits

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  • Par seanbateman, le 23 janvier 2012

    L'une de mes soeurs dit qu'elle a horreur de ça quand on voit le type éjaculer, et moi je descends plonger dans la piscine, faire mes brasses.
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  • Par pile, le 15 octobre 2011

    Je ne regarde pas très souvent mes parents, je ne cesse de me passer la main dans les cheveux en regrettant de ne pas avoir de coke, n’importe quoi pour m’aider à surmonter cette épreuve, et puis je regarde le restaurant qui est seulement à moitié plein ; les gens chuchotent mais leurs paroles portent d’une table à l’autre, et je réalise qu’en fin de compte j’ai dix-huit ans, des mains qui tremblent, des cheveux blonds, un début de bronzage et que je suis seulement à moitié défoncé, assis chez Chasen au coin de Doheny et de Beverly, et que j’attends que mon père me demande ce que je désire pour Noël.
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  • Par line70, le 19 mars 2011

    Je ne veux pas de l'amour. Si je me mets à aimer des trucs, je sais que ça va être pire, que ce sera encore une chose qui me causera du souci. Tout est moins douloureux quand on n'aime pas.
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  • Par Couperine, le 03 décembre 2010

    Je ne dis rien, remarque seulement qu'on a peint les murs en un jaune extrêmement brillant, presque douloureux, et que sous l'éclat du néon ils semblent phosphorescents. Sur le juke-box, Joan Jett and the Blackhearts chantent Crimson and Clover. Je regarde les murs en écoutant les paroles.
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  • Par mathieupl, le 15 décembre 2010

    I think about Blair alone in her bed stroking that stupid black cat and the billboard that says, "Disappear Here" and Julian's eyes and wonder if he's for sale and people are afraid to merge and the way the pool at night looks, the lighted water, glowing in the backyard.
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Vidéo de  Bret Easton Ellis

l'interview - Bret Easton Ellis Cinq ans après Lunar Park, l'enfant terrible de l'Amérique revient sur le devant de la scène littéraire avec Suite(s) imperiale(s).








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