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Par Madimado, le 26/01/2012
Fou de Vincent de
Hervé Guibert
L’être qui manque à ma vie : celui qui saura me battre ; j’ai cru un temps qu’il sortirait de T., que ce serait un être compris dans lui qui s’en dédoublerait, mais il n’en a rien été ; j’ai cru longtemps que ce serait Vincent, mais il n’en est rien.
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A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie de
Hervé Guibert
Ce livre qui raconte ma fatigue me la fait oublier, et en même temps chaque phrase arrachée à mon cerveau, menacé par l'intrusion du virus dès que la petite ceinture lymphatique aura cédé, ne me donne que davantage envie de fermer les paupières.
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Par Madimado, le 26/01/2012
Le Mausolée des amants de
Hervé Guibert
Quand tes fenêtres sont noires je veille sur ton sommeil, et je te protégerai bien de la mort, je tendrai d’invisibles filets sous ton balcon…
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Par csapin, le 22/03/2011
A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie de
Hervé Guibert
(...) toutefois je restais le plus hésitant sur cette démarche, non que je n'avais pas une confiance absolue en Bill, que je craignais de voir bouleversé par un nouveau pacte avec le sort cet état progressif, plutôt apaisant en définitive, de mort inéluctable. Jules, à un moment où il ne croyait pas que nous étions infectés, m'avait dit que le sida était une maladie merveilleuse. Et c'est vrai que je découvrais quelque chose de suave et d'ébloui dans son atrocité, c'était certes une maladie inexorable, mais elle n'était pas foudroyante, c'était une maladie à paliers, un très long escalier qui menait assurément à la mort mais dont chaque marche représentait un apprentissage sans pareil, c'était une maladie qui donnait le temps de mourir, et qui donnait à la mort le temps de vivre, le temps de découvrir le temps et de découvrir enfin la vie, c'était en quelque sorte une géniale invention moderne que nous avait transmis ces singes verts d'Afrique. Et le malheur, une fois qu'on était plongé dedans, était beaucoup plus vivable que son pressentiment, beaucoup moins cruel en définitive que ce qu'on aurait cru. Si la vie n'était que le pressentiment de la mort, en nous torturant sans relâche quant à l'incertitude de son échéance, le sida, en fixant un terme certifié à notre vie, six ans de séropositivité, plus deux ans dans le meilleur des cas avec l'AZT ou quelques mois sans, faisait de nous des hommes pleinement conscients de leur vie, nous délivrait de notre ignorance. Si Bill, avec son vaccin, remettait en cause ma condamnation, il me replongerait dans mon état d'ignorance antérieur. Le sida m'avait permis de faire un bond formidable dans ma vie.
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A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie de
Hervé Guibert
[...] j'entreprends un nouveau livre pour avoir un compagnon, un interlocuteur, quelqu'un avec qui manger et dormir, auprès duquel rêver et cauchemarder, le seul ami présentement tenable.
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Par Madimado, le 26/01/2012
Le Mausolée des amants de
Hervé Guibert
Le pire est vécu dans les rêves pour amoindrir le pire de la vie.
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Par Madimado, le 26/01/2012
Le Mausolée des amants de
Hervé Guibert
Et cette banalité ne me déplaît pas (aimer comme tout le monde).
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Par Madimado, le 26/01/2012
Le Mausolée des amants de
Hervé Guibert
Tu es mon seul correspondant, c’est à dire : tu me correspond…
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Par Madimado, le 26/01/2012
Fou de Vincent de
Hervé Guibert
Le (un) travail de la littérature : apprendre à se taire.
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Des aveugles de
Hervé Guibert
J'ai beaucoup voyagé, dit Taillegueur à Josette, et j'en ai connu beaucoup de voyants, j'ai conversé avec eux, j'ai couché avec eux, je les ai questionnés, j'ai écouté leurs rêves, j'en ai torturé certains pour qu'ils me disent ce qu'ils n'auraient jamais osé, ou ce qu'ils se disent seulement entre eux, ou à la confession, ou sur le papier, et tu ne peux pas savoir comme leur âme est confuse et encombrée, fourbe, pleine de détours et de recoins, remplie à ras bords et sans cesse débordante, fuyante et tortueuse, tu ne peux pas imaginer tous leurs vices car ils semblent les fabriquer à plaisir, et tu ne peux pas imaginer leur connaissance car chez la plupart elle est infinie et inutile, et ce qu'ils érigent en beauté qui est moins que le vent, et leur régime stupide des distances et des perspectives, et la vénération des crottes de couleurs, et le culte d'eux-mêmes et le culte du soleil qui sécrète leurs cancers, tu ne peux l'imaginer, mais je te l'apprendrai, je connais l'âme des voyants mieux que n'importe quel voyant.
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