-
Par Malaura, le 05/02/2012
Claustria de
Régis Jauffret
Les enfants de la cave :
Le ciel il est plein d’air ? Qui lui met les nuages ?
Qui le remplit de pluie ? Qui allume les étoiles ?
Qui pousse le soleil ? Est-ce qu’il y a quelqu’un qui donne le matin des coups de pieds à la lune pour l’empêcher de cacher les rayons ?
C’est de la fumée la nuit ? L’herbe ça pique les pieds ?
Elles s’arrêtent où les routes ?
On fait bouger la Terre quand on marche dessus ?
> lire la suite
-
Claustria de
Régis Jauffret
L'oubli est secourable, il préserve de la cruelle nostalgie.
...
Elle s'efforçait de nier l'extérieur. Un lieu chimérique, une croyance, une superstition contre laquelle on doit lutter afin de prendre son existence pour une illusion.
-
Claustria de
Régis Jauffret
C'est un curieux voyage au bout de l'enfer que nous invite à réaliser Régis Jauffrey dans ce roman inspiré du tragiquement célèbre fait divers autrichien. Un voyage que nous menons de concert avec l'héroïne et qui nous fait étrangement ressentir le même type de sentiments contrastés qu'elle: à l'orée du livre on oscille en effet entre répulsion et fascination. Répulsion pour le caractère souvent nauséabond des descriptions de l'inceste dont on se passerait bien et pour les trop nombreuses saillies anti-autrichiennes qui associent Claustria à l'Austria comme si ce pays n'était constitué que de nazillons en puissance. Fascination bien commune que tout à chacun éprouve face à la barbarie et qui justifie le goût collectif pour les faits divers. Quand le dégoût l'emporte, on referme le livre et on le repose bien loin en se jurant qu'on ne nous y reprendra plus. Mais on y remet le nez quelques heures ou quelques jours plus tard, parce que notre voyeurisme nous y incite. Et aussi quand même parce que ce roman est drôlement bien écrit. Et enfin parce qu'au fil de la lecture Régis Jauffrey parvient ce tour de force de nous faire quitter l'anecdotique pour sonder avec nous la part mythique et universelle de cette histoire. Ses héros deviennent les acteurs d'une tragédie où se jouent les mêmes rapports de domination, la même violence et la même acceptation de l'inéluctable que dans les pièces antiques. Reste que cette métamorphose n'est pas sans poser de question éthique et notamment celle du rapport au réel: quelle est la part du vrai et quelle est celle réservée à l'inventivité de l'auteur? Jamais Régis Jauffrey ne règle cette question pourtant primordiale et cette manipulation du réel interroge quand on connaît le caractère récent de l'affaire Friztl" et quand on sait que les acteurs du drame sont encore tous bien vivants .
> lire la suite
-
Claustria de
Régis Jauffret
C'est un curieux voyage au bout de l'enfer que nous invite à réaliser Régis Jauffrey dans ce roman inspiré du tragiquement célèbre fait divers autrichien. Un voyage que nous menons de concert avec l'héroïne et qui nous fait étrangement ressentir le même type de sentiments contrastés qu'elle: à l'orée du livre on oscille en effet entre répulsion et fascination. Répulsion pour le caractère souvent nauséabond des descriptions de l'inceste dont on se passerait bien et pour les trop nombreuses saillies anti-autrichiennes qui associent Claustria à l'Austria comme si ce pays n'était constitué que de nazillons en puissance. Fascination bien commune que tout à chacun éprouve face à la barbarie et qui justifie le goût collectif pour les faits divers. Quand le dégoût l'emporte, on referme le livre et on le repose bien loin en se jurant qu'on ne nous y reprendra plus. Mais on y remet le nez quelques heures ou quelques jours plus tard, parce que notre voyeurisme nous y incite. Et aussi quand même parce que ce roman est drôlement bien écrit. Et enfin parce qu'au fil de la lecture Régis Jauffrey parvient ce tour de force de nous faire quitter l'anecdotique pour sonder avec nous la part mythique et universelle de cette histoire. Ses héros deviennent les acteurs d'une tragédie où se jouent les mêmes rapports de domination, la même violence et la même acceptation de l'inéluctable que dans les pièces antiques. Reste que cette métamorphose n'est pas sans poser de question éthique et notamment celle du rapport au réel: quelle est la part du vrai et quelle est celle réservée à l'inventivité de l'auteur? Jamais Régis Jauffrey ne règle cette question pourtant primordiale et cette manipulation du réel interroge quand on connaît le caractère récent de l'affaire Friztl" et quand on sait que les acteurs du drame sont encore tous bien vivants .
> lire la suite
-
Claustria de
Régis Jauffret
« Leur histoire devenue bientôt un conte de sorcière, un mythe dont on doutera des origines. Angelika et les ombres sur l’écran de la caverne dont Socrate ne dira jamais rien. Les phrases inhabitées des médias, des causeurs, des fabricants de romans. La cohorte des apprentis Platon, des jongleurs, bateleurs de la syntaxe, la poudre aux yeux du style. » (p. 535)
-
Par carre, le 11/03/2012
Claustria de
Régis Jauffret
Elle ne croit plus du tout au lundi, les peurs s'émoussent quand elles ont duré longtemps.
-
Par Chrys, le 15/03/2012
Claustria de
Régis Jauffret
P382: "Un bref compte à rebours.
- Trois, deux, un.
Et l'assistance qui hurle 1992. Des confettis qui tombent du haut des cintres, du champagne qui fuse comme de la mousse d'extincteur. Le nouvel an qui survenait chaque année. On aurait pu diffuser les mêmes images tous les trente et un décembre en bricolant la bande-son pour changer le millésime.
Elle s'est mise à compter. Elle s'est aperçue qu'elle était enfermée depuis sept ans et demi. Plus de deux mille sept cents jours. Elle croyait être sous terre depuis moins de quatre ans."
> lire la suite
-
Par carre, le 09/03/2012
Claustria de
Régis Jauffret
Il ne la touchait plus que pour la frapper à toute volée, mais pas davantage ni plus souvent que les enfants. Page 213.
-
Claustria de
Régis Jauffret
« On habite toujours un espace clos, on ne court jamais bien loin, les voitures suivent des routes, les trains des rails, les avions, les fusées ne rejoindront jamais l’infini. On se cogne toujours quelque part. » (p. 321)
-
Par Bibalice, le 11/01/2012
Lacrimosa de
Régis Jauffret
Chère Charlotte,
Vous êtes morte sur un coup de tête d'une longue maladie. Le suicide a déferlé dans votre cerveau comme une marée noire, et vous vous êtes pendue. Vous habitiez Paris depuis quatorze ans, mais le 7 juin 2007 vous avez pris le TGV pour Marseille. Comme si l'espèce humaine avait une mémoire d'éléphant, et qu' elle revienne parfois creuser sa tombe près du lieu où elle s'était frayé un chemin autrefois pour quitter l'utérus de sa mère et débarquer dans l'existence.