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Par Malaura, le 05/02/2012
Claustria de
Régis Jauffret
Les enfants de la cave :
Le ciel il est plein d’air ? Qui lui met les nuages ?
Qui le remplit de pluie ? Qui allume les étoiles ?
Qui pousse le soleil ? Est-ce qu’il y a quelqu’un qui donne le matin des coups de pieds à la lune pour l’empêcher de cacher les rayons ?
C’est de la fumée la nuit ? L’herbe ça pique les pieds ?
Elles s’arrêtent où les routes ?
On fait bouger la Terre quand on marche dessus ?
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Par Bibalice, le 12/01/2012
Claustria de
Régis Jauffret
Roman essuie de sa main gantée les flocons tombés sur ses lunettes. Il aperçoit un éclat de la maison à quelques pas de lui, mais il ne s'avance pas pour le ramasser et l'installer de retour chez lui sur la cheminée de son salon comme un éclat du mur de Berlin. Pas de relique, sa mémoire en est pleine à dégueuler chaque nuit dans ses rêves.
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Par Bibalice, le 12/01/2012
Claustria de
Régis Jauffret
L'infirmier est revenu vers nous en crachant des bouffées. Me prenant pour un confrère, il m'a salué d'un hochement de tête que je lui ai aussitôt rendu.
- Willst du eine Zigarette ?
Il a sorti son paquet de sa poche.
Je lui ai répondu ja, ja.
- Sie arbeiten in diesem Krankenhaus ?
Je n'ai pas compris sa question, d'ailleurs je ne suis pas sûr qu'il me l'ait posée. J'ai cru m'en souvenir le soir phonétiquement et c'est le concierge de l'hôtel qui a cru reconnaître ces mots.
- Il voulait savoir si vous travailliez à l'hôpital.
J'avais répondu à l'infirmier d'un simple ja, mais cette fois mon accent m'avait trahi. Il s'est mis a hurler, tant et si bien que Roman a détalé. Tandis qu'il lui courait après, je me suis enfui.
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Par Bibalice, le 11/01/2012
Lacrimosa de
Régis Jauffret
Chère Charlotte,
Vous êtes morte sur un coup de tête d'une longue maladie. Le suicide a déferlé dans votre cerveau comme une marée noire, et vous vous êtes pendue. Vous habitiez Paris depuis quatorze ans, mais le 7 juin 2007 vous avez pris le TGV pour Marseille. Comme si l'espèce humaine avait une mémoire d'éléphant, et qu' elle revienne parfois creuser sa tombe près du lieu où elle s'était frayé un chemin autrefois pour quitter l'utérus de sa mère et débarquer dans l'existence.
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Par Seraphita, le 26/11/2010
Sévère de
Régis Jauffret
Ne croyez pas que cette histoire est réelle, c’est moi qui l’ai inventée. Si certains s’y reconnaissaient, qu’ils se fassent couler un bain. La tête sous l’eau, ils entendront leur cœur battre. Les phrases n’en ont pas. Ils seraient fous ceux qui se croiraient emprisonnés dans un livre.
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Par brigetoun, le 29/10/2010
Week-end familial à Clichy-sur-mer de
Régis Jauffret
Ces gens comme des exutoires, des mutants au dos immenses, qui devaient porter comme des bourriques toutes les poubelles de la Nation. Cette ville sans ville, cette architecture méprisante, cette architecture comme une insulte. Clichy, bâtie au fond d'une impasse, au fond d'un couloir
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Par brigetoun, le 30/10/2010
la tentation du clitoris de
Régis Jauffret
Je veux bien m’accommoder des conditions matérielles de mon existence, mais l’orgasme n’est
pas négociable, c’est un droit et un devoir à la fois, si je ne l’atteins pas au-delà du médiocre je serai
coupable moi aussi et je continuerai à développer des maladies opportunistes dont mon apparence fera un jour les frais au risque de repousser les derniers amants susceptibles de me grimper comme n’importe quelle jument sauvage, n’importe quelle chatte de gouttière, n’importe quelle humaine en somme, puisque nous sommes pourvues des mêmes organes sensibles comme les boyaux tendus à l’extrême d’un Stradivarius
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Par brigetoun, le 29/10/2010
Week-end familial à Clichy-sur-mer de
Régis Jauffret
Quand je me suis installé, Clichy n’était pas encore un lieu de villégiature, et les commissaires-priseurs bradaient la ville lors de ventes aux enchères qui attiraient artistes et publicitaires désireux d’acquérir un lieu de vie plus spacieux que leurs lofts étriqués de la Bastille. Les pauvres étaient devenus trop nombreux, et comme on était lassé de les stocker aux alentours de la capitale, on avait décidé de les exporter dans un pays du tiers monde, où fondus dans une population encore plus misérable, ils ont pu goûter de la malnutrition et du cannibalisme qui lui est conséquent.
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Par mustango, le 26/03/2010
Sévère de
Régis Jauffret
Un mannequin. Un anonyme. Une bête dans sa carapace. Un insecte nuisible, énorme, grotesque et rose comme de la layette de fille.
J'ai tiré.
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Asiles de fous de
Régis Jauffret
"Sa bite qu'il prenait pour un étendard lorsqu'elle se dressait dans le lit avec la vulgarité de ces gens qui croient distingué de mettre leur petit doigt en l'air en saisissant leur tasse de thé quand ils sont en visite chez une fausse duchesse à la peau fanée, flétrie, pourrie comme le parquet de leur boudoir fait de planche de cercueils exhumé après trois siècles de caveau."