-
Par gill, le 06/02/2012
M. Barnstaple Chez Les Hommes-Dieux de
H.G. Wells
Cristal dit encore :
- En Utopie comme sur la terre, l'introduction de la monnaie constitua une grande découverte, une méthode de liberté. Antérieurement, tout service d'homme à homme s'était fait par esclavage ou par échange. La vie était serve, étroitement limitée dans ses choix.
Par la création de la monnaie, on avait permis au travailleur de choisir librement sa rémunération.
Il fallut trois mille ans et davantage pour que l'Utopie conçût cette possibilité. L'idée de monnaie était dangereuse et sujette à se corrompre ; l'Utopie avant d'arriver à la lucidité économique, traversa de longs siècles de crédits et de dettes, de monnaies fallacieuses et avilies, d'usures insensées, d'abus spéculatifs de tout ordre.
En matière de monnaie plus qu'en toute autre affaire, la fourbe humaine a le plus vilement et traîtreusement rançonné la nécessité humaine. Comme aujourd'hui la terre, l'Utopie portait encore à cette époque un faix d'âmes parasites, d'agioteurs, d'accapareurs, de Shylocks sans entrailles, extorquant aux faiblesses du système monétaire tous les avantages imaginables....
(extrait du chapitre II - un flâneur dans un monde vivant)
> lire la suite
-
Par gill, le 06/02/2012
H. G. Wells. Les Enfants dans la forêt, roman traduit de l'anglais par Gabriel Boucé de
H.G. Wells
C'est à ce tournant précis des choses que l'aveugle cruauté qui coule sous les événements de ce monde décréta que l'oncle Robert devait mourir. Sa mort fut une surprise bouleversante pour tous, y compris lui-même.
Il manqua le bord du trottoir, trébucha et fut immédiatement renversé et écrasé par un camion. Les circonstances exactes de l'accident s'effacèrent complètement de sa mémoire, et il ne reprit la conscience vague de lui-même que sous la forme d'une douleur diffuse et d'une rigidité de bois ; il avait sous les yeux sa propre chambre et le visage d'un ami intime, le Dr Hallerton. Il le regarda fixement pendant quelques instants.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-il.
- Ce diable d'obscurcissement, dit le docteur.
- Idiotie, dit l'oncle Robert. Suis-je dans un état grave ?
Hallerton s'assit près du lit. Il connaissait son homme.
- Oui, dit-il assez grave.
- Nous ne cherchons que cela, Hallerton. Ces brassards, cette idée d'un ruban blanc à la coiffure, ces boutons lumineux. Toutes ces sornettes à propos du noir et du blanc....
(extrait du chapitre II "la mort surprend l'oncle Robert" - "le lit de mort")
> lire la suite
-
Par gill, le 06/02/2012
H. G. Wells. Abrégé de l'histoire du monde eA Short history of the worlde. Traduit de l'anglais par Amy Borgeaud de
H.G. Wells
A la fin du XVIIème siècle, nous trouvons partout une importante littérature politique et sociale. Parmi les pionniers du mouvement, citons John Locke, fils d'un républicain anglais, savant d'Oxford qui dirigea tout d'abord son attention sur la chimie et la médecine. Ses traités sur le gouvernement, la tolérance et l'éducation témoignent d'un esprit largement ouvert aux possibilités d'une reconstruction sociale. Peu après John Locke en Angleterre, c'est en France Montesquieu (1689-1755) qui soumit les institutions sociales, politiques et religieuses à une méthode d'analyse et de recherche rigoureuse. Il dépouilla de son prestige magique la monarchie absolue en France. C'est à lui comme à Locke que le monde doit d'avoir été débarrassé des idées fausses qui avaient empêché jusque-là tout essai de reconstruction d'une société humaine....
(extrait du chapitre LIX Le développement des idées politiques et sociales des temps modernes)
> lire la suite
-
Par gill, le 05/02/2012
Les freres rouge et blanc de
H.G. Wells
Leur ressemblance n'avait certainement pas été exagérée. Ratzel pénétra dans la pièce avec, sur son visage, une expression de résistance résolue qui se changea en un véritable ahurissement dès qu'il eut aperçu Bolaris.
Il portait une chemise rouge, à col ouvert, qui ne différait de celle de son ennemi que par la couleur.
Il avait les cheveux plus longs, il était sans armes et avait les mains liées. Il fut le premier à parler :
- Je veux être damné !...s'écria-t-il.
- Mais vous serez fusillé avant, dit Bolaris. Qu'est-ce qui vous prend de ressembler ainsi à moi ?
- Je pourrais poser la même question.
- C'est à moi de poser des questions, ici.
- Pure coïncidence, je suppose. Croyez-vous qu'il y ait quelque chance que nous soyons parents ?
- J'ai dit que c'était à moi de poser des questions. Comment vous appelez-vous ?
- Robert Ratzel
- Age ?
- Trente quatre ans.
- Lieu de naissance ?
- Hulkingtown, Missouri.
Boris marqua un silence.
- Nous sommes parents ! s'exclama Ratzel.
- Non ! Ne parlez que lorsqu'on vous adressera la parole.....
> lire la suite
-
Par gill, le 03/02/2012
M. britling commence a voir clair de
H.G. Wells
Puis, comme une chose que tout le monde à Dower House eût attendue, vint la nouvelle que Hugh était tué.
Ce fut une fillette en tablier clair qui apporta le télégramme, au lieu du gamin d'avant-guerre. Car les gamins faisaient maintenant, en Angleterre, la besogne des jeunes gens, et ceux-ci la besogne des hommes partis au front.
M.Britling était debout sur le seuil, à contempler le feuillage d'octobre flamboyant sous la chaude lumière de l'après-midi. Il prit la dépêche que lui tendait la jeune messagère, l'ouvrit comme il les ouvrait toutes depuis le départ de Hugh, avec l'espoir qu'elle ne contiendrait pas ce que précisément elle contenait.
Il lut la sèche, inexorable nouvelle, les condoléances brèves...et demeura un moment immobile, les yeux fixés sur le papier...
Dower House était loin de la poste, et M.Britling avait coutume de donner deux pence aux télégraphistes. Il avait grande hâte de se débarrasser de la fillette, qui se tenait devant lui dans l'attente, sa bicyclette rouge en main.
Il se sentait défaillir et craignait de crier tout haut sa douleur. Machinalement, il sortit de sa poche un shilling et trois pièces d'un penny, puis les regarda dans le creux de sa main....
(extrait du paragraphe 21 du chapitre IV "dans les rets de l'impuissance")
> lire la suite
-
Par gill, le 03/02/2012
H. G. Wells. Une tentative d'autobiographie, découvertes et conclusions d'un cerveau très ordinaire. Traduit de l'anglais par Antonina Vallentin de
H.G. Wells
INTRODUCTION
Prélude
J'ai besoin de liberté d'esprit. Je veux pouvoir travailler en paix. Je suis excédé par les choses qui m'entourent. Mes pensées et mon travail sont encombrés par des réclamations et des ennuis de toutes sortes ; je n'entrevois aucun espoir de leur échapper, aucun espoir d'une période d'activité sereine et bienfaisante, avant que je ne sois définitivement rejoint par les infirmités ou par la mort. Je me trouve dans une phase de fatigue, et de ce découragement qui accompagne la fatigue ; les petites affaires de demain bataillent dans mon cerveau surexcité, et il m'est difficile de rassembler mes forces pour affronter ce problème : de l'impossibilité de m'utiliser moi-même au mieux.
J'écarte même le prétexte d'un autre travail pour essayer de faire face à cette situation. Je veux écrire un rapport la-dessus - pour moi-même.
Je veux voir clair dans ces mécontentements, parce que j'ai l'impression que dès que je verrai clair, ils cesseront de me tourmenter ou que je pourrai les maîtriser et les diriger.
Je ne pense pas que ma situation de travailleur intellectuel soit exceptionnelle à aucun point de vue ; c'est notre destin à tous, de nous trouver dans un pareil embarras....
(extrait de l'Introduction dans le chapitre premier)
> lire la suite
-
Par gill, le 03/02/2012
TONO BUNGAY de
H.G. Wells
On enseignait aussi une science plus superficielle et plus décousue appelée la "physiographie", qui était à vrai dire un vagabondage à travers toutes les sciences. J'utilisais de petits manuels compacts et mal écrits ; je ne pouvais faire qu'un nombre fort restreint d'expériences, et cependant j'apprenais tout de même.
Tout cela se passait il y a trente ans seulement, et cependant je me rappelle fort bien que pour mes éducateurs la lumière électrique était considérée comme un jouet coûteux et peu pratique, le téléphone comme une curiosité, la traction électrique comme un rêve absurde. On ignorait l'argon, le radium, les phagocytes - tout au moins à ma connaissance - et l'aluminium était un métal rare et d'un prix élevé. Les navires les plus rapides du monde marchaient alors à dix-neuf noeuds à l'heure, et seuls des fous pouvaient se hasarder à prédire que l'homme volerait un jour...
(extrait de la quatrième partie du chapitre III "mon apprentissage à Wimblehurst)
> lire la suite
-
Par gill, le 03/02/2012
H. G. Wells. Châteaux en Angleterre eBulpington of Blupe, roman traduit de l'anglais par Édouard Courmont de
H.G. Wells
- Allons,dépêchez-vous, dit le sergent.
Théodore aurait voulu se coucher et mourir. Secoué par ses camarades, il se remit en marche. Il trébuchait, chancelait et vomissait encore à la queue de la section.
Il pleurait : "Mon dieu, répétait-il..., mon dieu...".
Evans, le lieutenant lui donnait de l'eau de vie.
- Allons, remettez-vous, mon garçon dit Evans.
- Vous aviez cru qu'on pouvait faire la guerre sans casse ?
Un troisième obus siffla et éclata quelques centaines de mètres plus loin sans faire de dommages. Ce coup remit en mouvement l'esprit de Théodore. Il se raidit et reprit sa marche.
Il retrouva quelque courage sous la protection imaginaire de la rue d'un village détruit, derrière un mur en ruine et des peupliers déchiquetés....
(extrait du chapitre VI "Héroïsme")
> lire la suite
-
Par gill, le 03/02/2012
Histoires merveilleuses de Wells de
H.G. Wells
Dans les idées comme dans la réalisation, Wells fut un étonnant précurseur. A chaque page de ce recueil, nous en avons la preuve. Par exemple, "le nouvel accélérateur" qui, par contraste, présente la vie au ralenti, date d'une époque où le cinéma n'existait pas ; "les cuirassés de la terre" ne sont autres que les tanks, les chars d'assaut imaginés vingt avant la guerre qui les fit créer. Et qui nous dit que nous n'assisterons pas demain aux bouleversements et aux cataclysmes que provoque sur notre globe le passage de "l'étoile" ?
(extrait de la préface de l'édition parue chez Larousse en 1931 et signée Henri D Davray)
> lire la suite
-
Par gill, le 03/02/2012
H. G. Wells. L'Ile de l'Aepyornis. Traduit de l'anglais par Achille Laurent de
H.G. Wells
DEUS EX MACHINA
(the lord of the dynamos)
A la surveillance des trois dynamos qui envoyaient la force motrice au chemin de fer électrique et qui remplissaient de leur bourdonnement et de leur trépidation l'usine de Camberwell, était préposé un contremaître, originaire du comté d'York, nommé James Holroyd. C'était un bon électricien, mais aussi un grand amateur de whisky : grand diable lourd, aux cheveux rouges, aux dents mal plantées. Il mettait en doute l'existence de Dieu, mais il acceptait le cycle de Carnot ; ayant lu Shakespeare, il le trouvait faible en chimie....
(extrait de la nouvelle "Deus ex machina")
> lire la suite