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> Henry D. Davray (Traducteur)
> Norman Spinrad (Préfacier, etc.)

ISBN : 2070308553
Éditeur : Gallimard (2005)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 446 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Je voyais maintenant que c'étaient les créatures les moins terrestres qu'il soit possible de concevoir. Ils étaient formés d'un grand corps rond, ou plutôt d'une grande tête ronde d'environ quatre pieds de diamètre et pourvue d'une figure. Cette face n'avait pas de nar... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Ellen-R, le 16 février 2013

    Ellen-R
    S'il est un archétype concernant la S.F, et notamment l'idée qu'on se fait de la S.F. avec martiens, soucoupes volantes et toussa toussa… c'est bien La guerre des mondes. Peut-être aussi du fait de son adaptation cinématographique ? Néanmoins…
    Déjà, remettre en perspective que ce roman fut écrit par Wells en 1898, à une époque où l'avion n'existait pas encore ! Lui, H.G. Wells ne nous parle pas d'avions mais d'espèces d'obus dans lesquels les martiens sont propulsés et d'où ils débarquent. Un peu à la façon du Jules Verne de De la Terre à la Lune. Donc foin de soucoupes volantes. Mais tous les archétypes qu'on retrouvera plus tard dans les romans de cette mouvance sont pratiquement là : des martiens d'une forme et d'une vie très éloignées de la forme terrestre, des sentiments hostiles vis-à-vis des Terriens, une impression d'impuissance vis-à-vis d'eux, etc… L'inconnu, il n'y a pas à dire, ne porte pas à la confiance et à l'optimisme !
    H.G. Wells ne s'attache pas vraiment à expliquer comment les martiens…, pourquoi les martiens…, ni d'une quelconque possibilité scientifique. Tout ceci ne le concerne pas et d'ailleurs il a déjà fait un sacré saut en convoquant des martiens, d'une forme inattendue, débarqués d'un obus gigantesque traversant l'espace à des vitesses inimaginables à l'époque (H.G. Wells venait d'apprendre à tenir sur une bicyclette au moment de l'écriture du roman !).
    Ce qui l'intéresse et qui fait le cœur du roman, c'est l'apocalypse que déclenche une telle invasion sur une civilisation telle que la société anglaise à la fin du XIXème siècle. C'est bien ainsi qu'il faut lire le roman, de même qu'on ne peut lire Orgueils et préjugés de Jane Austen sans prendre en compte les mœurs de l'époque d'écriture dudit roman ! Et cette invasion est rude. Face à un adversaire inimaginé – inimaginable, à l'aspect, aux moyens tout aussi hors du commun, H.G. Wells ne nous décrit pas autre chose qu'une boucherie, une « Bérézina », une mort de notre civilisation. C'est certainement cela qui est novateur dans ce roman et qui fera école pour tant d'autres œuvres qui suivront.
    La guerre des mondes reste très plaisante à lire. Pas pour des descriptions technologiques qui, évidemment, sont largement dépassées maintenant, mais pour l'étude des caractères de ses contemporains confrontés à cet évènement inoui.
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    • Livres 5.00/5
    Par odin062, le 12 mars 2012

    odin062
    Wells est un mythe vivant, un auteur que j'ai toujours voulu découvrir de par son œuvre, je connaissais le film de Spielberg et c'est donc avec beaucoup d'envie que je me suis jeté sur La guerre des mondes, un roman écrit au XIXe, dur à imaginer !
    En effet, même sans connaitre, dès le départ, le décor est posé : « Personne n'aurait cru, dans les dernières années du XIXè siècle, que les choses humaines fussent observées, de la façon la plus pénétrante et la plus attentive, par des intelligences supérieures aux intelligences humaines et cependant mortelles comme elles. ». Un roman traitant d'une vie extra-terrestre et même plus précisément Martienne. Cela peut nous faire sourire, mais replaçons nous dans le contexte, imaginez un contemporain écrire que nous pouvons aller sur Mars, développer une nouvelle civilisation tandis que dans 20 ans, lorsque nous y serons, l'équipe envoyée ne trouvera aucune trace d'eau sous le sol et donc une invasion impossible de cette planète morte. C'est la même chose ici, Wells, dans ce contexte scientifique en pleine expansion s'est vu à penser à des créatures peuplant des planètes proches ! Rien d'affolant la dedans et même rien de dépassé !
    Oui c'est un livre moderne, j'ai même était frappé par la force de cette modernité, le cadre scientifique jouant un grand rôle dans cet étonnement. D'un côté, l'Angleterre du XIXe et ses omnibus et autres charrettes tirés par de bon vieux chevaux. de l'autre, l'acier, la technologie, la destruction, la force des envahisseurs devant lesquels la toute-puissance humaine est ridicule. Cette puissance humaine qui est d'ailleurs très critiquée durant cet ouvrage et même ridiculisée ! Wells traite de la relation Homme/Animaux dans ce temps où la colonisation est prospère faisant également penser à la domination de l'Homme sur l'Homme encore d'actualité. Il prend également du recul sur cette société et imagine de par ce dialogue de fin avec l'artilleur, particulièrement réussi, les fondements d'une nouvelle société, plus ou moins humaine ou animale.
    Bref, une histoire qui nous est conté par un journaliste. Il y raconte son expérience suite à l'arrivée des martiens mais également le vécu de son frère au cœur de Londres lors de la panique générale. Une histoire passionnante bourrée de rebondissement de de voyages, impossible de s'ennuyer ! Les descriptions sont très complètes et permettent de visualiser parfaitement des choses impossible à se mettre en tête comme ces mains mécaniques ou encore ces larves de martiens sans corps, poussant la description jusqu'à l'anatomie comparée ! Comment peut-on rendre plus réelle cette invasion ?
    Et puis le dénouement (attention spoiler!) que je connaissais déjà via le film de 2005, une fin qui ridiculise la toute-puissance des envahisseurs, de simples et minuscules unicellulaire au pouvoir tellement grand, mettent fin à tout cela. On connait trop bien l'effet des bactéries, virus et autres champignons sur notre organisme, menant parfois aux épidémies, comment peut-on imaginer que les martiens, au milieu de tous ces cadavres humains sur une terre inconnue, puissent survivre ? Et bien il fallait y penser et tout cela replace l'Homme dans l'évolution, se croyant supérieur, Darwin encore malmené à cette époque par une majorité de personne, restant figé sur la classification d'Aristote. Non les unicellulaires ne sont pas moins forts et moins évolués que nous pauvres humains, juste moins complexe et pourtant bien plus efficace.
    Au final, un livre frappant de modernité, je le répète, qui se finit trop rapidement, faisant passé 200 pages de récits pouvant être résumé avec 5 fois moins de pages mais qui passe tout de même extrêmement vite et sans lourdeur. C'est bien là la force de ce livre. Une impression de livre très complet tandis qu'on en redemande !
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  • Par Niklos, le 15 mai 2012

    Niklos
    Qui oserait présenter La guerre des mondes aux lecteurs de Galaxies ? Pas moi ! Voilà une question réglée. À défaut, quid d'un rapide (et modeste) survol du monument à travers les âges ?
    1938 — Aldiss a 13 ans. Une émission de radio (réalisée par un Orson Welles qui ne joue même pas de l'homophonie) terrorise les États-Unis. le scénario est fondé sur le roman de H.G. Wells, publié quarante ans auparavant. de quoi l'Amérique a-t-elle donc si peur ? Des fascismes qui fleurissent comme champignons vénéneux depuis presque dix ans ? Ou, pour être plus précis, des impérialismes qui vont bientôt provoquer la Seconde guerre mondiale ? le récit de l'invasion martienne tombe on ne peut mieux dans un tel contexte. Chacun trouve, dans l'émission, matière à nourrir ses angoisses — justifiées, il faut bien le dire. Dans l'inconscient collectif, les Martiens sont en uniforme, croix gammée ou soleil rouge.
    1953 — Spinrad a 13 ans. Byron Haskin projette sur les écrans une Guerre des mondes hollywoodienne, qui transforme les tripodes des Martiens en soucoupes volantes. À nouveau, le scénario, bien que demeurant assez proche du roman de Wells, fait la part belle aux angoisses du moment. de quoi l'Amérique a-t-elle donc si peur ? En ces premières années de guerre froide, de la puissance soviétique et de la bombe atomique. Les Martiens sont assimilés, bien que le film n'y invite pas explicitement, à l'ennemi du moment. La dimension vampirique présente chez Wells n'apparaît pas. Plus curieusement, l'envahissante herbe rouge a également disparu. Mais on peut être indulgent avec ce film vieux de plus de 50 ans, qui a d'ailleurs bien mieux que d'autres résisté à l'outrage du temps.
    1898 — Zamiatine a 13 ans. Sous la plume de Wells, les Marsiens (orthographe retenue par le traducteur et « corrigée », ainsi que d'autres détails, dans les récentes rééditions) envahissent la Terre, détruisant tout sur leur passage, avec l'intention manifeste de s'installer. Mais ils sont finalement vaincus par ce qu'ils n'ont pas pris en compte : en l'occurrence, les bactéries qui leur sont étrangères. Darwin et Huxley (T.H., pas Aldous !) sont passés par là. Fable anticolonialiste, bien sûr, en cette époque où l'Europe n'étouffe pas sous les scrupules. Que seront les « microbes » qui mettront à mal l'aventure coloniale ? le XXe siècle le dira. Wells avait prévenu. Cent ans plus tard, le roman se relit d'une traite : en dépit du décor fin du XIXe, il n'a pas pris une ride.
    2005 — Hélène a 13 ans. On frémit en voyant s'annoncer une version Spielberg du classique de Wells : à quelle sauce hollywoodienne les envahisseurs vont-ils être cette fois mangés ? On a tort de s'inquiéter. Un grand nombre de poncifs sont évités : ni célèbres monuments (américains) détruits, ni politicards corrompus, ni militaires débiles, ni même sages scientifiques qui sauveraient la situation si seulement on les écoutait... le protagoniste, comme le narrateur du roman, est un individu lambda, un man next door qui subit, comme tout le monde. le scénario est très proche de l'original, et l'on reste abasourdi devant son actualité. Inquiétudes, toujours et encore. de quoi l'Amérique a-t-elle donc si peur ? Des terroristes ? Même pas : d'elle-même, de ce qui sort de ses entrailles. Il n'est que de voir le sujet d'Histoire que doit traiter le gamin, sur l'occupation française en Algérie...
    1975 — le soussigné a 13 ans. Un après-midi à la télévision, il découvre ébahi le film de Haskin avant de se précipiter à la bibliothèque de prêt du quartier. Oui, bien sûr, on a La guerre des mondes ici. Et d'autres livres de science-fiction, oui. Ceux qui sont ornés d'une pastille noire sur la tranche. le début d'une longue histoire avec la SF. Tandis que sur les ondes on n'entend plus que 1OCC (« I'm not in love... »), Jeff Waynes commence à travailler à ce qui, trois ans plus tard deviendra, sur le modèle du Journey to the Center of the Earth de Rick Wakeman (le génie en moins, quand même), sa version musicale de The War of the Worlds, opéra-rock d'écoute toujours agréable, trois décennies plus tard (thanks, Emily !).
    2029 — Sikorski a 13 ans. Sur le bandeau de la 43ème réédition du roman de Wells en cimmérien, qui accompagne la 12ème adaptation kurde au cinéma, on peut lire : « toujours imité, jamais égalé ». le slogan est aussi inusable que la vision de « Londres mort ». Les vieux inconditionnels relisent avec délectation la préface de Brian Aldiss (dans l'édition anglaise de 2005), celle de Norman Spinrad (dans l'édition française de 2005), et surtout le travail magistral de Joseph Altairac (auquel le présent papier, par sa forme, rend — involontairement — hommage) : H. G. Wells, parcours d'une œuvre (Encrage, 1998). La guerre des mondes fait un tabac, sur les écrans comme en librairie. Il faut dire que le thème est, tristement, plus que jamais d'actualité, même si aucun envahisseur d'outre-espace n'est encore en vue. Les Martiens colonisateurs de Wells ont été successivement impérialistes anglais, japonais, allemands, soviétiques, américains, chinois, on en passe — et cela continue... de quoi a-t-on donc si peur ? Rien de nouveau sous le soleil. Dessine-moi un mythe.
    Bruno DELLA CHIESA
    dans Galaxies 38
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    • Livres 3.00/5
    Par Luniver, le 06 mars 2012

    Luniver
    Des phénomènes étranges sont observés à la surface de Mars. Quelque temps plus tard, un cylindre arrive sur Terre. À la stupeur des curieux venus voir ce que c'était, des Martiens, tout en tête en en tentacules, en sortent. Ils ne provoquent qu'un peu de curiosité sur l'instant, paraissant maladroits et incapables de se mouvoir correctement sur Terre. Cependant, ils vont rapidement construire des engins sophistiqués et attaquer sans pitié les humains qui traînent dans leur parage. L'humanité va alors passer de l'agacement à l'énervement contre les autorités qui tardent à écraser ces impudents, puis à la panique complète quand elle se rend compte que les inventions humaines ne peuvent pas lutter contre les envahisseurs.
    La fin de l'histoire m'a beaucoup plu : l'idée que ces Martiens apparemment invulnérables finissent par être défaits par les bactéries humaines, remet un peu l'humain à sa place.
    Je suis partagé par ma lecture : d'un côté, le livre a pas mal vieilli : la planète Mars nous est presque familière maintenant, et pour que des envahisseurs nous fassent encore peur, il faut qu'ils viennent d'une autre galaxie. Les moyens militaires paraissent aussi désuets : charge de cavalerie et tirs de canon. D'un autre côté, il suffirait de changer quelques termes pour en faire un roman parfaitement moderne. On ne peut qu'être admiratif du talent et de l'imagination de l'auteur.
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    • Livres 4.00/5
    Par petitchap, le 09 septembre 2012

    petitchap
    Fin du XIXe, les Martiens déboulent sur Terre, tout près de Londres. Ces êtres intelligents et supérieurs ont une étrange apparence et se déplacent dans des machines complexes et dangereuses. Les humains tentent de se défendre avant même d'avoir été attaqués, mais les canons les plus perfectionnés sont très peu de chose face à ces êtres supérieurs qui brûlent tout ce qui se trouve à proximité, y compris les humains. La désolation s'abat sur les terres et dans les esprits ; les humains sont réduits au stade d'animal inférieur. Ils sont alors contraints de fuir et de se cacher.
    Le roman, écrit à la première personne, est un genre d'article journalistique. le narrateur, qui dit être une sorte de philosophe de l'époque « antémartienne » (sur le modèle de « antédiluvien »), relate les évènements après qu'ils se soient produits. Il essaie d'être le plus précis et le plus objectif possible, et il apostrophe régulièrement le lecteur. Ce livre est assez typique, dans sa structure, des bouquins de la fin du XIXe : les phrases sont plutôt longues et bien construites ; le vocabulaire, sans être savant ou trop ardu, est assez soutenu ; les événements n'arrivent jamais de façon soudaine, ils sont toujours amenés par de – plus ou moins – longues descriptions. le rythme du récit est donc plutôt lent, et je dois avouer m'être ennuyée de temps en temps…
    Wells, dont j'ai appris qu'il était un scientifique, a distillé pas mal d'informations sur les connaissances de l'époque en matière de sciences et de biologie ; il s'est même permis de « s'auto-citer » à propos d'un article scientifique qu'il a écrit avant de publier La guerre des mondes.
    L'air de rien, il fait également passer, via son narrateur, pas mal de questions de morale : quelle est la légitimité de l'Homme sur Terre et quelle est sa légitimité face à la « tyrannie » qu'il inflige aux animaux ? Est-il réellement un être supérieur ? Un être supérieur à qui, à quoi ? Ce qu'il fait est-il bon ? Quel est (et où est) son avenir ? Parce que voilà, l'Homme est traité comme une fourmi ou une abeille. Les martiens sont des êtres supérieurs qui n'essaient même pas d'établir un contact avec les « autochtones ». Ils veulent s'installer sur Terre, pour une raison qui nous est bien évidemment inconnue, ils « nettoient » donc la planète. Ils ne s'embarrassent pas de la vie de ces êtres étranges qui s'agitent. D'ailleurs, à l'image de la paix royale qu'on fout à une ruche qui ne nous embête pas, les martiens ne tirent que sur les groupes d'hommes qui s'affolent. Il y a fort à parier que ces extra-terrestres se seraient accommodé des humains si ceux-ci avaient su se tenir à l'écart, s'ils avaient su se faire discrets comme peuvent l'être pour eux les insectes. Mais l'Homme se croit supérieur à tout être vivant, et sa nature est belliqueuse…
    Tout ça semble peut être ennuyeux, mais le bouquin est vraiment bon. Évidemment, sans les longues descriptions et les passages qui m'ont semblé sans intérêt, l'histoire aurait pu être racontée en 150 pages, mais qu'importe. J'ai bien aimé cette lecture, ce récit de science-fiction bien ancré dans le réel de la fin du XIXe siècle dans les alentours de Londres. J'ai aimé que les Martiens ne soient pas de « petits homme verts » ; j'ai également beaucoup aimé le passage durant lequel le narrateur est prisonnier des ruines d'une maison, j'ai retrouvé certaines similitudes – toutes proportions gardées, hein – des questionnements et des attitudes de Robinson dans Vendredi ou les limbes du pacifique de Michel Tournier.
    H.G. Wells a tout simplement donné naissance à un genre littéraire : la science-fiction. Et uniquement pour ça, ce bouquin mérite d'être lu.

    Lien : http://www.petitchap.com/les-martiens-sont-arrives/
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Citations et extraits

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  • Par Pouchou, le 05 avril 2010

    Personne n'aurait cru, dans les dernières années du XIXè siècle, que les choses humaines fussent observées, de la façon la plus pénétrante et la plus attentive, par des intelligences supérieures aux intelligences humaines et cependant mortelles comme elles ; que, tandis que les hommes s'absorbaient dans leurs occupations, ils étaient examinés et étudiés d'aussi près peut-être qu'un savant peut étudier avec un microscope les créatures transitoires qui pullulent et se multiplient dans une goutte d'eau. Avec une suffisance infinie, les hommes allaient de-ci de-là par le monde, vaquant à leurs petites affaires, dans la sereine sécurité de leur empire sur la matière. Il est possible que, sous le microscope, les infusoires fassent de même. Personne ne donnait une pensée aux mondes plus anciens de l'espace comme sources de danger pour l'existence terrestre, ni ne songeait seulement à eux pour écarter l'idée de vie à leur surface comme impossible ou improbable. Il est curieux de se rappeler maintenant les habitudes mentales de ces jours lointains. Tout au plus les habitants de la Terre s'imaginaient-ils qu'il pouvait y avoir sur la planète Mars des êtres probablement inférieurs à eux, et disposés à faire bon accueil à une expédition missionnaire. Cependant, par-delà le gouffre de l'espace, des esprits qui sont à nos esprits ce que les nôtres sont à ceux des bêtes qui périssent, des intellects vastes, calmes et impitoyables, considéraient cette Terre avec des yeux envieux, dressaient lentement et sûrement leurs plans pour la conquête de notre monde. Et dans les premières années du XXè siècle vint la grande désillusion.
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  • Par gill, le 03 juin 2012

    Dès sa publication, "la guerre des mondes" rencontre un énorme succès.
    Le roman s'inscrit dans un "horizon d'attente" déjà constitué par l'actualité : en 1892, l'astronome milanais Schiaparelli observe "les canaux de Mars". Camille Flammarion (1842-1925), vulgarisateur très en vogue, lui emboîte le pas en publiant "Mars et ses conditions d'habitabilité".
    En 1893 et 1894, les astronomes américains Lowell, Douglas, Pickering et Slipher dressent la carte complète des fameux canaux.
    L'émotion est forte : toute la société occidentale se passionne pour l'hypothèse de l'existence d'une vie intelligente sur Mars.
    L'aventure coloniale à peine achevée, Herbert Georges Wells donne avec ce roman une nouvelle dimension au thème de l'extra-terrestre : il ne se réfère plus seulement aux guerres coloniales, mais il décrit une lutte pour la survie aux échos cosmiques.
    Les martiens importent sur terre leur écosystème, l'ensemble du vivant est agressé....
    (extrait de "La science-fiction, Aux frontières de l'homme" de Stéphane Manfrédo, paru aux éditions "Gallimard" dans la collection "Découvertes littérature" en 2000)
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  • Par gill, le 16 juillet 2012

    Entre tous, "La guerre des mondes" empoignait ces lecteurs d'élite et surexcitait leur imagination. Beaucoup plus mouvementé que les précédents, ce récit offre un sujet non moins audacieux et d'un traitement infiniment plus difficile.
    Ce n'est plus un voyageur solitaire parcourant des périodes fantasmagoriques ; ce ne sont plus trois personnages seuls avec des monstres sur une île perdue ; cette fois, l'auteur met en mouvement des foules dans un monde bouleversé.
    La chute des cylindres martiens autour de Londres provoque d'abord la surprise et la curiosité ; puis, quand ces êtres, juchés dans leurs étranges mécaniques, se livrent sans autre forme de procès, à des hostilités contre lesquelles sont impuissantes nos défenses terrestres, c'est la panique.
    La fuite affolée des habitants de Londres devant les terrifiants envahisseurs est décrite avec un réalisme si poignant qu'on croirait lire le récit d'un témoin oculaire.
    C'est une fresque immenses, à grandes lignes nettes, où les détails précis abondent sans créer de confusion.
    Tout est raconté avec simplicité, sur un ton d'émotion ineffaçable, avec un humour qui feint de s'ignorer et que sa discrétion rend singulièrement plus efficace.
    Par contraste avec cet infernal grouillement, rien n'est plus saisissant que la promenade du héros narrateur à travers les rues de Londres, désertes, silencieuses, et en partie saccagées...
    (extrait de la préface de "Pages choisies de H.G. Wells" signée Henry D Davray et insérée en début de l'édition parue chez "Albin Michel" en 1931)
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  • Par NathalieYoko, le 14 janvier 2009

    C'est comme les hommes avec les fourmis. A un endroit, les fourmis installent leurs cités et leurs galeries ; elles y vivent, elles font des guerres et des révolutions, jusqu'au moment où les hommes les trouvent sur leur chemin, et ils en débarrassent le passage. C'est ce qui se produit maintenant - nous ne sommes que des fourmis. Seulement...
    - Eh bien ?
    - Eh bien, nous sommes des fourmis comestibles.
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  • Par NathalieYoko, le 14 janvier 2009

    Il y a des tas de gens, gras et stupides, qui prendront les choses comme elles sont, et des tas d'autres aussi se tourmenteront à l'idée que le monde ne va plus et qu'il faudrait y faire quelque chose. Or, chaque fois que les choses sont telles qu'un tas de gens éprouvent le besoin de s'en mêler, les faibles, et ceux qui le deviennent à force de trop réfléchir, aboutissent toujours à une religion du Rien-Faire, très pieuse et très élevée, et finissent par se soumettre à la persécution et à la volonté du Seigneur.
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