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Par kathel, le 07/03/2010
Quelque chose à te dire de
Hanif Kureishi
Je suis psychanalyste ; ou, pour le dire autrement, je suis un décrypteur d’esprits et de signes. Il arrive également qu’on m’appelle dépanneur, guérisseur, enquêteur, serrurier, fouille-merde ou, carrément, charlatan, voire imposteur. Tel un mécanicien allongé sous une voiture, je m’occupe de tout ce qui se trouve sous le capot, sous l’histoire officielle : fantasmes, souhaits, mensonges, rêves, cauchemars – le monde qui se cache sous le monde, le vrai sous le faux. Je prends donc au sérieux les trucs les plus bizarres, les plus insaisissables; je vais là où le langage n’a pas accès, là où il s’arrête, aux limites de l’«indicible» – et tôt le matin, qui plus est.
Tout en mettant d’autres mots sur la souffrance, j’apprends comment le désir et la culpabilité perturbent et terrorisent les gens, je découvre les mystères qui consument l’esprit, déforment le corps ou, parfois, le mutilent, j’observe les blessures de l’expérience, rouvertes pour le bien d’une âme en pleine refonte.
Au plus profond d’eux-mêmes, les gens sont plus fous qu’ils ne veulent bien le croire. Vous constatez qu’ils ont peur d’être dévorés et que leur propre envie de dévorer les autres les inquiète. Dans les cas les plus courants,ils imaginent aussi qu’ils vont exploser ou imploser, se dissoudre ou se faire posséder. Leur vie quotidienne est hantée par la peur que leur relation amoureuse puisse impliquer, entre autres choses, des échanges d’urine et d’excréments.
Bien avant tout cela, j’adorais déjà les ragots – qualité indispensable pour ce genre d’activité. Aujourd’hui, j’en ai pour mon compte. C’est un fleuve d’immondices qui se déverse en moi, jour après jour, année après année. Comme beaucoup de modernistes, Freud s’intéressait tout particulièrement aux détritus : on pourrait dire qu’il est le premier artiste du «reste», dans la mesure où il trouvait du sens à ce qui est habituellement laissé de côté. Sale boulot que de plonger au cœur de l’humain.
En ce moment, il y a quelque chose de nouveau dans ma vie. C’est une sorte d’inceste, mais qui aurait pu penser que cela arriverait un jour ? Ma grande sœur, Miriam, et mon meilleur ami, Henry, sont tombés fous amoureux. Et chacune de nos existences se trouve perturbée, bouleversée même, par cette invraisemblable liaison.
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Quelque chose à te dire de
Hanif Kureishi
Dans un premier temps, j’ai envoyé des histoires à des magazines bas de gamme. Quand elles ont été publiées, les rédacteurs en chef ont commencé à m’en demander d’autres. Au début, je m’amusais bien. Je m’appliquais à organiser l’histoire autour d’une dynamique qui suivait le rythme du coït. J’appris à les écrire sans perdre trop de temps.
(…) En fait, ce sont les mêmes mots qui reviennent inlassablement. Je m’étais constitué une liste des ingrédients de base du glossaire porno, bien relevés, particulièrement sonores – plus fort, plus fort, allez jouis, jouis ! et je savais que je pouvais en saupoudrer mes récits comme bon me semblait.
(…) Je réussissais à pondre un livre porno en un week-end. Je ne tins pas longtemps la cadence. On dit que la pornographie est la malbouffe de l’amour : bientôt, je ne pouvais plus avaler un seul morceau de cette infâme nourriture. Etant encore jeune, j’étais tenté d’ajouter des éléments, de digresser, d’insérer des passages plus personnels. Que font les couples une fois le coït terminé ? Trouvent-ils la situation pénible, embarrassante, ennuyeuse ? (…) Notre carrière pornographique s’effondra le jour où j’écrivis un roman dont les deux personnages principaux, mariés par ailleurs, ne se voyaient que pour parler.
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Quelque chose à te dire de
Hanif Kureishi
Pour lui, comme pour les autres psys tendance baba, une analyse n'était pas faite pour transformer les gens en conformistes respectables mais pour les laisser être aussi fous qu'ils le souhaitaient, vivant pleinement et assumant leurs conflits - même au prix de plus grandes souffrances - sans s'autodétruire. Je l'ai compris assez vite, quand il a cité Pascal : "Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou que de n'être pas fou."
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Par BMR, le 08/01/2008
Le Bouddha de banlieue de
Hanif Kureishi
[...] Ma mère était une femme potelée qui n'attachait guère d'importance à son corps. Elle avait un visage rond et pâle et de gentils yeux mordorés. Elle considérait son corps comme un objet gênant qui l'entourait, uen sorte d'île déserte, inexplorée, sur laquelle elle aurait échoué.
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Par BMR, le 08/01/2008
Le Bouddha de banlieue de
Hanif Kureishi
[...] Comme beaucoup d'indiens, mon père, quoique petit, était beau et bien fait avec des mains délicates et des manières gracieuses. À côté de lui, la plupart des anglais donnaient l'impression d'être des girafes maladroites. [...] Il était en particulier aussi fier de sa poitrine que nos voisins l'étaient de leur cuisinière électrique. Au moindre rayon de soleil, il enlevait sa chemise, se précipitait dans le jardin avec un transat et son journal.
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Quelque chose à te dire de
Hanif Kureishi
e suis psychanalyste ; ou, pour le dire autrement, je suis un décrypteur d’esprits et de signes. Il arrive également qu’on m’appelle dépanneur, guérisseur, enquêteur, serrurier, fouille-merde ou, carrément, charlatan, voire imposteur. Tel un médecin allongé sous une voiture, je m’occupe de tout ce qui se trouve sous la capot, sous l’histoire officielle : fantasmes, souhaits, mensonges, rêves, cauchemars – le monde qui se cache sous le monde, le vrai sous le faux. Je prends donc au sérieux les trucs les plus bizarres, les plus insaisissables ; je vais là où le langage n’a pas accès, là où il s’arrête, aux limites de “l’indicible” – et tôt le matin, qui plus est.
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Par caro64, le 30/11/2010
Quelque chose à te dire de
Hanif Kureishi
Mon fonds de commerce, c’est les secrets : on me paie pour les garder. Les secrets du désir, ce que les gens veulent réellement, ce qui leur fait le plus peur. Les secrets qui disent les difficultés de l’amour, de la sexualité, la douleur de la vie, la proximité de la mort, pourtant si éloignée. Pourquoi plaisir et châtiment sont-ils aussi étroitement liés ? Comment nos corps parlent-ils ? Pourquoi se rend-on malade ? Pourquoi veut-on échouer ? Pourquoi le plaisir est-il si dur à supporter ?
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Par kathel, le 08/09/2010
Le déclin de l’Occident de
Hanif Kureishi
Un soir, alors que je venais tout juste d’avoir cinquante ans, j’ai poussé la porte d’un pub situé à quelques pas de la maison où j’habitais quand j’étais enfant. Mon père, qui revenait de Londres où il travaillait, était là, au bar. Il ne m’a pas reconnu mais, moi, j’étais ravi, presque extatique, de le revoir, d’autant que ça faisait dix ans qu’il était mort, et ma mère cinq ans.
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Par caro64, le 30/11/2010
Quelque chose à te dire de
Hanif Kureishi
C’est à cette époque que je me suis vraiment mis à lire. C’était comme rencontrer un amant extraordinaire, qu’on ne quittera jamais.
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Par line70, le 23/03/2011
Intimité de
Hanif Kureishi
Je sais que l'amour est un sale boulot; impossible de garder les mains propres. Quand on reste sur la réserve, il ne se passe rien d'intéressant. En même temps, il faut trouver la bonne distance entre les gens. Trop près, ils vous submergent; trop loin, ils vous abandonnent. Comment les maintenir dans la bonne relation ?