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> Florence Cabaret (Traducteur)

ISBN : 2267019922
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (2008)


Note moyenne : 3.47/5 (sur 81 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Jamal, brillant psychiatre d'origine pakistanaise, mène une vie tranquille, auréolée de succès, dans la banlieue de Londres. Une façade de réussite qui ne laisse rien transparaître des troubles profonds qui le hantent. Jusqu... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Tempuslegendae, le 21 avril 2013

    Tempuslegendae
    C'est étonnant comme parfois on souhaiterait tellement distinguer en filigrane d'un personnage la silhouette même du romancier. Ainsi? Jamal Kahn, psychanalyste d'origine anglo-pakistanaise, la jeune cinquantaine, qui vit et exerce à Sheperd's Bush (enfin, je suppose qu'il en est toujours ainsi), l'ancien bastion historique des mods londoniens. Un portrait qui pourrait presque être celui de KUREISHI, en somme. Or l'autofiction n'a jamais été le goût de la maison. L'auteur du «Bouddha de banlieue» a toujours su saisir les parfums du temps passé, mais avec un sens plutôt aigu de la distance.
    Figure apparemment lisse, Jamal dissimule nombre d'aspérités, Son choix professionnel, la nature de son activité (le silence et l'écoute) dissimulent en fait un lourd secret qui rejaillit (le retour du refoulé? On pourrait se poser la question…) lorsque deux ombres du passé ressurgissent pour mieux dérégler son sage quotidien uniquement «distrait» par une sœur au-delà de l'excentricité et un ami fort encombrant et libidineux. Peu à peu, le médecin des âmes, faussement impassible, divorcé et père d'un adolescent, se révèle incurablement marqué par la perte. Celle, cruelle, de son premier amour, Ajita.
    «Memory lane». C'était au mitan des années 70, époque où «tout le monde fumait, même à la télévision», entre agonie travailliste et queue de comète gauchiste, lutte des classes et espoirs d'une classe moyenne immigrée. Et dans cet exercice du «Memory lane», KUREISHI est tout simplement magnifique, capable d'embrasser les soubresauts de l'Histoire et les destins particuliers, dressant le portrait d'une génération finalement mûre pour la révolution libérale impulsée par la regrettée Margaret Thatcher, abandonnant l'illusion de la révolution prolétarienne pour celle de l'audiovisuel, le haschisch pour la cocaïne, la communauté pour l'individu. Passent les décennies et les liaisons, les défaites et les succès, les morts et les trahisons, mais demeure ce souvenir enfui d'un acte terrible.
    Roman de la culpabilité et du vieillissement, «Quelque chose à te dire» manie aussi bien la volupté que l'ironie, tel ce souvenir ému d'une femme léchant la paume de sa main avant de masturber son compagnon. A trop écouter la parole de l'autrui, on étouffe souvent le cri en soi. Mais sa libération n'est jamais anodine.
    Un roman comme une fresque intime, poignante, et une peinture satinée de toute une génération. L'envie de crier: «Ma jeunesse fout le camp». L'occasion de lire, ou de relire ce qu'un écrivain veut nous dire d'une façon subtile et nécessaire.
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    • Livres 5.00/5
    Par jsgandalf, le 03 septembre 2012

    jsgandalf
    Comme assez souvent j'ai acheté un livre pour sa couverture et son quatrième de couverture, et comme la plus part du temps je suis tomber sur un bon livre. Hanif Kureishi nous livre ici un roman aux multiples facettes. Comme à son habitude, il mêle à l'intrigue son origine anglo-pakistanaise, son passé, ce qui nous permet de faire connaissance avec un Londres et une Angleterre loin des stéréotypes habituels. Une Angleterre ou l'intégration n'a pas et n'est pas toujours facile et ou tout le monde ne réussit pas. Une Angleterre des beaux quartiers et une Angleterre des bas fond, où presque tout n'est que façade.
    Le personnage principal, un psy, doit gérer sa famille, ses amis et son passé qui tous vont rapidement le rattraper.
    Un livre à lire pour faire connaissance avec l'Angleterre actuelle, présenté sous un éclairage différent. Pour moi, un vrai régal.
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    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 29 mars 2012

    Corboland78
    Avec Hanif Kureishi nous sommes habitués aux bons romans, pour n'en citer que deux My Beautiful Laundrette (adapté au cinéma par Stephen Frears) ou Le Bouddha de banlieue. Ce nouveau bouquin ne me démentira pas car il démontre une nouvelle fois tout le talent de l'auteur pour peindre une fresque de caractères avec en toile de fond l'Angleterre de Tony Blair des années 1980 jusqu'aux attentats de 2005. le héros du roman est psychanalyste. On pourrait penser que pour exercer ce type de métier on doit être calme et serein avec une vie personnelle rangée afin d'avoir l'esprit libre pour le consacrer à ses patients. Il n'en est rien ici puisque Jamal, c'est le nom du héros, vit séparé de sa femme qui a la garde de leur fils adolescent, qu'il est très occupé par sa sœur mère de plusieurs enfants avec des pères différents et adepte du piercing qui vient de se lancer dans une nouvelle histoire de cœur avec son meilleur ami, un metteur en scène de théâtre un peu déjanté. Ajoutez à cela, son amour de jeunesse jamais éteint avec Ajita qui revient dans sa vie, ainsi que les retrouvailles forcées avec un camarade de la même époque qui sait beaucoup de choses sur le passé de Jamal et la mort suspecte du père d'Ajita. Comme vous le constatez c'est copieux, mais le style léger plein d'humour et enlevé de l'auteur est irrésistible et l'on suit ces aventures avec un intérêt certain, passant d'une réception huppée ou du bar cosy d'un grand hôtel, à un bar miteux à stripteaseuses voire carrément un bordel où le héros à ses habitudes. On fume des joints ou mieux encore, on boit de la vodka glacée en mangeant de la glace, on fréquente les soirées échangistes, on supporte l'équipe de football de Manchester United, voilà un quinquagénaire qui sait vivre ou du moins qui essaie dans ce monde tourmenté et ce Londres multiculturel. Hanif Kureishi tel un entomologiste rigolo étudie et décrit merveilleusement bien cette faune dans ce biotope complexe, ces gens qui vivent tout simplement.
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    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 07 mars 2010

    kathel
    Jamal est psychanalyste dans un quartier londonien, où il vit depuis sa séparation d'avec la mère de son fils. Plus pris par son métier que sa façade tranquille ne veut bien le montrer, il ne peut s'empêcher de s'inquiéter pour son entourage, son fils préadolescent, son ex-femme qui se cherche après une séparation chaotique, sa sœur Miriam qui élève seule ses cinq enfants, son ami Henry, metteur en scène de théâtre réputé… Cette période de doute et de retour sur soi, ramène à la surface des évènements survenus trente ans auparavant, quant tout jeune étudiant il était tombé amoureux fou d'Ajita, belle étudiante hindoue, dont la vie dans une famille aisée cachait bien des failles.
    L'amour naissant entre sa sœur Miriam et son meilleur ami Henry, puis la réapparition de Mustaq, le frère d'Ajita, qu'il n'avait pas revu depuis des dizaines d'années le perturbent encore davantage.
    Je suis assez fan de cet auteur, bien que n'ayant pas encore tout lu de lui, et son dernier roman me faisait de l'œil depuis sa sortie, mais je trouvais la couverture de l'édition brochée assez hideuse, ce qui fait que même après avoir écouté avec attention Hanif Kureishi aux Assises Internationale du Roman, en mai 2009, je ne me suis pas précipitée pour l'acheter. Par contre l'édition de poche n'a pas attendu beaucoup pour se retrouver dans mon panier à lire !
    Autour de ce psychanalyste londonien d'une cinquantaine d'années, beaucoup de vies et de thèmes se croisent, en faisant un roman très foisonnant. Il entremêle de plus deux époques, avec des retours sur la jeunesse de Jamal, sa rencontre avec ses amis Valentin et Wolf, et son premier amour, dont il n'est pas vraiment guéri. Plus que le style, sans recherche particulière, c'est la finesse de la psychologie qui est captivante, et la façon d'aborder des thèmes tels que la paternité, le passage de l'enfance à l'adolescence, la création littéraire ou théâtrale, l'importance du corps et de l'apparence dans les relations humaines, l'écoute et la conversation comme thérapies, la culpabilité…
    Quelques moments laissent affleurer l'émotion, mais le narrateur se réfugie constamment derrière l'humour et l'autodérision, voire le dénigrement de lui-même, laissant ainsi peu de place à ses propres sentiments, si ce n'est « en creux », en quelque sorte.

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-hanif-kureishi-quelque-c..
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    • Livres 2.00/5
    Par Alicej, le 19 septembre 2010

    Alicej

    Pendant toute la première moitié du roman, j'ai trouvé l'intrigue trainante même si les personnages deviennent vite attachants.
    A partir du moment où le passé ressurgit, la respectabilité de Jamal, brillant psychanalyste, s'effrite sous mes yeux de lectrice : drogue, meurtre, alcool, sexualité débridée...
    Seuls les sentiments sont purs (l'amour inconditionnel qu'il voue à son fils, son amour de jeunesse qu'il n'a jamais oublié, sa femme de laquelle il ne divorce pas) mais les histoires vécues entre les personnages m'ont semblé peu crédibles.

    Il y a beaucoup de références intéressantes à la psychanalyse et le tableau dressé de la société anglaise est réaliste.
    Je n'ai pas été emballée par ce roman même si je n'ai pas détesté mais mes sentiments sont en demi-teinte.
    Il parait qu'il a signé les scénarios de My Beautifil Laundrette (mis à l'écran par S. Frears) et qu'il faut lire absolument Le Bouddha de banlieue.
    Pourquoi pas alors...
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Citations et extraits

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  • Par Anouschka, le 26 mai 2015

    Je sais que ça t'amuse, mais toutes ces conneries de choc des civilisations, l'Islam et l'Occident, ça n'est qu'un avatar du conflit entre les puritains et les libéraux, entre ceux qui haïssent l'imagination et ceux qui l’adorent. C'est le plus vieux conflit du monde, celui de la liberté et de sa répression.

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  • Par Anouschka, le 26 mai 2015

    Je mis dix minutes à me préparer, deux autres à me battre avec mes cheveux, tout en me demandant si tout ce qui nous procure du plaisir n'est pas foncièrement malsain, immoral ou interdit, et si la soirée serait à la hauteur de cette trilogie.

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  • Par Anouschka, le 22 mai 2015

    En tant que thérapeute, de quel type de savoir suis-je détenteur? Ce que je fais est démodé, un peu décalé comparé à ce qu'offre désormais la médecine d'un point de vue technologique et scientifique. Bien que je ne fasse aucun examen et ne prescrive aucun médicament, je suis comme un médecin traditionnel dans la mesure où je soigne la personne dans son ensemble plus que la seule maladie. Au fond c'est moi qui suis le médicament et je constitue une partie intégrante de la cure. Non pas que les gens souhaitent réellement guérir. La maladie leur apporte plus de satisfactions qu'ils ne peuvent en supporter. Les patients sont des artistes inconscients de leur propre malheur. En fait, ce qu'ils appellent leur symptôme n'est autre que leur vie. Et ils ont intérêt à l'aimer!

    Il y a des gens qui préféreraient se faire tuer plutôt que de parler. Mon rôle se limite à laisser le sujet parler pendant un long moment. Chacun de nous deux prend ce qui se dit au sérieux, sachant que même quand les gens disent la vérité, ils mentent et que, quand ils parlent de quelqu'un d'autre, ils parlent d'eux.
    Je pose des questions concernant la famille, en remontant jusqu’aux grands-parents. De nos jours, vers quoi les gens qui souffrent peuvent-ils se tourner pour endiguer les désordres de leur désir?
    Quand on y réfléchit bien, qu'est-ce qui déclenche l'entrée en analyse? Une chose éminemment humaine: la reconnaissance d'une douleur inexplicable et une certaine forme de curiosité pour sa vie intérieure. Comment une analyse pourrait-elle ne pas être difficile ? Avoir vécu de telle manière pendant des années, des décennies même, et puis essayer de tout défaire par la parole, ce n’est pas une mince affaire. D’autant que ça ne réussit pas à tous les coups. Il n’y a aucune garantie de quoique ce soit, et c’est bien ainsi. Il y a toujours un risque.
    Malheureusement, et cela en surprend plus d’un, faire une analyse n’aide pas nécessairement à mieux se comporter, ni à être meilleur. A l’inverse on peut devenir plus empoisonnant, pus polémique, plus exigeant, plus conscient de ses désirs et moins susceptible de subir l’emprise des autres. En ce sens, la psychanalyse est subversive et libératrice. De fait il y a peu de gens qui, une fois vieux, se disent qu’ils auraient voulu vivre une vie plus vertueuse. D’après ce que j’entends dans mon cabinet, la plupart de mes patients regrettent de ne pas avoir commis davantage de péchés.
    Plus tard au cours de ma promenade, je me suis demandé pourquoi je sentais qu’il fallait que je me méfie de la « normalité ». Ce qu’il y a de frappant dans la normalité, c’est qu’elle n’a rien de normal. La normalité n’est pas autre chose que la dénomination bourgeoise de la folie ordinaire. En analyse, la plupart du temps, « l’enfant normal » désigne l’enfant sage et obéissant, celui qui veut surtout faire plaisir à ses parents et qui se crée ce que Winnicott a appelé un « faux self ». D’après Henry, l’obéissance est un des problèmes de ce monde, elle n’en est pas la solution, comme beaucoup ont pu le penser. Mais se peut-il qu’il existe une définition du normal qui ne soit pas synonyme d’ordinaire ou de terne ? Ou qui ne soit pas normative, ou ridiculement guindée ?

    Je me rappelais une histoire à propos de Proust qui, à la fin de sa vie, tournait désespérément les pages de la Recherche et constatait combien tous ses personnages étaient excentriques, voire anormaux. Comme si on pouvait écrire un roman, ou même fonder une société, à partir d’éléments fades et strictement conventionnels. Et puis il y a ceux qui couchent à droite à gauche, les frigides, les paniqués, les abusifs et les abusés, ceux qui ont le vertige, ceux qui se tailladent, ceux qui s’affament, ceux qui se font vomir, ceux qui se sentent pris au piège et ceux qui se sentent trop libres, les épuisés et les hyperactifs, et les enchainés à vie à leurs bêtises. J’entends les récits de tous. Je suis l’assistant de l’autobiographe, la sage-femme des fantasmes, je rouvre les anciennes plaies, je libère la parole et la transforme en art érotique, je démasque les vérités illusoires. L’analyse rend le familier étrange, elle nous conduit à nous demander où s’arrêtent les rêves et où commencent la réalité – si tant est que la réalité commence jamais.
    J’ai rencontré mon premier analyste, un Pakistanais du nom de Tahir Hussein, quelques mois après avoir quitté l’université, alors qu’avec Ajita, les choses avaient pris une tournure plus que singulière. Ajita et moi nous étions quittés sans imaginer que nous ne nous reverrions pas. Nous n’étions pas brouillés. Notre amour ne s’était pas épuisé. Il avait été violemment interrompu.
    Toutes ses déclarations d’adoration me manquaient. Ses baisers, ses éloges, ses encouragements et cette façon qu’elle avait de dire « merci, merci » quand elle jouissait. De toutes les femmes que j’ai connues, elle était le plus inoubliablement tendre, vulnérable, désinhibée, pareille à une beauté espagnole de Goya, ses longs cheveux noirs dissimulant son visage quand elle s’occupait de ma verge. Elle m’appelait son joli garçon, disait qu’elle aimait ma voix, qu’elle trouvait « bien timbré ».

    Je l’avais attendue pendant des mois, pensant qu’un jour elle réapparaitrait. Je la voyais dans la rue, dans des trains en partance, dans mes rêves et mes cauchemars. J’entrai dans un bar et elle était là, à m’attendre. Je l’entendais qui m’appelait, avec son léger accent indien, de mon lever à mon coucher.
    Cependant j’avais bien reçu le message qui était plus que clair, finalement : elle n’était plus intéressée. Elle m’avait dit qu’elle m’aimait mais, en définitive, elle ne voulait pas de moi. Ajita était partie. Je n’avais pas envie de guérir, mais il le faudrait bien un jour. En ce moment, elle devait être avec un autre homme, peut-être était-elle mariée. Pour elle, j’étais de l’histoire ancienne et j’imagine qu’elle m’avait plus ou moins oublié.
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  • Par Anouschka, le 26 mai 2015

    Nos désirs ne sont pas des guides fiables dès qu'il est question de réalité.

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  • Par Anouschka, le 26 mai 2015

    Assassiner quelqu'un, cela ne le fait pas disparaître.

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Hanif Kureishi - Le dernier mot .
Hanif Kureishi vous présente son ouvrage "Le dernier mot" aux éditions Bourgois. Traduit de l'anglais par Florence Cabaret. Rentrée littéraire janvier 2014. http://www.mollat.com/livres/kureishi-hanif-dernier-mot-9782267025835.html Notes de Musique : ?Dogs 1? (by Vio/Mire). Free Music Archive








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